Guide technique des filtres et de l'éclairage sous-marin pour Nikon Coolpix W300 et petits capteurs

Tout plongeur l’apprend dans son cursus de validation de niveau : les couleurs s’éteignent sous l’eau, en commençant par les rouges, puis les oranges. À ce phénomène d’extinction des couleurs s’ajoute celui de la consistance de l’eau. Plus impure que l’air, elle contient de très nombreuses particules : sable, plancton, débris végétaux, pontes, etc. Ces phénomènes spécifiques à l’image sous-marine conduisent à des techniques spécifiques de compensation, plus proches de la photographie de studio que de la photographie animalière, ce qui bien souvent déroute le pratiquant amateur qui découvre ce milieu avec un appareil comme le Nikon Coolpix W300. Pourtant des solutions existent, elles sont simples à mettre en œuvre si l’on a compris les bases de la problématique. Un diagramme de profondeur des couleurs montre que l'eau filtre davantage de couleurs du spectre de la lumière blanche à mesure que la profondeur augmente. Il est fascinant d'observer la rapidité avec laquelle le changement de couleur se produit une fois que vous commencez à le remarquer. Le rouge est la première couleur visible à disparaître, à seulement un bras de la surface. Ces particules ont pour effet que plus vous êtes éloigné de votre sujet, plus la couche d’eau est importante, et plus vous perdrez en contraste, détail et piqué de l’image.

La physique de la lumière et le rôle des filtres de correction chromatique

Les filtres de plongée sont essentiels si vous plongez car, selon les eaux que vous rencontrerez, les ondes lumineuses seront absorbées différemment selon la couleur de l'eau. Le filtre ne sert pas à rajouter de la couleur, mais à absorber les radiations de la couleur complémentaire à la sienne et de laisser passer toutes les autres, ce qui permet de rééquilibrer les couleurs. Par exemple la couleur rouge est présente jusqu'à une profondeur de 5 mètres. Plus profond le rouge disparaît progressivement de vos images. Le choix des couleurs s'effectue en fonction de la profondeur de plongée et de la couleur de l'eau. Le filtre rose est utilisé pour le snorkeling et pour de faibles profondeurs jusqu'à 5 mètres. Le filtre orange filtre le bleu, accentue la lisibilité des rouges et des jaunes ; il est utilisé pour les eaux bleues entre 6 et 18 mètres. Le filtre rouge filtre le cyan (savant mélange de bleu et de vert) et il est utilisé pour les eaux bleues et bleues-turquoises de 5m à 15 mètres environ selon la luminosité. Enfin, le filtre magenta absorbe le vert. C'est un accessoire parfait pour filmer dans les lacs et réservoirs d'eau douce ou d'eau salée qui doivent leur couleur verte aux algues qui les habitent.

L’inconvénient du filtre est qu’il fait perdre un peu de lumière, et comme par principe si vous l’utilisez c’est que vous n’éclairez pas, il peut en résulter une vitesse d’obturation basse et des flous de bougé. Peu impactant sur des capteurs de grande taille peu bruités des hybrides ou reflex haut de gamme, ce sera plus délicat à gérer sur de petits capteurs où la montée en ISO n’est pas souhaitable en raison du bruit numérique généré. Les pixels aléatoires verts, bleus, rouges, apparaissant sur l’image en raison de l’échauffement du capteur nuisent gravement à la qualité. D’autre part, les filtres boostent les rouges mais ne corrigent pas le spectre de couleurs comme un éclairage type lumière du jour peut le faire. Enfin, un filtre rouge donné, plus ou moins dense dans sa correction, corrigera idéalement pour une profondeur donnée. Par exemple, un filtre rouge 15-25 m sera optimisé pour une profondeur moyenne de 20m, sous des conditions moyennes de turbidité, et en eaux bleues. En photographie, faites du format RAW, qui permettra de booster les couleurs en post traitement. En vidéo, seuls les meilleurs capteurs à grande dynamique vous permettront de rattraper les couleurs en postproduction sans filtration ni éclairage.

Contraintes techniques liées au matériel et aux capteurs compacts

Sur ce site vous avez le choix entre plusieurs options pour équiper votre matériel. Vous pouvez acheter notre adaptateur et le compléter par un filtre vendu sur le site que nous vous conseillons comme le filtre "SRP URPRO CYD" dont la qualité est reconnue. Sa forme en dôme permet d'éviter les déformations sur les côtés. Vous pouvez également acheter le filtre "Dyron", moins cher que le SRP mais il est plat. Le "Dôme HERO HD" est quant à lui le plus cher des trois. Il est aussi possible d'acheter un kit complet avec les 4 couleurs de filtre pour être paré à plonger dans toutes les eaux du monde. Nos filtres sont en PMMA et de bonne qualité. Vous avez la possibilité d'acheter, pour le caisson extrême édition, le Flip V4 ou le Flip V5, plus complet. Le filtre est à utiliser en lumière naturelle, de préférence avec le soleil dans le dos plutôt qu'en face de soi. Il est conseillé de filmer vers le bas car les rayons du soleil risquent de donner une couleur non désirée à l'image. Les filtres servent à filmer ou photographier des sujets de loin. Il ne faut pas utiliser de flash ou de phare dans ces conditions de prise de vue.

Côté marque et modèles, Keldan propose la gamme de filtration la plus précise et la plus étendue, au prix de cette marque haut de gamme bien sûr. Aujourd’hui sur les capteurs de dernière génération à grande dynamique, un photographe peut très bien photographier en RAW et booster ses rouges en post production sur un logiciel de développement d’images comme Lightroom. Cependant, sur des appareils à petit capteur, comme le Nikon Coolpix W300 ou le TG-6, la gestion de la lumière reste le facteur limitant. L’achat d’une pièce de verre supplémentaire qui n’est pas un objectif d’appareil photo sophistiqué peut sembler inutile, surtout si vous connaissez suffisamment bien votre appareil photo pour l’utiliser en mode manuel intégral. Cependant, les filtres d’objectifs permettent d’offrir un large éventail d’options créatives. Un bon filtre d’objectif peut également améliorer la qualité des différents aspects de votre image. Par exemple, améliorer la netteté et le contraste, corriger une dominante de couleur indésirable ou obtenir une bonne exposition dans des situations où l’environnement ne le permet pas. D’un point de vue purement fonctionnel, le filtre protège également la lentille avant de l’objectif contre les rayures et autres dommages potentiels.

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L'éclairage artificiel : Flashs et phares vidéo

Vous l’avez désormais compris, rien ne remplace la lumière en termes de potentiel de restitution des couleurs en prise de vue sous-marine. Choisir un éclairage photo vidéo n’est pas simple en raison de l’abondance des modèles. Idéalement, pour une simple question d’équilibre de vos éclairages, il vous faudra deux sources déportées, une comme éclairage principal, une pour déboucher les ombres. Mais le flash ne servira qu’au photographe. Ce dernier, s’il est plus complexe à maîtriser techniquement, est doté d’une puissance instantanée beaucoup plus confortable et permet donc de figer l’action avec des vitesses plus élevées. Également, et contrairement à un éclairage continu qui peut gêner un animal marin, son instantanéité permet d’observer des comportements naturels plus aisément, en éclairant par exemple avec une lampe pilote, qui aidera la mise au point autofocus, mais qui se coupera au déclenchement du flash.

Le flash, en raison de sa puissance plus importante, demandera des bras plus longs pour éviter les particules en suspension dans l’eau. L’inconvénient de l’éclairage est que conformément à toute source ponctuelle, la puissance de la source est inversement proportionnelle au carré de la distance. En termes plus simples, la puissance lumineuse décroît très vite avec l’augmentation de la distance. Ajouté au fait que l’eau est chargée de particules, il en résulte qu’éclairer de loin ne sert à rien et génère plus de problèmes que d’avantages. Enfin les particules en suspension dans l’eau interdisent d’éclairer dans l’axe de l’optique. Techniquement, un éclairage continu est pris en compte par le capteur et l’exposition est donc plus aisée à gérer. Je conseille au pur photographe sous-marin de posséder au terme de son équipement deux flashs sous-marins externes puissants (Inon Z330, Sea & Sea YS-D3, Retra Pro X, Ikelite DS161, 162, 230), montés sur bras doubles articulés procurant un éloignement axe de flash/ axe optique d’au moins 70cm. En termes de finesse d’exposition TTL, le plus précis reste Ikelite, mais étant en câblage filaire, il nécessite un appareil photo avec griffe flash et un caisson avec une prise accessoires M14 ou M16.

Gestion de l'exposition et de la balance des blancs

La balance des blancs, ou température de couleur, joue un rôle essentiel dans la manière dont votre appareil photo restitue les couleurs dans différents environnements lumineux. La température de couleur peut avoir un effet psychologique sur la façon dont le spectateur perçoit une image. Les tons chauds attirent notre regard ; c'est pourquoi les sujets en studio sont souvent éclairés par une lumière chaude et photographiés devant un arrière-plan aux tons froids. Les principes de base de la balance des blancs s'appliquent toujours sous l'eau, mais nous pouvons les utiliser différemment de nos prises de vue en surface. La solution ultime pour prendre des photos en lumière ambiante sous l'eau est de régler manuellement la balance des blancs de votre appareil photo. Vous pouvez utiliser la balance des blancs de votre appareil photo pour modifier l'aspect de la photo de manière à ce que les objets blancs apparaissent à nouveau blancs - l'effet corollaire étant que les couleurs de tous les autres objets sont ajustées à ce point de référence.

La méthode la plus fiable consiste à utiliser le réglage personnalisé de la balance des blancs en effectuant une lecture sur un objet blanc situé dans les mêmes conditions que votre sujet. Reportez-vous au mode d'emploi de votre appareil photo pour accéder au menu de la balance des blancs personnalisée. Un objet blanc n'est pas toujours facilement accessible sous l'eau, c'est pourquoi de nombreux photographes emportent une carte de balance des blancs, qui permet une lecture rapide et facile du blanc véritable, quel que soit l'environnement. Un jeu de petites cartes de balance des blancs avec un filin à attacher à votre BCD ou au boîtier de votre appareil photo sous-marin est utile pour les plongeurs. Lorsque vous effectuez une mesure de la balance des blancs, placez la cible blanche à environ 1,5 mètre de l'objectif. Au-delà de cette distance, les couleurs changent considérablement, ce qui modifie les résultats de la lecture de l'environnement par l'appareil photo. Comme le montre le tableau de perte de couleur, chaque fois que vous changez de profondeur, votre balance des blancs change. En suivant un profil de plongée standard, descendez à votre plus grande profondeur, réglez votre balance des blancs initiale et réajustez votre balance des blancs au fur et à mesure que vous changez de profondeur au cours de la plongée.

Utilisation de filtres créatifs et techniques avancées

Le filtre polarisant vous permettra de faire ressortir les couleurs du ciel, de l'eau, d'effacer les reflets des surfaces vitrées et de mieux exposer la neige. Voici la procédure pour faire fonctionner le polarisant sur le porte-filtre : avant de l'utiliser, enlevez d'abord le film protecteur des deux côtés du filtre. Repérez les 3 coins arrondis du filtre et surtout le 4ème qui est droit. Le filtre une fois placé dans le porte-filtre, le coin droit devra être placé sur le côté supérieur gauche faisant face à vous. Les polariseurs réduisent l’effet d’éblouissement et les reflets provenant d’éléments de votre environnement tels que le verre et l’eau. Ils permettent également de faire ressortir les couleurs d’une image et d’égaliser l’exposition en ravivant les couleurs du ciel. Les filtres polarisants circulaires (ou CPL) demandent un peu d’entraînement pour obtenir de bons résultats. Ils sont particulièrement adaptés en milieu de journée, le moment le plus ensoleillé, et moins utiles au lever ou au coucher du soleil.

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Les Filtres ND sont des outils incontournables pour contrôler l’exposition pour la photographie et la vidéographie. Ces filtres existent sous plusieurs formes et avec différentes intensités. Étant donné qu’ils diminuent l’exposition, les filtres ND vous permettent de garder l’obturateur ouvert plus longtemps afin de capter plus de lumière, même en plein jour. Vous pouvez obtenir des expositions prolongées qui rendent les mouvements flous, comme pour les photos de cascades avec une eau magnifiquement floue. Les filtres ND peuvent également être combinés à des filtres polarisants pour réduire les reflets et la quantité de lumière qui pénètre dans l’objectif. Il existe également des filtres à densité neutre graduée (ou GND), traités de manière à ne produire d’effet de réduction de l’exposition que sur une partie du filtre, avec un dégradé entre la partie la plus sombre du filtre et la partie transparente. De nombreux filtres ont été créés exclusivement pour offrir des effets créatifs amusants, comme les filtres Pro-Mist qui réduisent le contraste et estompent les lumières intenses pour offrir une image plus lisse, presque cinématographique.

Configuration du matériel et accessoires optiques

Selon le type de système de filtres que vous utilisez, il s’agira de pièces de verre, soit circulaires et adaptées à la taille de votre objectif, soit carrées à insérer dans un porte-filtre monté sur l’appareil photo. Les filtres circulaires sont également appelés « filtres à visser », car ils se vissent à l’extrémité avant de l’objectif de votre appareil photo. Une fois le filtre vissé, il suffit de tourner une bague mobile pour ajuster l’effet. Les filtres carrés sont conçus pour s’insérer dans un accessoire situé à l’avant de l’objectif. Les filtres rectangulaires, très appréciés des photographes de paysages, couvrent une plus grande portion de la plage dynamique afin de réduire les taches et points disparates dans l’image. Si vous utilisez des filtres circulaires, renseignez-vous sur le filetage de votre filtre afin de pouvoir l’adapter à votre objectif. La valeur de filetage du filtre de votre objectif est indiquée sur la bague autour de la lentille frontale et/ou sur le barillet de l’objectif. Il s’agit d’un nombre suivi d’un symbole ressemblant à un zéro barré d’une ligne oblique.

Sea & Sea et Inon fonctionnent sur un système S-TTL par fibre optique demandant un déclenchement par flash intégré au boîtier, ou alors un module opto-électronique qui joue ce rôle. Idéalement, une lampe pilote ayant une fonction lumière rouge complètera idéalement ce système, montée sur le caisson de votre appareil photo sous-marin. Le vidéaste, lui, ne pourra utiliser le flash. Le choix sera ici bien plus vaste qu’avec les flashs, mais nous vous conseillons une marque éprouvée (Hi-Max, Big Blue, Weefine, Light & Motion, Keldan) et spécialisée. De nombreux accessoires seront un plus : pouvez-vous adapter un snoot ? Un dôme diffuseur ? L'éclairage est nécessaire, il constitue sous l'eau la principale source lumineuse et restitue aux poissons et autres végétaux sous-marins leurs véritables couleurs. Il existe des lampes pouvant se fixer directement sur le caisson compatible. Le must étant un double phare monté sur bras articulés. En effet, en éloignant votre phare de l'axe optique de votre appareil, vous optimiserez la qualité de l'image car les particules en suspension devant votre objectif ne seront pas éclairées.

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