Le Maxi Edmond de Rothschild : L'Odyssée du Trimaran Volant qui Réinvente la Course au Large

Le monde de la voile de compétition a récemment été témoin de l'avènement d'une nouvelle ère avec la révélation et la mise à l'eau du Maxi Edmond de Rothschild, également connu sous le nom de Gitana 18. Ce trimaran, fruit d'un projet ambitieux et d'un travail acharné, incarne une véritable rupture technologique, poussant les limites de ce qui est possible sur l'eau. Imaginé comme un pont entre un bateau archimédien et une unité pleinement volante, il ne vise pas seulement la vitesse, mais s'engage à réinventer la grammaire de la course au large, annonçant l'avenir du multicoque océanique.

La Naissance d'un Géant Volant : Du Secret à la Révélation

Le projet du nouveau Maxi Edmond de Rothschild a pris forme dans le plus grand secret, restant l'un des mystères les mieux gardés de la course au large pendant de nombreux mois. Derrière ce voile de confidentialité se cachait une conception audacieuse, menée par une petite équipe réduite travaillant sur les ordinateurs. Ce n'est que plus d'un mois avant sa mise à l'eau que le secret a commencé à se lever, avec une présentation officielle qui a marqué les esprits.

Après près de trois ans depuis la naissance du projet et pas moins de 26 mois de construction intensive, représentant environ 200 000 heures de travail d'une équipe dédiée, le nouveau support du Gitana team, Gitana 18, a finalement été mis à l'eau. C'est un samedi 14 février que cet événement historique a eu lieu à Lorient, un moment "rare et particulièrement attendu" par tous les passionnés et professionnels de la voile. Ce jour-là, sous les yeux de tous, le Maxi Edmond de Rothschild s'est frayé un chemin à travers les bâtiments de Lorient La Base pour rejoindre son élément en milieu d'après-midi, un moment "partagé et riche en émotions". Toutes les équipes de Gitana avaient souhaité que cette opération technique se déroule un samedi pour permettre au plus grand nombre de passionnés d'y assister. Le 14 février avait ainsi été posé de longue date. Les "planètes étaient alignées" ce jour-là, offrant une accalmie inespérée dans la météo bretonne avec un vent faible à médium et un ciel parsemé, permettant les "manutentions toujours très spectaculaires" de mise à l'eau d'une plateforme de 32 mètres de long pour 23 mètres de large, suivie du grutage d'un mât de plus de 36 mètres. Le skipper, Charles Caudrelier, a confirmé que "tout s’est parfaitement déroulé".

Quelques mois auparavant, en décembre, le rideau s'était levé sur Gitana 18 lors d'une "soirée de révélation" à la hauteur de ce nouveau maxi-trimaran volant de 32 mètres, en présence de ses armatrices. Le concept architectural très audacieux de ce géant au design innovant, imaginé et conçu depuis janvier, avait été dévoilé de manière spectaculaire. Une nouvelle identité visuelle, une "œuvre d’art navigante", signée des frères Quistrebert, a été révélée par le Team Gitana. Le nouveau Maxi Edmond de Rothschild laisse ainsi derrière lui la période de construction pour entamer un nouveau chapitre, celui de sa vie maritime.

Une Architecture Réinventée pour le Vol Océanique

Le Maxi Edmond de Rothschild est le fruit d'une vision audacieuse et d'une ingénierie de pointe. Conçu par l'architecte naval Guillaume Verdier et son équipe, en collaboration avec le bureau d'études Gitana, il représente un croisement entre un bateau archimédien et une unité volante. "Tout dans les formes des flotteurs et de la coque centrale appelle au vol." Cette phrase résume la philosophie de conception qui a guidé chaque étape du projet.

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La recherche d'un aérodynamisme exemplaire a été au cœur des préoccupations de l'équipe d'architectes et d'ingénieurs. Les flotteurs, par exemple, sont dotés d'un fond plat. Cette caractéristique n'est pas anodine : elle permet de créer une portance significative, d'éviter d'être "aspiré par le bas", et surtout, d'augmenter la capacité à voler tout en assurant une excellente stabilité, y compris par mer formée. Cette approche est directement inspirée des principes physiques premiers de l'objet, comme l'a souligné l'étude de l'équipe de Guillaume Verdier.

Comme sur les unités de la Coupe de l'America, le Maxi Edmond de Rothschild est doté de trois coques planantes, chacune avec des étraves inversées. Cette configuration permet au bateau de rester au-dessus de l'eau et de "transpercer" les vagues, optimisant ainsi la glisse et la performance en vol.

La rigidité de la plateforme a été une préoccupation majeure. L'utilisation de ces immenses plans porteurs (les foils en L et les safrans en T) implique une hauteur significative pour les flotteurs et un maximum de raideur pour l'ensemble de la structure. C'est pourquoi les bras reliant la coque centrale aux flotteurs demeurent rectangulaires, et non courbes. Ce choix architectural, bien qu'il représente un "surcoût en poids", est justifié par un "gain en fiabilité" essentiel pour un trimaran volant. Pour pallier l'impact aérodynamique de ces bras droits, l'équipe a trouvé la solution du "carénage", leur conférant un profilage qui s'intègre harmonieusement dans l'ensemble.

La coque centrale elle-même affiche une forme "tulipée", avec un fond plat pour une "portance diabolique", une largeur modérée et une hauteur significative pour offrir un meilleur rempart à la mer. Cette conception minutieuse du bureau d'études Gitana s'étend également au cockpit, considéré comme le "nerf de la guerre" du Maxi Edmond de Rothschild. Il demeure "ultra-ergonomique", une caractéristique vitale pour les équipages engagés dans les courses océaniques.

La nacelle, ou casquette, rapportée à la coque centrale, a été pensée pour créer une "cellule de vie très protégée et des plus efficaces". Racée et profilée pour minimiser le fardage, elle s'inscrit dans le caractère aérodynamique global du bateau. Prolongée jusqu'au bras arrière, cette casquette est dotée de hublots "minutieusement positionnés" pour offrir une vision optimale du plan de voilure. Les architectes ont cherché à créer un "effet de plaque" en minimisant l'espace entre cette casquette et le plan de voilure, afin que la plateforme soit le prolongement naturel de la voile, une intégration structurelle qui lui assure une "raideur maximale". Ce concept et cette mise en œuvre sont une signature du Team Gitana. L'esthétique n'a pas été laissée pour compte, et "s'il existait un concours de beauté pour les trimarans de course, celui-ci ferait sans doute partie des favoris".

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Les Innovations Technologiques au Service de la Performance

L'ambition du Maxi Edmond de Rothschild est de passer du mode hybride au "100 % volant", marquant une "rupture spectaculaire" dans de nombreux domaines. Pour y parvenir, il fallait "oser défricher, imaginer de nouveaux concepts, tester des solutions novatrices". La genèse du projet réside dans les appendices, ces "morceaux de carbone" profilés qui ont nécessité des heures de navigation sur le Multi70 Edmond de Rothschild, un véritable laboratoire d'essai, et de calculs complexes par les ingénieurs du Team Verdier. L'objectif était clair : "augmenter le rendement, minimiser le frein, autrement dit aller vite, toujours plus vite selon l'état de la mer."

Le Maxi Edmond de Rothschild est doté des "dernières avancées architecturales et techniques en termes d’appendices". On compte six appendices révolutionnaires.

Les Foils en Y Escamotables et Réglables en Trois Dimensions :Ces "foils en Y dotés d’une aile de plus de 5 mètres d’envergure" sont considérés comme parmi les plus grands du monde. Inspirés des appendices des monocoques volants de l'America’s Cup, ils ont été conçus pour générer une forte sustentation, un gain de puissance significatif et autoriser de nombreux réglages. Cette capacité d'ajustement en trois dimensions est cruciale pour optimiser le vol à toutes les allures et dans toutes les conditions de mer. Ces foils pendulaires seront installés après la première période de tests.

Les Safrans Révolutionnaires en U et en T :Le bateau intègre des safrans dont la géométrie en U, au style "si singulier", a été spécifiquement pensée pour résister à la cavitation. En plus des safrans de flotteurs en U, trois safrans en T (un pour la coque centrale et deux pour les flotteurs) jouent le rôle d'élévateur. Ces safrans en T sont rétractables, une caractéristique essentielle pour ne pas gêner la glisse du bateau et minimiser les risques de casse sur le flotteur au vent. Charles Caudrelier a d'ailleurs souligné que "le plus original : les safrans".

La Dérive de la Coque Centrale en "Aile de Raie" :Cet appendice majeur, positionné au milieu de la coque centrale, représente une "rupture par rapport à tout ce qui a été conçu précédemment sur ce type de bateau". Il est doté d'une aile de raie en métal de 3 mètres d'envergure. Contrairement aux systèmes classiques, cette dérive est basculante mais fixe en hauteur, à l'image d'une quille de monocoque IMOCA. Cette "dernière nouveauté très innovante" explique l'obligation d'être positionnée une fois le bateau à l'eau, et les membres du Gitana Team avaient d'ailleurs choisi de réserver cette surprise pour la mise à l'eau. Elle contribue à limiter le roulis et à maximiser la portance.

Le Gréement et les Systèmes Associés :Le gréement du Maxi Edmond de Rothschild se démarque par la présence de barres de flèche réglables en dynamique. Cette innovation, "du jamais vu à cette échelle", permet de cintrer le mât pour modifier la puissance de la grand-voile en navigation, offrant un contrôle inédit sur le plan de voilure. Pour faire fonctionner l'ensemble complexe des appendices et du gréement, un système d'asservissement mécanique est mis en place, offrant un mode de pilotage automatique ou manuel selon les désirs du skipper. Le réglage des flaps, l'incidence des foils et le circuit hydraulique sont autant de composantes cruciales du "mode d'emploi" du décollage, détaillées grâce à une animation 3D par le Gitana Team.

Sur le papier, et à l'aune des milliers de tests réalisés en simulateur, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild "coche toutes les cases", avec un gain de vitesse espéré de 10 à 15 %.

Premiers Bords et Premiers Vols : La Concrétisation d'un Rêve

Une fois mis à l'eau et les pièces finales installées, le Maxi Edmond de Rothschild n'a pas tardé à tirer ses premiers bords. Moins d’un mois après sa mise à l'eau, il effectuait ses premiers essais au large de Lorient, un "moment très attendu par l'équipe pour valider les choix faits il y a presque quatre ans." Les "tout premiers bords tant attendus" et les premières images sous voiles de ce trimaran Ultim ont suscité une vive impatience dans le milieu de la course au large. Le bateau a effectué sa première navigation près de trois ans après la naissance du projet. Charles Caudrelier, accompagné du directeur technique, a pu constater les "beaucoup de systèmes complexes" à bord.

Quelques semaines après cette première navigation, le nouveau Gitana 18 a effectué son tout premier vol en mer. Les images spectaculaires de ce "volant" ont été accueillies par un enthousiasme général, générant des exclamations comme "Waouh !". La nouvelle saison de "Flying Offshore" a emmené le public dans les coulisses du nouveau Gitana 18, montrant l'équipe en train de "tester et apprendre" lors de ses premiers bords et vols. Le Team Gitana a publié une vidéo "absolument splendide" sur la conception et le lancement de ce "bateau volant le plus excitant du monde". Ces images ont permis enfin de voir évoluer ce "nouveau géant des mers dans son élément". La phase de "mise au point" délicate et exigeante d'un prototype si sophistiqué a commencé, un "travail d'orfèvre au service du vol en haute mer".

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