Un voilier utilise plusieurs types de voiles pour avancer, mais aussi pour être bien équilibré. Suivant votre programme, et le type de navigation, vous serez amené à porter de la toile de façon différente. Les voiles sont le moteur d’un voilier. Mais hisser ces dernières, et tenter de les régler correctement n’est pas suffisant pour optimiser votre navigation. De plus, si vous commencez à vous intéresser à la régate et/ou commencez à prendre la mer par n’importe quel temps, bien choisir ses voiles devient important.
La voile est l'un des moyens les plus anciens et les plus élégants de se déplacer sur l'eau. Depuis des siècles, des navigateurs du monde entier naviguent grâce à la puissance du vent. La voile nautique est un art qui a évolué au fil des siècles, avec des innovations dans le design, la conception et la technologie qui ont permis aux marins de naviguer plus efficacement et plus sûrement. La plupart des voiliers sont gréés en sloop, ce qui signifie qu’ils sont composés de deux voiles triangulaires, la grand-voile, à l'arrière du mât, et la voile d’avant. Dans cet article nous découvrirons les différents types de voiles sur les voiliers à un mât.
Les voiles d'avant
Quand on parle de voiles d’avant, on parle généralement de foc. Or, sans être qualifié pour donner un avis terminologique et historique, j’estime que c’est une erreur de parler ainsi. Pour moi, le foc est bien une voile à part. Le choix de la voile d’avant d’un bateau dépend de plusieurs facteurs: le type de voilier, le contexte d’utilisation de cette dernière (croisière, tour du monde, régate), le niveau de navigation de l’équipage et du skipper (facilité d’utilisation), les performances désirées (confort, rapidité), mais aussi du budget disponible.
Le génois
Le génois est la voile d’avant la plus grande. Plus grande que la grand voile, jusqu’à la fin des années 80, cette voile a perdu un peu de surface depuis. Le génois est la voile d’avant la plus utilisée en croisière. Elle est d’ailleurs installée, de série, sur les croiseurs familiaux. Le génois peut être porté assez longtemps, en fonction de la force de vent. Le génois est une voile trapézoïdale. Il est généralement utilisé pour naviguer à des allures de croisière en voilier en haute mer. Il est constitué de Dacron, un textile synthétique qui permet une grande rigidité et une robustesse de la toile.
C’est une voile de près, ce qui signifie qu’on navigue avec lorsque le bateau est situé à moins de 40 degrés du vent.
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Le taux de recouvrement du génois est supérieur à 100%, cela signifie que sa hauteur atteint la tête du mât et que sa largeur occupe l’espace entre le mât et le nez du bateau.
Les avantages du génois sont sa facilité à manœuvrer et sa souplesse. Néanmoins, son coût est élevé lors de l’achat et de l’entretien.
Le foc
Le foc est une voile légèrement plus petite. On retrouve souvent cette voile sur les petits dériveurs et les dayboat. Le foc a l’avantage d’avoir une forme creuse, comme le génois, mais de taille plus petite. Il sera donc plus facile à manœuvrer lors des virements de bord. Certains croiseurs habitables récents sont équipés d’un foc auto-vireur qui facilite la manœuvre. Le foc est une voile plus légère et plus petite que le génois. Sa particularité est qu’il ne remonte pas jusqu’en haut du mât, ce qui le rend facilement reconnaissable. Il est aisément maniable grâce à sa forme creuse qui lui permet d’éviter les transitions violentes quand le voilier se situe de travers. L’avantage d’avoir une voile creuse et non raide est qu’elle se dégrade beaucoup moins rapidement, néanmoins, le bateau sera beaucoup plus lent durant la navigation. Le foc est donc une voile idéale pour naviguer à un rythme de croisière, proche des côtes. Son prix est logiquement moins élevé que celui des autres voiles grâce à sa superficie. De plus, sa durée de vie est d’environ 5 ans, cependant elle peut s'abîmer rapidement face à des rafales de vents.
Le solent
Le solent est une voile intermédiaire. Cette voile d’avant est souvent utilisée en régate. Et pour cause, si un génois peut être enroulé, après 2 ou 3 tours, sa forme n’est plus optimale. Le solent sera donc hissé à la place du génois, notamment au près. Le solent est une voile d’avant de taille intermédiaire entre le génois et le foc, son recouvrement monte jusqu’à la tête du mât mais n’est pas aussi large que le génois. Ce dernier est une voile raide, ce qui signifie que la voile ne se gonfle pas lorsqu'elle prend le vent, et donc qu’elle est bien plus performante. Il est souvent utilisé en régate grâce à la vitesse qu’il permet d’atteindre. Le solent est cependant difficile à manier et à hisser de par de son poids important émanant de sa taille et de sa composition en polyester bien plus dense que les autres voiles. Par ailleurs, cette voile se détériore rapidement car le vent détend les tissus et qu’elle se plie lorsqu’elle est enroulée.
La trinquette
La trinquette est une voile de taille inférieure au foc. Cependant, contrairement au foc, cette voile ne s’installera pas sur l’étai principal. La trinquette doit être portée plus près du mât pour être efficace. Les voiliers les plus anciens étaient équipés d’un second étai.
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Le tourmentin
Lorsqu’on hisse le tourmentin, c’est en général pas bon signe. En effet, ce petit bout de triangle est aussi appelé voile tempête. Le tourmentin, pour être efficace, doit lui aussi être installé sur un étai largable. Il existe un système de tourmentin qui s’installe par dessus le génois enroulé. Le tourmentin est une petite voile, semblable à un foc, qui est constitué de tissu épais et conçu pour être très résistant. Malheureusement lorsqu’on le hisse, ce n’est pas bon signe. C’est en effet une voile de tempête que l’on dresse durant les vents puissants qui risquent de déchirer les autres voiles. Facile à transporter, on le retrouve souvent dans la cale des voiliers de navigateurs réguliers pour qui, sortir durant des vents de force 5 est une partie de plaisir. Il est d’ailleurs conseillé d’en avoir un dans tous les voiliers en cas de rafales imprévues.
Le spinnaker
Le spinnaker, ou spi, est indispensable en régate, comme il fait peur en croisière familiale. Pourtant, cette voile peut s’avérer très utile par vent arrière, ou au portant. En croisière familiale, elle va permettre de gagner en vitesse dans le petit temps et le medium. Les voiliers peuvent aussi comporter un spinnaker ou “spi”. Cette sorte de voile ressemble à un parachute, on la hisse lorsque l’on souhaite que le voilier navigue à des allures importantes, en recevant le vent à l’arrière. Contrairement aux autres voiles, le spi n’est pas forcément fixé sur l’étai.
Le spi symétrique
Le spi symétrique est le spi le plus commun, en croisière. C’est celui-ci qui peut effrayer les débutants par ses différentes manœuvres pour le gréer. Il se règle grâce à une balancine et le hale-bas de tangon ainsi qu’au bras et à l’écoute. Un spinnaker symétrique est idéal pour naviguer aux allures grand-largue et par vent d’arrière. Il offre une grande vitesse, ce qui est idéal pour les voiliers mais aussi les catamarans, néanmoins il nécessite des compétences de manœuvrabilité supérieure à celles du spi asymétrique. Le spinnaker symétrique peut être hissé avec son point de drisse en haut du mât et une poulie ou des bouts.
Le spi asymétrique
Le spi asymétrique est arrivé à bord de nos voiliers, il y a plusieurs années maintenant. Il est apprécié, en croisière, pour sa simplicité d’utilisation. Contrairement au spi symétrique, le point d’amure est pris sur un bout-dehors, fixe. Il n’y a plus besoin de tangon. Il est souvent installé dans une chaussette facilitant encore plus les manœuvres. Le spinnaker asymétrique est plus récent que le symétrique. Il fût conçu spécialement pour la course. Sa particularité est qu’il est beaucoup moins creux que le spi symétrique, ce qui lui permet d’être encore plus rapide. Par ailleurs, ce dernier ne navigue pas par vent d’arrière, mais uniquement par grand-largue ou vents de travers
Le gennaker
Le gennaker est un spi un peu différent des deux premiers. Cette voile se situe, dans sa coupe et son creux, entre le génois et le spi. Le gennaker est spi asymétrique, moins creux. Aujourd’hui, il existe des systèmes qui permettent de faciliter les manœuvres. Je pense à la chaussette à spi, qui permet de faciliter , non seulement l’envoi du spi, mais aussi l’affalage.
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La grand-voile
La Grand voile n’a pas toujours si bien porté son nom. Présente sur la quasi-totalité des voiliers de plaisance, la grande voile est facilement reconnaissable car elle est située à l’arrière du mât. Cette voile est située à l’arrière du mât. Elle se hisse le long du mât, via des coulisseaux ou un rail. Elle est généralement équipée de lattes qui permettent d’optimiser sa forme. C’est la voile principale d’un voilier à mât unique, elle mesure généralement 21 mètres carrés et a une forme triangulaire. La grand-voile est essentielle à la navigation et permet de diriger le bateau et de contrôler sa vitesse, en se gonflant ou en se réduisant.
La grand-voile est accrochée à la tête du mât avec une drisse, un bout qui permet de modifier la forme de la grand-voile. Son utilisation est simple, sur certains bateaux, elle se hisse même à l’aide d’un rail ce qui facilite encore plus son maniement. La durée de vie de cette voile principale est d'environ 3 ans de navigation, mais cela dépend surtout de la puissance du vent auquel elle a fait face. Comparé aux voiles d’avant, cette voile est bien plus résistante et moins coûteuse. En effet, son prix moyen se situe autour des 1 000€, ce qui est bien inférieur au prix des autres voiles du bateau.
Elle a la particularité de pouvoir être réduite grâce à un système de prise de ris. Jusque dans les années 80, la grand voile était de plus petite taille que la voile d’avant, souvent un génois. La tendance s’est inversée depuis. La grand voile à vu sa surface augmenter jusque dans les hauteurs.
Il existe 4 variétés différentes pour la composition des grands-voiles:
- les fibres
- les tissés
- les laminés
- les membranes
Chacunes de ces variétés contiennent des fils, fibre de carbones, du polyester et fibres de nylon, où le pourcentage varie en fonction de la variété et du tissage.
Autres types de voiles
Il existe d’autres types de voiles, de moins en moins utilisée. La voile aurique comporte quatre côtés avec une forme trapézoïdale, attachée à un espar supplémentaire au sommet appelé vergue.