Le Gilet de Sauvetage : Un Guide Essentiel pour le Kayak, la Pêche et la Navigation, entre Réglementation et Caractéristiques Techniques

Le gilet de sauvetage représente un élément de sécurité fondamental que tout usager à bord d’une embarcation se doit de posséder. C'est un vaste sujet, et entre les modèles en mousse et les autogonflants, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Chaque type de gilet présente ses avantages et ses inconvénients. Au fil d'années de pêche au bord et sur l’eau, de nombreux gilets de différents types ont été éprouvés. Bien qu'il ne soit pas toujours obligatoire de le porter si l'on se trouve proche d'un abri ou de la côte, il est fortement conseillé de porter son gilet de sauvetage à bord de son navire de plaisance. Sur l’eau, un accident peut survenir rapidement, soulignant l'importance cruciale de cette protection. Les brassières et gilets de sauvetage sont des éléments de sécurité essentiels en mer, permettant en cas d’incident, d’améliorer la protection de l'usager, d’être repéré et d’être secouru.

Comprendre la Flottabilité : La Classification en Newtons et Ses Implications

Les gilets sont classés par leur flottabilité, exprimée en Newtons (N). Cette classification inclut des valeurs telles que 50N, 75N, 100N, 150N, 165N, 200N, 225N, 250N et 275N. L'indice de flottabilité, exprimé en Newtons (N), détermine la capacité du gilet à maintenir son porteur hors de l'eau. Plus le nombre est grand, plus le gilet va faire flotter l'utilisateur et sera conseillé pour des conditions extrêmes, de grosses embarcations ou un fort éloignement de la côte. Inversement, plus le chiffre est petit, plus il sera adapté à une pratique proche du bord ou par temps calme. La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (50, 100, 150 et 275), s’agissant d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg. Il est important de noter que le poids du porteur influence directement l'efficacité du gilet.

Chaque indice de flottabilité correspond à des usages et des niveaux de sécurité spécifiques :

  • 50N - Aide à la flottabilité : Destiné aux nageurs confirmés évoluant à moins de 2 milles d'un abri, ce type de gilet n'assure pas le retournement automatique d'une personne inconsciente. Il est adapté pour des nageurs, en eaux protégées où les secours sont à proximité, ou en eaux intérieures.
  • 100N - Navigation côtière : Ce gilet est conçu pour garantir le retournement et maintenir la tête hors de l'eau d'une personne inconsciente. Il est réglementaire jusqu'à 6 milles d'un abri et convient aux navigations côtières diurnes avec une météo favorable. Pour une navigation au-delà de 3700 mètres de la rive en eaux douces, une flottabilité de 100 Newtons est obligatoire.
  • 150N - Toutes zones de navigation : Cet indice est recommandé pour la navigation semi-hauturière et hauturière (au-delà de 6 milles). Il convient aux nageurs et non-nageurs pour toutes les eaux et garantit le retournement sur le dos d'une personne inconsciente, sauf dans de rares cas.
  • 275N - Usage professionnel et conditions extrêmes : Conçu pour les professionnels ou la navigation hauturière sportive par mauvais temps, ce gilet est recommandé pour les nageurs et non-nageurs, et est adapté à la haute mer et aux conditions extrêmes.

Les Différents Types de Gilets : Flottabilité Permanente (Mousse) et Gonflables (Automatiques ou Manuels)

Le choix du gilet de sauvetage dépend grandement du type d'activité nautique pratiquée et des conditions rencontrées. De nombreux choix de gilets de sauvetage s’offrent aux usagers, qu'ils soient automatiques, en mousse, à pastille ou manuels.

Les Gilets à Flottabilité Permanente (en Mousse)

Le plus simple des gilets est bien celui en mousse, aussi appelé gilet de flottaison. Contrairement aux gilets gonflables, ces équipements sont moins chers à l’achat, nécessitant généralement entre 20 et 50 euros pour s'en procurer un. Ils sont cependant plus encombrants. Un gilet en mousse peut être équipé de poches de rangement, à la manière d’un gilet de pêche. On retrouve généralement trois plaques de mousse sur ce type de vêtement : une dorsale et deux au niveau du torse. De faible Newton, allant de 50N à 100N, ces gilets offrent une aide à la flottabilité plutôt qu'un réel outil qui peut sauver une vie dans toutes les situations. Ces gilets assurent, selon leur taille, une flottabilité simple par mer calme jusqu'à une flottabilité active par mer agitée, permettant notamment le retournement. Par ailleurs, ces brassières ou gilets apportent une certaine protection physique à bord en cas de choc.

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Les Gilets Gonflables : Technologie et Mécanismes de Déclenchement

Les gilets gonflables, plus chers à l’achat (il faudra compter minimum 100 euros pour s'en équiper), offrent un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements, alliant sécurité et confort tout en permettant une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres. Un gilet à cartouche de CO2 est muni, comme son nom l’indique, d’une cartouche de CO2 qui, une fois percutée, vient gonfler un boudin autour du cou, ce qui permet de maintenir la tête hors de l’eau. La flottabilité d’un gilet autogonflant est au minimum de 150 Newtons, assurant une flottabilité bien meilleure qu’un simple gilet en mousse. La flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO2 capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air. Cette particularité confère au gilet automatique un avantage important en termes de mobilité : porté sur les vêtements, il n’entrave pas les mouvements et facilite les manœuvres et déplacements à bord. Les gilets gonflables sont également conçus en forme de plastron.

Il existe deux catégories principales de gilets gonflables selon leur mécanisme de déclenchement : les manuels et les automatiques.

Gilets Gonflables Manuels

Ces modèles se déclenchent grâce à une poignée que l’on tire pour actionner le système. Le gilet gonflable manuel est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute, ce poinçon perfore l’opercule de la bouteille de gaz (CO2) qui gonfle le gilet. Ils sont adaptés aux personnes habituées à être sur l’eau qui ne stressent pas une fois tombées à l’eau, pour des conditions calmes ou lorsque plusieurs personnes sont présentes sur l’embarcation. Cependant, un accident peut survenir rapidement. Si l'on s’assomme en tombant à l’eau ou si l'on fait une hydrocution, il n'est pas possible de déclencher le système. C’est précisément là que le côté manuel de ce type de gilet trouve ses limites.

Gilets Gonflables Automatiques

Deux systèmes de déclenchement sont disponibles actuellement sur ce genre de gilets : ceux à pastille de sel ou de cellulose, et ceux à système Hammar, aussi appelé hydrostatique.

  • Système à pastille de sel ou de cellulose : Le gilet gonflable automatique dit à pastille de cellulose fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns. Le gilet se déclenche donc uniquement après immersion dans l’eau. Ce premier système est fortement avantageux lorsqu’il faut changer la cartouche car elle se trouve à l’extérieur du boudin.
  • Système Hammar (Hydrostatique/Pressiostatique) : Le gilet gonflable automatique pressiostatique fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ce système se déclenche à la pression de l’eau lorsque le gilet est immergé de quelques centimètres dans le liquide. Il peut ainsi être éclaboussé sans risque que le système percute, ce qui est un avantage notable pour les activités où l'on est souvent mouillé. Ces gilets se déclenchent de façon autonome en cas de chute.

Choix du Gilet Selon l'Activité : Kayak, Pêche et Zones de Navigation

Le choix de son gilet d’aide à la flottabilité est crucial et doit être adapté à l'activité, à la zone de navigation et aux conditions météorologiques. Automatique, en mousse, à pastille ou manuel, de nombreux choix de gilets de sauvetage s’offrent aux utilisateurs.

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Pour la pratique du kayak, que l’on soit débutant ou kayakiste confirmé, le gilet d’aide à la flottabilité est un équipement indispensable pour pratiquer en toute sécurité. Pour le kayak, un gilet de 50N est souvent recommandé. Depuis un float tube, un kayak de pêche ou un paddle, il est préférable d’avoir un gilet en mousse. Les gilets pour sports nautiques doivent être en mousse (type aide à la flottabilité 50N) ou manuels pour éviter tout déclenchement automatique lors des chutes répétées. La coupe près du corps et la liberté de mouvement des bras sont prioritaires pour ces activités. De plus, la coupe échancrée facilite les mouvements de pagaie.

Pour la pêche, les besoins varient : un gilet peut servir même depuis le bord, notamment sur des postes dangereux avec de mauvaises conditions (vent fort, houle forte), où un risque de glisser dans l’eau existe ; un gilet n’est pas de trop pour éviter un drame. Pour la pêche embarquée au-delà de 2 milles, un gilet automatique 150N s'impose. Cependant, un gilet en mousse 50N ou un gilet manuel 100N peut être envisagé selon la distance d'éloignement.

Pour les embarcations motorisées ou la navigation plus lointaine, un gilet automatique est souvent plus sécurisant. Si l’on vient à se faire éjecter de l’embarcation en route, un franc-bord haut entraînant une chute plus violente, ou tout simplement parce que l’on part plus loin et dans des conditions plus dures, l’utilisation d’un gilet automatique est bien plus sécurisante. Pour la navigation côtière, un modèle automatique 100N suffit. En navigation hauturière (au-delà de 6 milles), le gilet doit permettre la fixation d'un harnais et d'une longe pour rester solidaire du bateau en cas de chute. Il est alors préférable de privilégier un gilet automatique hydrostatique 150N avec harnais pour les sorties hauturières. Le gilet automatique avec harnais 150N constitue le standard pour la voile hauturière ; il est recommandé d'opter pour un système hydrostatique insensible aux embruns. La coupe ajustée évite les gênes lors des manœuvres.

Les gilets automatiques existent également en taille enfant. Moins contraignants pour eux aussi, ils sont à privilégier pour leur assurer une sécurité maximale.

Réglementation et Équipements de Sécurité Complémentaires

Le port d’un gilet est avant tout une question de sécurité et est encadré par des réglementations spécifiques. En France, le port d’un gilet d’aide à la flottabilité est obligatoire dès lors que vous naviguez à plus de 300 mètres d’un abri. Pour une navigation au-delà de 3700 mètres de la rive en eaux douces, une flottabilité de 100 Newtons est obligatoire. Le matériel de sécurité doit être à bord.

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En matière d'équipements complémentaires, la réglementation de la division 240 exige impérativement à bord un dispositif lumineux. Celui-ci peut être collectif, sous la forme d'une lampe torche étanche ayant au moins 6 heures d'autonomie, ou individuel. Le feu individuel doit lui aussi être étanche, avoir une autonomie de 6 heures, et doit être impérativement soit porté par chaque personne à bord, soit fixé sur l'équipement individuel de flottabilité, à savoir la brassière ou le gilet de sauvetage. De plus, il est recommandé d'équiper son gilet de sauvetage d’un sifflet fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles, le gilet doit permettre la fixation d'un harnais et d'une longe pour rester solidaire du bateau en cas de chute.

Les brassières se passent au cou et se fixent avec une à deux sangles positionnées entre le bassin et le thorax. Les gilets sont quant à eux à passer comme un vêtement classique par les bras et se fixent par une fermeture éclair doublée d’une sous-cutale passant entre les cuisses et assurant un bon maintien.

Entretien, Durabilité et Vérifications Essentielles des Gilets de Sauvetage

Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions auxquelles ils sont soumis, telles que le rayonnement ultra-violet, le sel en mer, l'abrasion, les micro-organismes, les hydrocarbures et la compression. Il est donc primordial d'observer des pratiques d'entretien rigoureuses pour garantir leur efficacité.

En mer, le nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé. Le stockage dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires est recommandé, tandis que les réparations de fortune sont déconseillées. Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement.

Avant chaque navigation, il est impératif d'inspecter visuellement son gilet : vérifier l'intégrité du tissu, l'état des sangles et le bon fonctionnement des boucles. Pour les gilets gonflables, un contrôle spécifique est nécessaire : il faut contrôler la présence du témoin vert sur le système de percussion et s'assurer que la cartouche de CO2 est bien vissée et pleine en vérifiant son poids. Les systèmes automatiques UML, par exemple, ont une durée de vie limitée, généralement entre 2 et 3 ans ; il est donc crucial de vérifier régulièrement la date inscrite sur le boîtier. Après un déclenchement, il est impératif de remplacer immédiatement la cartouche de CO2 et le système de percussion. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer également la pastille à sa date d'expiration ou après utilisation du gilet. Après ces opérations, le gilet doit être rincé à l'eau douce et mis à sécher à plat, à l'abri du soleil.

Avant de prendre la mer, il est indispensable d’informer l’équipage sur l’utilisation des gilets et brassières de sauvetage pour une meilleure réactivité en cas d'urgence.

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