Le Snorkel : De l'Ingéniosité Sous-Marine à la Fabrication Maison pour le Tout-Terrain

L'histoire du snorkel, ou schnorchel selon son orthographe allemande, est fascinante, débutant dans les profondeurs océaniques avant de trouver sa place sur les pistes les plus exigeantes. À l'origine, un snorkel est un tube hissable conçu pour l'immersion périscopique, permettant à un sous-marin de faire fonctionner ses moteurs diesel. Ce dispositif essentiel alimente ces derniers en air sans avoir à faire surface, une capacité cruciale pour les sous-marins diesels-électriques qui dépendent de ces moteurs pour recharger leurs batteries périodiquement.

L'invention de ce système remonte à des mécaniciens de la marine hollandaise, qui l'appliquèrent secrètement dès 1936. Son potentiel stratégique était indéniable, et il tomba entre les mains des Allemands après l'invasion des Pays-Bas. Cependant, il n'est pas assez rapidement utilisé par la marine allemande pendant la Seconde Guerre mondiale pour faire face aux progrès des Alliés en matière de détection aéroportée. En effet, il faudra attendre la fin de 1943 pour que les premiers U-Boot en soient équipés. Ce retard sera providentiel pour les Alliés, leur permettant d'obtenir la victoire dans la Bataille de l'Atlantique. L'ingéniosité du concept fut ravivée et améliorée en 1942 par les ingénieurs Ulrich Gabler et Heep, qui reprirent le concept et y ajoutèrent un clapet anti-retour, avant qu'il ne soit finalement généralisé sur les U-Boots en 1943.

Fonctionnement et Défis du Snorkel Subaquatique

Le fonctionnement du snorkel subaquatique repose sur des principes simples mais efficaces. La tête du schnorchel aspire l'air juste au-dessus, à environ un mètre de la surface de l'eau. Cette tête est équipée d'un clapet qui se ferme automatiquement afin d'éviter toute entrée d'eau dans les moteurs. Cet automatisme est commandé par des électrodes détectant l'arrivée de l'eau à leur niveau, assurant une protection vitale pour les machines. L'évacuation des gaz d'échappement des moteurs s'effectue directement dans l'eau, la pression des gaz étant suffisante pour compenser quelques mètres de profondeur. Une dérivation du tube d'échappement, située à l'arrière de la partie supérieure du massif du sous-marin, est activée lorsque celui-ci marche au schnorchel, réduisant ainsi l'immersion de l'échappement et optimisant l'efficacité du système.

Aujourd'hui, tous les sous-marins, y compris les sous-marins nucléaires, disposent d'un tel système. Pour ces derniers, il est une source d'énergie de secours via un moteur diesel qu'ils possèdent. Au-delà de l'alimentation en air des moteurs, le snorkel permet également de se réapprovisionner en air comprimé, une ressource indispensable aux opérations des ballasts et pour certains modèles de tubes lance-torpilles, soulignant ainsi sa polyvalence.

Cependant, l'utilisation du snorkel en milieu sous-marin est particulièrement délicate, surtout par mauvaise mer. Lorsque le clapet de la tête du snorkel se ferme de manière imprévue, les moteurs diesel, continuant de tourner, aspirent l'air à l'intérieur du sous-marin. Ce phénomène met le bord en dépression, entraînant pour l'équipage de fortes douleurs aux tympans, voire leur rupture. Face à ce risque grave, les systèmes modernes sont équipés d'un capteur permettant de couper automatiquement les moteurs en cas de fermeture du clapet. Par ailleurs, une avarie du clapet, si elle n'est pas détectée à temps, peut entraîner une voie d'eau susceptible de mettre en péril le sous-marin. En marche au schnorchel, la sécurité de navigation est assurée par une veille optique au périscope et éventuellement par une veille radar, l'antenne du radar étant portée par un mât hissable. Il faut toutefois souligner qu'un sous-marin naviguant de la sorte est particulièrement bruyant, ce qui compromet totalement sa furtivité, le rendant quasiment sourd aux détections ennemies. De plus, sa vitesse reste limitée à moins d'une dizaine de nœuds, les mâts étant trop fragiles pour aller au-delà de cette allure. Il est ainsi facile de comprendre pourquoi il a fallu attendre l'avènement de la propulsion nucléaire pour que les sous-marins deviennent une plate-forme crédible de dissuasion atomique, libérés des contraintes de l'apport d'air atmosphérique.

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L'Adaptation Terrestre : Le Snorkel sur Véhicules Tout-Terrain

L'ingénieux système du snorkel, initialement conçu pour les profondeurs marines, a trouvé une seconde vie et une adaptation cruciale sur les véhicules terrestres tout-terrain. Il a été repris dans la conception des chars militaires afin qu'ils puissent traverser les gués sans risquer de noyer le moteur. Depuis, il est également utilisé sur des véhicules civils tout-terrain, afin d'alimenter le moteur en air lors de passages dans les cours d'eau, une fonctionnalité qui protège le moteur des entrées d'eau potentiellement dévastatrices.

Au-delà de cette fonction première de protection lors de franchissements aquatiques, l'intégration d'un snorkel sur un 4x4 répond à diverses motivations. Certains propriétaires l'installent préventivement : « la météo a prévu de la pluie… » est une réflexion commune, car le snorkel peut éviter que l'eau ou l'humidité ne soit aspirée par le moteur dans des conditions pluvieuses, même sans franchissement de gué majeur. Le snorkel offre une protection accrue contre la poussière en surélevant le point d'aspiration de l'air. Par ailleurs, l'esthétique joue un rôle non négligeable : « J’aime le look d’un snorkel sur un 4x4, ça fait baroudeur !! » est un sentiment partagé par de nombreux passionnés, qui apprécient l'apparence robuste et aventureuse qu'il confère à leur véhicule.

L'un des aspects techniques les plus importants lors de l'installation d'un snorkel concerne le volume d'air aspiré. « Le volume de la boite a air d'origine est déjà juste », et après une légère préparation moteur (ajout d'une pompe plus performante, installation d'un turbo), « le moteur demande encore plus d'air. Et en plus quand il y a un schnorkel, ton bourrin doit forcer encore plus pour respirer. » Cela met en évidence la nécessité d'une conception soignée pour ne pas brider le moteur. En effet, « le volume d'air doit être dans une seule et même boîte à air, c'est simple quand même ! » L'entrée de la boîte à air d'origine mesure environ H5xL13 cm, soit approximativement 65 cm². Un tube de 80 mm de diamètre, couramment utilisé, ne représente que 50 cm² de section, ce qui est moins que l'origine. Cette réduction de surface peut potentiellement étouffer le moteur. Pour une performance optimale, surtout après des modifications qui augmentent les besoins en air du moteur, il est crucial d'opter pour un diamètre de tube approprié, voire supérieur. Des matériaux comme le polyéthylène de 90 mm de diamètre intérieur sont considérés comme de bonnes alternatives, étant à la fois robustes et offrant un volume d'air adéquat.

La Fabrication Artisanale d'un Snorkel : Étapes et Considérations Pratiques

La réalisation d'un snorkel maison est une démarche prisée par de nombreux adeptes du tout-terrain. « Snorkel maison !! Salut les biloute, bon je me tate en ce moment à acheter un snorkel sur un site que m'a passé roomone40 mais j'hésite aussi à le faire en tube :s ! » Les forums regorgent de discussions et d'appels à partager des expériences : « j'aimerais avoir des photos de vos différentes réalisations, je rappelle que j'ai un toy phare rond a+ et merci d'avance. » Cela témoigne d'un fort esprit communautaire et d'une volonté d'apprendre des autres pour atteindre un résultat satisfaisant. Certains utilisateurs, dans l'élan de la discussion collective, ont partagé des conseils directs et parfois même des expressions familières, signifiant l'engagement et la passion qui animent ces communautés. Ainsi, des remarques comme « Oh démerde toi un peu tout seul, de toute manière on va te balancer 50 photos et tu vas nous pondre un truc diamétralement opposé comme d'hab. Fouille sur le forum » témoignent de l'esprit d'entraide, mais aussi de l'encouragement à la recherche personnelle et à l'autonomie dans la démarche de fabrication.

Choix des Matériaux et Solutions Commerciales Alternatives

Le choix des matériaux est une première étape cruciale. Les passionnés privilégient généralement le tube en PVC pour sa facilité de manipulation et son coût, ou l'acier pour sa robustesse. D'autres explorent des techniques plus modernes, comme l'impression 3D avec du filament flexible noir. Les préférences varient : certains tolèrent l'aspect du PVC en le peignant (« je vais le peindre le pvc chiotte comme tu dis, j'ai pas d'autres solutions moi que celle-là, je vais pas aller acheter 6m de tube en 73mm ^^ »), tandis que d'autres rejettent catégoriquement le PVC jugé inesthétique : « Le fait pas en PVC de chiote c'est super moche. » Certains ont opté pour un « tube en fer de 73 mm avec en sortie un coude 90 degré avec une grille de vmc recoupée pour pas que la merde rentre dedans voili voilou!!!! », une solution pragmatique pour la tête du snorkel.

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Pour ceux qui recherchent un rendu plus professionnel sans passer par la fabrication de toutes les pièces, des alternatives existent. « Unless you own something like a Jeep Wrangler JK or JL, finding an off-the-shelf snorkel for your vehicle is next to impossible. And we, like you, have seen some homemade snorkel setups that are anything but visually appealing. Fortunately, you're not completely on your own when it comes to making your own snorkel. We've had excellent luck making our own intake systems and even snorkels using the U-Build-It product line from Airaid (airaid.com). » Ce type de système offre une grande flexibilité. « Although intended for underhood applications, the Airaid UBI system consists of a roughly U-shaped tube that is available in 3-, 3 1/2-, 4-, 5-, and 6-inch diameters. The tube has a variety of straight and angled sections that you can cut and piece together using silicone clamps to route the intake pretty much anywhere. » Ce produit « UBI tube is textured plastic, but it's pretty thick and UV-stable, so it looks much better than black PVC from the hardware store. » Un exemple de réussite est celui du Tech Editor Verne Simons, qui « built a snorkel using UBI components, and it looks pretty professional in our opinion. The filter hat was something he made, but the components used are straight from the Airaid UBI catalog. The company offers couplers and reducers, assorted hardware, and even a carburetor hat that should work perfectly on your K20. You'll likely need to modify the stock air box on the 1500HD, but connecting the UBI tube to the box should be pretty easy. » Ces kits simplifient grandement la tâche tout en garantissant un résultat soigné.

Les Étapes Cruciales de la Réalisation

La concrétisation d'un snorkel maison suit une série d'étapes précises, où la minutie est de mise. « On commence. Premièrement on coupe les tubes comme sur la première photo aux dimensions de votre véhicule + 2cm de chaque côté juste au cas où. » Cette marge de manœuvre est essentielle pour les ajustements ultérieurs.

La fabrication des raccords demande de l'ingéniosité. Il est suggéré de « prendre le coude à 45° couper la partie mâle (celle qui recouvre le tube). Garder cette partie qui maintenant peut coulisser sur le tube de 80. On va s'en servir pour effectuer des coupes bien droites. » Cette astuce permet une précision appréciable. Pour des réducteurs sur mesure, « à partir de tube de 80, il est possible de se fabriquer des réducteurs femelle-femelle. Pour ce faire, prendre 15cm de tube et couper une bande de 5mm dans le sens de la longueur, de façon à ce que ça rentre dans un tube de 80mm. Coller votre réducteur puis coller le raccord d'angle, ainsi vous n'avez plus de surépaisseur disgracieuse. »

Avant tout assemblage définitif, « un montage à blanc est crucial, afin de voir si tout va bien. » Cette vérification préliminaire permet d'identifier et de corriger les problèmes d'alignement ou d'ajustement avant que les collages ou soudures ne soient permanents.

La fixation du tube supérieur est une étape majeure pour la stabilité de l'ensemble. « Nous allons fabriquer une patte de fixation pour le tube du snorkel sur le montant du pare-brise. » Ce processus implique de choisir « la matière première », de procéder à la « découpe », à la « mise aux côtes », à la « découpe à la forme voulue », puis de « tracer » et enfin d'effectuer le « pliage » pour obtenir une patte solide et esthétique.

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