Guide complet sur l'entretien et l'utilisation du gilet de sauvetage : Sécurité et longévité en mer

Vous possédez votre propre gilet de sauvetage désormais ? Vous avez équipé tous les membres de votre équipage ? Pour assurer une longévité à vos gilets de sauvetage, il y a plusieurs bonnes pratiques à adopter pour les préserver un maximum de temps. Nous vous dévoilons ces gestes simples mais primordiaux dans notre nouvel article. Un gilet de sauvetage est un équipement de protection individuelle (EPI) à porter afin d'assurer votre sécurité. Il permet d’augmenter vos chances de survie en cas de chute à la mer. Il est indispensable de bien choisir son gilet de sauvetage selon votre pratique, votre morphologie et les exigences légales régies par la Division 240 pour un bateau de plaisance inférieur ou égal à 24 mètres. Indispensable, cet équipement de sécurité individuelle viendra compléter les éléments obligatoires en bateau et devra être bien utilisé. Bien entretenir son gilet de sauvetage signifie augmenter vos chances de survie en cas de chute à la mer grâce à une bonne flottabilité !

Points de contrôle critiques avant de naviguer

Avant chaque sortie, nous vous recommandons d'effectuer quelques points de contrôle sur votre gilet de sauvetage. La sécurité commence par une inspection minutieuse car l'usure causée par les agressions extérieures peut alors facilement dégrader les tissus et provoquer des fuites sur un gilet gonflable. Vérifiez le bon état du gilet de sauvetage visuellement. Le gilet ne doit présenter aucun signe d’usure ni de déchirure au niveau des coutures. Inspectez si la bouteille de C0² est serrée (auquel cas, il est possible de la resserrer à la main). Elle ne doit présenter aucune trace d’oxydation. La bouteille ne dispose pas de date de péremption. Il convient également de toujours procéder à la vérification du serrage de la bouteille de CO2, et ainsi pouvoir s'assurer que la bouteille est fermement vissée sur le percuteur. Si besoin, resserrez-la à la main. Le système de déclenchement doit être opérant et la date de péremption valide. Il convient d'effectuer sur vos équipements individuels de flottabilité une vérification des kits de déclenchement et de leur date de péremption. Ces gestes, bien que simples, sont le premier rempart contre les défaillances en mer.

Révisions spécifiques pour les gilets manuels et automatiques

Les protocoles de révision diffèrent selon la technologie employée. Les gilets manuels sont dotés d’un témoin vert, une pastille qui annonce un bon état de fonctionnement, ou rouge si la bouteille a été percutée ou mal vissée. Dans ce cas, vous devez vous diriger vers une station agréée ou en magasin pour réarmer votre gilet. Sur les gilets gonflables automatiques et Pro-Sensor, la date de péremption se trouve sur le cylindre noir, aussi appelé cartouche UML, et elle est valable un an. Un témoin y figure également pour indiquer l’état de fonctionnement. Pour faire la révision soi-même, il suffit de dévisser la cartouche UML et la bouteille de CO2 pour les remplacer par un kit de recharge. A noter pour la révision des gilets automatiques Pro-sensor ou Hammar, si la bouteille de Co2 offre un état visuel correct, il est possible de changer uniquement la cartouche ou la tête de percussion. Si vous avez percuté votre gilet gonflable, il est tout à fait possible de remplacer le même système de déclenchement grâce aux kits de réarmement. Attention !! La révision du gilet est possible par le particulier (changement système de percussion + bouteille de Co2). En revanche, en cas de déclenchement le gilet devra absolument être déposé en station de révision pour son reconditionnement. Notamment pour vérifier l’étanchéité de la chambre à air et qu'elle soit repliée correctement. Après remplacement du kit, gonflez votre gilet par la canule de gonflage et maintenez-le ainsi pendant une douzaine d'heures pour vérifier qu'il ne fuit pas.

Spécificités du système à ouverture hydrostatique Hammar

Les gilets par ouverture hydrostatique du fabricant Hammar présentent des caractéristiques de maintenance uniques. Ils ont une validité de 5 ans et la date se trouve sur la tête visible du percuteur jaune. Il existe des kits de révision HAMMAR MA1 ou HAMMAR A1, à savoir que la tête de percussion MA1 est l’évolution du modèle A1. La tête de percussion hydrostatique HAMMAR se démonte à l’aide d’une clé fournie et il suffit d’enclencher la nouvelle tête sur le mécanisme. Il s’agit d’une opération assez minutieuse ! Prenez votre temps et tout se passera bien. Ce système, très apprécié des professionnels, demande une attention particulière lors du remplacement pour garantir que le capteur de pression d'eau fonctionne parfaitement le moment venu.

Entretien après utilisation et gestion de l'humidité

Le gilet de sauvetage a une durée de vie limitée, c’est pourquoi il est important d’adopter des gestes simples pour préserver votre équipement après chaque sortie en mer. Le sel, l'abrasion, les rayons ultra-violets ou encore la compression, constituent les principales agressions qui peuvent causer la dégradation de votre gilet de sauvetage. Il convient donc d'en prendre particulièrement soin en veillant à bien le dessaler après chaque utilisation. Rincer le gilet de sauvetage à l’eau douce. S’il a été percuté, il faudra également rincer la chambre gonflable (éviter l’eau à l’intérieur de la chambre à air). Si votre gilet a été percuté lors d'une chute à la mer, il faudra rincer aussi la chambre gonflable. L'humidité est une condition favorable pour le développement des champignons. Bien faire sécher le gilet de sauvetage pour éviter la prolifération des moisissures et dans une zone à l’abri du soleil. Le stocker dans une zone sèche (éviter les cabines qui sont souvent humides) pour éviter le gonflage du gilet. Cela évite également la propagation de moisissure. Favorisez un endroit sec pour ranger vos gilets de sauvetage. En effet, l'humidité ambiante favorise le développement de la moisissure, c'est, par exemple le cas, de la cabine du bateau. De plus, au contact de l'eau, la pastille de cellulose peut s'activer et déclencher votre système de gonflage inutilement. Si toutefois des traces apparaissent, certains produits sont très efficaces pour faire disparaître toutes traces de moisissures sur plusieurs supports (skaï, taud, toile, tissu, bâche et joint silicone). Il vous suffit d'appliquer le produit, et de laisser agir jusqu'à ce que les tâches de moisissures disparaissent. Ne pas jeter les résidus à l'égout et évitez le contact avec des produits acides. Quelle que soit la méthode que vous utilisez pour nettoyer votre gilet de sauvetage, pensez toujours à bien le sécher avant de le ranger.

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Recommandations techniques et tests d'étanchéité

Pour garantir une sécurité optimale, des tests réguliers sont recommandés. Pour vérifier la chambre à air, vous pouvez la gonfler manuellement et la laisser une douzaine d’heures afin de vérifier la pression. Il est aussi possible de la plonger dans l’eau douce pour faire apparaître des bulles qui annonceraient une fuite. Repliez ensuite votre gilet selon le pliage d'origine. Il n’est pas obligatoire de faire réviser son gilet par un professionnel, mais cela reste une garantie de rigueur. La durée de vie des gilets de sauvetage n’est pas illimitée. Elle doit être limitée, étant donné que les matériaux vieillissent au fil du temps. Cette mesure est soutenue et appliquée par toutes les entreprises membres de la FSR. Elle est également suivie par le législateur, qui établit en vertu de la loi sur la sécurité des produits et la responsabilité du fabricant une durée de vie maximale spécifiée par le constructeur. Afin de garantir l’intégrité et les performances optimales durant cette période de dix ans, dans le cadre d’une utilisation plaisance, les gilets de sauvetage doivent être révisés tous les deux ans.

L'innovation au service du sauvetage : Le projet LJ180N

L’expertise primordiale de la SNSM a permis de franchir un cap dans la conception des équipements. Les Sauve­teurs en Mer et Tribord avaient une envie commune : « Créer un produit de réfé­rence pour la sécu­rité des plai­san­ciers et des marins », souligne Marc Sauva­gnac, direc­teur géné­ral de la SNSM. En résulte un gilet de sauve­tage comme aucun autre, révélé à la presse au mois de septembre, « après trois années de concep­tion, de croquis et de design ». Ce gilet-harnais - le LJ180N - est à part. Auto­gon­flant, il est capable de retour­ner sur le dos une personne qui tombe à l’eau « en toutes circons­tances, même si l’on chute la tête en avant, se féli­cite Guénolé Havard, le direc­teur de la marque Tribord. C’est sur cet aspect-là que l’on a passé le plus de temps. » L’enjeu : conce­voir un gilet de sauve­tage dédié à la navi­ga­tion hautu­rière, qui s’adresse au grand public, mais aussi aux utili­sa­teurs les plus exigeants. Le gilet de sauve­tage LJ180N co-conçu par la SNSM est en vente en boutique et sur le site inter­net de Decath­lon. Ilias Psaria­nos, jour­na­liste à Radio France, a testé le gilet de sauve­tage LJ180N co-conçu par la SNSM.

Performance en conditions réelles et ergonomie

Le gilet a été testé en piscine, en mer et en course au large. Une cinquan­taine de proto­types ont été néces­saires pour parve­nir à ce résul­tat. Beau­coup d’es­sais ont été réali­sés en mer, de jour, de nuit, dans la houle, le froid, sur des semi-rigides, sur des voiliers. Avec la salo­pette de voile et les bottes, c’est une autre affaire car de l’air peut souvent rester empri­sonné dans la tenue hautu­rière et se bloquer au niveau du dos, empê­chant le retour­ne­ment. « Avec ce gilet, nous faci­li­tons le retour­ne­ment d’une personne incons­ciente en tenue de voile hautu­rière », pour­suit Néhé­mie West­phal. Le gilet pèse moins de 1,5 kg. L’autre défi était de créer un gilet « que l’on ait envie de garder pendant ses sorties en mer. Porter un gilet un ou plusieurs jours est assez contrai­gnant, concède Guénolé Havard. C’est pour cela que l’on a beau­coup travaillé sur son ergo­no­mie, son confort, ainsi que sa résis­tance. » Ces essais se sont dérou­lés au Tribord Sailing Lab, un centre de concep­tion et de déve­lop­pe­ment de 3 000 m² établi à La Rochelle, où Decath­lon teste ses nouveaux équi­pe­ments nautiques. « Dans notre centre installé au pied du port des Minimes, nous rencon­trons beau­coup de navi­ga­teurs, explique le direc­teur de la marque Tribord. On les voit partir en mer, reve­nir, et ils nous parlent de leur vécu à bord. »

Vessie asymétrique et visibilité accrue

Grâce à un proces­sus commun de recherche et déve­lop­pe­ment, ce gilet est ainsi le premier du marché doté d’une vessie asymé­trique, faci­li­tant le retour­ne­ment. Cette vessie « en forme de bélier, comme la décrit Benja­min Serfati, assure au mieux le main­tien de la tête hors de l’eau. Pour nous, l’im­por­tant ensuite, c’est la repé­ra­bi­lité. Il fallait que le gilet soit visible de loin en mer ». C’est pourquoi a été ajou­tée une lampe flash visible à 360° et jusqu’à 3,5 kilo­mètres à la ronde par temps calme. « Nous sommes fina­le­ment les premiers acteurs à inter­ve­nir auprès des naufra­gés, rappelle Marc Sauva­gnac. Nous faisons évoluer nos moyens de sauve­tage en fonc­tion des situa­tions auxquelles nous sommes confron­tés lors des acci­dents en mer. Nous dispo­sons ainsi d’un maté­riel parfai­te­ment adapté. Lorsque l’on chute à l’eau, il faut que ce gilet fonc­tionne, même quand on est équipé en tenue hiver­nale. Cela a été le cas. C’est le travail que nous avons mené sur l’er­go­no­mie et sur les phases de gonflage. Il faut aussi et surtout que ce gilet tourne très rapi­de­ment, qu’il main­tienne une personne tombée à la mer avec les voies aériennes en dehors de l’eau. »

Cycle de vie et normes réglementaires de longévité

L’entretien doit être effectué soit par le fabricant, soit par une entreprise agréée par le fabricant. La révision est validée par la mise en place de l’insigne FSR-service, qui mentionne la date de la prochaine inspection. Dans le domaine commercial et industriel, l’intervalle d’entretien peut varier selon l’intensité d’utilisation, ce qui peut imposer des révisions plus fréquentes. A l’échéance des neuf ans, la révision ne sera validée que pour une période d’un an. Le maintien en service des gilets de plus de dix ans est possible, sous réserve qu’ils soient en parfait état, et révisés annuellement. Le fabriquant est seul habilité à effectuer cette opération. Aucune opération de maintenance ne pourra être effectuée la quinzième année. Dès l’âge de dix ans, il peut être nécessaire de se séparer du gilet de sauvetage pour des raisons de sécurité. Une des principales raisons à cela est que les matériaux utilisés tels que les tissus enduits ou les coutures peuvent se fragiliser avec le temps. Ainsi, l’étanchéité du flotteur ne serait plus garantie. La durée de vie des gilets de sauvetage en mousse pour la plaisance est au maximum de dix ans. Ce type de gilet n’exige pas de révision complète mais annuellement un examen visuel approfondi. Toute dégradation des matériaux (par exemple, déchirures, effilochages, coupures dans le tissu ou les sangles), ou exposition prolongée à la chaleur ou à la lumière du soleil, et une mauvaise manipulation) peut engendrer une perte d’efficacité et mettre votre vie en danger. Il est alors recommandé de renouveler l’équipement concerné. Les gilets de sauvetage SOLAS en mousse pour une utilisation industrielle peuvent avoir une durée de vie plus courte ou exiger des intervalles d’inspection plus fréquents.

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