Fred David : L’odyssée d’un passionné de l’océan

Introduction à une trajectoire singulière

Le parcours de Frédéric David est celui d’un autodidacte peu commun. Originaire de Vendée, il s’installe sur sa terre d’accueil gersoise en 1996, une région où il développe ses aspirations artistiques à travers la compagnie Monde à Part. Créateur de spectacles tels que Folies Ordinaires, Bête beurk, Les Frères Loko rejouent la Locomotive humaine et la création Ogres!, il s'est formé aux ateliers de l'art cru. Il y déploie des ateliers d'expression autour de la parole, toujours avec cette envie de partage, de pédagogie et de transmission vers tous les publics, adultes comme enfants. Parallèlement à cette vie culturelle, Frédéric David a forgé une identité sportive internationale dans une discipline méconnue du grand public : le bodysurf.

La genèse d'une passion aquatique

Le bodysurf est, par définition, le surf dans son plus simple appareil. Cette discipline consiste à glisser sur les vagues sans planche ni aide extérieure, si ce n'est une paire de palmes. Fred David s’y est initié par hasard, en se laissant porter par les vagues, comme n'importe quel gamin qui aime se faire lessiver dans l'écume. Bien qu’il se définisse comme un bon nageur sans être un crack, c'est l'appel du large qui a dicté son rythme de vie.

À 14 ans, il suit une formation d'été pour devenir sauveteur côtier à Hossegor, Biarritz et Soustons, dans les Landes, capitales européennes de la vague. « Ça m'a donné l'occasion de découvrir l'océan et de découvrir le bodysurf, que je faisais dès qu'il y avait moins de monde à surveiller », raconte-t-il. Cette immersion quotidienne sur le sable lui a permis d'observer le plan d'eau et les mouvements des vagues. En observant, il faisait de l'imagerie sans même s'en rendre compte, un avantage inestimable dans une pratique où la lecture de la vague est primordiale.

L’art de la lecture de l’onde

Contrairement au surf ou au bodyboard, qui se pratique allongé sur le ventre, le bodysurf exige une lecture parfaite de la vague : où pointe-t-elle, comment casse-t-elle ? Le bodysurfeur étant contraint d'utiliser essentiellement la force de l'onde pour avancer, la marge de manœuvre devient beaucoup plus ténue. Tout est basé sur les sensations. Il n'y a pas d'intermédiaire entre l'eau et vous, ce qui procure un sentiment unique.

Cependant, cette sensation de « nudité » face aux éléments apporte également un sentiment de dénuement au milieu des déferlantes. « La peur fait partie du bodysurf. Plusieurs fois, à Hossegor, je me suis retrouvé dans des vagues de 4 à 5 mètres en me demandant ce que je faisais là. Mais on finit par y aller, parce que ce danger, toujours mesuré, m'attire », confie-t-il. Au compteur des aléas physiques, il dénombre une dent cassée, une épaule luxée et quelques égratignures sur le récif, des événements qu'il qualifie de « rien de grave ».

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L’exil vers la Mecque du Pacifique

Pour se perfectionner, Fred David a choisi de s'exiler une partie de l'année à Hawaï, la mecque du Pacifique pour les mordus de sports de glisse. Il s'est installé sur le spot mythique de Pipeline, sur la côte nord d'Oahu. « La hauteur, la vitesse… cette vague est parfaite pour faire du bodysurf. Toutes les conditions sont réunies pour m'entraîner et progresser », explique-t-il.

Ce choix de vie lui a permis de côtoyer les meilleurs mondiaux et d'évoluer au sein d'un environnement où les vagues sont parfaites. À l'image de surfeurs comme Kelly Slater ou de Mike Stewart, nonuple champion du monde de bodyboard et référence en bodysurf, Fred David considère que le bodysurf est une discipline complémentaire. Il souligne que si le bodysurf est moins spectaculaire que le surf et ne permet pas d'enchaîner autant de figures, il offre une perception du temps différente : « Même si, de l'extérieur, on a l'impression qu'on ne reste pas beaucoup de temps sur la vague, de notre perspective, le temps semble arrêté. Tout est au ralenti… »

Vers le sacre mondial

Le parcours compétitif de Fred David est jalonné de résultats marquants. En 2008, il se classe deuxième du Pipeline Bodysurf Classic à Hawaï, suivi d'une quatrième place en 2010. Il enregistre également des performances au Pyramid Rock avec une troisième place en 2009 et une deuxième place en 2010, ainsi que des victoires au Willy Cote en 2005 et 2008.

C'est en 2012 que le Bayonnais atteint le sommet en devenant champion du monde à Oceanside, en Californie. « J'y allais pour faire un résultat, mais je ne pensais pas que je pouvais arriver jusqu'au bout », confie-t-il. Il nuance toutefois son titre avec humilité : « Ça ne veut pas dire que ça fait de moi le meilleur au monde, hein… J'ai été le meilleur ce jour-là, mais pas contre les meilleurs ni dans les meilleures vagues. » Ce titre reste une occasion de promouvoir une discipline qui, pour un mal ou pour un bien, a gardé une haute idée de la liberté.

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