La construction d'une embarcation légère, qu'il s'agisse d'un canoë ou d'un kayak, représente l'aboutissement d'un projet personnel alliant patience, précision et apprentissage technique. L'attrait pour une embarcation légère, maniable et esthétique pousse de nombreux passionnés à quitter le confort des modèles gonflables pour se tourner vers la construction composite. Ce guide détaille les étapes fondamentales de la création d'une embarcation, en s'appuyant sur les méthodes artisanales éprouvées, du travail du bois à la stratification époxy.
La conception et la préparation du moule
La réussite d'un canoë commence par une préparation rigoureuse. La poutre et le moule constituent l'ossature essentielle de votre projet. La recherche d'une poutre en red cedar et de quelques plaques de contreplaqué est la première étape concrète. La manipulation d'une poutre de 4m90, d'une section de 100 par 200, nécessite souvent l'aide de tiers pour son transport et sa mise en place.
Il faut faire un support et un moule. Rien de compliqué surtout que le manuel est très bien fait, il suffit de suivre les consignes sans se presser. Pour les étraves, le processus est délicat : prenez 6 baguettes de 5 mm d'épaisseur, mettez-les dans une étuve, puis placez-les sur le moule d'étrave avec tous les serre-joints disponibles. Laissez sécher, démoulez, puis remoulez avec de la colle polyuréthane (PU). Cette étape demande de l'application, car après un échec et une petite rectification, on peut réussir à former les étraves. La réussite vient du soin, de la patience et un petit peu des outils utilisés.
La structure en bois et les finitions
Une fois le moule prêt, le kayak prend forme. Chaque jour sa latte ! C'est la meilleure partie de la construction. La première latte est toujours agrafée au moule. Arrive ensuite l'étape du ponçage et de la mise en place des étraves externes. Passer des heures avec une ponceuse excentrique et l'aspirateur est une étape gratifiante. Il faut veiller à ce qu'aucune vis en métal ne dépasse.
Travailler les plats-bords demande de créer un petit gabarit pour les encoches. Le dégraissage au rabot à main procure un plaisir immense : l'absence de bruit, un rendu superbe, et l'absence de poussières sont des avantages indéniables. Le plaquage des listons, réalisé à grand renfort de serre-joints, permet de finaliser la structure. Enfin, les pontets ne présentent pas de grande difficulté. Pour ceux qui souhaitent pousser l'artisanat jusqu'au bout, le cannage des sièges à l'ancienne, avec de la canne de rotin en 2,5 mm et 5 mm, est une option chronophage mais esthétiquement très satisfaisante.
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Les matériaux composites : fibres et résines
Le choix des matériaux détermine la durabilité et le poids de votre canoë. La fibre de verre est la plus couramment utilisée. Il existe cependant d'autres options :
- La fibre de polyester : elle offre une très bonne résistance aux chocs, mais sa rigidité est médiocre et sa densité faible.
- La fibre d'aramide ou de kevlar : excellente en traction, cette fibre est médiocre en compression, sa densité est faible.
- La fibre de carbone : d'une densité faible, elle est très résistante en traction et en compression, offrant une rigidité incomparable, malgré un prix élevé et une certaine fragilité aux chocs.
- Le mat : il n'est pas tissé, mais constitué d'un assemblage de mèches de fibres coupées.
La nature de la résine est tout aussi cruciale. Les résines polyester sont économiques mais relativement lourdes et cassantes. Les résines époxy assurent un excellent lien entre les tissus et une bonne inertie chimique à l'eau. Il est vital de ne pas négliger la compatibilité entre les tissus et la résine pour éviter des catastrophes où la toile de verre ne disparaît pas dans la résine. En cas de problème, il est recommandé de contacter le support technique du fabricant, de poncer, et de recommencer avec des disques de ponçage adaptés.
La technique du cousu-collé
Pour simplifier la construction, la technique du cousu-collé a été inventée au début des années 60 en Angleterre. Le but était de rendre la construction de bateaux plus accessible aux amateurs. Cette méthode permet aux amateurs de construire rapidement et facilement un bateau avec de bons résultats dès la première fois. Contrairement aux méthodes traditionnelles, les bateaux en cousu-collé n'ont pas besoin d'être construits sur une armature complexe et n'ont pas besoin de renforts internes extensifs.
Les pièces sont souvent prédécoupées pour commander la forme du bateau, éliminant le besoin de lofting ou d'ajustage complexe. Le contreplaqué, combiné avec l'époxy, est l'un des meilleurs matériaux à partir duquel construire un bateau. Il est très solide, raide, léger et complètement imperméable. La construction en cousu-collé est la méthode qui pardonne le mieux les erreurs, grâce aux propriétés de remplissage de l'époxy.
Sécurité et environnement de travail
La manipulation des résines et des fibres nécessite le strict respect des règles de sécurité. Il est indispensable d'utiliser des gants pour manipuler les produits chimiques et de travailler dans un poste de chimie adapté ou une zone très bien ventilée. En cas de contact, le lavage à l'eau doit durer au moins 2 minutes. Tous les produits doivent être utilisés et rangés à l'écart de toute flamme, source de chaleur, d'étincelle ou d'ignition. Ne jamais fumer dans l'atelier.
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La température joue un rôle déterminant. Travailler la résine époxy par des températures froides est déconseillé, car cela compromet la polymérisation. Un sous-sol ou un garage doit être maintenu à une température adéquate pour garantir une bonne prise de la résine. Une fois la coque stratifiée, le démoulage peut demander quelques efforts, surtout si les moules d'étraves restent collés à la coque.
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