La communication est primordiale dans le monde silencieux de la plongée sous-marine. Les gestes de plongée sont un langage universel qui permet aux plongeurs de communiquer efficacement, assurant ainsi leur sécurité et le bon déroulement de l'exploration sous-marine. Cet article détaille les gestes essentiels pour les plongeurs de niveau 1, en mettant l'accent sur la simplicité, la clarté et la sécurité.
L'importance de la communication en plongée
La communication sous l'eau est une question de sécurité. Dans le monde du silence, les plongeurs ne peuvent pas parler, la communication non verbale devient donc essentielle. Des signaux clairs et convenus permettent aux plongeurs de signaler des problèmes, de partager des informations et de coordonner leurs actions. La capacité de communiquer efficacement peut prévenir les accidents et améliorer l'expérience de plongée.
Principes fondamentaux des signes de plongée
Depuis la création des premiers signes de plongée en 1958, certains principes fondamentaux ont été établis pour garantir leur efficacité :
- Nombre limité de signes: L'accent est mis sur l'essentiel, à savoir la sécurité. Un nombre limité de signes permet aux plongeurs de se concentrer sur les informations les plus importantes.
- Éviter les nuances inutiles: Les signes doivent être clairs et sans ambiguïté. Éviter les nuances subtiles réduit le risque de confusion et d'interprétation erronée. Il est inutile de prévoir un signe entre « Ok, Tout va bien » ou « Ça ne va pas, une assistance est requise ».
- Simplicité: Les signes doivent être faciles à comprendre et à reproduire, même dans des conditions de visibilité réduite ou de stress.
Signes de plongée essentiels pour le niveau 1
OK, TOUT VA BIEN
Ce signe est fondamental. Il sert à la fois de question (« Est-ce que ça va ? ») et de réponse (« OK, tout va bien »). Il se réalise en formant un cercle avec le pouce et l'index.
- Utilisation : Lorsqu'un moniteur ou un guide de palanquée effectue ce signe, il est impératif de répondre. La réponse peut être « OK, tout va bien » ou « Ça ne va pas », en indiquant la source du problème si nécessaire (par exemple, en pointant l'oreille en cas de problème d'équilibrage des pressions). L'absence de réponse à cette question doit être interprétée comme un signe de problème.Le plongeur émergeant à l’aise manifeste son état par un signal “Tout va bien” : bras tendu, maintenu vertical, la main faisant le signe “tout va bien” (rond avec le pousse et l’index), cela pendant 5 à 10 secondes.
ÇA NE VA PAS
Ce signe indique un problème. Il se réalise généralement en agitant la main à plat, paume vers le bas. Il signale une difficulté ou un besoin d'assistance. Il est essentiel de compléter ce signe en indiquant la nature du problème.
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Le malaise, la difficulté de rejoindre le bord ou la détresse sont signalés, comme en plongée, par l’agitation rythmique ou désordonnée des bras au-dessus de la surface.
MONTRE-MOI TON MANOMÈTRE
Ce signe sert à demander à un autre plongeur de montrer la pression restante dans sa bouteille.
- Utilisation : En réponse à ce signe, il suffit de tourner le cadran du manomètre (ou de l'ordinateur de plongée, s'il intègre la gestion d'air) vers le moniteur ou le guide de palanquée. Il est inutile d'essayer d'indiquer la pression par des signes complexes.VEILLER AUX RÉSERVES D’AIR Tout au long de votre plongée, vous devez vérifier sur votre manomètre les réserves d’air disponibles (évitez toutefois de le faire trop souvent de manière inutile).
MI-PRESSION (100 BARS)
Ce signe indique que la pression dans la bouteille a atteint 100 bars.
- Utilisation : Indiquer « 100 bars, mi-pression » dès que l'aiguille du manomètre atteint 100 bars. Il est inutile de tenir compte de la pression initiale de la bouteille pour calculer la mi-pression. Généralement, le moniteur ou le guide de palanquée prendra en compte cette information et s'assurera que le plongeur remonte avec une réserve de 50 bars.
JE SUIS ESSOUFFLÉ
Ce signe indique un essoufflement.
- Prévention : Pour éviter l'essoufflement, il est important de maintenir une bonne forme physique, d'éviter les repas copieux avant de plonger et de ne pas plonger en cas de fatigue. Pendant la plongée, il est conseillé d'éviter les efforts excessifs et de pratiquer des expirations profondes lors d'efforts, même légers.
- Utilisation : Dès les premiers signes d'essoufflement (sensation de suffocation, incapacité à maintenir une « panée de contrôle »), il est impératif de signaler cet état au guide de palanquée.
J'AI FROID
Ce signe indique une sensation de froid.
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- Prévention : Pour éviter d'avoir froid, il est conseillé de s'alimenter correctement avant de plonger, de se couvrir adéquatement en surface et de porter une combinaison ajustée et suffisamment épaisse.
- Utilisation : Si ces mesures ne suffisent pas, signaler rapidement la sensation de froid. Cette information entraînera généralement la fin de la plongée pour l'ensemble de la palanquée. Des informations du type « J’ai un peu froid », « J’ai moyennement froid », ne sont d’aucun intérêt. Cela mettra fin à la plongée pour toute la palanquée.
Signes complémentaires
Bien que les signes mentionnés ci-dessus soient essentiels pour le niveau 1, il existe d'autres signes utiles pour la communication sous-marine :
- Monter / Descendre : Indiquer la direction souhaitée.
- Arrêter : Indiquer l'arrêt immédiat.
- Regarder : Attirer l'attention sur quelque chose.
- Danger : Signaler un danger potentiel.
Conseils pour une communication efficace
- Soyez clair et concis : Utilisez les signes de manière précise et évitez les ambiguïtés.
- Regardez votre partenaire : Assurez-vous que votre partenaire vous voit et comprend vos signes.
- Confirmez la compréhension : Demandez à votre partenaire de confirmer qu'il a compris vos signes.
- Pratiquez régulièrement : Entraînez-vous aux signes de plongée avec votre binôme ou votre palanquée avant chaque plongée.
L'évolution des signes de plongée
La tendance à l’inflation du nombre de signes de plongée, déjà présente lors de leur création officielle en 1958, fait toujours débat. Certains ouvrages publient des dizaines voire des centaines de signes de plongée. En 1960, lors du congrès de la CMAS à Barcelone, ces signes inspirèrent grandement ceux adoptés par la CMAS. Yves Normand réalisa les planches officielles qui constituèrent la première publication de signes de plongées normalisés sur le plan mondial.
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