La natation, l'un des sports les plus anciens et emblématiques des Jeux Olympiques, captive le public depuis son inclusion aux premiers Jeux Olympiques modernes en 1896. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, la natation promet d'être un moment fort, réunissant les meilleurs nageurs du monde.
Un Sport Phare des Jeux Olympiques
Discipline historique des Jeux olympiques, la natation est l'un des deux seuls sports à avoir toujours été au programme. Elle a fait son apparition au programme olympique dès 1896 à Athènes (Grèce), soit dès la première édition des Jeux olympiques modernes. De 1896 à 1908, les épreuves de natation sont toutes disputées en milieu naturel, comme ce fut le cas en 1900 à Paris, où les épreuves furent disputées dans la Seine. Quatre ans plus tard, lors des Jeux olympiques de Londres (Royaume-Uni) en 1908, les épreuves prennent place dans une piscine.
Domination Américaine et Figures Légendaires
Au cours de son histoire, la natation a permis à plusieurs nageurs et nageuses d'entrer dans l'histoire des Jeux olympiques. Le plus illustre d'entre eux est sûrement Michael Phelps. L'Américain est, de très loin, le nageur le plus médaillé et le plus titré de l'histoire des Jeux olympiques, avec 28 médailles dont 23 en or remportées entre 2004 et 2016. Mieux, ces totaux font même de lui l'athlète, tous sports confondus, avec le plus de médailles et de titres de l'histoire des JO. Il symbolise d'ailleurs la domination américaine dans cette discipline, pays qui a remporté 578 médailles sur 1760, soit près d'un tiers des médailles décernées.
Les Épreuves Olympiques : Bassin et Eau Libre
Sport majeur des Jeux olympiques, la natation sera de nouveau l’une des attractions de ces JO parisiens. Lors des JO de Paris 2024, il y aura 37 épreuves au programme (35 en bassin, 2 en eau libre), pour un total de 111 médailles décernées. Chaque course se distingue par sa longueur et par son type de nage, parmi les quatre nages existantes : le crawl - appelé “nage libre”, la brasse, le papillon et le dos. En nage libre, les courses vont du 50 au 1500 mètres. À ces courses individuelles s'ajoutent des relais, où quatre nageurs ou nageuses plongent tour à tour pour parcourir une distance donnée soit en nage libre, soit chacun leur tour dans une nage différente.
La Nage en Bassin : Vitesse et Technique
En nage libre, les courses vont du 50 au 1500 mètres. Pour les autres, il n’existe que deux distances olympiques : le 100 mètres et le 200 mètres. Parmi les quatre nages existantes aux Jeux, le crawl est sans aucun doute la plus rapide. Utilisé lors des épreuves de nage libre, il demande un important travail des bras avec des mouvements toujours en opposition, contrairement à la brasse et au papillon, qui sont plus « symétriques ». Nage la plus largement pratiquée dans les piscines municipales ou à la plage, la brasse est plutôt simple à apprendre mais nécessite un important travail de synchronisation des bras et des jambes. Tout comme le papillon où les nageurs doivent réaliser un mouvement d’ondulation en amenant les deux bras au-dessus de l’eau. Enfin, le dos comme son nom l’indique est une nage dorsale. C’est à la Paris Défense Arena que les nageurs se disputeront les médailles. Un bassin olympique de 50 mètres long pour 25 mètres de large qui sera divisé en huit couloirs. Pour espérer décrocher le graal olympique, les nageurs disputeront trois phases : les séries, les demi-finales et la finale. En séries, les 16 nageurs avec les meilleurs temps sont qualifiés pour les demi-finales. À ce stade, les athlètes qualifiés sont divisés en deux demi-finales avec huit participants. Les huit meilleurs se disputent ensuite la médaille d’or en finale. Pour les sept épreuves de relais, les huit nations avec les meilleurs temps sont directement qualifiées pour la finale. Quatre nageurs ou nageuses plongent tour à tour pour parcourir une distance donnée soit en nage libre, soit chacun leur tour dans une nage différente (4 x 100 mètres 4 nages). De façon à ce que le départ du dossiste ne perturbe pas la course, le lancement de l’épreuve sera réalisé par ce nageur. L’ordre des nages devient alors : dos, brasse, papillon, nage libre.
Lire aussi: Le Mille Nautique: Histoire et Navigation
L'Eau Libre : Un Défi en Milieu Naturel
L'eau libre se déroule, comme son nom l'indique, en milieu naturel. En fonction des villes où ont lieu les compétitions, cela peut être dans la mer, dans une rivière ou encore dans un lac. À noter, qu’il y aura aussi deux épreuves de 10 km en eau libre dans la Seine lors des JO de Paris 2024.
Règles et Techniques : La Quête de la Performance
Les Fondamentaux de la Natation
- Départ : Le départ des courses de nage libre, de papillon et de brasse se fait à partir de plots de départ.
- Virages et culbutes : Les nageurs doivent toucher le mur à chaque virage.
- Technique : Chaque style de nage a ses propres règles techniques.
La Règle des 15 Mètres
En natation, "la règle des 15 mètres (sous l'eau) a été créée pour garder du spectacle dans la natation", explique Jérémy Stravius, champion olympique en relais 4x100m nage libre à Londres en 2012. "Parce qu'on nage plus vite sous l'eau que sur l'eau. "La tête doit sortir aux 15 mètres ou avant mais pas après. À partir du moment où la tête tranche la surface de l'eau, on considère qu'on calcule vraiment à quelle distance on est sorti. La partie sous l'eau, c'est uniquement des ondulations. Pour les épreuves de papillon, de brasse et de nage libre, les nageurs sont obligés de s’élancer depuis un plongeoir aussi appelé starter. Pour les épreuves de dos, le départ se réalise directement dans l’eau depuis un étrier. Une fois le départ lancé, les athlètes réalisent ce que l’on appelle une coulée. C’est le moment où le nageur progresse de façon totalement immergée. Longtemps sujette à débat, cette coulée est désormais réglementée à 15 mètres pour le dos, le papillon et le crawl. Si cette distance est dépassée, le nageur est alors disqualifié. La coulée de brasse, quant à elle, est limitée à un seul mouvement de bras accompagné d’une ondulation avant de reprendre la nage.
L'Art de la Coulée : Vitesse et Efficacité
Si vous avez déjà regardé des courses de Jérémy Stravius ou de Michael Phelps, vous conviendrez que cette différence n’est pas ténue, elle est même très facilement constatable !Expérimentée par certains nageurs, observée par une multitude d’entraîneurs et approfondie par de nombreux scientifiques, la nage subaquatique ne revêt quasiment plus aucun mystère. La conclusion est indiscutable : on nage plus vite sous l’eau qu’en surface. À titre de comparaison, une coulée bien exécutée est plus rapide que la vitesse de pointe qu’arrivera à atteindre un crawler sur 50 mètres ! Le crawl étant la plus rapide des quatre nages, on imagine l’atout majeur que peut représenter une coulée efficace, utilisée à bon escient. Mais alors, quelle est la raison de cette vélocité aquatique ? Premièrement, une nage en profondeur permet d’éviter de nombreux freins à l’avancement et donc de nager rapidement en modérant ses efforts. Dans l’eau, le corps est en effet soumis à plusieurs forces contraignantes. La première d’entre elles est liée au frottement de l’eau sur le corps. Ces frottements sont notamment créés par les mouvements de nage (de surface), mettant le corps du nageur en contact avec une surface d’eau plus importante. Le deuxième obstacle présent en milieu aquatique est “la traînée de forme”. Ce que l’on pourrait associer à l’hydrodynamisme. L’eau étant bien plus dense que l’air, sa résistance est 1000 fois plus forte que celle de l’air. La position d’un nageur en coulée favorisera la pénétration des masses d’eau et profitera donc à une glisse plus efficace qu’en surface. Le dernier frein (et non des moindres) est la traînée de vague. C’est ce dernier que les nageurs de profondeur (plus de 50cm) évitent. En effet, l'énergie dissipée par les vagues de surface freine l’avancement. En passant en dessous de ces turbulences, la coulée gagne en efficacité.
Combinaisons et Performances
Depuis 2010, le port des combinaisons en polyuréthane est strictement interdit pendant les compétitions. Ce matériau, apparu en 2008, avait permis à plusieurs nageurs d'améliorer drastiquement leurs performances.
Au-Delà de la Natation de Course : Autres Disciplines Aquatiques
La natation course, c’est la vitesse à l’état pur, sans matériel, un dialogue entre l’eau et le corps. Véritable sport collectif, le water-polo s’apparente à du handball en milieu aquatique. Les rencontres, opposant deux équipes de 7 joueurs, se disputent sur un plan d'eau en quatre périodes de 8 minutes de jeu effectif. Le respect des règles de jeu est assuré par deux arbitres assistés de deux juges de but. Discipline inspirée des comédies musicales californiennes, c’est un sport à la fois physique, technique et artistique. Les nageuses doivent réaliser une chorégraphie aquatique sur une musique de leur choix. Au début, il y a la recherche collective d’un thème original et la recherche artistique (musique, gestuelle, vidéo…). Ensuite, est associé l’indispensable travail physique. Puis, toutes les parties du ballet sont analysées ; décortiquées sous toutes leurs formes avant d’être expérimentées. Une activité sportive très technique où les plongeurs sont tenus de réaliser des figures acrobatiques, jugées à la fois sur la difficulté et la qualité de réalisation de leur exécution dans l'espace. Ces figures sont classées par ordre de difficultés. "L'attitude" au moment de l'entrée dans l'eau est aussi primordiale. De 1, 3 ou 10 mètres, individuellement ou en duo synchronisé, ces athlètes impressionnent par leur capacité à maîtriser leur peur par une technique parfaite.
Lire aussi: Distance nautique : le guide complet
Lire aussi: Tout savoir sur le Championnat Longue Distance Aviron