Le surf, et en particulier le surf de grosses vagues ou en eau extrême, transcende le simple sport pour devenir un véritable mode de vie, une quête incessante qui s'apparente souvent à une dépendance profonde. Que ce soit dans les eaux glaciales de l'Arctique ou face aux monstres liquides des océans, les surfeurs se lancent dans une aventure où la passion, le dépassement de soi et une certaine forme d'addiction se mêlent inextricablement. Cette exploration nous plonge dans l'univers de ces athlètes, leurs motivations, leurs défis et la relation presque mystique qu'ils entretiennent avec l'océan, qu'ils considèrent tantôt comme une thérapie, tantôt comme une drogue.
L'Appel Envoûtant du Froid : Unstad, la Drogue Arctique
Pour certains, la dépendance prend la forme du froid mordant et des vagues intenses, loin des clichés paradisiaques du surf. Unstad, dans l'Archipel des Lofoten en Norvège, incarne parfaitement cette facette unique du sport. C’est une dépendance. La question n’est pas de savoir si vous avez envie de revenir. Le constat est que vous en avez besoin. Le froid est comme ça. Et le surf aussi. Il vous accroche, comme une drogue. Unstad est ainsi l'endroit le plus accessible pour satisfaire ce besoin, situé bien au-dessus du cercle polaire. L'auteur de ces lignes y accède en environ six à sept heures de voyage depuis Paris, où il est basé, évitant les alternatives plus lointaines comme l’Alaska, au nord du continent américain, ou le Kamchatka, dans l’Extrême-Orient russe.
Cette attraction pour l'eau froide n'est pas fortuite. L'eau, quant à elle, vous débarrasse de tout ce que vous pouvez avoir en tête. Le froid a des vertus thérapeutiques, il vous permet lui aussi de tout oublier. Il était donc inévitable que ces deux éléments, le froid et l’eau, finissent par se rejoindre. Cette fascination pour le "grand froid" a été une découverte relativement récente pour l'auteur, il y a vingt ans seulement, en rencontrant sa future femme, une Finlandaise originaire du « grand nord ». C’est grâce à elle qu’il a découvert le « grand froid » et à quel point il crée une accoutumance, faisant même des marches sur la mer glacée en hiver, comme on peut voir une femme patiner sur une portion gelée du Golfe de Botnie, qui fait partie de la mer Baltique, à Vasaa en Finlande, le 30 janvier 2018.
Le surf à Unstad n'est pas une expérience ordinaire. La plage d'Unstad, souvent photographiée, notamment le 11 mars 2018, offre un décor sublime mais exigeant. Lors d'un séjour, la température de l'air est tombée à -15° Celsius, et en y ajoutant le vent, la température ressentie est passée à -25° Celsius. Ce n'est pas la norme, la moyenne est de -5° Celsius, frais mais supportable, et la température de l’eau, à peu près identique grâce à l’influence du Gulfstream, est juste au-dessus de 4° Celsius. Malgré ces conditions extrêmes, des surfeurs comme Solmoy Austbo, de Norvège, bravent le froid après une sortie en surf, le 11 mars 2018, sous -13° Celsius dans l'air. Leela Krischna vient même d'Inde pour surfer, et pose sur la plage à Unstad, le 11 mars 2018, témoignant de l'attrait international de ce lieu.
Les défis physiques sont immenses. La voiture peut être à cinquante mètres de la plage, et dans le court moment nécessaire pour la rejoindre depuis l’eau, le surfeur peut sentir sa combinaison se raidir sous l’effet du gel. Il fallait ensuite la retirer à l’air libre - impossible de retirer une combinaison raidie par le froid à l’intérieur d’une voiture - puis enfiler des vêtements secs, avant de se précipiter dans l’habitacle, démarrer le moteur, mettre le chauffage à fond. Emilie Klerud, de Norvège, est un exemple de ces surfeuses qui enlèvent leur combinaison après une session de surf, à Unstad, le 11 mars 2018. Avec le froid, le corps consomme beaucoup plus d’énergie que d’habitude, de telle sorte qu’à la fin de la journée vous êtes épuisé. Bien plus qu’après une journée dans l’eau à Hawaï par exemple. Vous êtes vidé, avec la sensation d’être tout mou à l’intérieur. Vous vous écroulez dans votre lit, mais au réveil, vous êtes prêt à recommencer.
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Alors, pourquoi s'infliger une chose pareille ? Parce qu’une fois dans l’eau vous oubliez tout. Ne vous méprenez pas, comparé au surf en eau chaude, c’est plus de douleur, plus de difficultés et plus de préparation pour s’équiper. Votre corps devient douloureux. Vous luttez contre le froid et la fatigue. Et en même temps vous en recevez tellement de plaisir. À cela, il faut ajouter le décor de montagnes et de mer, comme en témoignent les paysages d'Unstad le 10 mars 2018 et le 11 mars 2018. Avec très peu de gens au milieu, l’endroit n‘est pas très couru en cette saison. La cerise sur le gâteau, ce sont les aurores boréales, comme celles observées à Utakliev, dans l'archipel des Lofoten, Norvège, le 9 mars 2018. Et rien ne peut surpasser ça en termes de beauté. Lors d'une soirée mémorable, après avoir décidé de prendre des photos de nuit dans l’eau, et avant d’enfiler les combinaisons pour se lancer dans les vagues par un vent brutal en attendant que les aurores boréales ne se manifestent, un feu a été allumé sur la plage pour préparer du saumon avec du paprika et des oignons dans des feuilles d’aluminium. Un dîner autour du feu après une session de surf pendant la soirée, à Unstad, le 12 mars 2018, renforce le sentiment de camaraderie et d'aventure.
L’idée des portraits de surfeurs était de raconter l’histoire d’un style de vie bien particulier. Des surfeurs comme Ellen Holgersen, 32 ans, vétérinaire, déclare : « Je préfère le surf en eau froide, c’est pourquoi je suis venue ici. J’ai essayé des endroits où on peut surfer en ayant à peine franchi le pas de sa porte, mais ça me faisait comme d’aller à la gym, avec trop de monde et trop de facilité. » Lisa Bloom, 38 ans, directrice d’hôtel, exprime une dépendance encore plus profonde : « Les Lofoten sont comme un grand terrain de jeux pour adultes… Le surf c’est la vie. C’est le must. Pour moi, c’est la même chose que respirer, se nourrir, dormir ou être avec ma famille. Il y a de très belles vagues ici, et régulières. » Ole Kristian Fjelltun-Larsen, 34 ans, propriétaire d’un café et d’un gîte à Unstad, témoigne que « L’hiver est un vrai défi. En hiver on se fatigue très vite physiquement, le corps utilise beaucoup d'énergie, mais votre tête est plutôt détendue, vous oubliez les choses, vous vous calmez et les gros problèmes deviennent des petits problèmes. Et quand c'est terminé vous vous sentez bien. Quand vous allez en voiture à la plage vous roulez trop vite, pour y arriver rapidement, mais quand vous rentrez chez vous, vous roulez trop lentement. » Nils Nilsen, 26 ans, employé dans une usine de poisson, trouve que « Le surf pour moi c’est la paix de l’esprit, le calme dans ma tête. Unstad, c’est une autre planète, un autre monde, complètement zen. Et je crois que c’est dû largement à la latitude très septentrionale. Vous retrouver ici, c’est ne plus être le même. Vous savez que vous êtes très au nord et qu’il y a moins de tout : de gens, de touristes, de randonneurs. Mais plus de cette émotion particulière qu’apporte le froid. Je crois qu’on peut l’appeler l’esprit de l’Arctique. »
La Quête d'Adrénaline et de Sens : Le Surf de Grosses Vagues
L'attrait pour le surf de grosses vagues relève d'une autre forme d'addiction, celle à l'adrénaline et à la confrontation avec l'élément le plus puissant de la nature. Dans son film « Le Cercle », le surfeur Pierre Rollet partage sa vision du sport : la liberté, la simplicité, mais surtout la passion. Nommé en 2019 par la World Surf League pour les XXL Awards, le jeune basque a déjà surfé les plus grosses vagues du monde, de Nazaré à Hawaï, sans compromis, l’adrénaline chevillée au corps. Ce documentaire, né de son retour chez Oxbow, vise à montrer qui il est vraiment, son état d'esprit, et comment il travaille, présentant un côté humain, comme tout le monde. L’été, il donne des cours dans son école de surf, l’hiver il part défier les grosses vagues.
Le parcours de Pierre Rollet vers les vagues géantes est instructif. À ses débuts, il avait très, très peur des vagues, allant même jusqu'à ne vouloir surfer qu'à Hendaye, où il n’y a que de toutes petites vagues, vers l'âge de 11 ou 12 ans. Mais un entraîneur l'a poussé à aller chercher un peu plus loin, à se dépasser un peu plus, ce qui l'a aidé à arriver plus tard aux grosses vagues. Cette persévérance est une composante essentielle. Quand, aujourd'hui, une vague se casse sur lui, il pense qu'il a encore des petits déclics qui viennent de cette époque, se disant qu'il faut repartir, car prendre une grosse vague dans la figure, ce n’est jamais très simple, et quand on sort de l'eau, il y a une remise en question qui est faite.
C'est à 18 ans que Pierre Rollet a commencé à s'intéresser aux grosses vagues, après une non-sélection en équipe de France qu'il a très mal digérée, le poussant à vouloir arrêter le surf. Son entourage l'a conseillé de reprendre plaisir à surfer, car le moule des compétitions lui avait retiré cette joie. Il s'est alors mis au stand-up paddle, ce qui l'a rapproché notamment de Stéphane Iralour et Peyo Lizarazu, les pionniers de Belharra. Il a tissé une relation forte avec eux via les compétitions de stand-up paddle, devenant champion de France, vice-champion d'Europe. Sa première expérience de grosses vagues fut au large de Hendaye, où il a eu l'impression qu'il y avait des murs d'eau devant lui, et il est resté spectateur de cette session. Mais il a vu ces gens dans l'eau, ce petit groupe qui s'amusait, qui était à fond dans les vagues, qui criait… il y avait une telle énergie qu'il a ressenti l'envie d'aller prendre une vague avec eux.
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Ce qui lui plaît tant dans le surf de grosses vagues, c'est l'amour des planches et des grandes planches, tout le côté matériel et logistique. Et puis, dans le surf de grosses vagues, on est confronté à un élément qu'il faut respecter, on se retrouve en paix dans l'océan, c'est une sensation de plénitude totale, on est dans son monde dans l'eau. Il se sent libre. Avec les grosses vagues, c’est l'océan qui choisit et il faut avoir du respect pour ça, rester calme, savoir gérer la vague.
La peur, cependant, est une compagne constante. On arrive à oublier la peur mais elle reste présente, car on serait complètement débile de ne pas avoir peur. Parce que sans elle, on ne peut pas gérer. Pierre Rollet se dit drogué à l'adrénaline, mais il y a de la peur, et il en faut. Il estime que quand il va surfer, tout est calculé, il le fait quand il se sent bien, quand il s'est entraîné. S'il arrive à l'eau et qu'il ne le sent pas, il ne se lance pas, loin d'être une tête brûlée. Son besoin de sensations fortes est tel qu'avec le covid, son visa a été annulé pour aller aux Etats-Unis, l'empêchant de faire Mavericks, Jaws, surfer de la Californie à Hawaï. Il est devenu complètement fou à l'idée de ne pas pouvoir partir, invivable et désagréable à cause de ce besoin et de ce manque. Il ne dormait pas la nuit, regardait les lives sur Instagram, et a même fini par tout supprimer de son téléphone sans pouvoir se raisonner. Est-ce l'adrénaline, l'endorphine, ou juste le surf de grosses vagues qui le hantent ? Quand il n'y a pas de vagues, il ne se sent pas bien. L'été, quand il travaille à l'école de surf, il culpabilise, ressent un gros manque, se sent mal de ne pas s'entraîner.
Dans son quotidien, Pierre Rollet a besoin de moments où il est seul, notamment quand il s'entraîne et qu'il part vadrouiller, allant par exemple à la pêche à la mouche. Même dans ces moments-là, il essaie de trouver des endroits où personne n'a jamais été, de se reconnecter avec la nature, comme il le fait avec le surf de grosses vagues. Il rejette la médiatisation excessive, notant qu'à Nazaré, au Portugal, qui est devenu l'un des spots de grosses vagues les plus connus, il faut un rendement, et il n'y a même plus ce côté de partage. Pour lui, Nazaré est son plus beau terrain d'entraînement, il n'y va pas pour prendre la plus belle vague de sa vie, c'est l'endroit pour être meilleur sur d'autres spots. La médiatisation a un peu tué le côté surf à Nazaré, mais la crise actuelle au niveau du surf business pourrait ramener seuls les vrais passionnés.
Il s'efforce de transmettre aux jeunes de son école de surf une autre idée du sport, insistant sur le fait que si l'on veut gagner sa vie dans le surf de grosses vagues, ce n'est pas le plus coûteux, et il faut vraiment adorer ça et en être amoureux. Son côté proche de la nature, c’est ce qu'il essaie de transmettre aux gamins, leur faisant comprendre que les réseaux sociaux sont une communication gratuite extraordinaire mais qui a des limites et qu'il ne faut pas se faire avoir par cette spirale-là, car il y a beaucoup de "fake".
Le Double Fil du Rasoir : Surf, Dépendance et Rédemption
Le lien entre le surf extrême et la dépendance peut parfois prendre une tournure plus sombre, se manifestant par de véritables luttes contre des substances. Mais le surf peut aussi être le chemin de la rédemption. L'histoire de Marcelo Luna, un Brésilien, en est une illustration poignante. Sa passion pour la glisse a réussi à le faire décrocher de la drogue. Marcelo Luna, qui a grandi dans un quartier ouvrier voisin d’une favela de Sao Bernardo do Campo, ville située au sud de Sao Paulo, est tombé dans la drogue à 11 ans. Il raconte : « J’avais du mal à gérer tout ça, alors je me suis rebellé et j’ai commencé à boire et fumer à l’âge de neuf ans. » Le surf, comme un catalyseur puissant, l'a libéré. Il se souvient avoir cru qu’il allait mourir, mais ce jour-là, il a décidé que le surf ferait partie de sa vie. Devant trois classes d’un collège de Nazaré, il énumère tous les différents métiers qu’il a exercés afin de « récupérer le temps perdu » et enfin pouvoir se consacrer entièrement à ce sport de glisse extrême, qui exige un entraînement rigoureux et du matériel coûteux. Pour Nélia Mendes, son professeur de mathématique : « C’est très important pour ces jeunes d’entendre l’histoire de Marcelo. »
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Darryl "Flea" Virostko, un autre nom emblématique du surf de grosses vagues, offre un témoignage similaire sur les pièges de la dépendance. Gagnant plus de 12 000 dollars par mois au top de sa carrière, le surf et la gloire l’ont amené à faire la fête, mais la fête a dérivé vers l’alcoolisme et la toxicomanie. Darryl a pris sa toute première vague à Mavericks sous acide. Avec le recul, on peut se demander s’il aurait eu le courage de surfer de si grosses vagues sans être sous l’effet de la dope. Les aveux de plusieurs "big wave riders" - dont ceux de Peter Mel - sur leurs addictions relancent le débat sur le dopage chez les surfeurs. Sous l’effet de sa polyconsommation de drogues, Darryl a plus récemment été victime d’un grave accident pendant une soirée, faisant un malaise et chutant d’une vingtaine de mètres d’une falaise à pic.
Ces expériences ont conduit à des initiatives uniques de réhabilitation. Flea a mal vécu le manque d’activité physique proposée pendant sa cure. Il a eu l’idée de créer sa propre structure de désintoxication en y ajoutant ce qu’il sait faire le mieux : du surf ! Le concept de FLEAHAB est d’utiliser le surf et l’Océan pour aider les patients à sortir de leur addiction, proposant une cure classique couplée à des activités physiques. Darryl apporte son expérience pour aider les patients, et il sait de quoi il parle : « Tu ne peux pas arrêter la meth du jour au lendemain », et « La vie paraît plus difficile quand on est sobre », sont des vérités qu'il partage.
Maîtriser la Vague et ses Peurs : Une Progression Étape par Étape
La peur est une composante inhérente au surf, particulièrement lorsqu'on aborde les grosses vagues. Beaucoup de surfeurs prennent peur lorsque les vagues sont un peu plus grosses, plus creuses ou plus puissantes. Évidemment, chacun aura sa propre limite, une personne aura peur avec une vague d’1m tandis que pour une autre ce sera 3m. Comprendre cette peur et apprendre à la gérer est fondamental pour progresser.
Le "wipeout", qui est quand le surfeur tombe de sa planche et se fait retourner / brasser par la vague, est une chute dans la vague. Le temps passé sous l’eau sera plus ou moins long et plus la vague sera puissante plus on se fera retourner dans tous les sens, parfois on ne sait d’ailleurs plus très bien où est la surface lorsqu’on est coincé dans ces remous. Le problème, c’est que beaucoup de personnes paniquent à ce moment et ce stress nous donne rapidement l’impression de manquer d’air. La gorge commence à nous tirer et on se demande si on va remonter à la surface à temps.
Il faut comprendre que le wipeout en lui-même est rarement dangereux, en tout cas dans les conditions de surf classiques pour les débutants et intermédiaires. Le danger numéro un lorsque l’on tombe, c’est de se cogner sur sa planche. Il faut donc absolument se protéger la tête en enroulant les bras autour de celle-ci. Mais on ne risque pas de passer 1 minute sous l’eau et de se noyer, il faudrait des très grosses vagues pour cela. Le vrai danger apparaît pour les surfeurs avancés qui surfent d’autres types de vagues et bien souvent sur des reefs acérés, avec peu de fond. Mais en tant qu’apprenti surfeur, il faut juste apprendre à se relaxer une fois sous l’eau. Se dire que rien de grave ne peut nous arriver, que la vague est petite et ne va pas nous maintenir sous l’eau très longtemps. Il faut donc penser à respirer avant de tomber et à rester calme une fois dans l’eau, attendre que cela passe.
La peur chez les surfeurs arrive lorsqu’on brûle une étape. On est allé trop tôt dans sa progression dans des vagues non adaptées à son niveau. On avait l’habitude de tomber dans des mousses et là on s’est fait retourner comme une crêpe par une vague creuse d’1m. Comme toujours dans la vie, il faut y aller étape par étape. On augmente progressivement la taille des vagues que l’on surfe et seulement lorsqu’on est prêt. Car il faut une rame adaptée, une lecture de vague adaptée, un take-off adapté et tout cela se travaille. On prend confiance avec le temps, session après session, on devient plus à l’aise dans l’eau, on prend confiance et on ose plus de choses. Il faut donc évidemment aller à l’eau pour prendre confiance en soi et en ses compétences de surf.
Un exemple personnel illustre cette prudence. Ayant fait de la planche à voile pendant des années, et emmagasiné beaucoup de confiance jusqu’à surfer des grosses vagues de 3 à 4m, avec confiance en son corps et en ses compétences. Un jour, suite à une chute sur une vague, le pied est resté coincé dans le foot strap sur la planche et la vague a déferlé dessus, résultant en une très grosse entorse et une fracture de l’astragale (petit os entre le tibia et le pied). Il a fallu presque un an de convalescence avant de pouvoir retourner à nouveau sur la planche. Évidemment, une fois sur l’eau, ce n'était plus du tout le même surfeur. Sur chaque vague, l'accident revenait en tête, n'osant plus surfer la vague au même endroit, ni tourner là où la vague était la plus puissante. Il surfait véritablement avec le frein à main.
Après cette blessure, une nouvelle approche a été adoptée, par exemple en apprenant le surfskate. Ayant très peur de débuter et ne voulant surtout pas blesser sa cheville, la progression fut très lente et progressive. Il a d’abord appris à trouver son équilibre sur ce skate, puis à pousser pour démarrer et prendre un peu de vitesse, puis à tourner sans vitesse, puis à tourner de plus en plus vite jusqu’à être en pleine confiance sur des surfaces plates. Ce n’est qu'après 7 mois de travail régulier (environ 2 fois par semaine) qu'il a commencé à prendre un peu de hauteur en skatepark pour finalement pratiquer le surfskate dans un bowl. S’il avait été dans ce bowl trop tôt, il se serait évidemment blessé, car il n’aurait pas eu le même contrôle de son surfskate, ni les bons réflexes en cas de chute.
Le meilleur conseil pour prendre confiance en surf et être de plus en plus à l’aise dans l’eau est évidemment d’aller à l’eau et de pratiquer le plus régulièrement possible. Mais surtout de se concentrer sur les bases du surf. La priorité numéro un, c’est de ramer correctement, d’avoir la bonne technique pour ne pas s’épuiser inutilement. Le surfeur doit être capable de se déplacer comme s’il était un poisson dans l’eau, ramer rapidement, lire les vagues pour se placer au bon endroit, passer la barre sans perdre le contrôle de sa planche. Lors de chaque session, il ne faut pas se concentrer uniquement sur son take-off et sur le fait de surfer des vagues, mais penser à améliorer sa technique de base et à parfaitement contrôler sa planche.