Lorsque nous accueillons un chien, il devient un membre à part entière de notre famille. Nous l’aimons et nous sommes prêts à faire ce qu’il y a de mieux pour lui. Mais comprenons-nous toujours nos animaux de compagnie ? Nos idées reçues sur le dressage des chiots sont-elles toujours d’actualité ? Découvrons ensemble les mythes et réalités sur la capacité des chiens à nager et d'autres idées reçues.
Mythes courants sur les chiens
Il existe de nombreuses idées fausses sur les chiens, souvent basées sur des observations superficielles ou des interprétations erronées. Voici quelques-uns des mythes les plus répandus :
1. Quand un chien bâille, cela signifie qu’il veut dormir
Parfois, les propriétaires remarquent que leur chien bâille dans certaines situations où il ne se prépare pas à aller se coucher, par exemple en jouant ou en recevant une caresse (surtout avec des inconnus). Cela ne signifie pas qu’il s’ennuie et qu’il veut dormir. Pour les chiens, bâiller est un moyen de surmonter l’excitation et de réduire le stress.
2. La salive des chiens a des propriétés curatives
Certaines personnes laissent leurs animaux lécher les plaies qu’elles ont sur le corps, pensant qu’il s’agit d’une bonne chose. La bouche des chiens ne peut pas être considérée comme propre : elle n’est pas lavée au dentifrice comme les humains, elle est au contact de la nourriture qui se trouve au sol. Il ne faut pas laisser un chien laver ses propres plaies.
3. La meilleure nourriture pour chien est la viande crue
Des propriétaires considèrent que les chiens ont besoin d’être nourris de viande crue, en argumentant que les loups (ancêtres proches des chiens) s’alimentent de cette façon dans la nature. Mais ils ne tiennent pas compte que pendant des milliers d’années d’existence aux côtés des êtres humains, les chiens se sont adaptés à un autre type d’alimentation. De plus, la viande ne contient pas les nutriments et les vitamines nécessaires pour le chien, mais elle contient de nombreux microorganismes pathogènes et des parasites.
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4. Le pelage des chiens doit être rasé en été
En été, de nombreux animaux passent par l’étape toilettage, parce que leurs maîtres considèrent qu’ils souffriront moins de la chaleur, mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas. En hiver, le pelage est plus dense et il les protège du froid, alors qu’en été, lors du changement du poil, ils ne conservent que le pelage nécessaire pour qu’ils se sentent bien. Si l'on rase le pelage d'un chien, lorsqu’il va repousser, sa structure va être modifiée : il peut devenir frisé, s’emmêler, etc. Il est préférable de trouver une autre méthode pour protéger son compagnon à quatre pattes de la chaleur.
5. Les chaussures pour chiens ont été inventées uniquement pour l’aspect esthétique
Un chien avec des chaussures n’a rien à voir avec un chat botté comme nous en retrouvons dans les contes de fées. Dans certains cas, un tel accessoire peut être une véritable nécessité. Mais la nature a bien fait les choses, en offrant au chien la capacité de se déplacer sur n’importe quelle surface et dans n’importe quel climat. Toutefois, avec l’apparition des produits chimiques et du goudron présent sur le sol, la chaleur se transforme en lave. De plus, les coussinets présents sur les pattes des chiens « domestiques » sont plus sensibles que ceux des animaux errants.
6. Il n’est pas possible d’apprendre des choses à un chien âgé
Entraîner ou dresser un chien est possible et nécessaire indépendamment de son âge. Cependant, s’il s’agit d’un chien adulte, il faudra plus de temps et de patience. Les dresseurs de chiens et les comportementalistes animaliers considèrent que l’une des méthodes les plus efficaces pour dresser les animaux d’un âge avancé est d’utiliser un clicker, un petit dispositif qui émet un clic lorsque l'on appuie dessus. Ils conseillent également d’abandonner les colliers serrés et électriques, la strangulation et autres moyens de « force » sur le chien.
7. Lorsque le chien réagit de manière exagérée au retour de son maître, cela veut dire qu’il l’aime beaucoup
Si ton chien perd la raison lorsque tu rentres à la maison (il court sur lui-même, saute, aboie et fait pipi), cela ne signifie pas qu’il t’aime plus que n’importe quel chien qui remue la queue en voyant son propriétaire. Tout simplement que personne ne l’a dressé. Il existe différentes méthodes pour apprendre à un chien à accueillir son maître et les invités de façon plus calme.
8. Tous les chiens adorent nager
Si l'on met un chien dans l’eau, il commencera à bouger les pattes instinctivement (on a certainement déjà vu des vidéos à ce sujet), mais cela ne veut pas dire que tous les chiens sont des nageurs innés. La majorité des chiens savent nager et le font avec plaisir, mais pour les autres, il est possible de les habituer. Les chiens qui ne sont pas adaptés à la natation sont ceux qui ont une grande poitrine et un crâne lourd, comme le mastiff, le bulldog, le teckel et le boxer.
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9. Si le chien n’est pas en contact avec d’autres animaux, on peut éviter la vaccination
Tous les vaccins présents sur le marché ne sont pas nécessaires pour ton chien. Mais ceux qui sont obligatoires restent les mêmes, indépendamment du lieu de résidence. Par exemple, les vaccins contre la rage, la peste, l’entérite et la leptospirose sont nécessaires quel que soit le chien, même si l'on vit dans un appartement et qu’il ne sort que rarement dans la rue, un risque de contagion n’est pas exclu. Avant de vacciner son chien, il est important de prendre rendez-vous chez le vétérinaire.
10. Quand le museau est sec, le chien est malade
Ce mythe a été remis en cause plus d’une fois, même si les propriétaires de chiens continuent à leur toucher le museau et à s’inquiéter lorsqu’il est sec et chaud. Un museau froid et humide n’est pas toujours synonyme de bonne santé, parfois, cela peut être un signe de rhinite. Il faut faire attention à la peau et au museau de l'animal, s’il y a des fissures ou qu’il est recouvert d’une couche sèche, une maladie pourrait pointer le bout de son nez. Généralement, il faut prêter plus attention à son comportement et à son appétit, mais pas à la température et l’humidité de son museau.
11. Il est nécessaire de leur donner des os à ronger
Pendant des siècles, tout le monde affirmait que les os étaient importants dans l’alimentation des chiens. Ce mythe a été reflété dans la peinture et la littérature, mais en réalité, les os ne sont pas bons pour eux. Surtout les os longs, comme ceux des cuisses de poulet, qui sont particulièrement dangereux. Un chien est capable de les mordre facilement et les morceaux pointus peuvent endommager son système digestif. Actuellement, dans les animaleries, il y a une grande variété de friandises pour chiens que l'on peut donner sans aucun problème.
12. Si le chien remue la queue, il est content
Cette croyance populaire a déjà provoqué des situations désagréables : un chien bouge la queue, quelqu’un essaie de le caresser, mais pour une raison quelconque, il mord. Il faut être vigilant aux autres signes : un chien qui veut être caressé, en plus de bouger sa queue, se mettra sur deux pattes, montrera son dos et tournera de façon incontrôlable.
13. Les chiens croisés et errants sont en meilleure santé que ceux de race
Ce mythe est tellement répandu que de nombreuses personnes ne vaccinent pas leurs chiens errants, en justifiant qu’ils ont vécu dans la rue pendant des siècles et que leur système immunitaire est capable de tout supporter. Mais ce n’est pas vrai. L’espérance de vie des chiens errants est très faible, et ils meurent des mêmes maladies que les chiens de race, sauf que les personnes ne s’en rendent pas compte.
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14. Lorsque ton chien fait ses besoins par terre, il faut lui mettre le museau dedans
Avec les années, nous savons que cette astuce ne fonctionne pas. Apprendre à un chiot à faire ses besoins dans la rue est un processus similaire à celui d’apprendre la propreté à un enfant. Cela ne fonctionne qu’avec des encouragements et des mesures « préventives » : il faut lui offrir plus fréquemment la possibilité de faire ses besoins à l’extérieur.
Tous les chiens savent-ils nager ?
Contrairement aux idées reçues, tous les chiens ne savent pas nager naturellement. Si certains savent, au mieux, se débrouiller, approcher l’eau est inenvisageable pour d’autres. Tous les toutous peuvent se baigner, mais tous n’en ont pas l’envie, ne se sentent pas à leur aise ou ne sont pas adaptés à une nage prolongée.
Pourquoi certains chiens ont-ils du mal à nager ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi certains chiens ne sont pas naturellement à l’aise dans l’eau :
- Morphologie : Les chiens avec une grande poitrine et un crâne lourd, comme les bouledogues, les teckels, les carlins et les boxers, ont plus de difficultés à flotter.
- Pattes courtes et corps long : Les chiens aux pattes courtes et au corps long se fatiguent très vite pour se maintenir à la surface.
- Expériences négatives : Un chien qui a vécu une expérience traumatisante dans l’eau peut développer une phobie.
- Préférences personnelles : Certains chiens n’aiment tout simplement pas l’eau, même si leur race est généralement connue pour être de bons nageurs.
Races de chiens qui ont des difficultés à nager
Certaines races de chiens sont particulièrement mal adaptées à la natation :
- Bouledogue anglais
- Bouledogue français
- Carlin
- Teckel
- Basset Hound
- Boxer
- Pékinois
- Shih Tzu
Races de chiens qui sont de bons nageurs
Certaines races de chiens sont naturellement douées pour la natation :
- Labrador Retriever
- Golden Retriever
- Terre-Neuve
- Épagneul d’eau américain
- Barbet
- Chien d’eau portugais
- Irish Water Spaniel
Comment apprendre à nager à son chien ?
Si votre chien n’est pas naturellement à l’aise dans l’eau, il est possible de lui apprendre à nager progressivement. Voici les étapes à suivre :
Étape 1 : Choisir un endroit sécurisé et adapté
Il est important de choisir un endroit calme, peu passant et dont les sources de stimulation et de déconcentration sont rares. L’espace choisi doit être sécurisé, avec une eau claire, peu profonde, sans courant ou avec un courant très faible et calme. Une petite rivière est idéale pour débuter, un petit lac ou une crique paisible et peu fréquentée, où la baignade des chiens et des humains est autorisée.
Étape 2 : Aider son chien à se familiariser avec l’eau
Il faut garder en tête que votre chien n’est peut-être pas à l’aise avec l’eau et qu’il peut avoir besoin de temps pour s’y habituer, voire même pour oser l’approcher. Ne précipitez pas les choses, ne le poussez pas à l’eau dans l’espoir qu’il se débrouille, mais adaptez-vous au contraire à ses capacités.
N’hésitez pas à vous jeter vous-même à l’eau. En effet, le chien apprend une grande partie des enseignements par le mimétisme. En outre, vous êtes son référent, il vous fait confiance et vous suit plus sereinement. Mettez-vous à l’eau avec lui et encouragez-le à se joindre à vous.
En revanche, ne le poussez pas et ne l’éclaboussez pas. S’il ne souhaite pas se mouiller dès la première fois ou s’il ne va pas plus loin que le bout des pattes, patientez, ce sera pour une autre fois ! Surtout, ne l’arrosez pas, ne le tirez pas à vous et ne lui jetez pas d’eau dessus. Il doit impérativement l’associer à quelque chose d’agréable et sans danger pour accepter d’y aller et ne pas développer de blocage.
Encouragez votre animal d’une voix douce, voire en agitant l’un de ses jouets. Et s’il parvient à toucher l’eau des pattes, récompensez-le pour féliciter son effort. Restez toujours confiant et rassurant. Si votre animal ressent votre stress ou votre inquiétude à l’idée qu’il n’aime pas l’eau, il se sentira très vite découragé.
Répétez cette étape autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que votre chien se soit bien familiarisé avec l’eau. Une fois qu’elle est bien acquise, passez à la phase suivante.
Étape 3 : Aider l’animal à prendre ses aises
Votre chien se sent désormais plus en confiance dans l’eau et à l’aise pour y jouer. Vous pouvez faire trempette avec lui et lui proposer d’y jouer avec ses jouets préférés. Restez en revanche raisonnable, encore une fois. Ne jetez pas son jouet trop loin en espérant qu’il nage jusqu’à lui pour le rapporter. Continuez de l’encourager et de récompenser ses efforts pour le motiver. Et pensez à jouer des friandises, qui peuvent aider votre petit compagnon à associer l’eau au plaisir.
Étape 4 : L’apprentissage de la nage
Maintenant que votre chien est bien familiarisé avec l’eau, il peut apprendre à nager. Il se peut que les étapes précédentes aient été longues et que la nage soit vite acquise, tout comme l’inverse est possible. Il est également à envisager que tout se passe très vite ou bien au contraire lentement. Tout dépend de votre chien.
Puisque votre chien est désormais bien à l’aise pour jouer dans l’eau, vous pouvez l’accompagner vers un endroit légèrement plus profond. Encouragez-le, soutenez-le, ne le forcez pas et félicitez chaque progrès. Lorsqu’il ne touche plus le fond, à vous de voir comment il se comporte. S’il est véritablement à son aise et confiant, il peut se débrouiller et agiter les pattes pour se maintenir à la surface. La séance doit être courte pour ne pas l’épuiser, car elle sera assurément éreintante pour lui. Mieux vaut qu’elle reste un bon moment pour votre toutou, afin de lui donner l’envie de recommencer. Trop de fatigue peut le décourager et vous faire revenir en arrière.
En revanche, s’il se met à paniquer, gardez votre calme. Placez vos mains sous son ventre pour le soutenir, mais restez absolument neutre. Ne cherchez pas à le caresser ou à le rassurer, car il se sentirait en danger. Au contraire, en restant serein et neutre, vous lui montrez que la situation est parfaitement normale et qu’il n’a rien à craindre.
Conseils de sécurité pour la baignade avec votre chien
Avant de laisser votre chien nager, il est essentiel de prendre certaines précautions :
- Gilet de sauvetage : Surtout si votre chien n’est pas un bon nageur ou s’il se fatigue rapidement, un gilet de sauvetage peut lui sauver la vie.
- Eau propre : Évitez les eaux stagnantes, qui peuvent être infestées de cyanobactéries ou de leptospires, des micro-organismes dangereux pour les chiens.
- Rinçage après la baignade : Que ce soit de l’eau de mer, chlorée ou même d’un lac, rincez votre chien à l’eau claire pour éviter les irritations de la peau et les otites. Séchez-lui bien les oreilles.
- Surveillance : Ne laissez jamais votre chien nager sans surveillance.
Bienfaits de la natation pour les chiens
La natation est une activité très bénéfique pour les chiens. Elle fait travailler l’ensemble des muscles en douceur, sans choc sur les articulations. Cette pratique est recommandée pour les chiens âgés, ceux en surpoids ou en rééducation après une chirurgie.
Les bienfaits de la nage ne se limitent pas à l’aspect physique, elle contribue également à l’équilibre mental de votre chien. Elle offre une alternative aux promenades habituelles en stimulant l’équilibre, la coordination ainsi que l’attention.
Comment aider un chien qui a peur de l’eau ?
Si votre chien a peur de l’eau, il est important de ne pas le forcer. Voici quelques conseils pour l’aider à surmonter son appréhension :
- Choisir un environnement adapté : Une rivière calme, un lac sans vagues, voire une pataugeoire pour bébé dans le jardin seront un bon début.
- Associer la baignade à du positif : Un jouet flottant, une friandise et beaucoup d’encouragements peuvent l’aider à se lancer.
- Ne surtout pas le forcer : Si votre chien est tendu, queue basse, oreilles en arrière, n’insistez pas, il n’est pas prêt. Recommencez un autre jour, avec plus de patience. Et s’il refuse catégoriquement, ce n’est pas grave. Il a le droit de ne pas aimer ça.
L'histoire de la natation
La natation a joué divers rôles à travers les siècles. Les êtres humains ont probablement su nager depuis la Préhistoire. Bien sûr, les styles de nage n'étaient pas aussi codifiés qu'aujourd'hui. Granat et Heim brossent un tableau réaliste de ce que le sport devait être à l'époque préhistorique : « Toute l'évolution du genre Homo s'est déroulée dans un environnement plus ou moins découvert, à la lisière des forêts et près des points d'eau. (…) Pour survivre, [ces hommes] devaient avant tout être de bons marcheurs, de bons coureurs, de bons grimpeurs, peut-être des nageurs, être capables de ramper et de transporter de lourds fardeaux. Ils devaient réfléchir pour trouver des parades à tous ces pièges et, surtout, entretenir leur corps en faisant des exercices physiques. »
Bien que l'existence d'un art de la nage à cette époque soit prouvée par des peintures rupestres datant d'il y a environ 6 000 ans trouvées dans la grotte de Wadi Sura en Égypte, les compétitions de natation ne figuraient pas au programme des Jeux olympiques de l'Antiquité. L'Odyssée d'Homère fait référence à la relation de l'homme avec la mer. À Rome, des compétitions de natation étaient organisées au Colisée, et de nombreuses mosaïques représentent des Romains plongeant et nageant la brasse.
Au Moyen Âge, la natation était davantage considérée comme un loisir que comme un sport. L'apprentissage de la natation faisait partie de la formation des chevaliers, en même temps que le maniement des armes, l'équitation et le tir à l'arc. Charlemagne avait une sorte de piscine à Aix-la-Chapelle où il venait nager pour se détendre. À Rome, la natation était symbole de savoir et faisait partie de l’éducation du bon gentilhomme.
Pendant la Renaissance, les premiers ouvrages consacrés entièrement à la natation sont apparus. Au Japon, un édit impérial datant de 1603 fit de la natation une partie intégrante du programme scolaire et ordonna que sa pratique soit encouragée par la création de matchs inter-écoles. Les fonctions allouées à la natation de l’époque sont diverses mais toutes utilitaires : militaire, hygiénique et thérapeutique, éducative aussi, mais du point de vue du corps.
Au XIXe siècle, c’est l’apprentissage de la brasse à 4 temps dans un but plus disciplinaire que d'apprentissage. La diffusion de la natation sportive sur le plan mondial est l’œuvre des pays anglo-saxons, et notamment de l’Angleterre qui possède déjà des piscines couvertes et chauffées à Londres.
Aux premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne, à Athènes, en 1896, 3 épreuves de natation sont au programme : 100, 500, 1 200 mètres. La Fédération française de natation est créée en 1920. L’institutionnalisation de la natation mondiale explose au XXe siècle.