Spécialiste du chronométrage sportif automobile, TAG Heuer a aussi exprimé son expertise dans bien d’autres disciplines, notamment dans les compétitions véliques. L’histoire de TAG Heuer, intimement liée au sport automobile, s’est étoffée de chapitres tournés vers la mer et les océans dès 1968. En horlogerie, il existe trois catégories principales de montres ayant la mer et l’océan pour horizon. Primo : les chronomètres de marine qui ont longtemps servi à guider les bateaux. Secundo : les plongeuses étanches à plus de 100 mètres qui accompagnent les hommes grenouilles, apnéistes et autres pêcheurs sous-marins. Depuis quelques années, la manufacture TAG Heuer a repris pied sur le pont des voiliers sportifs via cette troisième catégorie, celle des montres de régate. La montre Carrera Chronograph Skipper rend hommage à ce passé glorieux, réaffirmant son caractère à chaque embarquement.
L'Héritage Nautique : Naissance d'une Icône, la Heuer Skipper Originelle
La manufacture TAG Heuer est plutôt connue pour son expertise dans le chronométrage des courses automobiles. On connaît ses chronographes Carrera, Formula 1 ou Monaco, dont ils sont inspirés. Pourtant, dès 1968, TAG Heuer propose un chronographe de régate, dénommé Skipper. La toute première Skipper de l’histoire de TAG Heuer a vu le jour en 1968 sous la référence 7754. Ce modèle célèbre l’Intrepid, monocoque américain victorieux de la Coupe de l’America 1967. Pour ceux, comme beaucoup, qui ne connaissent pas l’Intrepid, c’est un vaisseau célèbre pour avoir remporté la fameuse America’s Cup en 1967. À l’époque, la marque qui s’appelle encore seulement Heuer le sponsorise. Le New York Yacht Club préparait son voilier de 12 mètres, l’Intrepid, pour affronter l’Australie lors de l’éprouvante America’s Cup. L’Intrepid remporta alors la course haut la main. La Skipper fut conçue pour la postérité, ancrant à jamais cette victoire dans l’horlogerie.
Pour la petite histoire, Jack Heuer, dernier membre de la famille Heuer à avoir dirigé la manufacture et à qui l’on doit notamment les mythiques Carrera et Monaco, avait été approché par Abercrombie & Fitch pour produire des montres en marque blanche pour leurs magasins new-yorkais. Ce partenariat fut possible grâce à la forte amitié entre Jack Heuer et le président d’Abercrombie and Fitch, Walter Haynes. C’est ainsi que les modèles Solunar, Seafarer et Mareographe ont vu le jour, créant une grande amitié entre les deux dirigeants. Grâce à cette relation, Heuer deviendra chronométreur de la Coupe de l’America et fournira des chronomètres portatifs, ainsi que des montres Aquastar pour l’anecdote, à l’équipe de l’Intrepid, yacht américain de 12 mètres défendant les couleurs du New York Yacht Club contre le Dame Pattie du Royal Sydney Yacht Squadron. À la fin des années 60, Heuer devint ainsi le partenaire officiel de l’Intrepid.
Beaucoup d’amateurs connaissent les versions de la Skipper sur boîtier Autavia, soit des boîtiers tonneaux très marqués années 1970. Cependant, la toute première série de cette montre, la référence 7754, fut produite avec des boîtiers Carrera et à seulement 300 exemplaires. Cela lui a d’ailleurs valu le surnom de “Skipperera” ! À l’époque, elle était d’ailleurs surnommée “Skipperera” et était en quelque sorte une variante de la Carrera référence 3647. Selon TAG Heuer, les tous premiers exemplaires étaient basés sur le mythique chronographe Heuer Carrera, environ 300 exemplaires pour être précis. Malheureusement, la Skipper ne connaîtra pas une très longue production puisqu’elle disparaîtra du catalogue en 1983. Tandis que la montre d’origine, ultra-rare et vendue à près de 100 000 euros aux enchères, mesurait 35 mm de diamètre.
La Renaissance de la Légende : La TAG Heuer Carrera Skipper de 2023
C’est alors que 2023 sonne le 40e anniversaire de cette disparition, une occasion privilégiée pour la marque d’imaginer une toute nouvelle Skipper en réinterprétant la référence d’antan. L’an dernier, en effet, la manufacture TAG Heuer a relancé le chronographe Carrera Skipper en acier. La Carrera Skipper s’inscrit ainsi au sein de la nouvelle famille Carrera, apparue l’an passé. Il s'agit d'une remasterisation de son modèle original de 1968, tout aussi vibrant, tout aussi fort. Quarante ans après la fin de sa production, la manufacture ressort son vieux chronographe du fin fond des océans dans une nouvelle version, presque identique. Cette nouvelle édition ravit, d’ores et déjà, les collectionneurs qui attendaient depuis longtemps le retour de la fameuse “Skipper” originale de 1968. Plus récemment, en 2017, TAG Heuer et Hodinkee avaient déjà collaboré pour imaginer et produire 125 unités d’une nouvelle Skipper, rendant bien évidemment hommage à ce chronographe de la fin des sixties.
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La nouvelle Carrera Skipper a l’âme vintage, ce chronographe de régate s’inspirant directement du modèle historique, notamment en reprenant la fonction compte à rebours. La TAG Heuer Carrera Chronograph Skipper est de retour, modernisée et conçue avec des améliorations notables. C’est un retour en arrière sur son histoire, une essence, un style, une identité qui ne l’a jamais vraiment quitté. Esthétiquement, cette TAG Heuer Skipper est très réussie. D’habitude, beaucoup ont du mal avec les chronographes régate, notamment à cause de leurs couleurs, mais ici, l'équilibre entre modernité et inspiration vintage est plutôt bien trouvé. Mon seul regret est probablement le fait que la mention Carrera se trouve au-dessus du logo TAG Heuer et donc que la montre soit trop liée à cet autre modèle. Il aurait été préféré d'y voir la mention “Skipper”, comme sur le modèle original.
Un Cadran Hauté en Couleurs : L'Esthétique Inspirée de l'Intrepid
La Carrera Skipper reprend donc certaines couleurs de l’Intrepid comme le bleu clair que l’on retrouvait sur le gréement du bateau ou bien le vert du pont. Ces couleurs n’ont pas été choisies au hasard. À l’époque, le chronographe Skipper possédait lui aussi les mêmes teintes lorsqu’il a été créé pour célébrer la quadruple victoire de l’Intrepid. L’édition pour la voile arbore un mélange saisissant de sarcelle, d'orange, de vert et de bleu. Le cadran du boîtier Carrera de 36 mm, tel qu'il était sur le modèle original, offrait une belle visibilité sur un cadran bleu marine traversé par une aiguille de chronographe rouge vif. Le cadran de la petite seconde était d’un sarcelle audacieux, comme le pont de l’Intrepid. Sur le côté opposé, à 3 heures, se trouvait le cadran du compte à rebours de 15 minutes en trois couleurs, vert, sarcelle - à nouveau - et rouge. Cette explosion de couleurs non conventionnelles évoquait le monde codé des pavillons de régate, le rouge pour le côté bâbord, le vert pour le côté tribord et le sarcelle pour la poupe, mais elle capturait également l’esprit jeune, insouciant et fleuri de la fin des années soixante.
Dans la version moderne, le cadran aux couleurs vives et osées est bien protégé derrière un verre saphir bombé Glassbox du plus bel effet. Le tout est livré sur un bracelet en tissu bleu monté sur une boucle déployante en acier brossé. On retrouve le fameux cadran circulaire brossé d’un bleu très caractéristique puisqu’il s’agit de celui de la Carrera. Il y a aussi une multitude d’autres éléments du chronographe historique que l’on retrouve sur cette Skipper moderne. Pour améliorer la lisibilité sur les bords incurvés du cadran, un effet extrapolé par le verre lui-même, l’absence de lunette permet à la montre d’offrir une grande ouverture. L'architecture de la Carrera Chronograph Skipper a été entièrement retravaillée dans un objectif de praticité et de lisibilité, la rendant lisible en toutes circonstances… même quand on se trouve sur la coque d’un catamaran à foils lancé à toute allure.
Plus précisément, les sous-cadrans sont très contrastés. Celui à 3 heures est dédié au compteur de régate, soit un totalisateur 15 minutes séparant les trois segments colorés. Pour le compteur de régate 15 minutes, trois teintes ont été choisies pour chaque segment de temps de 5 minutes : “Intrepid Teal”, “Lagoon Green” et enfin “Regatta Orange”. Chacune de ces teintes indique une portion de 5 minutes avant le départ. Le Lagoon Green est inspiré du gréement du voilier, l’Intrepid Teal, est la couleur du pont et, afin d’alerter l’équipage des cinq dernières minutes avant le lancement d’une course, un Regatta Orange est utilisé, une nuance du monde maritime pour garantir une excellente lisibilité dans toutes les conditions rencontrées en mer. En effet, sur un voilier de vitesse, la moindre seconde compte. Il faut donc démarrer prestement.
Tandis que celui à 9 heures est un totalisateur sur 12 heures, affichant le bleu “Intrepid Teal”. Et si vous l’aviez raté, la petite seconde est discrètement placée à 6 heures pour lui donner un style bi-compax alors qu’elle a bel et bien 3 compteurs ! On retrouve bien évidemment une petite trotteuse avec son aiguille rhodiée polie. Petite trotteuse dans laquelle se trouve aussi le guichet date, qui aurait pu être laissé de côté car il n'est pas vraiment nécessaire sur un chronographe régate et non présent sur le modèle original. On peut également citer les repères triangulaires que l’on retrouve toutes les cinq minutes sur le rehaut extérieur incurvé de la Skipper, à la place de l’habituel tachymètre. C’est aussi l’aiguille centrale des secondes du chronographe qui a conservé son orange vif d’époque.
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Le Boîtier et ses Mesures : L'Équilibre Parfait
La TAG Heuer Carrera Chronograph Skipper révèle un design de régate inspiré de l’America’s Cup, associant cadran sarcelle et compte à rebours de régate. Le boîtier de cette TAG Heuer Skipper n’est pas sans rappeler celui de la Carrera Glassbox Chronograph 39 mm, qui fut lancée durant les Watches and Wonders 2023. On retrouve donc un boîtier en acier à la fois finement brossé et poli. Son diamètre est de 39 millimètres, ce qui représente un choix des plus logiques au vu de la gamme actuelle Carrera, et en adéquation avec les chronographes dotés d’un verre “glass-box” présentés durant le Watches & Wonders 2023. Cette nouvelle version de 39mm de diamètre se différencie de la montre d'origine qui mesurait 35mm. Son épaisseur de 13,9 millimètres et sa distance corne à corne est de 46 millimètres. Ces dimensions sont considérées comme assez plaisantes pour un chronographe, en particulier pour ceux qui apprécient les chronographes en dessous de 40 millimètres, surtout lorsqu’ils sont vintage ou néo-vintage. Comme sur tout bon chronographe, cette TAG Heuer Skipper possède deux poussoirs de chrono que l’on retrouve à 2 et 4 heures.
Le Cœur Battant : Le Calibre TH20-06, Puissance et Précision
La Carrera Skipper de TAG Heuer est animée par le calibre TH20-06 à remontage bidirectionnel. Pour l’occasion, TAG Heuer y a emboîté son dernier mouvement automatique, le calibre TH20-06 offrant 80 heures de réserve de marche. Le calibre qui alimente cette TAG Heuer Skipper n’est autre que le dernier mouvement TH20-06 à remontage bidirectionnel. Il s’agit en réalité d’un calibre TH20-00 qui a été modifié afin de proposer le compteur régate de 15 minutes à la place de l’habituel compteur 30 minutes. Et sans surprise, on retrouve bien évidemment le calibre TH20-00 sur la Carrera. Ce calibre TH20-06 est donc un mouvement mécanique à remontage automatique et manuel. Il possède une réserve de marche de 80 heures permettant de pouvoir poser sa montre un petit peu plus de 3 jours et la retrouver toujours tournante, à condition, bien sûr, de l’avoir remontée au maximum avant de la poser. Même si la masse oscillante est ajourée, l’esthétique du calibre n’est pas très poussée.
Le Bracelet : Une Touche Marine pour le Quotidien
Le boîtier de cette TAG Heuer Skipper aux couleurs estivales est monté sur un bracelet en tissu qui, en soi, va bien au style de la montre. Le bracelet en tissu résiste à l’eau de mer, une bonne nouvelle donc. Cependant, on peut se demander si le bracelet tissu est réellement le meilleur choix pour une montre destinée au monde de la voile, car il semble plus courant de retrouver des bracelets en acier ou en caoutchouc pour une telle utilisation. Le bracelet est maintenu au poignet grâce à une boucle déployante en acier brossé et poli. La critique sur le bracelet et l’utilisation dans un milieu aquatique vaut aussi pour l’étanchéité de la Skipper. En effet, cette dernière est annoncée à 100 mètres de profondeur. Cette étanchéité de 100 mètres est notamment due au fond de boîte de cette TAG Heuer Skipper, car ce dernier est transparent. Malgré ces spécifications nautiques, il est permis de douter que les propriétaires de cette belle Skipper soient tous des navigateurs chevronnés. Son porteur ne dispose pas forcément d’un Wally de compétition à quai, de la même manière que les amateurs de montres d’aviateur ne sont pas tous pilotes de chasse.
L'Éclat de l'Or Rose : La Carrera Skipper Gold 2024
Pour 2024, son boîtier de 39 mm se pare d’or rose. Ce qui lui va fort bien. La TAG Heuer Carrera Chronograph Skipper a été conçue avec un boîtier plus audacieux de 39 mm en or rose qui rappelle le coucher de soleil sur l’océan. Cette année, la Carrera Skipper Gold entre dans le sillage de son aînée en reprenant ses caractéristiques. Cette pièce se différencie néanmoins par son boîtier de 39 mm de diamètre forgé en or rose massif 18 carats 5N, magnifié par des finitions polies et brossées. Sur son cadran d’un bleu intense, on retrouve le compteur 15 minutes présent sur le modèle de 1968. Cet élément indispensable pour prendre un bon départ en régate s’habille de trois coloris : le Lagoon Green inspiré du gréement du voilier, l’Intrepid Teal, la couleur du pont et, afin d’alerter l’équipage des cinq dernières minutes avant le lancement d’une course, un Regatta Orange, une nuance utilisée dans le monde maritime pour garantir une excellente lisibilité dans toutes les conditions rencontrées en mer. L’aiguille de ce compteur, la mesure des temps courts, la date, et l’affichage des heures et des minutes demeurent orchestrés par le Calibre à remontage automatique Heuer 02, offrant 80 heures de réserve de marche. La petite seconde a été repositionnée à 6 heures, où elle passe discrètement au-dessus d’un guichet de date. Le sous-cadran sarcelle à 9 heures est désormais réservé à un compteur de douze heures qui porte le nom de la montre, Skipper. Les trois segments du sous-cadran du compte à rebours affichent des couleurs plus vives, à savoir le vert lagon, le sarcelle et l’orange régate.
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