L’essor des sports de glisse tractés, tels que le windfoil, le kitefoil et le wingfoil, a conduit à une convergence des équipements et des pratiques. De nombreux pratiquants cherchent à optimiser leur matériel et à réduire leur quiver en utilisant le même foil pour différentes disciplines. Cette approche permet de mutualiser l’investissement et de simplifier le transport du matériel. Certaines marques ont déjà amorcé une avancée dans ce domaine, on peut monter des ailes de Wing sur des ensembles fuselage/mât de foil, on voit des riders naviguer en kitefoil avec un avion de Wing et vice versa. Toutefois, il est essentiel de comprendre les spécificités de chaque discipline pour faire un choix éclairé.
Anatomie et fonctionnement du foil
Pour bien choisir, il faut comprendre la structure d'un foil. Le boîtier est la pièce qui connecte la planche au mât. Le mât définit la hauteur de vol au-dessus de l'eau. Le fuselage est la "colonne vertébrale" du foil qui relie le mât aux ailes avant et arrière. L'aile avant (front wing) est le composant le plus important.
Le principe de fonctionnement est plutôt simple. Vous avez déjà vu un avion voler ? Et bien c’est à peu de choses près pareil mais sous l’eau. Le bord d’attaque produit une déviation du flux d’eau et ce dernier est aspiré vers le bord de fuite, créant donc une accélération. Puisque la pression de l’eau diminue avec la vitesse, une dépression se crée sur l’extrados par rapport à l’intrados. Les forces dans la zone de dépression étant supérieures à celles dans la zone de surpression, le foil s’élève et il est tiré vers le haut.
Spécificités des disciplines : Windfoil, Kitefoil et Wingfoil
Les foils de windfoil sont traditionnellement conçus pour la performance et la vitesse. Ils nécessitent une certaine vitesse pour décoller et sont optimisés pour une navigation avec une voile de windsurf. Ils sont souvent compatibles avec des planches de windfoil ayant le boîtier reculé par rapport à la position des pieds. C’est pourquoi la distance entre l’aile avant et le mât est plus grande (longueur du fuselage).
Les foils de kitefoil ont été développés en partant du postulat que le kiteur a de la puissance dans sa voile. Par conséquent, le plané et la glisse n'ont pas été mis en avant, sauf en race. En kitesurf, on se fiche d'avoir un bon rendement car on a un moteur super puissant.
Lire aussi: Le guide complet de la planche à voile iQFOiL
Les foils de wingfoil, en revanche, ont été conçus avec une recherche inverse : chercher à glisser avant de réaliser qu'on avait de la puissance dans la wing. En wingfoil, il me semble qu'il faut privilégier le rendement du foil. Actuellement, les riders utilisent souvent des foils de SUPfoil et surffoil pour le wingfoil, car ce sont des foils en général plutôt maniables qui ont l’avantage de décoller facilement.
Compatibilité des boîtiers et systèmes de fixation
Actuellement sur le marché des planches de wingsurf, le double rail US domine. Ils ont l’avantage de permettre aux pratiquants de régler la position du foil et sont très adaptés aux mâts alu. Les boîtiers Deep Tuttle sont associés à des mâts carbones, l’ensemble mât + boîtier étant plus facile à mouler que les rails US. Tous les foils avec platines peuvent être montés sur un double rail US.
Il est important de noter que les autres boîtiers comme les tuttle, deep tuttle, probox ou KS box ne sont pas compatibles entre eux. Si on rencontre parfois des planches avec un boîtier Deep Tuttle, cela vient sûrement des ailerons/foils du windsurf dans lequel il n’est pas rare de le rencontrer.
Matériaux : Aluminium versus Carbone
Le choix du matériau du mât influence grandement la performance. On désigne les foils "alu" ceux qui ont un mât + fuselage en aluminium. Le mât alu est le choix logique pour débuter. Son prix est accessible et il encaisse bien les chocs. En revanche, il est plus lourd, moins rigide et freine davantage dans l’eau.
Le mât carbone est le standard pour les riders intermédiaires et confirmés. Il est à la fois plus léger, plus rigide et plus rapide. Sa section plus fine réduit la traînée dans l’eau, offrant de meilleures sensations et un pumping plus efficace. Toutefois, le carbone, longtemps considéré comme un matériel plus noble, ne rend pas forcément le foil plus performant ; la performance se trouve surtout dans le profil des ailes, des mâts et des fuselages.
Lire aussi: Guide pratique du Foil Surf
Réglages et ajustements pour la performance
Le réglage d’un foil est très important, autant pour votre confort de navigation que pour progresser. Il faut tester plusieurs configurations avant d’avoir le bon réglage. Les cales sont des éléments qui permettent de régler l’inclinaison de votre mât, de votre aile avant ou de votre stabilisateur. Utiliser des cales permettra d’adapter l’inclinaison de votre planche en navigation et surtout améliorer votre confort. Elles sont particulièrement utiles lorsque vous utilisez un foil et une planche de marque différente.
La position du foil sous la planche joue également un rôle majeur. La plupart des foils sont prévus pour être compatibles avec des planches de windfoil ayant le boîtier reculé, ce qui nécessite un fuselage plus long. Pour le wingfoil, on privilégie souvent des shapes courts avec un double concave ou concave simple. La longueur du mât influence aussi la maniabilité et la stabilité : le mât de 65 cm n'est pas le plus confortable, mais il fait progresser.
Choisir son foil : critères de sélection
Pour choisir votre foil, concentrez-vous sur quatre critères : le mât (alu pour débuter, carbone pour la performance), l’aile avant (1700+ cm² pour les débutants, moins de 1100 cm² pour les experts), le fuselage (long pour la stabilité, court pour la maniabilité) et le stabilisateur (grand pour la tolérance, petit pour la nervosité).
La surface de l'aile évolue en fonction du niveau, du poids et des conditions de vent. Les foils à faible aspect ratio (Low Aspect) sont idéaux pour les débutants, offrant une portance généreuse et une maniabilité accrue à basse vitesse. Les foils à haut aspect ratio (High Aspect) sont conçus pour offrir une efficience de glisse maximale et une vitesse élevée. Pour connaître l’aspect ratio, il faut diviser le carré de l’envergure par la surface portante.
Lire aussi: Tout savoir avant d'acheter une planche à voile foil d'occasion