L’étang de Vaccarès : Guide complet pour une exploration au cœur de la Camargue

Présentation du complexe lagunaire

L'étang de Vaccarès, s'étalant sur 6500 ha, fait partie d'un vaste complexe d'étangs saumâtres de plus de 10 000 ha. Avec 65 km², c’est le plus vaste étang de Camargue. Pour mémoire, le lac du Bourget a une superficie de 44 km². Surnommé "la Grand Mar", il est entouré par le Petit Rhône, le Grand Rhône et la mer Méditerranée. L’étang est intégré dans le Parc naturel régional de Camargue. La majeure partie de l’étang se situe à l’intérieur de la Réserve Nationale de Camargue. L’étang de Vaccarès, c’est le cœur de la Réserve de Camargue. Avec ses 6500 ha de superficie pour douze kilomètres de long, c’est une véritable mer intérieure. Pourtant sa profondeur, à son point le plus profond, n’excède jamais deux mètres !

Un sanctuaire ornithologique d'importance internationale

D'août à avril, ces étangs accueillent des dizaines de milliers d'oiseaux d'eau, venus du nord de l'Europe passer la mauvaise saison en Camargue (canards, foulques et grèbes essentiellement). En avril, les sternes venues d'Afrique viennent y nicher en colonies, en compagnie des mouettes, goélands et avocettes sédentaires. Enfin, toute l'année, ce sont les lieux d'alimentation privilégiés des flamants roses et des hérons (aigrettes, hérons cendrés). Emblème de la Camargue, le flamant rose doit en partie sa couleur aux pigments de carotène contenus dans sa nourriture (crustacés, algues et invertébrés). Cette espèce se déplace autour de la Méditerranée mais c’est en Camargue qu’il y a la plus importante population, unique ilot de reproduction. Dès le printemps, ils nichent en colonie, le mâle et la femelle couvent à tour de rôle l’unique œuf déposé dans un nid de boue. Gris à la naissance, il volera vers 10 semaines et deviendra rose vers 3 ans.

L’aigrette garzette est l'un des oiseaux les plus communs de Camargue. Plumage blanc, pattes noires et doigts jaunâtres la rendent facilement identifiable. En plumage nuptial, la nuque des adultes s’orne de deux huppes d’une vingtaine de centimètres et leur dos de longues plumes soyeuses très fines aux barbes séparées. Aujourd’hui très répandue dans la moitié sud de l’Europe, cette espèce était au bord de l’extinction au début du XXe siècle, chassée pour ses plumes qui décoraient les chapeaux. De leur côté, les sternes sont des oiseaux migrateurs au long cours qui parcourent plusieurs milliers de km durant leurs voyages. Leur destination finale est l’Afrique occidentale. La sterne caugek est caractérisée par une tête entièrement noire avec une huppe ébouriffée sur la nuque, un long bec noir légèrement incurvé et jaune, un corps effilé gris cendré et de longues ailes. Cette espèce migratrice, présente sur le bord de mer et les lagunes, est observable durant la période de reproduction.

Itinéraires et logistique autour du Vaccarès

La longueur du tour du Vaccarès, en restant sur l’itinéraire, est de 63,5 km à partir de l’Office du Tourisme des Saintes-Maries-de-la-Mer, où l’on ne peut pas se garer. Il faut donc compter sur un parcours d’environ 75 km pour inclure les accès depuis les campings alentours, comme celui du Clos du Rhône, situé à 2 km du village. Avec plus de 63 km de parcours, incluant certaines portions longeant des routes départementales, cet itinéraire mythique est plus adapté au VTT ou au VTC (mais pas au vélo de route) qu’à la randonnée. Il est conseillé d’effectuer cette boucle dans le sens horaire. On arrive en moins d’1 kilomètre sur la D 37, au carrefour de Villeneuve, puis vers le carrefour du Mas de Fiélouse avant de passer au parking du Pertuis de la Comtesse.

Au croisement de Villeneuve et au niveau du snack Les Salicornes, s’orienter à droite sur le C134 "de Fiélouse" en direction de La Capelière. Parcourir 14,5 km en longeant l’étang et en passant devant La Capelière, le Mas de Fiélouse, puis Salin-de-Badon. Continuez tout droit en direction de la digue à la mer jusqu'à l'observatoire de flamant. À l’observatoire, tournez à droite et empruntez la digue à la mer en direction du phare de la Gacholle. Pénétrez dans la Réserve naturelle nationale de Camargue, passez le phare et continuez jusqu'au Pertuis de Rousty.

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Précautions et conseils pratiques

La première chose importante à avoir avec soi en Camargue est son anti-moustiques. Ne l’oubliez pas : vous le regretteriez ! La seconde chose c’est l’eau. Vous en trouverez partout tout autour de vous mais pas potable ! En revanche l’air marin vous donnera soif alors emportez-en avec vous. La troisième chose potentiellement utile ce sont des jumelles, indispensables pour observer les oiseaux. Si vous prévoyez de réaliser cet itinéraire, il peut être judicieux, si c’est possible, de prévoir deux voitures : une que vous laisserez au Mas de Cacharel et l’autre à l’entrée du domaine de Méjanes. Il n’y a pas d’accès direct à l’étang de Vaccarès. Il est fortement recommandé d’effectuer ce parcours à une époque où les oiseaux sont légion pour en prendre plein les yeux.

Géographie et patrimoine du delta

La Camargue est une région de vastes propriétés. De nombreuses pistes et chemins sillonnent le delta. Le territoire est né du grand fleuve Rhône qui, avant de se jeter dans la Méditerranée, traverse un vaste pays très plat. À ce point horizontal qu’avant les aménagements conçus pour le rendre navigable, le fleuve ne possédait pas une vitesse suffisante pour charrier ses alluvions jusqu’à la mer. Ses eaux s’éparpillaient donc en un réseau de bras, d’étangs et, au bord de la mer, de lagunes. Un vaste delta donc, remodelé sans cesse par les crues régulières du Rhône ou par l’invasion de la Méditerranée lors des tempêtes d’hiver. Aujourd’hui, ce delta se compose de deux cours d’eau : le Grand-Rhône, qui se jette dans la mer près du golfe de Fos, et le Petit-Rhône dont l’embouchure se situe près des Saintes-Maries-de-la-Mer. Entre les deux s’étend la Grande Camargue où alternent des zones de vase dure gorgée de sel appelées « sansouïres », de pâtures, de marais et d’étangs.

La Digue à la Mer, construite entre 1857 et 1859, protège la Camargue des entrées marines automnales et hivernales dans les terres et permet le développement agricole dans le sud de la Camargue. Haut de 2 m à 2,50 m, cet ouvrage s’étend sur plus de 40 km. Entre les Saintes-Maries et Salin-de-Giraud, elle sépare les lagunes des étangs centraux, constituant une limite visuelle dans un paysage infini. Le phare de la Gacholle, situé à 1 500 m à l’intérieur des terres, a été mis en service en 1884. Il permet l'accès au mouillage du golfe de Beauduc en évitant les dangers de la pointe du Sablon. Haut de 17 m, il est alimenté par des panneaux solaires et se distingue par son feu à secteurs colorés vert, blanc et rouge.

La flore et le vivant camarguais

Parmi les espèces végétales emblématiques, la saladelle, nommée "lilas" ou "lavande de mer", est une plante des rivages méditerranéens qui tapisse les pelouses. Abondante dans les terrains salés, la saladelle possède de longues feuilles charnues que l’on peut observer une grande partie de l’année. Cette plante est tolérante au sel : l’excès puisé dans le sol est rejeté en fins cristaux par des pores situés au revers des feuilles sur la face inférieure de ses feuilles coriaces.

Sur les 70 km de plages camarguaises, les dunes littorales présentent une grande valeur paysagère et botanique grâce à une flore spécifique comme le lys maritime ou l'oyat. Riches mais également fragiles, la fréquentation des dunes est interdite, même à pied. Pour les préserver, mieux vaut les contourner. Dans le sable du littoral, on trouve également la telline, un petit coquillage qui vit enfoui à quelques cm. Sa teinte varie du jaune citron au brun, en passant par le saumon. Il tire son nom de ses valves étalées comme deux ailes de papillon lorsqu’il est échoué.

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