L'art du foil : Comprendre le vol hydrodynamique, de l'apprentissage sur le sable aux performances en haute mer

Les sports nautiques comme le kitefoil, windfoil, wingfoil, supfoil ou encore le dock foil sont des sports de plus en plus populaires pour les sensations qu’ils procurent. Le foil, cette innovation qui a révolutionné les sports de glisse, suscite un intérêt grandissant auprès des passionnés de la glisse. Pour comprendre cet engouement, il est nécessaire de définir ce qu'est un foil exactement. Un foil est généralement conçu avec une forme profilée, souvent en forme d'aile, qui permet de créer une différence de pression entre le dessus et le dessous de la surface du foil lorsqu'il se déplace dans l'eau. Le foil fonctionne sur le même principe qu'une aile d'avion inversée. Lorsqu'une aile de foil se déplace sous l'eau, elle génère une portance qui soulève la planche hors de l'eau, réduisant ainsi la traînée et permettant à la planche de glisser en douceur. La portance d'un foil dépend de sa surface, de sa forme (profil) et de la vitesse à laquelle il se déplace dans l'eau. À mesure que la vitesse augmente, la portance générée par le foil augmente également, ce qui soulève la planche plus haut. Votre capacité à voler résulte de la relation entre votre vitesse et la forme de votre foil.

Une perspective historique sur l'invention de l'hydrofoil

Qui a inventé le foil ? C’est en 1861 que le concept du foil a vu le jour sous l’impulsion de l’ingénieur civil britannique Thomas William Moy, plaçant trois foils horizontaux en bois sous la coque d’un canot. Cette idée fut ensuite reprise par le français Charles De Lambert en 1885 avec la construction d’un catamaran équipé de tonneaux en guise de coque. En 1897, De Lambert récidive en créant le premier hydroptère autopropulsé à vapeur avec le britannique Horatio Philips. La même année, de l’autre côté de l’atlantique, ce sont les américains William & Larned Meacham qui remorquent un canot doté de foils avant et arrière.

L'évolution technique s'accélère au début du XXe siècle. En 1906, c’est au tour de l’italien Enrico Forlanini d’apporter sa pierre à l’édifice et de faire évoluer le foil avec la conception d’un hydroptère motorisé capable d’atteindre la vitesse de 38 nœuds. Plus récemment, à la fin des années 70, le célèbre navigateur Eric Tabarly fait entrer le foil dans une nouvelle ère avec son trimaran, le Paul Ricard, avec lequel il bat le record de la traversée de l'atlantique en 10 jours et 5 heures. L'histoire du wingsurf, quant à elle, remonte à 1982, date à laquelle son inventeur, Roland Le Bail dépose un brevet sous le nom de « bird sail » pour une aile dont les caractéristiques sont identiques à celles d’une wing. En 1986, Tom Magruder présente son « Wind Weapon », une voile à rotation libre qui est fermement fixée avec un demi-mat sur la planche de surf. Le Wingsurf n'a connu une renaissance qu'avec l'introduction du foil surf, alimenté par l'idée de la marque de cerf-volant Slingshot de transférer le concept de l'aile du kitesurf au wingsurf, c’est-à-dire une aile à vent gonflable, compacte, légère et peu coûteuse à la fois.

Les composants structurels d'un hydrofoil moderne

L’hydrofoil est composé d’un mât, d’un fuselage, d’une aile avant et d’un stabilisateur. Le mât d’un foil est une pièce en aluminium ou carbone qui fait la jonction entre la planche et le set d’aile avant et arrière. La longueur du mât a un réel impact sur la manière de naviguer : un mât plus court est plus rassurant et facile pour débuter mais un mât plus long permet de prendre plus de hauteur et d’éviter de toucher la surface. Le fuselage d'un foil est la partie centrale qui relie les ailes au mât. C'est un élément crucial de la structure du foil, car il assure la stabilité et la rigidité de l'ensemble. Le fuselage permet également de positionner correctement l'aile par rapport au mât, ce qui influence les performances du foil en matière de portance et de maniabilité. Plus le fuselage est long, plus le foil est stable, plus le fuselage est court, plus le foil est maniable et agile.

L'aile avant est la composante du foil qui génère la portance lorsque le foil est en mouvement dans l'eau. Elle est située à l'avant du fuselage et est conçue pour interagir avec l'eau afin de créer une force ascendante qui soulève le rider et le matériel au-dessus de la surface de l'eau. Enfin, une aile arrière, également appelée stabilisateur, est une partie essentielle du foil. Elle se situe à l'arrière et joue un rôle crucial dans la stabilité et le contrôle de la planche lorsqu'elle est en mouvement sur l'eau. La fonction principale de l'aile arrière est de générer une portance qui aide à équilibrer la planche et à maintenir une position stable, surtout à grande vitesse. Aujourd’hui, toujours à la pointe des dernières technologies et du développement, des marques comme Duotone foilwing proposent une gamme complète de foils adaptés aux différentes pratiques du foil, majoritairement construits en fibres carbone préimprégné ou avec des mâts en aluminium.

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Mécanique du vol et principes de portance hydrodynamique

Comment fonctionne le foil ? L’aile avant transmet une force de portance à la planche de foil, plus la vitesse de déplacement est grande, plus elle génère sur le foil une portance hydrodynamique, ce qui permet de s'élever au-dessus de la surface de l'eau. L’objectif de ce transfert de portance est de réduire totalement le frottement de la planche et de réduire la puissance nécessaire à la vitesse. Lorsque le foil est immergé et qu'un bateau ou un autre engin se déplace à une certaine vitesse, l'eau s'écoule autour du foil. La forme du foil fait que l'eau se déplace plus rapidement sur le dessus que sur le dessous. Cette différence de vitesse crée une différence de pression : la pression est plus faible au-dessus du foil et plus élevée en dessous. Cette différence de pression génère une force de portance qui soulève l’ensemble au-dessus de la surface de l'eau.

En soulevant le support, le foil réduit le contact avec l'eau, ce qui diminue la traînée hydrodynamique. Cela vous permet d'atteindre des vitesses plus élevées avec moins d'effort. En vol, le foil réagit à la pression que vous exercez sur la planche. Si vous mettez plus de poids sur le pied avant, le nez de la planche s'abaisse et le foil plonge légèrement. La répartition du poids entre les pieds avant et arrière contrôle l'angle d'attaque du foil, c'est-à-dire la façon dont le foil fend l'eau. Voler sur le foil signifie qu'il n'y a aucun contact entre la planche et l'eau, ce qui réduit considérablement la traînée. Cela permet d'atteindre des vitesses élevées avec moins de puissance de la part de l'aile ou du kite, ou moins de puissance de la houle en surf ou en SUP foil.

Paramètres de design et influence sur les performances

Les paramètres de design d'un foil comprennent la surface de l'aile, le profil, l'aspect ratio, la longueur du fuselage et la longueur du mât. Ces caractéristiques influencent la portance, la stabilité, la maniabilité et la vitesse du foil. Plus la surface des ailes d’un foil est importante, plus elle procure de la portance, donc un foil plus facile d'accès et plus maniable. Moins de surface des ailes induit moins de portance donc un foil plus performant en vitesse mais plus technique, destiné à des riders expérimentés. L'aspect ratio d'un foil est un terme qui décrit la relation entre la longueur de l'aile et sa largeur. Plus précisément, il est calculé en divisant la longueur de l'aile par sa largeur.

Un aspect ratio élevé signifie que l'aile est longue et étroite, tandis qu'un aspect ratio bas indique qu'elle est plus courte et plus large. Un aspect ratio élevé est souvent associé à une meilleure performance en termes de portance et d'efficacité car il réduit la traînée. Cela permet au foil de glisser plus facilement à travers l'eau, ce qui est particulièrement avantageux pour les vitesses élevées. En revanche, un aspect ratio plus bas peut offrir une meilleure maniabilité et une plus grande stabilité, ce qui peut être souhaitable dans certaines conditions ou pour des styles de navigation spécifiques comme le surf foil. Les foils à faible allongement ont une envergure plus courte et sont plus ronds, ce qui leur permet d'être plus maniables et d'offrir une portance à des vitesses plus faibles. Ils restent idéaux pour débuter. Les foils à allongement moyen offrent un bon équilibre entre portance, vitesse et manœuvrabilité. Les foils à grand allongement ont une plus grande envergure, de meilleures caractéristiques de planning et restent en vol à des vitesses inférieures à celles des foils à faible allongement.

L'apprentissage et la pratique du foil sur le sable

L'apprentissage du foil ne commence pas toujours directement dans l'eau. Une étape cruciale, souvent négligée, est la maîtrise de l'aile et des appuis sur le sable. Pour les débutants, la première séance consiste souvent à sentir le vent sur la plage. "Je démarre sur la plage et j’apprends simplement à me diriger avec la wing (la voile). C’est important car la voile se plante dans le sable et je réapprends à sentir le vent." Cette étape permet de comprendre la traction sans la complexité de l'équilibre sur l'eau. Certains utilisent même un « speedsail », un skate géant, pour apprendre à glisser sur le sable avec une voile. Il faut environ une trentaine de minutes pour être à l’aise et changer de sens sur le sable, ce qui constitue une progression très douce.

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La gestion du matériel sur le sable est également un point technique important pour éviter les dommages. Les pratiquants expérimentés partagent diverses astuces : "Perso j'accroche maintenant ma wing avec son leash à la base du mât de mon foil avec la planche à l'envers, nose vers le vent." D'autres préfèrent laisser la planche à plat, foil vers le haut, et rajouter un tas de sable dessus quand le vent est un peu rafaleux pour éviter que la planche parte en roulé-boulé. En effet, une rafale peut retourner une planche sur la wing et causer des dégâts importants, comme un stabilisateur traversant le tissu de l'aile. Certains utilisent même des petits sacs en tissu remplis de sable pour créer un lest sur lequel accrocher la wing. Ces précautions sur le sable sont essentielles car le foil est un objet tranchant qui peut être dangereux s'il est emporté par le vent.

Techniques spécifiques pour le Kitefoil et le Windfoil

Pour la pratique du foil, il est important de choisir un matériel adapté à votre niveau. En kitefoil, les débutants avec un gabarit entre 70 et 80 Kg devront déjà maîtriser la pratique du kitesurf. Ils choisiront généralement un set d’ailes d’une surface d’environ 1400cm² pour plus de portance, un fuselage entre 65 à 75 cm et un mât d’une longueur de 80 à 85 cm. À mesure que les riders progressent et atteignent un niveau de pratique maîtrisée, ils feront le choix d’un set d’aile et d’un fuselage plus petits, avec un mât plus long, entre 95 et 120 cm, pour encore plus de performances et de vitesse.

En windfoil, la logique est similaire mais les dimensions diffèrent légèrement. Les débutants en windfoil devront déjà avoir une bonne technique du windsurf. Ils choisiront un set d’ailes d’une surface d’environ 1500cm² pour plus de portance, un fuselage entre 85 à 90 cm et un mât d’une longueur de 80 à 85 cm. Comme pour le kitefoil, les riders expérimentés réduiront la surface de l'aile et la longueur du fuselage tout en augmentant la longueur du mât pour gagner en performance. Le foil permet en windsurf de fendre les vagues en s’appuyant sur le vent, comme si l'on volait au-dessus de l’eau, grâce à cette notion physique de portance.

Le Wingfoil : Une discipline hybride en pleine expansion

Le Wing Foil est le dernier né des sports de glisse. Cela consiste à manipuler une aile tenue à deux mains (« wing ») avec un hydrofoil monté sur une planche de SUP courte. C’est une pratique à mi-chemin entre le Windfoil, le Kite Foil et le SUP Foil. L’avantage du WingFoil est de pouvoir se déplacer avec un maximum de liberté sur un plan d’eau en utilisant l’énergie du vent et de la houle. L’aile apporte de la maniabilité et facilite le décollage du foil par l’utilisation d’un force constante (le vent). Débuter en wingfoil pour un rider avec un gabarit entre 70 et 80 Kg nécessite un set d’ailes d’une surface d’environ 1700cm² pour avoir de la portance et un décollage rapide, un fuselage entre 70 à 75 cm et un mât d’une longueur de 80 à 85 cm.

Le wingfoil offre des sensations uniques en volant au-dessus de l'eau plutôt qu'en glissant à sa surface. Il est plus pratique que le kitesurf car il nécessite un montage moins complexe et demande moins d'espace pour faire décoller l'aile. De plus, le wingfoil sollicite tout le corps, offrant un excellent entraînement cardiovasculaire et renforçant les muscles, en particulier les jambes, les bras et les abdominaux. Pour débuter, il est conseillé de choisir des conditions moyennes de vent sur un spot abrité de la houle (entre 15 et 20 nœuds établis). Il est également idéal de débuter dans une hauteur d’eau dans laquelle vous avez pied mais avec suffisamment de profondeur pour que l’hydrofoil ne touche pas le fond.

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Étapes clés pour réussir son décollage en Wingfoil

Le décollage est l’étape clé pour commencer à prendre du plaisir. Avant toute chose, asseyez-vous sur la planche et retournez l’aile dans le bon sens. La première étape consiste à s’agenouiller sur sa planche en prenant en main la wing avec les poignées prévues à cet effet. Positionnez la wing au-dessus de votre tête pour ne pas que les extrémités de l’aile touchent l’eau, tout en maintenant votre planche perpendiculaire au vent. Pour accélérer, tirez sur votre main arrière pour que le vent rentre dans la wing. Une fois la vitesse suffisante pour se stabiliser, vous pouvez commencer à monter sur la planche en commençant par votre pied avant positionné au centre.

Ensuite, placez votre pied arrière au-dessus du mât. Il est primordial d’être bien équilibré. Si vous avez des problèmes de stabilité, décalez légèrement le pied arrière sous le vent et le pied avant au vent de l’axe longitudinal. La quatrième étape est celle du décollage proprement dit. Comme un avion, vous devez générer suffisamment de vitesse pour créer de la portance. Descendez légèrement sur le vent et bordez sur votre main arrière. Vous pouvez effectuer un mouvement de « pumping » avec les deux mains pour prendre plus de puissance. Si la vitesse est suffisante, le foil va décoller presque tout seul et en douceur. En vol, transférer le poids sur la jambe arrière fait monter le foil et le re-transférer sur la jambe avant fait redescendre le foil.

Surf Foil et SUP Foil : Exploiter l'énergie de l'eau

Le surfoil a pour avantage indéniable de permettre la pratique du surf lorsque les vagues sont plus petites. Il permet d’optimiser les faibles conditions de vagues et de sauver un grand nombre de sessions. Pour débuter en surf foil, il est conseillé de choisir un foil d’une surface de 1000 à 1300cm² pour maximiser le contrôle. Avec la pratique, les surfeurs se dirigent vers des types d’ailes plus petites à profil fin et un aspect ratio élevé pour plus d’accélération et de dynamisme. Le surf foil permet de conserver la vitesse dans les sections moins pentues et de relier plusieurs vagues grâce au pumping, qui consiste en un travail dynamique d’appui et de relâchement (flexion/extension).

Le SUP foil correspond à la pratique avec un Stand Up Paddle équipé d'un hydrofoil. Cette spécialité se pratique dans les vagues mais également en downwind, une pratique qui consiste à naviguer à la rame en suivant la direction du vent et des vagues. Le pratiquant cherche alors à voler sur de longues distances en utilisant l'énergie générée par la mer de vent. Pour le SUP foil, il est essentiel de choisir un foil qui offre à la fois portance et stabilité. Dans des conditions de vent faible, un foil plus grand avec une surface de portance plus importante est préférable. Cette discipline demande une endurance certaine et une lecture fine du plan d’eau.

Le Dockstart et le Pump Foiling : La technique pure

Le Dockstart ou Pump Foiling consiste à démarrer depuis un quai, un ponton, une plage ou toute autre zone de départ, sans vague ni traction, avant de maintenir le vol uniquement par le pumping. Très spectaculaire, il met en avant la technique pure, l’équilibre et la coordination. Cette pratique pousse la logique encore plus loin : le pratiquant évolue sur plan d’eau plat, sans aide extérieure, uniquement grâce à l’énergie produite par son corps. C'est une discipline qui exige une grande précision dans les appuis et une excellente condition physique.

En compétition, le foil se décline en formats variés : épreuves de vagues jugées sur la maîtrise et la fluidité, courses de longue distance axées sur la stratégie et l’endurance, ou formats pump/dock start très lisibles pour le public. Ces compétitions montrent l'incroyable polyvalence de l'hydrofoil, capable de transformer n'importe quel plan d'eau en terrain de jeu. Que ce soit sur un lac plat pour le dockstart ou en pleine mer pour le downwind, le foil redéfinit les limites de ce qui est possible en termes de glisse et d'efficacité énergétique.

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