Évolution et structuration du canoë-kayak dans le mouvement olympique : entre tradition et renouvellement

La pratique du canoë-kayak constitue l'une des disciplines phare du sport nautique français, dignement représentée par la figure tutélaire de M. Tony Estanguet, triple champion olympique en canoë monoplace (C1) slalom. Si le canoë-kayak est reconnu en qualité de discipline olympique, il ne l'est pas dans toutes ses dimensions ; ce qui est le cas de la descente, discipline de haut niveau, requérant maîtrise et force physique, se pratiquant sur un bassin de slalom en course courte de 50'' à 1'. La volonté d’améliorer le modèle sportif français, non seulement dans le cadre de la performance, mais aussi dans la place pleine et entière que le sport et sa pratique occupent dans le cœur et dans le quotidien des Français, est largement partagée.

Historique et ancrage institutionnel du canoë-kayak

En 1924, aux Jeux Olympiques de Paris, lors de la VIIIe Olympiade, le canoë-kayak fut d'abord un sport de démonstration pour ensuite être admis à part entière en 1936, aux JO de Berlin. Sous l'égide de la Fédération française de canoë-kayak (FFCK fondée en 1931), la discipline a gagné ses lettres de noblesse. Elle est aujourd'hui pratiquée dans 710 clubs affiliés et l'on recense 365 000 licenciés dont 42 955 annuels, permanents (2014). Cette vitalité est portée par un engagement sans faille du monde associatif, comme en témoignent les dirigeants du club de Chauny (Aisne), septième club français, au palmarès éloquent, avec de nombreux médaillés aux championnats de France de descente classique et sprint et championnats d'Europe.

Sous son ancien nom de canoë en eau calme, le canoë sprint est pour la première fois apparu aux Jeux Olympiques de Paris 1924 en tant que sport de démonstration. Au fil des ans, les épreuves ont connu des modifications, comme l’intégration des femmes à partir des Jeux de Londres 1948, mais seulement en kayak. Les distances de course ont été réduites au fur et à mesure afin d’attirer un nouveau public. Lisa Carrington a dominé le kayak sprint féminin de ces dernières années, réalisant un triplé en K1 200m à Tokyo 2020, où elle a également remporté l’or du K1 500m et K2 500m (avec Caitlin Regal). L’Américaine Nevin Harrison n’avait que 19 ans lorsqu’elle a décroché son premier titre à Tokyo sur le 200m C1 féminin.

La gestion des disciplines et des épreuves olympiques

Aux Jeux de Tokyo en 2020, le canoë-kayak est le 4ème sport olympique par le nombre d'épreuves (16) derrière l'athlétisme, la natation et la lutte. Toutefois, de nombreux sports sont encore exclus du programme olympique malgré le complément de sports additionnels choisis par le comité de candidature local. Ces sports additionnels doivent être en nombre restreint. En effet, le plafond d'athlètes sélectionnés pour les Jeux étant inchangé (10 500 pour l'ensemble des sports), les sportifs sélectionnés dans ces sports additionnels diminueront le nombre de sportifs sélectionnés parmi les 28 sports du programme permanent.

À ce jour, quatre nouveaux sports, urbains, spectaculaires, innovants, très prisés par la jeunesse et en lien avec les valeurs affirmées par le COJO, ont été proposés par Paris 2024, Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (COJO) comme sports additionnels : le breakdance, l'escalade, le skateboard et le surf. Dans ce contexte de sélection rigoureuse, certaines disciplines historiques ou spécifiques, comme la descente, peinent à trouver leur place au sein du programme officiel, bien que l'attention de la ministre des sports ait été interpellée pour que la discipline descente en canoë-kayak soit inscrite comme sport de démonstration aux Jeux Olympiques (JO) de Paris 2024.

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Distinction technique et spécificités des embarcations

Deux disciplines du canoë-kayak figurent au programme des Jeux olympiques de Paris 2024 : le slalom et le sprint. Elles se déroulent toutes les deux sur le site de Vaires-sur-Marne. Ces deux disciplines comprennent des courses en kayak et en canoë. Le pagayeur de kayak est assis et utilise une pagaie double. Le pagayeur de canoë est agenouillé et utilise une pagaie simple. Dans le kayak, c'est une pagaie à deux pales qui est utilisée pour réaliser par alternance des coups de pagaie de chaque côté du kayak. En canoë, on utilise une pagaie à une seule pale et les mouvements de pagaie ne s'effectuent que d'un seul côté.

En slalom, chacune des épreuves est désignée par une abréviation : C1D, K1H, etc. « C » ou « K » indique l’embarcation : C pour canoë, K pour Kayak. Nicolas Gestin est céiste, il pratique le canoë à genoux dans son embarcation avec une pagaie simple. Ils tiennent grâce à des calages en carbone moulés à la forme de leur genou. S’ils sont gauchers ou droitiers, les céistes ne rament pas de la même façon. On dit qu’ils sont bordés gauche, comme Nicolas Gestin, ou bordés droite, comme Marjorie Delassus. En revanche, les kayakistes sont assis dans leur embarcation et ont une pagaie double. Les kayakistes naviguent quelques secondes plus vite que les céistes. C’est-à-dire une tenue en néoprène, imperméable, qui vient se « clipser » à l’hiloire pour une étanchéité complète. Leurs bateaux doivent peser moins de 10 kg et sont en carbone.

Le slalom et l'émergence du kayak cross

Le slalom consiste à réaliser un parcours en eau-vive matérialisé par 18 à 25 portes. Les quatre épreuves olympiques se déroulent contre la montre en une minute trente environ. Objectif : aller le plus vite possible sans toucher les portes (2 secondes de pénalité) et sans les manquer (50 secondes de pénalité). Le slalom a figuré au programme olympique en 1972, puis y figure sans interruption depuis 1992. Cette discipline a rapporté des médailles olympiques lors des précédentes éditions. Puisque Tony Estanguet est le seul athlète à avoir décroché trois médailles d’or olympiques : Sydney (2000), Athènes (2004) et Londres (2012). L’olympiade suivante, c’est Denis Gargaud qui a décroché l’or à Rio.

Le kayak cross est inscrit pour la première fois au programme des JO en 2024. C’est une évolution récente du slalom. Après des qualifications au temps, contre la montre, quatre athlètes s’élancent ensemble depuis une rampe de départ pour un parcours en eau-vive comprenant un esquimautage, 4 à 6 portes en descente et 2 en remontée. Les deux premiers passent à la phase suivante jusqu’à la finale. Le kayak cross se déroule en confrontation directe entre quatre compétiteurs qui partent depuis une rampe située en hauteur. Pas de portes à passer mais des bouées. Les bateaux sont en plastiques, plus lourds (environ 18 kg) et les kayakistes ont une pagaie double mais les extrémités sont protégées. Dans cette discipline très spectaculaire, il n’est pas rare que les concurrents se blessent. Cette nouvelle discipline a trouvé sa place aux JO pour apporter de la visibilité à ce sport.

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