Les Esclaves Vikings et Leur Rôle Essentiel, Notamment Comme Rameurs : Une Plongée dans une Société Complexe

L'ère viking, fascinante et souvent enveloppée de mystère, recèle un aspect moins connu de sa société : l'institution de l'esclavage. Au fil des décennies, la réputation des Vikings, souvent perçus comme des pilleurs assoiffés de sang naviguant les mers du nord, a été fortement nuancée. Une image plus douce, plus populaire des Vikings a fait surface. Cependant, à mesure que les spécialistes s'intéressent à un segment peu connu de la société viking, cette image est amenée à évoluer de nouveau. L'exploration de la notion d'esclaves vikings permet de mieux comprendre le tissu social, économique et culturel complexe de cette époque. Des nouveaux indices suggèrent que les esclaves occupaient une place centrale dans la société viking. En s’appuyant sur de nouvelles découvertes et des analyses récentes d'artefacts précédemment mis au jour, allant de colliers de fer en Irlande à de possibles domaines de plantations en Suède, les archéologues tentent d’éclairer le rôle de l’esclavage dans le développement et le maintien de la société viking.

L'Esclavage dans la Société Viking : Une Réalité Incontournable

Les Vikings avaient effectivement des esclaves, connus sous le nom de "þræll" (thrall) en vieux norrois. L'esclavage faisait partie intégrante de la société viking, reflétant une pratique répandue dans l'Europe médiévale et les régions avoisinantes. Thrall est le terme utilisé à l'époque viking pour désigner un esclave ou un serf au sein de leur société. Les thralls constituaient la classe sociale la plus basse de la hiérarchie sociale viking. La pratique de l’esclavage dans la région est d’ailleurs plus ancienne que les Vikings eux-mêmes. Des traces de grandes disparités économiques remontent jusqu’au premier siècle après J.-C., avec des hommes vivant dans des granges aux côtés des animaux, tandis que d’autres résidaient dans de grandes et somptueuses demeures à proximité. L'esclavage mené par les Scandinaves résonne encore aujourd'hui dans la langue anglaise, où l’expression « to be held in thrall » signifie être sous la coupe de quelqu’un, composée du terme « thrall » qui signifie esclave en vieux norrois.

La structure sociale de la société viking était fortement hiérarchisée, les esclaves se trouvant tout en bas de l'échelle. Au-dessus d'eux se trouvaient les hommes et les femmes libres, avec une classe de nobles et de chefs au sommet. Cette structure était essentielle au fonctionnement et à l'organisation des communautés vikings. Les nobles et chefs détenaient le plus de pouvoir et de richesses, menant les guerres et la gouvernance, tandis que les hommes et femmes libres s'occupaient de l'agriculture, du commerce et d'autres rôles communautaires nécessaires. Les thralls (esclaves), quant à eux, avaient des droits limités et étaient soumis à la volonté de leurs propriétaires.

La Capture et le Commerce des Esclaves Vikings : Une Économie Reposant sur la Servitude

Les esclaves provenaient de diverses sources, notamment de prisonniers de guerre, de débiteurs et d'individus saisis lors de raids. Les chroniques anciennes mentionnent que les pillages vikings ciblaient tout autant les personnes que les objets précieux, et ce dès le premier pillage du monastère écossais de Lindisfarne en 793 après J.-C. Hommes, femmes et enfants étaient capturés pendant les pillages.

Le commerce des esclaves vikings était un aspect lucratif de leur économie et de leur système social. Les esclaves étaient échangés contre des biens tels que de l'argent, des textiles et même d'autres esclaves. Neil Price, archéologue de l’Université d’Uppsala en Suède, a affirmé au cours d’une conférence que « c’était une économie qui reposait sur l’esclavage ». Il suppose que « l’esclavage était l’une des principales motivations derrière les pillages ». Les Vikings capturaient des esclaves lors de raids sur les côtes et les colonies européennes. Les réseaux commerciaux s'étendaient des îles britanniques, à travers l'Europe, jusqu'à certaines parties de ce qui est aujourd'hui la Russie. Le géographe arabe Ibn Hawqal décrit le commerce d’esclaves vikings en 977 après J.-C., s’étendant sur toute l’aire méditerranéenne, de l’Espagne à l’Égypte. D’autres registres mentionnent que des esclaves en provenance d’Europe du nord étaient acheminés depuis la Scandinavie par la Russie jusqu’à Byzance et Bagdad. Les marchés d'esclaves étaient répandus dans les territoires vikings et les principales plaques tournantes du commerce. Les esclaves étaient considérés comme des biens commerciaux précieux, souvent échangés dans le cadre de transactions avec des pays étrangers. Il est intéressant de noter l'existence d'un grand marché aux esclaves à Hedeby, une importante colonie commerciale viking. Ce marché attirait des commerçants de toute l'Europe, ce qui souligne le rôle intégral des esclaves dans les échanges économiques vikings.

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Un des facteurs clés des pillages aurait pu être le manque cruel de femmes. Certains chercheurs pensent que la société viking était polygame, ce qui ne facilitait pas la tâche des hommes qui n’étaient pas issus de l’élite, ce qui aurait pu motiver les pillages et les ambitieux voyages qui ont fait la réputation des Vikings. Des études génétiques montrent par exemple que la majorité des femmes islandaises ont des ancêtres écossaises et irlandaises qui étaient certainement les « butins » de ces pillages.

Avec l’expansion des explorations vikings, le besoin de laine pour la production des voiles des navires devint plus important. Le besoin d’esclaves vient peut-être aussi de là. Neil Price a déclaré qu'« il y a eu un changement radical dans la pratique de l’agriculture ». Le besoin urgent de produire de la laine a probablement engendré une économie rappelant celles des plantations aux États-Unis. Ce sujet est actuellement l’objet d’études par les chercheurs. Par exemple, sur un site suédois appelé Sanda, des chercheurs ont retrouvé dans les années 1990 un grand hall entouré de petites maisons. Les archéologues suédois pensent désormais qu’il pourrait s’agir d’une plantation viking ayant eu des esclaves comme main-d’œuvre. Neil Price précise : « Le plus probable, c’est que la production de textiles soit l’œuvre des esclaves. On ne peut pas vraiment savoir qui fabrique le tissu, mais les implications ne font aucun doute. »

La Vie Quotidienne et les Tâches des Esclaves : Du Travail de la Terre à la Rame des Navires

La vie des esclaves vikings, ou thralls, en dit long sur les normes et pratiques sociétales de l'âge viking. L'asservissement était un sort commun pour ceux qui étaient capturés lors de raids, nés dans la servitude ou endettés au-delà de tout secours. La vie quotidienne d'un esclave viking était rude et exigeait beaucoup de travail. Les tâches variaient de l'agriculture, de l'artisanat et de l'entretien ménager à des travaux plus exténuants comme l'exploitation minière et la construction. Durant l'Âge viking, les thrællar étaient employés généralement au travail non qualifié et effectuaient les tâches les plus lourdes et les plus ingrates, telles que l'abbatage des arbres, la construction des bâtiments et des bateaux, l'épandage du fumier, ou l'extraction de la tourbe. On confiait certainement aux hommes esclaves des tâches telles que couper les arbres, construire les bateaux et ramer pour faire avancer les vaisseaux de leurs maîtres.

Les esclaves étaient essentiels à l'économie viking, leur travail étant indispensable à l'entretien des fermes et des foyers. Un exemple du rôle d'un thrall dans la société viking peut être de travailler dans les fermes, de participer à la construction de bâtiments ou d'aider les ménages. Ils faisaient souvent partie intégrante des activités domestiques et économiques d'une colonie viking.

Concernant la navigation, élément central de l'expansion viking, le rôle des esclaves rameurs était crucial. Les bateaux vikings, qu'il s'agisse des langskips pour les raids ou des knörrs pour le commerce, nécessitaient souvent une force de propulsion humaine. Le bateau de Gokstad, un des navires vikings les mieux conservés et construit vers 820, mesure 22 mètres de long. Il était prévu pour 32 rameurs, un barreur et un guetteur, et ses rames sont en pin. Le bateau d'Oseberg, un autre exemple remarquable, construit vers 820, était un vaisseau personnel sans bancs pour de nombreux rameurs, et sa proue et sa poupe, pourries, ont pu comporter des têtes de dragons. L'entretien et la manœuvre de tels navires exigeaient un labeur considérable, et il est certain que les thralls y contribuaient activement.

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L'expérience des femmes esclaves, appelées "ambáttir", sous la propriété des Vikings était sensiblement différente de celle de leurs homologues masculins. William Fitzhugh, archéologue à la Smithsonian Institution, ajoute que les « femmes esclaves étaient des concubines, faisaient la cuisine et s’occupaient de la maison. » Les ambáttir moulaient le blé et le sel, des tâches éreintantes nécessitant l'usage d'un moulin à bras manuel, faisaient la cuisine, procédaient aux soins et à la traite du bétail, effectuaient le barattage et la lessive. Elles occupaient également les fonctions de nourrice et de servantes personnelles, avec certains services occasionnels en tant qu'esclaves de lit, voire concubines. Les femmes esclaves étaient souvent soumises à la servitude domestique, mais aussi à l'exploitation sexuelle et aux mariages forcés. Contrairement aux esclaves masculins, qui pouvaient acquérir un certain statut grâce à leur force physique ou à leurs compétences, la valeur des femmes esclaves dépendait souvent de leur apparence et de leur fertilité. Un récit poignant tiré de textes historiques décrit des raids vikings capturant des femmes non seulement pour le travail mais aussi pour le concubinage, soulignant le double rôle que les femmes esclaves devaient endurer au sein de la société viking.

Le Statut Juridique et le Traitement des Esclaves : Entre Propriété et Brutes Réalités

Les esclaves n'avaient aucun droit légal et étaient considérés comme la propriété de leurs maîtres, même si le traitement infligé par ces derniers pouvait varier de relativement bénin à brutal. Les os retrouvés ont révélé un régime alimentaire à base de poissons pour les esclaves, alors que les maîtres mangeaient plus copieusement de la viande et des produits laitiers. La vie d’esclave était clairement difficile. Un poème du 14e siècle, dont l’original date probablement de la fin de l’époque des Vikings, donne un aperçu de la façon dont les Vikings considéraient leurs esclaves. Ils leur donnaient des noms tels que « Bâtard », « Feignasse », « Courtaud », « Puant » et « Imbécile ».

L'intégration des sociétés viking et irlandaise n'a pas été instantanée et a été marquée par des épisodes de conflit et de coopération au cours des siècles. La fusion éventuelle des cultures, attestée par les mariages mixtes et la fusion des systèmes juridiques, témoigne d'une relation complexe dans laquelle les esclaves irlandais ont joué un rôle central à la fois dans la propagation des conflits et dans la facilitation des échanges culturels. La transformation des pillards vikings en colons et leur interaction avec la société irlandaise témoignent de la nature dynamique et multiforme de l'histoire, où l'adversité conduit souvent à des amalgames de cultures inattendus. Le déplacement des esclaves pouvait aussi parfois conduire à des échanges culturels, car ces individus transportaient avec eux des connaissances, des croyances et des pratiques de leur pays d'origine. L'héritage nuancé des esclaves vikings fait partie intégrante de la compréhension des traditions et des lois, variables selon les régions, qui fixaient les conditions sous lesquelles un individu devenait esclave ou cessait de l'être, quels devoirs s'imposaient au maître et par conséquent quels droits et libertés conservait un esclave.

À travers toute la Scandinavie, l'asservissement était marqué par le port d'un tour de cou en fer et des cheveux coupés courts. La femme esclave n'était pas autorisée à couvrir ses cheveux d'un foulard, car cela était réservé aux femmes libres et aux dames de la noblesse. Les esclaves ne pouvaient pas se marier et leurs enfants appartenaient à leur propriétaire. L'enfant d'un thræll naissait esclave et n'était donc pas traité aux yeux de la loi différemment des nouveaux esclaves. Ils n'avaient le droit de posséder ni arme, ni biens, ni terre. Les seules exceptions concernaient le cas où le propriétaire autorisait un esclave qu'il estimait à travailler une petite portion de terre et donc à en récolter pour lui-même les recettes, ainsi qu'à vendre l'artisanat qu'il produisait pendant son temps libre, mais seulement à hauteur du tiers d'une once d'argent.

Le wergeld (littéralement "prix de l’homme", ou "l'argent du sang", soit la somme d’argent demandée en réparation à une personne coupable d’un meurtre, ou d’un autre crime grave) ne s'appliquait pas aux esclaves, mais un homme qui tuait l'esclave d'un autre homme lui devait dommages et intérêts, tout comme cela aurait été le cas s'il lui avait tué une vache ou un cochon. Un propriétaire d'esclaves était dans l'obligation de fournir des soins médicaux et un toit au thræll qui avait été blessé ou mutilé durant son service.

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Le rude traitement imposé aux esclaves apparaît très souvent dans les archives archéologiques et historiques. Selon d’autres études, les esclaves des Vikings étaient parfois sacrifiés à la mort de leur maître et étaient moins nourris pendant leur vie. Elise Naumann, archéologue à l’Université d’Oslo, a récemment découvert que les corps décapités retrouvés dans plusieurs sépultures vikings n’avaient aucun lien de parenté avec les autres dépouilles. Cette absence de parenté, ainsi que des traces d’abus physiques, tendent à confirmer qu’il s’agissait d’esclaves sacrifiés à la mort de leur maître. Cette pratique est d’ailleurs mentionnée dans les écrits vikings et les chroniques arabes telles que celle d'Ahmad Ibn Fadlan. On a retrouvé dans le tombeau d’un homme viking riche sur l’île de Man, dans la mer d’Irlande, les restes d’une jeune femme tuée d’un coup violent sur la tête mélangés avec les cendres d’animaux incinérés. Il existe d’autres exemples similaires dans toute l’Europe. Ahmad Ibn Fadlan, homme de loi et diplomate originaire de Bagdad, a rencontré les Scandinaves au cours de ses voyages. Il rapporta que les Vikings traitaient les femmes capturées comme esclaves sexuels. Si un esclave venait à mourir, ajoutait-il, « ils le laissaient sur place comme nourriture pour les chiens et les oiseaux. »

Une découverte récente remet en question les idées faites sur le statut des esclaves. Depuis quelques années, les chercheurs ont identifié près de 80 squelettes vikings avec de profonds sillons creusés dans les dents à l’avant de la mâchoire supérieure. Certaines théories y voient des marques de la classe des guerriers, puisque les squelettes étaient tous masculins. Mais Anna Kjellstrom, de l’Université de Stockholm, a retrouvé les mêmes sillons sur les dépouilles de deux hommes qui semblent avoir été enterrés comme des esclaves dans le centre de la Suède. Kjellstrom souligne : « Je ne dis pas que la modification des dents est une caractéristique propre aux esclaves. » Mais cette découverte force les spécialistes à repenser l’idée selon laquelle cette pratique était réservée aux guerriers, ainsi que la place des esclaves dans la société viking.

Le Cas Spécifique des Esclaves Irlandais et l'Impact Culturel

La relation entre les Vikings et les Irlandais pendant l'âge des Vikings est un récit complexe de conquête, de cohabitation et d'échanges culturels. En particulier, le sujet des esclaves irlandais tient une place importante dans la compréhension de ces interactions. Les Vikings, connus pour leurs explorations et leurs raids à travers l'Europe de la fin du 8ème au début du 11ème siècle, prenaient fréquemment pour cible les établissements monastiques situés le long des côtes irlandaises. Ces attaques se soldaient souvent par la capture de moines et de populations locales, qui étaient ensuite emmenés comme esclaves ou thralls. La prise d'esclaves faisait partie du modèle économique de la société viking, les esclaves irlandais constituant une part importante de leur butin humain.

Les premières interactions entre Vikings et Irlandais ont été marquées par la violence et la prise d'esclaves. Notamment, en 795 de notre ère, les Vikings ont mené l'un de leurs premiers raids répertoriés sur l'île au monastère de Lambay Island, au large de la côte de Dublin. Cela a créé un précédent pour les raids futurs, où les sites monastiques, en raison de leur richesse et de leur nature relativement sans défense, sont devenus des cibles de choix pour les forces vikings qui cherchaient à capturer des esclaves et à piller les richesses. Les Annales d’Ulster évoquent un « grand butin de femmes » capturées lors d’une attaque près de Dublin en 821 après J.-C., et soutiennent que pas moins de 3 000 personnes furent capturées au cours d’une seule attaque un siècle plus tard.

L’enlèvement des femmes irlandaises aux fins d’esclavage est confirmé par une source contemporaine d’un type quelque peu différent. Il s’agit de Life of St Findan (La vie de saint Findan), un moine de Leinster qui, comme de nombreux Irlandais, a passé la majeure partie de sa vie adulte sur le continent, au monastère de Rheinau (aujourd’hui en Suisse), où il est mort vers 878. Sa biographie a été rédigée peu après sa mort. Elle se concentre sur sa jeunesse et les évènements dramatiques qui l’ont mené à une vie d’exil religieux sur le continent. Des étrangers appelés des Vikings avaient capturé la sœur de Findan ainsi que d’autres femmes lors des raids sur une île écossaise appelée Irlande, et à partir de ce moment, le récit suit ses tribulations. Nous devons présumer qu’il n’a jamais retrouvé sa sœur. Puis, selon la coutume, son maître viking ne désirant pas retourner dans son pays d’origine l’a vendu à un autre, qui l’a vendu à un troisième qui, à son tour, l’a vendu à un quatrième. Selon le récit de la sœur de Findan et de quelques autres, comme la demande de rançon de deux jeunes Marocaines racontée plus haut, nous pourrions conclure que les Vikings faisaient des enlèvements plutôt que la traite d’esclaves directe dans certains cas, même si le commerce suivait inévitablement.

L'afflux des forces vikings et la prise d'esclaves irlandais ont eu de profondes répercussions sur le paysage social et culturel de l'Irlande. Au fil du temps, les colonies vikings établies en Irlande ont commencé à évoluer, passant de simples camps de raids à des centres commerciaux animés. Cette évolution a eu un double impact : si elle a conduit à l'assimilation et au mélange des cultures viking et irlandaise, elle a également ancré la pratique de l'esclavage au sein de ces sociétés. La présence d'esclaves irlandais dans les colonies vikings a introduit des influences nordiques dans la langue, l'artisanat et les structures sociétales irlandaises. Inversement, la société viking en Irlande a également absorbé des aspects de la culture irlandaise, notamment en termes d'art et de pratiques juridiques. Certains esclaves irlandais ont gagné leur liberté, contribuant à la communauté d'héritage mixte et favorisant un mélange culturel unique dans les régions dominées par les colons vikings. L'héritage de la présence viking en Irlande, y compris l'impact de l'esclavage, est encore évident aujourd'hui dans les noms de lieux, les découvertes archéologiques et même les marqueurs génétiques au sein des populations dans les zones de colonisation viking historique comme Dublin, Waterford et Limerick.

De l'Esclavage à la Liberté : Possibilités et Limites des Thralls

La transformation d'un esclave en individu libre était rare mais pas impossible. La transition de l'esclavage à la liberté était un changement important qui pouvait se produire par différents moyens. La manumission, par laquelle un maître libère officiellement un esclave, est la voie la plus directe. Manumission est l'acte par lequel un propriétaire d'esclaves libère ses esclaves. Dans la société viking, cela pouvait se faire pour diverses raisons, notamment pour montrer son pouvoir ou sa générosité, ou en reconnaissance de la loyauté ou des services rendus par l'esclave. Cependant, d'autres voies étaient possibles, comme l'achat de la liberté, l'évasion ou, plus rarement, la liberté en récompense d'un service exceptionnel.

Les anciens esclaves adoptaient souvent un nouveau rôle dans la société, devenant des affranchis avec des droits et des responsabilités spécifiques. Cependant, une véritable intégration sociale pour les individus affranchis était difficile, avec de nombreuses barrières à l'entrée en termes de propriété, de mariage et de statut juridique. Il est remarquable que certains affranchis aient réussi à s'élever de façon significative, en se lançant dans le commerce, l'agriculture ou l'artisanat pour leur propre compte. Les codes juridiques de l'âge des Vikings font parfois référence au statut et aux droits des esclaves affranchis, ce qui laisse supposer que la société comprenait et acceptait que les individus passent du statut d'esclave à celui d'affranchi. Ces fragments de documentation juridique offrent un aperçu rare des mécanismes de manumission et de la vie ultérieure des individus affranchis au sein de la société viking.

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