L'exploration souterraine, qu'elle se déroule dans d'immenses galeries verticales ou d'étroites diaclases, soumet le corps du spéléologue à des contraintes physiques intenses et variées. Les genoux et les coudes, en particulier, sont constamment exposés aux chocs, à l'abrasion et aux frottements contre la roche. Une protection adéquate de ces articulations n'est pas seulement une question de confort, mais une composante essentielle de la sécurité et de la durabilité de la pratique spéléologique. La diversité des environnements rencontrés sous terre, des petites cavités exigeant des mouvements contorsionnés aux grands puits où la verticalité prédomine, dicte une approche nuancée du choix et de l'utilisation des équipements de protection.
Les Défis de la Progression Souterraine et la Protection des Articulations
La spéléologie est une activité qui sollicite l'ensemble du corps, mais certaines articulations sont particulièrement mises à l'épreuve. Que ce soit en rampant dans des boyaux, en se faufilant dans des étroitures, ou en grimpant sur des ressauts, les genoux et les coudes sont en première ligne. Certains adeptes des petites cavités, par exemple, utilisent rarement la pédale, préférant le pantin pour la majorité du temps, sauf dans des puits étroits et des plans inclinés où l'équipement spécifique peut devenir indispensable. Toutefois, même dans ces situations où la progression est plus « douce », une pédale reste toujours prête à servir, mise sur la poignée au cas où. Pour la verticalité, l'adoption depuis longtemps du trilonge témoigne d'une recherche d'efficacité, sans souvenir de tricotage au frac et de perte de temps pour ranger, même si la course n'est pas une priorité. Le confort est également un élément clé, comme en témoigne le choix d'un baudrier de type "falcon". D'autres aspirent à retrouver l'Avanti original pour la prospection et les trous étroits, le considérant comme le top pour ces configurations particulières.
Il est clair que les grandes verticales nécessitent un équipement complémentaire, tel qu'un torse avec poulie, ainsi que des coudières et des genouillères pour une protection complète. La protection des genoux est une technique très utilisée par les spéléos qui font beaucoup de verticale. Cependant, l'idée reçue selon laquelle les genouillères ne sont utiles que pour le ramping est une simplification dangereuse. Comme l'a souligné un spéléologue regrettant de les avoir oubliées en croyant parcourir une grotte où il n'y avait pas de ramping, quand on ne rampe pas, on escalade parfois, et les genoux souffrent tout autant, voire plus, des impacts et des appuis répétés contre la roche. Les coudes, eux aussi, sont constamment exposés et leur protection est tout aussi critique.
L'Évolution des Protections de Genoux et Coudes en Spéléologie
Face aux agressions constantes de la roche, les spéléologues ont développé et adapté diverses solutions pour protéger leurs articulations. Initialement, l'ingéniosité a souvent conduit à détourner des équipements existants, comme les genouillères de skate-board ou de rollers, qui, bien que non spécifiquement conçues pour le milieu spéléologique, offraient une première couche de protection. Cependant, ces solutions « non-spécialisées » ont rapidement montré leurs limites en termes de durabilité, d'ajustement et de performance dans les conditions exigeantes d'une cavité.
L'évolution a mené à des protections spécifiquement conçues pour la spéléologie, souvent intégrées de manière plus discrète et efficace. L'une des avancées majeures a été l'intégration de protections amovibles ou fixes directement dans les sous-combinaisons ou les combinaisons. Cette approche vise à améliorer le maintien des protections, réduisant ainsi le risque de glissement, qui peut être très frustrant et même dangereux dans des passages délicats. Le débat existe quant à savoir si ces poches de genoux sont plus efficaces et mieux tenues dans les sous-combinaisons plutôt que directement dans les combinaisons externes. L'argument en faveur des sous-combinaisons est que la protection est plus proche du corps, ce qui pourrait assurer un meilleur maintien et une meilleure efficacité. Toutefois, pour ceux qui n'utilisent pas de sous-combinaison en raison de la chaleur des grottes où ils évoluent, des alternatives comme un Damart thermolactyl en dessous ou une vieille veste polaire usagée par-dessus sont employées, ce qui implique une réflexion différente sur la manière de fixer et d'intégrer les protections.
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Les Genouillères et Coudières en Néoprène : La Référence "Warmtex" et Alternatives Performantes
Parmi les solutions spécialisées, les protections en néoprène ou matériaux équivalents ont acquis une solide réputation. Les genouillères Warmtex, par exemple, sont très appréciées dans le milieu spéléologique, et il y a un accord général sur leur efficacité. Le néoprène (ou son équivalent) qui compose ces protections possède une résistance mécanique remarquable à l'étirement horizontal, une propriété cruciale pour supporter les contraintes dynamiques de la progression en spéléologie, où les genoux sont constamment sollicités dans des mouvements de flexion, d'extension et de torsion.
Les Warmtex sont considérées comme "top" et sont même améliorées maintenant avec leur système de velcro, qui permet un ajustement plus précis et un meilleur maintien. Malgré un coût parfois jugé assez important, leur durabilité est un argument majeur en leur faveur, avec des utilisateurs qui témoignent de modèles ayant résisté à plus de 10 ans d'usage intensif. Ces genouillères se sont avérées être un investissement rentable pour de nombreux spéléologues.
En parallèle des Warmtex, d'autres marques proposent des protections en néoprène robustes. Les protecteurs de genoux en néoprène Gill, par exemple, sont reconnus pour être extrêmement résistants à l'abrasion et à l'usure. Ils sont également réglables grâce à des fermetures velcro, offrant ainsi une adaptabilité appréciée par les utilisateurs. Leur couleur noire leur confère une certaine discrétion. Une évaluation d'utilisateur met en lumière la solidité et la qualité de ces articles. Utilisés de manière détournée pour la moto, ils apportent chaleur et un bon ajustement. Un utilisateur a souligné que les modèles précédents de la même marque ont été utilisés quotidiennement pendant plus de 10 ans durant les mois d'hiver, commençant seulement à montrer quelques déchirures. Avec les nouveaux modèles, il a été noté avec satisfaction que les zones qui avaient tendance à se déchirer sur les versions antérieures ont été renforcées, ce qui en fait un produit vraiment excellent dont l'achat est entièrement recommandé. Cette longévité et cette capacité à résister à des usages intenses et variés confirment la pertinence du néoprène pour la protection des articulations dans des environnements hostiles.
Les Inserts en Mousse Technique : Amortissement et Intégration Innovante
Une approche différente mais tout aussi efficace pour la protection des genoux et des coudes repose sur l'utilisation d'inserts en mousse technique. Ces protections sont conçues pour être glissées dans des poches spécialement prévues sur certaines sous-combinaisons au niveau du genou. Ce système d'intégration permet une grande flexibilité et un certain confort. Parmi ces matériaux innovants, le polymère "Gel max pro" se distingue par ses propriétés d'amortissement des chocs.
Ce polymère est disponible en deux épaisseurs : 10 mm et 5 mm, avec une densité raisonnable, estimée un peu au-dessus de 1. La performance de ce produit pour amortir les chocs a été mise en évidence par une expérience ingénieuse. Un carré de Gel max pro de 10 mm, d'environ 10 cm de côté, a été posé sur le carrelage. Un tube en PVC d'environ 1,50 mètre de longueur et 100 mm de diamètre a été placé verticalement sur le carré de gel. Un œuf de poule cru a ensuite été laissé tomber de toute sa hauteur (1,50 mètre) dans le tube en PVC. L'œuf est resté intact après le choc avec le polymère, rebondissant même plusieurs fois. D'après le calcul, l'œuf a atteint presque 20 km/heure avant l'impact. Cette expérience, bien que « rigolote », démontre de manière frappante l'excellent amortissement vertical du Gel max pro, c'est-à-dire sa résistance à l'écrasement. Il serait intéressant de réaliser la même expérience avec un banal polystyrène expansé de couleur blanche pour comparer les performances.
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Ce polymère, le Gel pro max, est d'ailleurs employé par les footballeurs souhaitant se protéger les tibias contre les impacts, ainsi que par les rugbymen qui l'intègrent à une épaulière lors de leurs viriles mêlées. Il semble avoir été étudié pour tout contact impactant des os des sportifs sur une surface dure, ce qui le rend très pertinent pour la spéléologie. On pourrait même penser aux gardiens de but de hockey sur glace qui subissent des impacts similaires.
Cependant, l'utilisation de ces mousses présente aussi ses propres défis. Le néoprène des Warmtex a une résistance mécanique en étirement horizontal que cette mousse n'a peut-être pas. Tester la résistance en tirant fermement sur un échantillon de polymère montre qu'il peut résister à des tensions sans causer de lésions ou de déformations remarquables, ce qui est une qualité importante. Néanmoins, pour que la mousse tienne bien au genou ou au coude, il faut la fixer, par exemple en cousant du velcro ou un élastique, ce qui n'est pas toujours évident. Un autre point crucial est la durabilité face à l'abrasion. Une solution serait d'emballer la mousse dans un tissu résistant, de type Cordura ou autre, similaire à celui des combinaisons.
L'épaisseur de ces inserts peut être un facteur. Comparée aux Warmtex, une épaisseur importante peut entraîner une tendance des genouillères à glisser d'un côté ou de l'autre du genou, au moment précis où l'on souhaiterait qu'elles soient bien en place. De plus, une épaisseur conséquente peut rendre les genoux très chauds, ce qui est un inconvénient dans des grottes déjà chaudes. Certains utilisateurs, après avoir essayé des genouillères en mousse glissées dans les poches, sont revenus à leurs Warmtex vieilles de 10 ans, préférant le compromis confort/efficacité malgré le coût.
L'Importance Cruciale de la Protection des Coudes
Si l'attention se porte souvent sur les genoux, la protection des coudes est tout aussi vitale et trop souvent négligée. Comme l'exprime un spéléologue avec un sens de l'urgence, "Le jour où tu devras protéger tes coudes ça sera trop tard." Cette affirmation souligne la nécessité d'une prévention proactive plutôt que d'attendre la blessure. En spéléologie, les coudes sont fréquemment utilisés pour s'appuyer, se traîner, ou se maintenir dans des passages étroits. Ils sont sujets aux mêmes chocs et abrasions que les genoux, particulièrement lors de rampings bas ou de passages en étroiture où chaque centimètre compte. Il faut passer dans les étroitures, et c'est là que les coudes sont mis à rude épreuve.
Heureusement, certains fabricants de sous-combinaisons ont intégré cette nécessité en renforçant déjà un peu les coudes, offrant une protection de base. Cependant, pour une protection optimale, des coudières dédiées, utilisant des matériaux comme le néoprène ou les mousses techniques, sont fortement recommandées. L'expérience avec le Gel max pro démontre qu'un tel polymère pourrait être tout aussi bénéfique pour les coudes que pour les genoux, absorbant les impacts avant qu'ils n'atteignent l'os. Le questionnement sur l'utilisation du matériel de hockeyeur pour les "grottes de glace" souligne, sur un ton humoristique, que la protection doit être adaptée aux conditions extrêmes et aux impacts prévisibles.
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