Morphologie et caractéristiques physiques de l'espadon-voilier
C’est sûrement le plus beau des poissons à rostres et vraisemblablement le plus rapide. Outre son rostre rond, fin et pointu, sa principale caractéristique donnée est cette immense dorsale qui va de l'encolure jusqu'à la queue en forme de très grande voile bleue ardoise ou cobalt parsemée de points noirs. Son ventre argenté est strié de rayures verticales bleuâtres. Son corps plat favorise les nombreux sauts spectaculaires qu’il effectue en combat.
L’espadon-voilier mesure en moyenne entre 1,7 m et 2,3 m (rostre non compris) et pèse environ 50 kg. Bien que leurs noms se ressemblent, l’espadon et le voilier n’appartiennent pas à la même famille. Alors que l’espadon fait partie de la famille des Xiphiidés, l’espadon-voilier est de la famille des Istiophoridés. Il est ainsi plus proche des marlins qui font partie de cette famille que de notre Xiphias gladius. Son nom scientifique est Istiophorus platypterus mais il est plus communément appelé voilier, voilier cosmopolite, voilier de l’Indo-Pacifique ou empereur éventail.
Cette espèce mesure en moyenne 1,50 à 2,5 m pour un poids moyen de 30 à 40 kg. Il peut néanmoins atteindre exceptionnellement les 100 kg. L’espadon-voilier appartient à la famille des marlins, dont une des caractéristiques est la mâchoire supérieure qui dépasse la mâchoire inférieure, et qui finit par une pointe aiguisée comme une épée. Avec sa nageoire en forme de voile et son bec très fin qui ajoute une bonne capacité hydrodynamique, l’espadon-voilier se reconnaît aisément. Son corps arbore une couleur bleu-nuit avec des stries verticales sur les flancs.
Répartition géographique et cycle de vie
On le rencontre dans les eaux tropicales ou subtropicales dans des températures de 22 à 30°. Il fréquente les eaux tropicales et tempérées des océans Pacifique, Indien et Atlantique. Les marins au long cours pourront croiser les voiliers dans presque tous les océans tropicaux et subtropicaux du globe. On les trouve dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, entre les latitudes de 40° nord et sud. Ils sont particulièrement nombreux vers le golfe du Mexique, la mer des Caraïbes, les eaux autour des Philippines et celles du sud-est asiatique. On peut également en trouver en Méditerranée et en mer Rouge, mais c'est plus rare.
Dans la zone de Rodrigues, le voilier vit sur le plateau continental et proche du tombant. Il explore la couche supérieure des océans en petits groupes. Poisson pélagique (vivant en pleine mer), il est surtout présent dans les mers tropicales (Sénégal, Floride, Atlantique, Océan Indien et Pacifique). L’IGFA reconnaît 2 espèces de voiliers : le voilier Atlantique est le plus petit (63 kg est le record IGFA de cette espèce prise en Guinée Bissau le 29 novembre 2007), tandis que le voilier Pacifique est plus gros.
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La femelle peut pondre jusqu’à 4,5 millions d’œufs. À l’éclosion, les larves mesurent 3 mm et la mâchoire (le rostre) ne se développera qu’à partir de 6 mm. À 20 cm, ce juvénile sera un joli petit voilier « miniature » avec toutes les caractéristiques des adultes ! De croissance rapide, il atteindrait sa maturité sexuelle à 2,5-3 ans, et vivrait jusqu’à 13 ans. Ce poisson est un migrateur qui voyage pour se reproduire dans l’océan Pacifique. Cette espèce hautement migratoire figure à l’annexe I de la Convention sur le droit de la mer de 1982.
Stratégies alimentaires et chasse en groupe
Sa grande voile lui sert à rassembler les petits poissons en boule. Il prélève alors sa nourriture en bordure du banc comme des petits poissons (juvéniles de thons jaunes, bonites, poissons volants, crevettes ou céphalopodes). L’espadon-voilier se nourrit de poissons, crustacés et céphalopodes. L’espadon-voilier (Istiophorus albicans) se rassemble avec ses congénères pour chasser les bancs de poissons dans les eaux tropicales.
Pour chasser, ces espadons utilisent la technique dite de la boule : ils encerclent le banc de sardines qui se regroupe en boule comme mécanisme de défense, et c’est là qu’ils foncent vers le groupe. Si vous êtes un friand d’aventure et souhaitez assister à ce spectacle inoubliable, plusieurs excursions vous sont proposées dans les eaux chaudes de la mer des Caraïbes, dans le récif de Playa del Carmen plus précisément.
Analyse de la vitesse : mythes et réalités scientifiques
L’espadon-voilier Istiophorus platypterus est capable de se déplacer à une vitesse qui peut atteindre les 100 km/h ! Comment a-t-on pu constater cette vitesse ? Aurait-il dépassé la vitesse autorisée dans les eaux qu’il fréquente ? L’espadon-voilier n’a pas été flashé par un radar mais ce record de vitesse a été enregistré lors d’une prise de pêche car ce poisson avait déroulé 91 m de ligne de pêche en 3 secondes !
Le poisson-voilier est souvent présenté comme le poisson le plus rapide au monde, capable d'atteindre des vitesses de pointe allant jusqu'à 110 km/h selon certaines estimations : lors d'un combat avec un pêcheur, un voilier essayant de prendre la fuite a déroulé 91,4 mètres de ligne en seulement trois secondes. Ce magnifique poisson aux couleurs bleues, grises, et au ventre blanc, doit son nom à la nageoire en forme de voile sur son dos, grâce à laquelle il peut nager incroyablement rapidement. Ce poisson peut ainsi atteindre 110 km/h, soit 30 mètres par seconde !
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Cependant, des recherches plus récentes modèrent cette affirmation. En 2015, une étude basée sur des mesures précises a montré que les voiliers atteignent probablement entre 36 et 54 km/h en vitesse réelle sur de courtes distances, notamment lors de la chasse. Ces vitesses, bien que moins spectaculaires que les premières estimations, restent impressionnantes pour un animal évoluant dans un milieu aussi dense que l'eau. Pour comparaison, Usain Bolt est aujourd’hui considéré comme l’homme le plus rapide du monde avec ses 44 km/h atteints sur 100 mètres. Dans l’eau, c’est Michael Phelps avec « seulement » 7,6 km/h sur 50 mètres.
Trois poissons tiennent le haut du podium des poissons les plus rapides, avec des vitesses évaluées entre 110 et 120 km/h : le voilier de l’Indo-Pacifique, son cousin l’espadon (Xiphias gladius), et le marlin, tous trois appartenant à l'ordre des Perciformes. La vitesse de 110-120 km/h est une vitesse exceptionnelle qu’ils ne peuvent pas tenir sur la distance, leur vitesse de croisière avoisinant davantage les 80-90 km/h. Il est difficile de distinguer véritablement le plus rapide de tous puisque les performances vont dépendre de la température des eaux dans lesquelles ces poissons évoluent, mais aussi de leur taille. Toutefois, le voilier de l’Indo-Pacifique est généralement cité comme le poisson le plus rapide.
Techniques de pêche sportive et approche éthique
Pour les amateurs de la pêche sportive, le voilier ou espadon-voilier mérite une ligne fine pour un combat équitable. On le recherche pour sa beauté et son comportement acrobatique. Lorsqu'il saute, ses contorsions nerveuses en C ou en S ne vous laisseront pas insensible devant tant d’élégance. Il reste souvent sur place, à s'épuiser dans ces sauts aériens, facilitant le travail du pêcheur.
Différentes techniques peuvent être employées : la pêche en traîne rapide ou semi-rapide aux leurres de surface ; la pêche en traîne lente aux appâts vivants est la plus efficace : petite bonite, maquereaux, ballyhoos et autres petits pélagiques. La pêche à la traîne hauturière est certainement une des techniques les plus utilisées pour rechercher l’espadon-voilier. Cette grande traîne se pratique généralement à une vitesse de traîne assez élevée (6 à 15 nœuds). Afin de pouvoir traîner de nombreuses lignes, certaines sont écartées par des tangons. On utilise des leurres Big Game nageant en surface ou juste sous la pellicule de l’eau. Ils sont généralement constitués d’une tête dure (en résine ou en métal) et d’une jupe en plastique souple, en plumes ou en fibres synthétiques.
Ces têtes peuvent avoir des formes diverses pour des nages différentes :
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- Pusher : tête à face plate poussant beaucoup d’eau.
- Swimmer : leurre à tête biseautée comme pour un plug (à « pan coupé »).
- Plumes : leurres constitués de plumes et / ou de matériaux synthétiques.
Ceux-ci peuvent être couplés avec des vifs vivants ou morts (hareng, ballyhoo, etc.) ou un ventre de bonite placés sous la jupe de ces leurres. Afin de créer un effet banc visant à exciter les poissons, ces leurres sont généralement précédés de teasers d’appel. Si la traîne reste une des techniques de prédilection pour la recherche de l’espadon-voilier, des pêcheurs tentent de la pêcher différemment. Ainsi, des pêcheurs à la mouche attendent de faire monter un sailfish sur des chaînes de teasers pour le tenter au streamer. Cette espèce est souvent une prise accessoire mais est aussi ciblée par certaines pêcheries.
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