La Saga des Traversées de la Manche : De l'Exploit du Flyboard Air aux Défis du Air Scooter de Franky Zapata

Depuis des siècles, la traversée de la Manche captive l'imagination humaine, symbolisant un défi technique et une quête de dépassement. Dans cette lignée de pionniers, l'ingénieur marseillais Franky Zapata s'est inscrit en lettres d'or, non seulement par la réussite de la traversée à bord de son Flyboard Air, mais aussi par ses tentatives et innovations constantes avec des engins volants futuristes tels que l'Air Scooter. Son parcours, jalonné d'exploits et de revers, met en lumière les détails techniques complexes et les défis humains inhérents à la concrétisation du rêve de voler individuellement.

Le Flyboard Air : L'Envol Révolutionnaire au-dessus des Flots

Le Flyboard Air, littéralement une « planche volante », est l'invention qui a propulsé Franky Zapata sur la scène mondiale. Cette machine est posée sur une plateforme équipée de cinq mini-turboréacteurs. La puissance totale de son Flyboard, s'élevant à 1 500 chevaux, est contrôlée par une télécommande sans fil que Franky Zapata utilise pour démarrer et ajuster la puissance. Pour évoluer dans les airs, il enfourche l'engin via des chaussures spéciales. Les mouvements - avancer, reculer, aller à droite ou à gauche - sont dirigés par l'inclinaison de son corps. Un GPS à bord sert de guide au pilote.

L'autonomie de l'appareil est directement liée au carburant transporté. Pour le Flyboard Air, le carburant est du kérosène jet, identique à celui utilisé dans les hélicoptères. Ce kérosène est stocké dans un sac à dos porté par le pilote, relié à la planche volante par deux tuyaux. Lors de la première tentative de traversée de la Manche, il prévoyait d'emporter 35 litres de kérosène. Franky Zapata avait pour objectif de parcourir les 36 kilomètres qui séparent Sangatte de Douvres en moins de 20 minutes. Cependant, la distance nécessitait à l'origine 70 litres de kérosène pour une traversée d'une seule traite, un poids équivalent à celui d'une personne, jugé trop lourd pour la machine. Le ravitaillement en mer devenait donc une nécessité technique.

Le plan initial était de se ravitailler deux fois en vol à l'aide d'un bateau positionné en mer. Cette méthode était perçue comme plus pratique, évitant les contraintes liées à un atterrissage sur une mer potentiellement agitée. Malheureusement, la préfecture maritime avait initialement émis un avis défavorable, interdisant le ravitaillement dans les eaux françaises. Cela a contraint Franky Zapata et son équipe à revoir entièrement leurs plans et à développer à la dernière minute des sacs à dos de kérosène plus gros. Finalement, un seul ravitaillement était prévu, côté anglais, à 18 km des côtes françaises, où le pilote devait se poser sur un bateau pour changer de sac à dos. Ironie du sort, la préfecture maritime a par la suite donné un avis favorable, mais il était trop tard pour modifier le système de ravitaillement déjà adapté.

Pour cette traversée historique, le Flyboard Air était conçu pour voler entre 15 et 20 mètres au-dessus de la mer, une altitude à laquelle le pilote évolue habituellement et qui lui permet de visualiser les bateaux. Initialement, l'avis défavorable de la préfecture maritime avait imposé une altitude minimale de 70 mètres, ajoutant une complexité supplémentaire heureusement levée par l'avis favorable final. En termes de vitesse, bien que l'engin soit capable d'atteindre 200 km/h, Franky Zapata avait prévu de voler à une moyenne de 140 km/h pour minimiser les risques. Les conditions météorologiques, telles que la chaleur et la force du vent, jouaient un rôle crucial. Plus il fait chaud, plus la machine consomme et plus l'effort physique pour le pilote est important. Un vent de face aurait pu ralentir la traversée et compromettre le ravitaillement.

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La Première Tentative (25 juillet 2019) et son Échec Technologique

Franky Zapata avait tenté cette traversée le 25 juillet 2019, au départ de Sangatte, dans le Pas-de-Calais. Cet essai s'est soldé par un échec en raison d'un souci technique survenu lors de son ravitaillement en pleine mer. Cent dix ans jour pour jour après l'exploit de Louis Blériot, premier aviateur à avoir franchi la Manche, Franky Zapata s'était élancé du même endroit sur sa planche volante. Il avait chuté quelques minutes plus tard dans les eaux anglaises après avoir heurté, à très faible allure, la plateforme du bateau de ravitaillement où il devait se poser. La partie la plus complexe, c'est vraiment le ravitaillement, avait-il insisté après avoir été secouru en mer et ramené sur le littoral français par un remorqueur, reconnaissant une mauvaise appréciation de la difficulté de l'atterrissage.

La Seconde Tentative et le Triomphe (août 2019)

Dix jours après son échec, Franky Zapata, alors âgé de 40 ans, a retenté et réussi la traversée de la Manche. Pour cette seconde tentative, Franky Zapata et son équipe avaient choisi un bateau étape plus grand, positionné cette fois dans les eaux françaises. Le 40 ans a décollé à 8h30 près de la plage de Sangatte pour rejoindre St Margaret's Bay côté anglais en une vingtaine de minutes. Il a survolé la mer à 15/20 mètres d'altitude, après avoir fait une petite halte à mi-chemin, sur un bateau, pour se ravitailler en kérosène. Il a ainsi parcouru les 35 km du détroit debout sur sa machine volante. Lors de son premier essai, malgré son échec, le sportif avait estimé que ce vol avait été plus facile car l'air était moins turbulent. L'ancien champion du monde et d'Europe de jet-ski avait dû réparer, dans son atelier près de Marseille, l'électronique et les moteurs de son engin, endommagés lors de sa chute, ce qui lui avait valu une certaine angoisse.

La Préparation Physique et les Mesures de Sécurité du Flyboard Air

Ancien champion du monde de jet-ski, Franky Zapata a suivi une préparation physique de très haut niveau pour réussir cette traversée très exigeante. L'effort est décrit comme correspondant à une vingtaine de minutes d'une intensité similaire à des courses de jet-ski, mais avec une sensation de brûlure intense au niveau des cuisses, comparable à une longue descente à skis ou à la position de la chaise contre un mur avec cinquante kilos sur le dos pendant un quart d'heure. Le quadragénaire, surnommé "Robocop" Zapata, avait même surmonté un grave accident de ski en février, subissant cinq jours de réanimation, une vingtaine de fractures, quinze côtes cassées et trois fractures du bassin, le côté gauche de son corps étant quasiment broyé. Il a effectué trois entraînements par jour pendant quatre mois pour rattraper le retard.

Le principal risque reste évidemment celui d'un crash en pleine mer. Mais, même si le risque zéro n'existe pas, Franky Zapata, qui évaluait à 70 % ses chances de réussite, avait tout testé depuis des années pour éviter le pire. Il avait fait un travail inimaginable sur la sécurité, prévoyant chaque panne et provoquant des pannes sur la machine pour anticiper sa réaction. Stéphane Denis, son directeur artistique, rassure en affirmant qu'il ne s'agit pas d'un fou qui met une grenade entre ses pieds et se propulse, mais d'un inventeur qui a réfléchi et testé son Flyboard lui-même, rendant les erreurs techniques très très faibles.

L'Intérêt Militaire pour le Flyboard Air

Le Flyboard Air a également attiré l'attention des forces spéciales françaises, qui y voient du potentiel pour un emploi dans les opérations spéciales en zone urbaine. Son invention avait déjà été exhibée fin 2018 au Forum Innovation Défense de Paris. Depuis décembre 2018, l'entreprise Z-AIR de Franky Zapata bénéficie, au titre d'un projet « RAPID », d'une subvention de 1,3 million d'euros du ministère des Armées pour développer une nouvelle turbine en impression 3D, soulignant l'aspect innovant et stratégique de sa technologie 100% développée en France dans les ateliers de Rove (Bouches-du-Rhône).

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L'Air Scooter : La Nouvelle Étape de la Mobilité Aérienne Personnelle

Six ans après sa traversée réussie avec le Flyboard Air, Franky Zapata est revenu sur le devant de la scène avec une nouvelle invention : l'Air Scooter. Ce nouvel engin volant, également issu de son imagination et développé au sein des ateliers Zapata, se distingue radicalement de son prédécesseur. Il s'agit d'une chaise volante futuriste, un scooter géant ressemblant à une bulle, où le pilote est confortablement assis. Laurent Passini, designer industriel chez Zapata, explique que la forme de l'engin est venue pour carrosser un peu cette personne, soulignant que l'on est assis, confortable, et en sécurité. L'appareil est conçu comme un petit hélicoptère de poche futuriste, pesant 115 kg, et disposant d'une vue à 360° sur l'extérieur grâce à sa bulle ovoïde transparente. Il est composé d'une petite capsule accrochée à huit hélices.

L'Air Scooter intègre une nouvelle technologie hybride, à la fois électrique et thermique, ce qui lui confère une belle autonomie. Son moteur est présenté comme hybride et bénéficie d'une autonomie de 20 litres d'essence, permettant jusqu'à deux heures de vol. Krystel Zapata, sa femme et collaboratrice, explique que de l'essence est actuellement utilisée pour les essais, mais qu'ils espèrent à terme le faire fonctionner au carburant bio pour se conformer à la réglementation américaine.

Pilotage et Performances

La maniabilité de l'Air Scooter est décrite par Franky Zapata comme étant un jeu d'enfant. Quand je suis dedans, je suis comme un gosse. C'est juste fou, ajoute-t-il, un rêve qui devient réalité au fil des années pour ce passionné d'aéronautique. Le contrôle de l'appareil est simplifié, avec deux joysticks à disposition : l'un à gauche pour changer de direction, l'autre à droite pour monter et descendre. Je suis assis dans le siège et je fais avant-arrière, gauche-droite, donc c'est vraiment la promenade, a-t-il détaillé.

L'appareil peut atteindre une vitesse maximale de 100 km/h, avec une vitesse moyenne de 80 km/h. Pour la traversée de la Manche, il était prévu que l'engin survole la mer à 20 mètres d'altitude entre 70 et 100 km/h, en fonction du vent. Sa capacité à monter jusqu'à une altitude de 3 000 mètres en fait un aéronef polyvalent. Benoît Imbert, ingénieur pour la société de Franky Zapata, précise une fonctionnalité de sécurité importante : si le pilote faisait un malaise ou quoi que ce soit, le système peut déclencher automatiquement son retour vers la maison, illustrant la priorité à la sécurité dans la conception.

La Tentative de Traversée de la Manche (25 juillet 2025) et son Échec

Le vendredi 25 juillet, à la même date que sa première tentative de 2019 et en référence à l'exploit de Louis Blériot en 1909, Franky Zapata a de nouveau tenté de traverser la Manche depuis Sangatte, cette fois à bord de son Air Scooter. La traversée de 70 kilomètres devait débuter vers 14 heures et durer 1h10 aller-retour et sans escale, dans l'hypothèse où tout se passerait comme prévu. Une plateforme d'atterrissage avait malgré tout été installée à Douvres (Royaume-Uni) et une équipe technique s'y trouvait, au cas où.

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Malheureusement, Franky Zapata a été contraint de renoncer. Après 26 minutes de vol, il a choisi de faire demi-tour avant d'atteindre la côte britannique. Durant son vol retour vers Sangatte, l'ingénieur de 46 ans a amerri en raison d'un problème technique, avant d'être récupéré, sain et sauf, par les sauveteurs. La machine marchait bien et d’un coup un moteur a arrêté de fonctionner, a-t-il expliqué au micro de BFMTV après sa tentative ratée, ajoutant que le moteur en question était le pire qui pouvait s’arrêter. Il a concédé : Tu lances les dés et c'est de l'aviation donc tu n'as pas le droit à l'erreur. En étant au milieu de la mer, la moindre défaillance est fatale. Son équipe va désormais analyser la boîte noire de l’Air Scooter dans le but de déterminer la cause exacte de l’incident.

Franky Zapata, déçu mais résolu, s'est dit prêt à retenter l'expérience : Il faut retraverser, ça c’est sûr (…) le plus tôt possible. J’aimerais bien demain matin. Il bénéficie d'autorisations de vol au-dessus de la Manche délivrées par les autorités jusqu'au 15 août, ce qui lui laisse une fenêtre pour travailler sur les points de défaillance de son invention.

Avenir et Commercialisation de l'Air Scooter

À terme, l'Air Scooter devrait être commercialisé aux États-Unis où la législation le permet dans le cadre d'un usage privé. L'objectif est de mettre le rêve de voler, qui habite l’humanité depuis des siècles, voire des millénaires, à la portée de tous. L'ingénieur estime que l'Air Scooter est destiné à un usage récréatif. En une heure, n’importe qui peut le prendre en main, expliquait-il à BFM Business en 2023.

Le futur de cette machine n'est pas en Europe, où il n'y a pas de loi pour ce genre de machine, mais aux États-Unis. Là-bas, il appartient à la catégorie des engins ultralégers et peut être piloté sans licence officielle. L'événement de la traversée de la Manche vise également à montrer le potentiel de l'appareil et, peut-être un jour, obtenir une autorisation de vol en Europe. Franky Zapata est actuellement la seule personne en France à détenir les autorisations et les permis nécessaires pour voler avec ce type d’appareil. À partir de l'automne, l'Air Scooter et ses créateurs s'envoleront aux États-Unis avec l'espoir d'ouvrir leur fly center près de Los Angeles.

Franky Zapata : L'Inventeur, Pilote et Visionnaire

Franky Zapata, cet autodidacte de 46 ans, dont le nom figure comme "inventeur" sur Wikipédia, incarne la persévérance et l'ingéniosité. Ancien champion du monde de jet-ski, il a progressivement bâti son empire de la mobilité aérienne. En 2011, il réalise son premier engin, le "Flyboard", une plateforme propulsée par la pression de l'eau permettant d'évoluer au-dessus de l'eau. En 2016, il conçoit le "Flyboard Air", l'appareil propulsé par quatre micros turboréacteurs qui a marqué l'histoire. Aujourd'hui, son entreprise Zapata, située à Marseille, emploie environ 40 personnes, travaillant sans relâche sur l'innovation.

L'effervescence des grands jours envahit le petit aérodrome de Saint-Inglevert (Pas-de-Calais) lors de ses tentatives, où il effectue les derniers réglages. Franky Zapata se prépare à entrer dans l'histoire, aidé d'une équipe de 14 personnes, dont sa femme et son fils de dix ans. Son rêve de devenir pilote depuis l'âge de 16 ans est le moteur de ses inventions. Au-delà des performances techniques, l'objectif du vol au-dessus de la Manche est de prouver que la machine fonctionne bien et qu’elle peut séduire le grand public. Franky Zapata s'inscrit pleinement dans la lignée des pionniers de l'aviation, des "ovnis" comme les appelle affectueusement Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne, qui sont à la fois inventeurs, concepteurs et pilotes d'essai. Ils osent faire ce que nulle industrie ne pourrait faire, contribuant ainsi à l'avancement technologique.

Le Mythe Intemporel de la Traversée de la Manche

Traverser la Manche, c'est un mythe, explique tout simplement Gérard Feldzer. Ce mythe repose en grande partie sur les épaules de Louis Blériot qui, en 1909, a déclaré : désormais l'Angleterre n'est plus une île. Résultat, tout le monde a eu envie de traverser ce channel mythique, y compris à la nage, dans des baignoires, avec des cerfs-volants. L'aventurier l'assure, on est loin d'avoir tout vu en matière de traversée de la Manche, même avec Franky Zapata.

Les Prémices Aériennes : Ballon et Aéroplane

À la veille de la Révolution française, un réel engouement pour la conquête de l'air se développa en France. Très vite, la traversée de la Manche en ballon devint un véritable enjeu et même une obsession pour des aventuriers comme le Messin Jean-François Pilâtre de Rozier et son rival le Normand Jean-Pierre Blanchard. Le premier, soutenu financièrement par l’État français, souhaitait réaliser la traversée avant les Anglais, tandis que le second, homme inventif et orgueilleux, désirait la reconnaissance par une telle action d'éclat.

Dès 1785, le Français Jean-Pierre Blanchard et son mécène américain John Jeffries décollèrent du château de Douvres en Angleterre à bord de leur montgolfière gonflée à l'hydrogène. Moins de trois heures plus tard, le ballon les déposa sur les côtes françaises, près de Boulogne-sur-Mer. Le voyage fut tumultueux ; au-dessus de la mer, leur ballon avait baissé considérablement, ce qui les avait mis dans la nécessité de jeter à l'eau leurs ancres, tout ce qu'ils avaient dans leur nacelle, même leurs habits et un chapeau.

Quasiment 120 ans plus tard, le 25 juillet 1909, le constructeur et aviateur français Louis Blériot mettrait quatre fois moins de temps à faire le voyage en sens inverse à bord de son avion, le Blériot XI : 37 minutes de vol pour rejoindre Douvres depuis Calais. Il fut le premier à réussir la traversée au moyen d'un "plus lourd que l'air". Dès 1908, l'aviateur Serge de Bolotoff songea à tenter sa chance à bord d'un aéroplane triplan, mais il renonça à son projet trop compliqué. Deux hommes se lancèrent alors dans la course : Hubert Latham et Louis Blériot. Le 19 juillet, Hubert Latham décolla du cap Blanc-Nez, mais son moteur s'arrêta et son avion tomba à la mer à 18 kilomètres des côtes françaises. Le fuselage flotta, permettant à Hubert Latham de s'en sortir. Cet échec décupla la volonté de Louis Blériot de réussir la traversée, ce qu'il entreprit le 25 juillet à 4h35 du matin. Il rejoignit les côtes anglaises une grosse demi-heure plus tard. L’atterrissage fut brutal ; le châssis de l’avion s’affaissa et une pale de l’hélice Chauvière se détacha. Mais la Manche, soit 38 km, fut franchie en 32 minutes, la terre étant touchée à 5h17.

Bien plus tard, en 1984, le Français Gérard Feldzer établit un record du monde de la traversée en avion dans le sens Londres-Paris, toujours valable aujourd'hui, avec le chanteur Alain Souchon comme co-pilote. Il se souvient : Alain, on va partir avec un avion et on va battre un record, et on a fait la traversée de la Manche à deux, en 1h24, dans un petit avion VariEze, à 300 km/h, avec trois litres d'essence. On était très fiers.

Des Formes de Vol Plus Exotiques

En 1988, Yves Marre, un inventeur français, traversa la Manche avec son "Propulsar", un parapente à moteur de sa fabrication, revendiquant ainsi la première traversée sur un appareil permettant de décoller et d'atterrir sur les pieds. L'ancien pilote de ligne français et journaliste, Gérard Feldzer, fut également le premier à franchir la Manche en parachute à moteur en 1985. Cela n'existait pas, donc ça a frappé beaucoup de gens parce qu'un parachute c'est fait pour descendre et là, ça montait, se souvient-il. C'était une autonomie un peu juste pour y aller, mais ça l'a fait. Sauf qu'un hélicoptère venu me filmer m'est passé au-dessus, mon parachute s'est transformé en chiffon, il s'est rouvert au Cap Gris-Nez au dernier moment.

Félix Baumgartner a également inscrit son nom au palmarès des folles traversées de la Manche. En 2003, l'Autrichien, équipé d'un aileron en carbone, sauta d'un avion au-dessus de Douvres, chutant pendant une dizaine de minutes à plus de 200 km/h, avant d'ouvrir son parachute au-dessus du Cap Blanc-Nez près de Calais, achevant ainsi la première (et la seule à ce jour) traversée de la Manche en chute libre. Plus récemment, en 2014, deux Français ont traversé la Manche à bord d'un dirigeable électrique : une espèce de soucoupe volante, moitié ballon, moitié soucoupe, avec un moteur électrique, décrit Gérard Feldzer.

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