Guide complet sur le dosage et la gestion du stabilisant en piscine

Le rôle fondamental du stabilisant dans le traitement de l'eau

La plupart des propriétaires de piscine utilisent le chlore pour désinfecter leur eau car c’est un produit bon marché et très efficace. Toutefois, sous l’effet des rayons UV, le chlore de la piscine se dégrade beaucoup trop rapidement et son efficacité est alors largement réduite. Pour résister contre l’action des UV solaires, un stabilisant devra accompagner le chlore à mettre dans l’eau. Le stabilisant, chimiquement connu sous le nom d’acide cyanurique, joue un rôle de protecteur indispensable. La molécule du stabilisant est insensible aux UV et ne s’évapore pas. En se combinant avec le chlore actif, elle ralentit sa destruction par les UV du soleil tout en limitant son évaporation avec l’eau, des phénomènes particulièrement renforcés dans les bassins très ensoleillés et les piscines chauffées.

Il est nécessaire de clarifier une confusion courante : contrairement à une idée reçue, le stabilisant n’est pas ajouté directement comme un additif dans les galets ou les pastilles de chlore stabilisé. C’est son composant, le symclosène (ou acide trichloroisocyanurique), qui, lorsqu’il se dissout dans l’eau, libère du chlore actif, appelé acide hypochloreux, et du stabilisant. Le stabilisant est commercialisé sous deux formes distinctes : soit il est introduit indépendamment du chlore dans l’eau, soit il fait partie intégrante du chlore, ce que l’on nomme alors chlore stabilisé ou chlorocyanurique.

Comprendre les enjeux de la concentration en acide cyanurique

Le stabilisant dans une piscine, c’est-à-dire l’acide cyanurique, est utilisé pour préserver le chlore de la dégradation due aux rayons ultraviolets du soleil. En effet, le stabilisant aide à maintenir le chlore à un niveau efficace plus longtemps, ce qui réduit sa consommation. Cependant, le comportement chimique du stabilisant peut s’apparenter à un phénomène d’aimantation qui fait que « le stabilisant va toujours aller aimanter le chlore actif ».

Plus la concentration en stabilisant sera importante dans l’eau, plus la réaction entre le chlore actif et le stabilisant sera favorisée. Lorsque le taux de stabilisant présent dans la piscine est inférieur à 50 mg/l ou ppm, l’action du chlore sera de très courte durée. Pour cette raison, la concentration en stabilisant de chlore doit être idéalement inférieure à 75 mg/l pour s’assurer d’avoir toujours suffisamment de chlore actif dans le bassin pour détruire efficacement les impuretés.

Il est important de noter qu’une quantité trop importante de stabilisant peut entraîner une sur-stabilisation, laquelle est susceptible de réduire l’efficacité du chlore et de contraindre à réaliser une surchloration pour maintenir une désinfection adéquate. Lorsque le taux de stabilisant est supérieur à 120 ppm, on parle de sur-stabilisation. Cet excès de stabilisant entraîne un blocage de l’action du chlore. La sur-stabilisation est un phénomène assez courant puisque le stabilisant s’accumule dans l’eau de la piscine. Ceci signifie que les piscines traitées avec du chlore stabilisé voient leur concentration de stabilisant augmenter à chaque ajout de chlore dans la piscine.

Lire aussi: Entretien optimal de votre piscine au sel

Les conséquences d'une mauvaise gestion du stabilisant

Les conséquences d’une sur-stabilisation pour l’eau de la piscine est le développement des algues face à un chlore devenu non actif. L’eau de la piscine va alors prendre une coloration verte et les chlorations choc ne permettront plus de rattraper l’eau ; de même, la filtration ne permettra pas de retrouver une eau claire. Cela peut aussi prolonger le temps nécessaire à la réduction du niveau de chlore en cas de surchloration.

Un taux supérieur à 150 mg/l indique que l’eau a été peu renouvelée. On parle alors d’une eau vieille, qui contient du stabilisant bien sûr, mais également d’autres résidus de produits chimiques comme des chlorures et des matières oxydables apportées par les baigneurs, la pluie et l’environnement. Quel que soit le type de traitement utilisé, il est nécessaire de renouveler 1/3 de l’eau du bassin pour réduire la présence d’éléments comme les matières oxydables, les résidus des produits chimiques, etc. Le stabilisant est principalement éliminé par les contre-lavages ou les retraits d’eau et dilué par les apports en eau.

Recommandations pour un fonctionnement idéal

Pour un fonctionnement idéal du chlore, la valeur du stabilisant présente dans la piscine doit être comprise entre 50 ppm et 100 ppm. En général, le taux recommandé de stabilisant dans une piscine se situe entre 30 et 50 ppm. Dans les piscines publiques, la réglementation impose un taux de stabilisant compris entre 25 et 75 mg/l pour une action suffisamment efficace du chlore. Idéalement, dans les bassins extérieurs traités au chlore non stabilisé ou électrolyseur, sa valeur devrait être aux alentours de 25 à 50 mg/l en début de saison pour avoir un effet protecteur et éviter ainsi la destruction du chlore par les UV sans ralentir l’action du chlore.

Il est essentiel de surveiller régulièrement le niveau de stabilisant dans votre piscine à l’aide de trousses d’analyse d’eau, d’un photomètre, d’un pool testeur spécifique ou de bandelettes. Si son taux est faible à l’ouverture du bassin, il suffira de le mesurer une à deux fois dans la saison selon le type de chlore utilisé. Quand une piscine est traitée avec des galets, il faut mesurer le taux de stabilisant en début de saison et une fois par mois ensuite, pour suivre son évolution et donner la juste recommandation au particulier afin qu’il ne surtraite pas.

Spécificités selon le type de traitement

Il est crucial de comprendre que tous les désinfectants ne réagissent pas de la même manière face à l'acide cyanurique. Le chlore liquide et le chlore produit par électrolyse du sel, à savoir l’hypochlorite de sodium, sont, comme l’hypochlorite de calcium, des chlores non stabilisés, dits minéraux ou inorganiques. N’étant pas stabilisés, ils vont être plus rapidement dégradés par les UV ou s’évaporer avec l’eau du bassin. Lorsque la sonde de l’électrolyseur va détecter une insuffisance de chlore, elle va lancer un cycle de production. Sans stabilisant, le chlore va se consommer plus rapidement et la cellule sera sollicitée beaucoup plus fréquemment. La stabilisation évite la surproduction de chlore y compris à basse salinité.

Lire aussi: Dosage optimal du chlore choc pour une piscine verte : le guide

Concernant le brome, il convient d'être vigilant : la présence de ce stabilisant réduit considérablement la stabilité au UV du résiduel brome. Ce stabilisant chlore entre en « rivalité » avec les propriétés stabilisantes intrinsèques du DMH (diméthylhydantoïne), matière composante des pastilles de brome. Ainsi, le stabilisant ne sert à rien avec le brome, il le désactive.

#

Lire aussi: Utilisation acide chlorhydrique piscine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *