Le wakeboard (de l'anglais wake, sillage, et board, planche) est un sport nautique qui a vu le jour au début des années 1980. Il apparaît après l'avènement du skiboard, aujourd'hui connu sous le nom de snowboard, et résulte d'une ingénieuse combinaison de techniques issues du ski nautique, du snowboard et du surf. À l'origine, le wakeboard est un sport de glisse qui se pratique en mer, où le pratiquant est tracté par un bateau. Le principe est similaire au ski nautique, mais avec l'utilisation d'une planche. On utilisait alors les vagues créées par le bateau pour réaliser diverses figures, d'où son nom : en anglais, wake signifie sillage et board, planche. Le wakeboard est un sport jeune qui est encore en perpétuel développement, tant du point de vue technique et matériel qu’à travers les différentes disciplines qui en découlent. Initialement pratiqué derrière un bateau, de nouveaux moyens de tractions fleurissent tels que le câble, le jet-ski ou encore le treuil thermique. De ces supports variés naissent différentes écoles - vague à vague, blocages, obstacles, wake urbain - même si le principe de base reste le même : celui de glisser sur l’eau tracté par une corde et un palonnier.
Les Racines Historiques et l'Évolution Pionnière
Les racines du wakeboard proviennent du « skurf » (en anglais skurfing), qui fut créé en Nouvelle-Zélande par le façonnier de planches de surf Allan Byrne et ses amis, dont Kevin Jarrett. Le wakeboard, en tant que tel, émerge au début des années 1980. De l'autre bout du monde, en 1983, Howard Jacobs a contribué de manière significative à son développement en créant plusieurs wakeboards. Il a pour cela monté des sangles de pieds de planche à voile sur une planche de surf. Dès 1984, Howard Jacobs démontrait déjà l'énorme potentiel de ce nouveau sport en réalisant des sauts périlleux arrière (back flips) sur la rivière de St. Johns River à Jacksonville, en Floride. Ces premières innovations ont posé les bases d'une discipline qui allait rapidement gagner en popularité et en sophistication.
L'Équipement Spécifique du Wakeboarder
La pratique du wakeboard nécessite un équipement spécialisé, conçu pour optimiser la glisse et la réalisation de figures. Chaque composant, de la planche aux fixations en passant par le bateau, a connu des évolutions majeures depuis les débuts de la discipline.
La Planche de Wakeboard
Au lieu d'utiliser des skis, le glisseur utilise une planche qui lui assure plus de portance sur l'eau. Sur cette planche sont fixées deux chausses, ou fixations, pour les pieds, positionnées dans le sens de la largeur, à l'instar d'un snowboard ou d'un skateboard. Cette planche flottante mesure en général entre 130 et 147 cm de long et peut atteindre jusqu'à 45 cm de large, ce qui la rend plus courte et plus large que les planches de snowboard.
Le wakeboard a depuis ses débuts énormément évolué au niveau des planches. Les premières planches étaient souvent des planches de surf asymétriques. Cependant, à l'instar de l'évolution observée dans le skateboard, elles sont devenues des planches symétriques, connues sous le nom de « twin tips », dotées de dérives de chaque côté. Les matériaux utilisés se sont également considérablement améliorés. L'apparition de nouveaux matériaux remplaçant la résine des planches de surf, tels que le « nid d'abeille » ou encore le « fusion core », a permis de réduire significativement le poids des planches, améliorant ainsi leur maniabilité et leurs performances.
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Les Chausses : Le Lien Essentiel entre le Rider et la Planche
Les chausses, également appelées chaussons, bindings ou boots en anglais, jouent un rôle très important pour le wakeboarder. Comme les planches, les chausses ont été grandement modifiées et perfectionnées depuis le début de la discipline. Dans les années 1980, elles étaient rudimentaires, fabriquées à l'aide de cale-pieds de planche à voile, et relevaient alors plus du prototype que d'un modèle fini et abouti de chausse. Ce type de chausses présentait d'énormes désavantages, notamment liés à leur fragilité, leur manque de confort et, surtout, l'absence d'un contrôle précis de la trajectoire de la planche.
Avec le développement rapide de la discipline dans les années 1990, les chausses ont considérablement évolué. Elles se sont orientées vers des conceptions similaires à celles du ski nautique, en reprenant leurs matériaux de prédilection comme le caoutchouc et le néoprène. Leur système de fixation sur la planche s'est également modernisé, fonctionnant désormais avec des inserts qui assurent une meilleure rigidité et un transfert d'énergie plus efficace.
Les Bateaux Spécifiques au Wakeboard
En ce qui concerne les bateaux, appelés wakeboard boat (en), il existe des modèles spécialement adaptés à la pratique du sport, qui se distinguent des bateaux de ski nautique classiques. Tout d'abord, ces embarcations sont équipées d'une tour qui permet de fixer la corde de traction à environ 2 mètres de hauteur par rapport à l'eau. Cette élévation de la corde est cruciale pour la réalisation de figures aériennes.
De plus, les bateaux de wakeboard sont équipés de ballasts, des réservoirs pouvant être remplis d'eau pour alourdir l'embarcation. Associée à une coque spécialement étudiée, cette fonctionnalité permet d'obtenir un sillage pourvu de vagues plus hautes et plus puissantes, essentielles pour les sauts et les manœuvres. Par ailleurs, ces bateaux sont équipés d'un moteur arrière (V-Drive), une configuration qui contraste avec les bateaux de ski équipés d'un moteur central (Direct Drive).
La Corde de Traction et le Palonnier
La corde de traction est l'élément qui relie le wakeboarder, ou wakeboardeur, au bateau. Une sorte de corde grâce à laquelle le wakeboarder se fait tracter par le bateau. Cette corde est munie d'un palonnier, une barre que le pratiquant tient dans ses mains. La taille de cette corde varie en fonction de la manière dont on ride ainsi que du rider lui-même, généralement entre 16 m et 24 m. En bateau, le rapport entre la vitesse de traction et la longueur de corde est déterminé par le poids et le style du pratiquant, permettant d'adapter la traction aux préférences et au niveau de chacun. Une fois que le rider a pris sa carre pour sortir du sillage, il accélère rapidement vers la vague afin de l’utiliser comme une rampe pour pouvoir réaliser des sauts et d'autres figures aériennes.
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Techniques et Figures Aériennes
Le wakeboard, comme de nombreux sports extrêmes tels que le snowboard ou le skateboard, dispose d'une série de termes et d'expressions spécifiques pour nommer ses figures acrobatiques. Parmi celles-ci, on trouve des noms évocateurs comme backroll, frontroll, tantrum, elephant, whirlybird, ou encore les rotations complexes telles que 360, 720, 900 et 1080.
Ces figures peuvent être réalisées en heelside ou en toeside. Une figure est débutée en heelside lorsque le pratiquant est en prise de carre arrière, c’est-à-dire en appui talon, ou face au bateau. Inversement, elle est réalisée en toeside lorsqu'il est en prise de carre avant, ce qui signifie en appui orteils, ou dos au bateau. Il est généralement plus aisé pour le wakeboarder d'effectuer sa figure en prise de carre arrière, car cette position offre une plus grande stabilité et un meilleur équilibre, facilitant ainsi l'exécution des manœuvres.
Les Différentes Formes de Pratique : Bateau et Téléski Nautique
Le wakeboard a évolué pour offrir plusieurs modes de pratique, chacun avec ses particularités et ses avantages, rendant ce sport accessible à un public plus large.
La Pratique Originelle Derrière un Bateau
Historiquement, le wakeboard est né de la traction par bateau. Au début, le wakeboard était pratiqué par les surfeurs qui se faisaient tracter par un bateau pour prendre les vagues. Dans cette discipline, le rider est donc tracté par le bateau avec une corde munie d’un palonnier. Il utilise la vague créée par le sillage pour faire différentes figures. Ce mode de pratique offre une grande liberté de mouvement et la possibilité de créer des vagues personnalisées grâce aux ajustements du bateau.
Le Téléski Nautique et les Wakeparks
Depuis quelques années, il est également possible de pratiquer le wakeboard sur des étangs et des lacs grâce à un système de câbles. On est alors tiré par un système de câbles, loin au-dessus de l'eau. Apparu à la fin des années 60, le téléski nautique permet la pratique du wakeboard sur un plan d’eau. Il a été inventé par Bruno Rixen, un ingénieur Allemand. Aujourd'hui, Rixen représente environ les trois quarts du parc mondial de téléskis nautiques.
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Un wakepark est un lac artificiel, rempli d’eau et équipé d’un système de traction pour permettre aux pratiquants de wakeboard. Ce système se compose d’un câble en boucle qui tourne autour du lac et tire les wakeboarders à travers l’eau. Contrairement au wakeboard derrière un bateau, le téléski nautique permet une traction régulière d’environ 30 km/h. Le câble est soutenu par des poulies reposant sur des pylônes installés au fond du lac. Les wakeparks sont souvent équipés de modules, des rampes et des slides, qui permettent de réaliser des figures acrobatiques inspirées du skateboard et du snowboard.
Plus facile qu'en mer ou derrière un bateau, cette activité se développe de manière exponentielle : il y a près de 150 wakeparks en France. Par exemple, à Quimper (Finistère), le Tytaz Wakepark a ouvert ses portes en 2019, et les enfants peuvent essayer dès l'âge de 7 ans. En 2019, plus de 100 téléskis nautiques ont été créés un peu partout en France (Full size et 2 poulies), favorisant la pratique et la découverte de futurs jeunes champions.
Il existe plusieurs types de wakeparks, chacun avec ses propres caractéristiques. Certains sont conçus pour les débutants, avec des zones plus calmes et moins profondes, tandis que d’autres sont destinés aux riders expérimentés, avec des obstacles plus difficiles et des zones plus profondes. Le wakepark est un endroit idéal pour pratiquer le wakeboard, que l’on soit débutant ou expérimenté. C’est une activité physique divertissante qui permet de se défouler et de rencontrer de nouvelles personnes.
Il est important de noter que l'on confond parfois le wakeboard avec le kitesurf, pour lequel on utilise le même type de matériel mais qui se pratique à l’aide d’une aile de traction.
Disciplines Apparentées et Variations du Wakeboard
Le monde des sports de glisse nautiques est riche et varié, et le wakeboard a donné naissance ou est étroitement lié à d'autres disciplines passionnantes.
Le Wakeskate
Le wakeskate utilise une planche plus petite mais sensiblement de la même forme qu'un wakeboard. La principale différence est qu'il n'y a pas de chausses. Un revêtement rugueux permet de tenir sur la planche. Cette configuration rapproche ainsi le style de glisse du skateboard, permettant des ollies et des figures plus libres sur l'eau. Bien que des surfeurs se soient faits tracter par des bateaux auparavant, le wakeskate est officiellement apparu en 1990 avec l’Américain de la West Coast, Jasson Messer, qui abandonna les chausses de sa planche pour faire des figures glissées ou pour utiliser des modules, à l’image du skateboard sur le sol.
Le Wakesurf
Le wakesurf se rapproche davantage du surf, mais il est conçu pour les pratiquants éloignés de la mer ou de l’océan. La planche ne dispose pas de chausses, et le palonnier sert uniquement à sortir de l’eau et à se positionner dans le sillage du bateau. Une fois lancé, le pratiquant surfe sur la vague générée par le bateau sans être tracté, imitant l'expérience du surf océanique.
Le Kneeboard
Le kneeboard se pratique à genoux sur une planche en forme d'ovale, généralement de la largeur d'un adulte et un peu plus large qu'un wakeboard. La planche est maintenue au pratiquant par une sangle fermée par un Velcro. Cette discipline offre une approche différente de la glisse, souvent plus stable et accessible aux débutants.
Le Développement et la Reconnaissance en France
Le wakeboard a connu un développement institutionnel notable en France, marqué par des événements clés et la structuration de la discipline. En 1994, a eu lieu la création de Wake Board Magazine, une revue française de la Fédération française de ski nautique et de wakeboard, sous l'impulsion de Jean-Claude Durousseaud. Ce magazine a depuis été rebaptisé Wake & Ski. La même année a vu la création de l'Association nationale de wakeboard (ANW) par des pratiquants passionnés tels que Gilles Becker, Franck Ropéro et Pierre Bergia. Cette même année 1994, le français Gregory Sevilla a remporté le championnat d'Europe de wakeboard, dont la dernière manche s'est déroulée en août au plan d'eau de l'Arena à Roquebrune-sur-Argens.
En 1996, la Fédération française de ski nautique a officiellement reconnu le wakeboard. Elle a alors créé une commission dont l’objectif principal était de structurer le développement de cette discipline montante. Des formations dédiées aux juges et aux initiateurs ont été mises en place pour encadrer la pratique et les compétitions. Cette année a également marqué l'organisation du premier championnat de France, qui s'est tenu à Viry-Châtillon. L'année suivante, en 1997, a eu lieu le premier tour français de compétitions en bateau, divisé en cinq étapes. C'est à cette occasion que François Roy est devenu le premier Français champion du monde WWA Junior.
L'année 1999 fut également riche en événements, avec les premiers championnats d'Europe de cable-wakeboard. Rodolphe Vinh-Tung est devenu le premier Français à accéder en finale Pro des Worlds, le championnat du monde WWA, soulignant la progression des athlètes français sur la scène internationale. Un Festival de Wakeboard sur le lac de Zoug en Suisse a également contribué à la visibilité de la discipline. En 2000, Philippe Sirech et Laurent Deburaux ont fondé l'AFW (Association française de wakeboard), principalement axée sur la communication web et l'événementiel grand public.
Plus récemment, en 2017, une nouvelle demande a été formulée pour intégrer le wakeboard aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Cependant, cette demande a été à nouveau rejetée par le comité d'organisation. Malgré ce revers olympique, le wakeboard continue son essor, particulièrement grâce à l'augmentation du nombre de téléskis nautiques qui rendent la pratique plus accessible.