La sécurité en plongée sous-marine est une préoccupation majeure pour chaque pratiquant, qu'il soit débutant ou expérimenté. Parmi les éléments essentiels de l'équipement, l'octopus, ou détendeur secondaire, joue un rôle capital en cas d'urgence. Cependant, son choix, son gréage et son positionnement sont souvent des sujets de discussion et d'optimisation. Cet article a pour vocation d'alimenter une réflexion et d'aider les plongeurs loisir de tous niveaux qui souhaitent améliorer leur appréhension de la sécurité en plongée. Loin de vouloir dicter une méthode définitive, il s'agit plutôt d'une mise à jour des observations et des conseils basés sur une expérience de terrain significative, notamment lors de regroupements départementaux de formation "Guide de Palanquée - Plongeur Niveau 4" où l'organisation de l'équipement des plongeurs est régulièrement passée au crible.
Choix de l'Octopus : Confort Respiratoire et Compatibilité, Critères Incontournables
Le choix de l'octopus est la première étape vers un gréage efficace et sécurisé. Le confort respiratoire doit être le premier critère de choix. En effet, votre octopus va servir en cas de situation d’urgence. Soit vous donnez votre octopus à la personne que vous allez secourir, soit vous allez lui donner votre détendeur principal, et passer sur votre octopus. Dans les deux cas, il ne faut pas que cette gestion d’incident amène une situation de sur-accident du fait de difficulté pour respirer sur cet embout. C'est pourquoi un détendeur secondaire offrant un excellent confort respiratoire est indispensable. Bien que plusieurs modèles sur le marché se distinguent par leur performance en la matière, il est essentiel de s'assurer que la moyenne pression de votre premier étage est compatible avec ce deuxième étage, afin de garantir un fonctionnement optimal et sans faille au moment critique.
Un autre élément déterminant dans le choix initial de votre octopus est la longueur de son flexible. La longueur du flexible de l’octopus est aussi à prendre en compte car elle influencera directement son positionnement et son accessibilité. Pour garantir une utilisation aisée en situation d'urgence, un flexible trop court serait un handicap majeur.
Le Positionnement Stratégique : L'Importance Vitale du "Triangle de Vie"
Une fois le bon octopus choisi, la question de son positionnement est primordiale. Il ne s'agit pas seulement d'esthétique ou de commodité, mais bien d'accessibilité rapide et intuitive en cas de besoin urgent. Je préconise que l’octopus soit positionné de manière visible entre la pointe des deux épaules et le nombril. Cette zone, que l'on pourrait nommer le "Triangle de vie", est cruciale. De cette façon, même sans regarder, il est facile de le retrouver en palpant. Le détendeur de secours est ainsi accessible sur le buste et il doit être visible en un coup d’œil. C'est une règle d'or avec laquelle il ne faut jamais transiger. Je déconseille formellement d’accrocher son octopus ailleurs que dans cette zone, par exemple sur un anneau en bas de la stab, comme on peut souvent et malheureusement le voir. Le positionner ailleurs n’est qu’une source d’embêtement ; on va le chercher quand on en aura besoin, et on aura du mal à le trouver, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses.
L'expérience montre que de nombreux plongeurs, moi-même inclus avant de passer mon Niveau IV Capacitaire, ont eu des scaphandres ressemblant à de véritables "arbres de Noël", avec plein de trucs et de machins qui "pendouillaient" (parachute, compas, tablette de notation, etc.). Cela amène de l’inconfort, du bazar, et augmente la traînée dans l’eau, sans compter les risques d'accrochage ou d'encombrement en situation d'urgence. Rien de très bon, donc. Il est impératif d'organiser le gréage de son scaphandre pour éviter cet effet "arbre de Noël" et assurer que l'octopus, en particulier, soit toujours à portée de main et facilement identifiable. Le bon positionnement du détendeur de secours fait partie intégrante de cette organisation rigoureuse de l'équipement.
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Longueur et Orientation du Flexible : Clés d'un Gréage Efficace et Sécurisé
Au-delà du positionnement général, des détails techniques liés à l'octopus méritent une attention particulière. Tout d’abord, je vous invite à être attentifs à la longueur du flexible de votre octopus. Pour moi, la bonne longueur, c’est quand le flexible mesure au moins un mètre ; en dessous, c’est vraiment trop court et cela pourrait entraver la distribution d'air en cas d'assistance.
Il faut aussi porter votre attention à l’orientation de l’arrivée d’air de l’octopus, car elle va déterminer le côté préférentiel sur lequel vous devrez installer votre détendeur de secours. Si le flexible d’arrivée d’air arrive du côté droit du deuxième étage de l’octopus, vous devrez avoir ce flexible qui arrive sous votre bras gauche, une configuration souvent appelée gréage "en gendarme" ou "à l’anglaise". Dans le cas contraire, si l'arrivée d'air est à gauche, le flexible passera sous le bras droit, suivant le gréage "à l’américaine". Ces configurations, bien que techniquement différentes, ont pour but commun d'optimiser le cheminement du flexible pour une présentation naturelle de l'octopus.
Il est important de noter que cette approche se concentre sur la plongée loisir et sportive. J’évacue volontairement le gréage "hogarthien" du scaphandre, préconisé par l’école "Global Underwater Explorers" (GUE), adepte de la configuration DIR (pour "Do It Right"). Ce type de configuration est plutôt réservé aux plongeurs souterrains et aux plongeurs Tek, et de mon point de vue, elle n'est pas adaptée à notre champ d'intérêt qui est la plongée loisir. Pour les plongeurs loisir, la simplicité et l'accessibilité immédiate sont les maîtres mots.
Les Systèmes de Fixation de l'Octopus : Analyse Détaillée et Recommandations
La question du positionnement étant établie, vient celle des moyens de fixation de l'octopus sur le scaphandre. De nombreux accessoires existent sur le marché, chacun avec ses particularités. Une analyse critique de ces solutions est nécessaire pour choisir la plus adaptée à vos besoins et, surtout, à votre sécurité.
La Poche Spécifique (Octo-Pocket) : La Simplicité Efficace
La poche spécifique est souvent désignée par les constructeurs sous le nom de "Octo-Pocket". Si votre gilet dispose d’un système de poche à octopus, il est très intéressant de l’utiliser car ce type de poche permet en plus de bien ranger le flexible et limite l’effet "arbre de Noël". Pour l’utiliser, il suffit de faire un coude avec le flexible de l’octopus, sans le pincer, et de le glisser dans la poche jusqu’à ce que le deuxième étage soit affleurant à la poche. Les stabs Aqualung et Mares ont souvent ces poches positionnées à des endroits clés, tandis que les stabs Cressi positionnent parfois la poche sur la bretelle droite, laissant une bonne partie du flexible ressortir. Si votre stab en est équipée, je recommande ce système qui me paraît le plus simple et le plus adapté pour maintenir l'octopus dans le "triangle de vie" sans entraver l'accès.
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Fixation sans Accessoire : L'Option Basique et Fonctionnelle
Si on n’a pas ce type d’accessoire, et que la stab ne dispose pas d’une "octo-pocket" (comme beaucoup de stabs "club"), ma préconisation est de passer le flexible sous la sangle ventrale, et de positionner le deuxième étage au niveau du nombril. De cette manière, il n’y a rien qui se balade et le détendeur de secours est bien positionné dans le triangle de vie. Cette méthode simple et sans coût additionnel est souvent sous-estimée mais se révèle très efficace pour éviter les éléments qui "pendouillent".
Les Accessoires Spécifiques : Avantages et Inconvénients
Au-delà de ces solutions intégrées ou de base, une multitude d'accessoires de fixation existent, avec des niveaux de pertinence variés :
Le Collier Élastique : C’est un collier élastique que l’on place autour de son cou. On passe l’embout buccal de l’octopus dans le trou prévu à cet effet. L’intérêt principal est que l’octopus est toujours très visible et positionné idéalement sur le haut du sternum. Il en existe de plusieurs tailles (de 60 à 80 cm) ; il faut choisir celle qui fait reposer l’octopus au bon endroit. Cependant, ce type de matériel impose de passer son détendeur principal en cas de panne d’air, ou alors de passer en configuration hogarthienne, ce qui n'est pas l'objectif de cet article et pas toujours intuitif pour le plongeur loisir.
Le Nez de Clown : C’est une espèce de cloche en plastique "dur mais mou" dans laquelle on introduit l’embout buccal de l’octopus. On fixe le nez de clown sur un anneau de la stab, mais je conseille cependant de le fixer à la sangle jugulaire de la stab (quand elle existe), car cela améliore la visibilité. Il en existe de plusieurs couleurs, on trouve même des exemplaires plus rigolos comme des modèles animaliers, bref, il y en a pour tous les goûts ! C’est un accessoire assez fragile car ils ont tous tendance à se déchirer au niveau du trou dans lequel passe l’anneau brisé. Enfin, j’ai souvent eu des soucis d’octopus qui se met à fuser au moment de la mise à l’eau, ce qui oblige à le sortir du nez de clown pour ensuite l’y remettre, une manipulation peu souhaitable avant l'immersion.
Le Bec : Au contraire du nez de clown, c’est cet accessoire que l’on introduit à l’intérieur de l’embout buccal, au lieu d’enfoncer le détendeur à l’intérieur du nez. Les rebords maxillaires intérieurs de l’embout viennent s’arrimer entre les pattes extérieures du bec. Comme pour le nez de clown, on le fixe là où on veut. Attention, souvent il est difficile de désolidariser l’octopus de l’accessoire, ce qui peut poser problème en situation d’urgence où la rapidité est de mise.
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La Boucle : C’est une alternative au nez de clown et au bec. On doit plutôt la fixer sur un anneau pectoral de la stab, c’est pourquoi je n’aime pas beaucoup cette solution, car elle peut décentrer l'octopus. Par contre, on retire facilement l’octopus de la boucle, ce qui est un avantage notable. Pour la fixer à la stab, on forme une tête d’alouette avec la fente longitudinale, et on passe l’embout dans l’anneau rectangulaire.
Le Modèle Scubapro : C’est Scubapro qui a mis au point ce modèle. On peut le fixer où on veut, donc potentiellement sur la sangle pectorale si la stab en est dotée. Pour fixer l’octopus, on positionne l’ovale extérieur autour de l’embout buccal et on introduit la partie centrale (en forme d’ellipse) dans l’embout, je suppose pour empêcher le détendeur de fuser. Je trouve le système d’accrochage un peu compliqué à manipuler initialement, mais le détendeur se désolidarise très facilement en cas de besoin, ce qui est un point positif. C’est le système qui a trouvé grâce aux yeux de ma binôme préférée.
La Lanière avec Mousqueton : C’est une variation de la lanière classique avec un "vrai" mousqueton qui permet de fixer l’accessoire où on veut. C’est donc un peu mieux que certains systèmes précédemment vus en termes de polyvalence de fixation. Par contre, l’anneau est souvent trop petit à mon goût, ce qui peut compliquer l'attache ou le retrait. J’ai pu constater que retirer l’octopus est un peu compliqué, il faut souvent forcer ou utiliser ses deux mains, et ce n’est pas idéal en situation d’urgence où la simplicité est reine. C'est une fausse bonne idée à mon sens.
L'Aimant de Fixation : De mon point de vue, c’est la fausse bonne idée par excellence. On peut effectivement le positionner où on veut, mais si on ne prend pas garde à positionner correctement la partie amovible sur le flexible de l’octopus, ce dernier "pendouille" irrémédiablement, ce que nous cherchons à éviter. Il faut toujours le fixer au plus près de la partie métallique, sans le mettre dessus pour pouvoir intervenir sur le deuxième étage. Par ailleurs, l’aimant, relativement important et puissant, peut perturber le fonctionnement de votre compas, élément crucial pour la navigation sous-marine. Franchement, je ne recommande pas cet accessoire pour la plongée loisir.
L'Attache Flexible Double : Cet accessoire permet de solidariser deux flexibles. De nombreux plongeurs qui l’ont y font passer le flexible du manomètre et celui de l’octopus. Au-delà du fait de regrouper deux flexibles qui n’ont rien à voir entre eux, c’est une variation de l’aimant de fixation. Vous l’aurez compris, je ne suis pas fan de ce type de solution. Il faut toujours veiller à clamper le flexible au plus près du deuxième étage pour éviter que celui-ci ne "pendouille". Mais bon, dans les mauvais systèmes, c’est peut-être le meilleur en termes de gestion du "pendouillage" si on ne peut pas faire autrement.
Vous l’aurez compris en lisant cet article, l'objectif est d'éviter les trucs qui "pendouillent" et privilégier l'efficacité et la rapidité d'accès. Par ailleurs, on le voit bien, le prix de ces gadgets est souvent très modique. Pour autant, il faut acheter le bon accessoire, car dans le florilège que j’ai présenté, je constate qu’il y a beaucoup de "quincaillerie" et d’objets pas très utiles ou peu adaptés à une situation d'urgence où chaque seconde compte.
L'Entretien de Votre Octopus : Gage de Sécurité et de Longévité
Au-delà du choix et du gréage, l'entretien régulier de votre matériel de plongée, et de votre octopus en particulier, est indispensable pour votre sécurité lors de vos futures plongées mais également pour accompagner la longévité de votre matériel. Une maintenance appropriée garantit la fiabilité de votre détendeur secondaire quand vous en aurez le plus besoin.
Rincer Votre Octopus
Le rinçage est la première étape et la plus simple. Rincez votre octopus à l'eau claire après chaque plongée pour éviter la corrosion des pièces métalliques. Le sel et le chlore sont des agents corrosifs redoutables qui peuvent altérer les composants internes et externes de votre équipement. Un rinçage abondant et minutieux permet d'éliminer ces résidus et de prévenir l'usure prématurée.
Nettoyer et Lubrifier
Au-delà du simple rinçage, un nettoyage plus approfondi est parfois nécessaire. Utilisez du vinaigre pour bien nettoyer les pas de vis et filetages, car il aide à dissoudre les dépôts de calcaire et de sel qui peuvent s'y accumuler. Une fois propres, appliquez de la graisse silicone sur les joints pour garantir l’étanchéité à long terme. La graisse silicone maintient la souplesse des joints et les protège des agressions extérieures, assurant ainsi une parfaite étanchéité de votre détendeur.
Sécher et Ranger Correctement
Après le nettoyage, le séchage est une étape cruciale. Faites le sécher à l'ombre et à l'air libre pour éviter toute dégradation due à une exposition directe et prolongée au soleil, qui peut détériorer les plastiques et les caoutchoucs. Une fois parfaitement sec, rangez le détendeur dans une housse sans emmêler les flexibles. Un rangement organisé prévient les plis permanents sur les flexibles et les dommages accidentels.
Conseils et Révisions Professionnelles
Il est impératif de comprendre que cet entretien après chaque séance et en fin de saison ne remplace en aucun cas la révision à faire faire par un organisme agréé. Il est généralement demandé de la faire tous les deux ans ou toutes les 100 plongées en cas d’utilisation intensive. Cette révision professionnelle permet de vérifier l'usure des pièces internes, de remplacer les joints et de recalibrer le détendeur pour qu'il fonctionne selon les spécifications du fabricant, garantissant ainsi votre sécurité.
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