Guide technique sur le réglage des barres de flèche pour catamarans

Les barres de flèches sont des éléments du gréement qui sont bien souvent négligés. Pourtant, elles ne jouent pas un rôle passif. Elles sont, au contraire, un moyen efficace et spectaculaire pour agir sur l’équilibre et la marche du bateau. Ajuster correctement un gréement dormant ne se limite pas à tendre ou relâcher quelques câbles. C'est une opération technique, qui engage la sécurité du bateau et la performance sous voiles. Rédiger un article sur les barres de flèche relève de la mission impossible. En effet, ces "appendices" sont l’un des composants du mât, et on ne saurait être exhaustif sans évoquer l’intégralité du sujet mât+bôme+voiles et de leurs constituants : pied de mât, étambrai, cales, réglage de la bordure, cunningham, structure des lattes de voiles, etc. Cependant, nous ne traiterons ici que des barres de flèche.

Fondamentaux de la géométrie du gréement

Lors de la mise en place, l'objectif est de positionner le mât verticalement dans l'axe du bateau, tout en respectant la quête prescrite par l'architecte. La quête - inclinaison du mât vers l'arrière - dépend principalement de la longueur de l'étai et de son ridoir, réglé en position médiane pour conserver une marge d'ajustement. Le cintre longitudinal, lui, s'obtient via la tension différenciée des haubans et inters.

Sur de nombreux catamarans, les cadènes uniques sont à environ 50 cm en arrière du pied de mât. Autre originalité, le mât est souvent équipé de barres de flèches très courtes et d’un capelage étai/galhaubans situé à 2 m de la tête de mât. D’où l’idée, pour certains navigateurs, de rallonger les barres de flèches et ainsi de contrôler avec les bas-haubans le pré-cintre du mât et de l’ajuster parfaitement au rond de guindant de la grand-voile. Le réglage de la tension des bas-haubans devient alors très important. Pour toutes ces raisons, il est important de laisser libres les barres de flèches uniquement dans le sens longitudinal. Les raisons de certains incidents proviennent du fait que les barres de flèches, bloquées dans le sens longitudinal, se sont substituées aux bas-haubans pour limiter le cintre du mât.

Mécanique des barres de flèche longues et courtes

La théorie voudrait qu’elles soient articulées pour pouvoir optimiser leur pouvoir de contrôle du mât. Le comportement diffère selon leur configuration :

  1. Les barres de flèche longues : Elles dévient le hauban selon un angle fermé entre le capelage et la cadène. Plus on étarquera la drisse de foc, plus la pression des haubans sur les barres de flèche sera importante. Elles pousseront le mât vers l'avant jusqu'à ce que les haubans soient tendus en ligne droite entre capelage et cadène. Lorsqu’elles forment un angle très ouvert (voire plat), elles limitent le cintre latéral du mât par traction sur le hauban au vent.
  2. Les barres de flèche courtes : Elles donnent au hauban un angle plat entre le capelage et la cadène. Le fonctionnement est le même, mais, dès le début de l'étarquage, le mât n'est pas poussé vers l'avant. Il est au contraire immédiatement retenu par des barres de flèches. Le cintrage du mât est alors confié à l'ensemble "hale-bas+cales".

Pour un gréement donné, le bon compromis implique des barres de flèche assez courtes, mais pas neutres. La tête de mât peut ainsi "effacer" les risées. La partie de l'espar sous le capelage accompagne le mouvement sans exagération, ce qui permet au bateau de passer dans les vagues et les surventes. Dans cette hypothèse, une bonne longueur de barre de flèche peut être de 42 à 44 cm mesurés entre le hauban et la rainure du mât.

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Optimisation du profil de la voile

L’ajustement du cintre du mât avec le rond de guindant de la grand-voile devient possible. Autre avantage et pas des moindres, suivant les conditions de vent, on peut contrôler le profil de la grand-voile, suivant le type de temps. Pour une grand-voile creuse, les barres de flèche doivent être plus longues que pour une grand-voile plate. Ce premier cas correspond à un réglage idéal dans le petit temps et en eau plate. Le cintrage artificiel du mât procure une bonne répartition du creux de la grand-voile sans pour cela agir sur la tension de la chute. L'écoute et le hale-bas peuvent alors jouer indépendamment leur rôle. Lorsque le vent fraîchit, l'écoute sera plus fortement sollicitée.

Défis de réglage sur mâts traversants à étages multiples

Le réglage d'un mât traversant à trois étages de barres de flèche en aluminium peut présenter des difficultés. Il arrive que des propriétaires ne parviennent pas à donner un cintrage uniforme à leur mât : il peut rester droit jusqu'entre les deux premières barres de flèche (présence en plus d'un manchon) puis présenter un cintre jusqu'en haut.

Une inversion du mât à partir de 15 nœuds réels, ou une tendance qui existe déjà au repos, nécessite une inspection minutieuse. Si le pied de mât et l'étambrai sont réglés à leur maximum, il convient de vérifier l'alignement strict de l'extrémité des barres de flèche. À défaut d'être un avantage, un mât mal réglé compromet les performances. Il est crucial de se rappeler qu'il n'y a pas de réglage "régate" et de réglage "balade" : il y a soit un bateau mal réglé, soit un bateau bien réglé. Un réglage de base consiste à faire en sorte que les deux triangles soient dans le même plan.

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