L'Évolution des Géants des Mers : Une Comparaison Architecturales entre Sodebo Ultim 3 et IDEC Sport

Le monde de la course au large est constamment en quête de vitesse, de fiabilité et d'innovation. Le Trophée Jules Verne, record emblématique autour du monde en équipage, est le théâtre de ces avancées spectaculaires. En bouclant leur tour du monde en 40 jours, 10 heures et 45 minutes, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont marqué l’histoire. Cet exploit de Sodebo Ultim 3, fruit d’un travail de longue haleine, est une démonstration éclatante de la vitalité de la classe ULTIM, deux ans après l’Arkéa Ultim Challenge, le premier tour du monde en solitaire disputé sur ces multicoques de géant. Ils ont remporté le Trophée Jules Verne ce week-end, réalisant un sacré tour de force. Ces neuf dernières années, treize tentatives ont eu lieu dont quatre menées par Thomas Coville et son équipage. Le record précédent, établi en 2017 par le maxi-trimaran IDEC SPORT avec un temps de 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes, a tenu neuf ans et a servi d'étalon pour cette catégorie de voiliers hors normes. La comparaison entre ces deux vainqueurs du Trophée Jules Verne, séparés par plus d'une décennie de conception, met en évidence vingt ans d’évolution technologique et architecturale qui ont redéfini la manière de naviguer à très grande vitesse autour du globe.

Le Trophée Jules Verne : Une Quête Sans Fin de la Performance

Le Trophée Jules Verne est un monument de la course au large, un défi ultime qui exige audace, persévérance et une maîtrise technique exceptionnelle. La victoire de Sodebo Ultim 3, après tant de tentatives, dont les arrêts subits à l’équateur puis dans l’océan Indien l'hiver précédent, est le couronnement de cette ténacité. Un an plus tard, les mêmes skippers présents en 2025 ont décidé de retenter leur chance, saluant « leur mérite » (Charles Caudrelier), « leur super Trophée Jules Verne » (Armel Le Cléac’h), « leur magnifique parcours » (Anthony Marchand) et « leur capacité à aligner toutes les planètes » (Tom Laperche). « Nous sommes tous fiers pour Thomas qui est une figure de la classe, pour l’équipe et le sponsor historique », ajoute Armel Le Cléac’h. « Ils ont été récompensés pour tout leur travail, leur persévérance et la belle longévité dont ils font preuve », poursuit Tom Laperche. « L’équipe et le sponsor y ont toujours cru, abonde Charles Caudrelier. Dès le départ, Sodebo Ultim 3 a impressionné. L’équipage a fait preuve d’audace en s’élançant dès le 15 décembre, au tout début de son stand-by. Il a bénéficié de conditions météos favorables pour descendre l’Atlantique nord à proximité de l’orthodromie.

Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle a brisé un record longtemps considéré comme une référence absolue, celui de Francis Joyon sur IDEC Sport. Les skippers d’IDEC Sport avaient bénéficié de conditions exceptionnelles entre Bonne Espérance et le cap Leeuwin où ils n’avaient pas fait un empannage. Ce nouveau succès illustre les progrès significatifs réalisés dans la conception des Ultim. « Nos bateaux progressent et ils ont un potentiel de vitesse beaucoup plus conséquent qu’IDEC Sport en 2017 », rappelle Tom Laperche. Il a toujours été convaincu que le record de Francis Joyon serait battu avec les bateaux de nouvelle génération. « Entre ce tour du monde, l’Arkéa Ultim Challenge et les dernières transatlantiques, nous avons tous prouvé que nos bateaux sont désormais fiables et qu’ils se rapprochent de leur potentiel maximum », pense Armel Le Cléac’h.

IDEC Sport : Un Témoin de l'Architecture Océanique des Années 2000

Le maxi-trimaran IDEC SPORT, mythique voilier détenteur du record du tour du monde en équipage avant Sodebo Ultim 3, incarne une génération de voiliers performants mais dont la conception reflète les technologies et les philosophies de son époque. Mis à l’eau en 2006, Idec Sport accuse son âge, avec un mât relativement centré, des étraves hautes et des formes simples. Initialement baptisé Groupama 3, il a été renommé en 2013 Maxi Solo Banque Populaire VII, avant de devenir en 2015 Idec Sport. Ce bateau a une histoire riche, ayant été deux fois détenteur du Trophée Jules Verne, en 2010 et 2017, et quatre fois vainqueur de la Route du Rhum.

La Coque Centrale et les Flotteurs d'IDEC Sport

La coque centrale d'IDEC Sport présente une forme en V qui s’ouvre de l’avant à l’arrière, avec des fonds de forme ovale sur l’avant qui s’arrondissent au centre et s’aplatissent sur l’arrière. Contrairement aux Ultim plus modernes, la coque reste large jusqu’à l’arrière. Cette géométrie est caractéristique d'une conception antérieure où la recherche de volume et de portance était primordiale, sans l'optimisation extrême pour le "vol" sur foils.

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Les flotteurs d'IDEC Sport, et leurs sections, sont également caractéristiques des années 2000, avec des formes rondes sur le dessus comme dans les fonds. La proue s’avère haute et fine. À l’époque, en 2006, il n’y avait pas encore d’étraves inversées, bien que les petits Classe C commençaient tout juste à les adopter. Cette conception traditionnelle des étraves et des formes générales des flotteurs limitait la capacité du bateau à percer la vague plutôt qu'à la surfer ou à la franchir, influençant son comportement dans une mer formée et sa vitesse moyenne.

Une Tentative Récente avec un Équipage Féminin

Le maxi-trimaran IDEC SPORT s’est élancé samedi 29 novembre à 14h40min00 pour une nouvelle tentative du Trophée Jules Verne, confié cette fois à Alexia Barrier avec un équipage entièrement féminin. Malgré une navigation honorable, avec 567 milles parcourus en 24 heures sur le fond dans des conditions médium, cette tentative a mis en lumière les limites de sa conception face aux Ultim de nouvelle génération. Avec 5 320 milles de retard sur la trace de référence après le Cap Horn, le record du Jules Verne était hors de portée depuis un moment pour ce bateau, une performance malgré ses problèmes de grand-voile. Cette initiative a cependant démontré la résilience et l'esprit de compétition intrinsèque à ce voilier emblématique.

Sodebo Ultim 3 : Le Manifeste de la Nouvelle Génération ULTIM

Sodebo Ultim 3 est un voilier trimaran destiné à la course au large de la classe Ultime, skippé par Thomas Coville. Il est issu d'un développement secret mené par un ensemble d'architectes et designers, notamment le Design Team Sodebo, Bañuls Design et le cabinet VPLP. Son objectif était de remplacer le vieillissant Sodebo Ultim' (renommé Actual Leader en 2019-2020) et de rejoindre la nouvelle génération de classe Ultime, représentée par les trimarans SVR-Lazartigue, Banque populaire XI, le Maxi Edmond de Rothschild, ainsi qu'Actual Leader (ex Macif). Le Team Sodebo a annoncé la construction de ce nouveau trimaran le 31 janvier 2017. Le bateau a été dévoilé le 2 mars 2019, mâté et mis à l'eau le 18 mars 2019, avant d'effectuer son transit vers La Trinité-sur-Mer. Il aura fallu 55 000 heures au total pour concevoir le bateau, et près de 110 000 heures en tout pour le construire.

Innovations Architecturale Majeures

L’option originale de Sodebo Ultim 3 réside dans la position de la cellule de vie en avant du mât. Cette configuration entraîne un centrage des poids par rapport à un roof situé en avant du bras arrière, une rupture majeure avec les designs précédents. Un mât placé très en arrière, au-delà de la section 6, contrebalance cet équilibre, le mât de Sodebo se trouvant le plus en arrière de toute la flotte des Ultim. L’avantage de libérer la zone sous la grand-voile permet de créer sur l’arrière une plaque à l’image des voiliers de l’America’s Cup.

La principale innovation du bateau réside dans la position du cockpit, qui se trouve à l'avant du mât, environ 7 mètres devant ce qui se faisait jusque là. Cela permet d'abaisser drastiquement la hauteur de la bôme, qui se trouve désormais presque au niveau du pont. Ainsi, plusieurs mètres carrés de voile sont transférés sur la partie basse de la grand-voile, et cela permet de réduire la taille du mât d'un mètre afin de réduire grandement la traînée engendrée par le haut de celui-ci. Ce repositionnement a également permis de déplacer le centre de gravité de 1,2 m vers l'avant, et surtout de rapprocher le cockpit de celui-ci, ce qui diminue les secousses ressenties par le skipper. Par ailleurs, le cockpit est entièrement conçu autour du skipper, et tout est accessible facilement et rapidement afin d'optimiser au mieux les manœuvres et minimiser les déplacements de celui-ci.

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Des Appendices Optimisés pour le Vol

Comme tous les bateaux de sa catégorie, Sodebo Ultim 3 est équipé de foils. Ce sont des appendices hydrodynamiques situés sur chacun des flotteurs et qui sont ajustables. Ils mesurent 4 mètres et peuvent se régler à la fois en hauteur et en incidence (rake), respectivement pour la stabilité du bateau et pour l'optimisation de la portance. Ils permettent au bateau de s'élever au-dessus des flots, jusqu'à plus de 1,5 m de hauteur, réduisant considérablement la traînée hydrodynamique et augmentant la vitesse potentielle. En complément de ceux-ci, les trois safrans et la dérive disposent de plans porteurs qui ajoutent de la surface de portance et permettent d'écarter ses zones d'application afin de stabiliser le bateau.

Formes de Coques et Flotteurs : Le Dessin Moderne

Les étraves de Sodebo Ultim 3 sont dites inversées, c'est-à-dire que la partie la plus éloignée vers l'avant pointe vers le bas, comme une sorte de griffe, avec un poids minimal. Cela permet d'augmenter la longueur de flottaison, donc le potentiel de vitesse. Cependant, ceci rend les enfournages, c'est-à-dire les « plantages » dans l'eau, plus fréquents et dangereux, un compromis inhérent à la recherche de performance maximale. Comme ses flotteurs, la coque centrale possède une étrave inversée, tendance perce-vague, ce qui permet de moins ralentir dans les houles de front, ou en retombant de ses vols. La coque présente des sections très tulipées, favorisant une finesse de la ligne de flottaison et une bonne réserve de flottaison dans les hauts. La carène est ronde sur tout l’avant, et s’aplatit progressivement à partir de la dérive, une conception pensée pour la performance et la stabilité en mode volant.

Les flotteurs sont directement moulés sur les moules qui ont servi à Banque Populaire IX, afin de réduire les coûts, cette forme de flotteurs ayant déjà prouvé son efficacité. Cependant, la technique de fabrication diffère, et Sodebo affirme qu'elle est plus solide, rappelons que Banque Populaire IX a eu des problèmes de casse de flotteurs. Tronqués de 3,35 m sur l’arrière pour la saison 2021, avec des safrans relevables, ce sont les flotteurs qui ont le moins de volume par rapport à tous les Ultim actuels. Leurs sections sont assez originales, bien tulipées, avec un fond plat à l'avant et à la poupe, arrondi au centre, flancs évasés et pont en pointe sur la moitié avant. Avec peu de creux, et malgré des fonds étroits, ils offrent une relative bonne réserve de flottaison, optimisant le compromis entre finesse et portance nécessaire à la vitesse et au vol.

Structure et Technologie Embarquée

Les bras qui relient les flotteurs sur Sodebo Ultim 3 sont disposés en H, et non en X. Au lieu de revenir vers le milieu du bateau, ceux-ci sont simplement parallèles. Cela implique des forces plus importantes donc des bras renforcés et du poids en plus, mais permet d'en économiser en n'ajoutant pas de partie spécifique pour faire passer le chariot de grand-voile, contrairement à Banque Populaire IX par exemple. Le bateau est conçu autour de beaucoup d'électronique, avec un pilote automatique de dernière génération et de nombreux capteurs. Il y a en tout dans le bateau 330 m de fibre optique et 4 km de câbles électriques. Le skipper dispose de toutes les informations de vitesse, de vent, de houle, de foils, etc. sur un afficheur accessible visuellement de manière permanente, ainsi que de nombreux outils de cartographie et de routage avancés, et d'une liaison satellite avec son équipe à terre. Son poids n'est pas communiqué, mais il ferait probablement dans les 13,5-14 tonnes, là où son concurrent le plus léger fait 14 tonnes et le plus lourd presque 16 tonnes. Sa vitesse maximale n'a pour le moment jamais été atteinte, mais on l'estime à probablement plus de 50 nœuds. Celle-ci ne sera probablement jamais mesurée clairement, dans la mesure où cela implique un risque de casse important, et que la sécurité sera toujours privilégiée.

Les Tentatives du Trophée Jules Verne de Sodebo Ultim 3

Le 25 novembre 2020, Sodebo Ultim 3 s'engage dans le trophée Jules-Verne, avec un équipage de 7 hommes pour tenter de battre le record détenu par Francis Joyon sur le trimaran IDEC Sport depuis 2017. L'équipage pour cette tentative était composé de Thomas Coville, François Duguet, Thomas Rouxel, Sam Goodchild, Corentin Horeau, François Morvan, Matthieu Vandame et Martin Keruzoré en tant que media man, avec Jean Luc Nélias assurant le routage depuis la terre en compagnie de Philippe Legros. Thomas Coville a toujours mis l'accent sur une sélection rigoureuse des marins, recherchant des compétences dans la pratique des bateaux volants, la capacité à barrer et régler à très haute vitesse, une condition physique digne de sportifs de haut niveau, et une cohésion de groupe essentielle. Après avoir fait une pointe à 48,9 nœuds et couvert 889,9 milles en 24 h (37,1 nœuds de moyenne) le 5 décembre, ils engrangent jusqu'à 700 milles d'avance sur le record de Joyon. Malheureusement, ils abandonnent le 11 décembre à la suite d'une avarie de safran. Cette tentative avait été précédée par des réparations suite à un impact avec un OFNI lors d'une sortie en octobre 2020, touchant le foil tribord et la dérive centrale, repoussant le début du stand-by.

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Le lundi 15 décembre 2025, Sodebo Ultim 3 franchit la ligne de départ pour une nouvelle tentative. Bénéficiant d'un scénario météo très favorable jusqu'à l'équateur, atteint après 4 jours et 4 heures seulement, battant un premier record. Après un grand détour le long de l'Amérique du Sud, l'équipage met le cap vers l'Afrique du Sud, le 23 décembre. Thomas Coville double le cap de Bonne Espérance en 10 jours 23 heures 56 minutes (8 629 milles, 32,7 nœuds, 785 milles/24h de moyenne sur les 11 premiers jours). Le début de parcours du trophée Jules Verne est la seule partie du trajet où les marins peuvent choisir leur timing et donc leur fenêtre météo. Thomas Coville bat en 2025 les records sur les deux premiers segments du tour du monde. Ils ont à ce moment-là une avance près de deux jours sur le record de Joyon en 2016. Lors des dix premiers jours de leur tentative, Thomas Coville parcourt 8 052 milles (805,2m/24h, 33,6 nœuds de moyenne) approchant les 809m/24h pendant 10 jours de Joyon en 2016. Ce qui lui permet de battre le temps de référence au cap de Bonne-Espérance malgré une trajectoire moins optimale que lors du record de 2016. Sodebo Ultim 3 a parcouru 8 052 milles soit 2 275 milles de plus que les dix premiers jours de Joyon en 2016 (5 777 milles, 578m/24h, 24 nœuds de moyenne). Ceci correspond au moment où Joyon avait commencé sa chevauchée record neuf ans plus tôt, bénéficiant d'une séquence météo exceptionnelle sur le sud de l'Atlantique et l'océan Indien, avec à la clé une liste considérable de temps de référence battus.

Thomas Coville, s'il n'égale pas la performance de Joyon dans certaines phases, signe un troisième temps de référence au passage du cap Leeuwin en 17 jours 1 heure 17 minutes. Son avance de près de deux jours à l'entrée dans l'océan Indien est alors réduite à six heures. Sur les dix-sept premiers jours de sa tentative, il a parcouru 13 077 milles (769m/24h, 32,1 nœuds) soit 1 540 milles de plus que Joyon (679m/24h, 28,3 nœuds). Avec 728 milles parcourus en 24 heures, Sodebo Ultim 3 s'est approché du Horn avec 540 milles d'avance sur le record de 2017. Finalement, Thomas Coville bat le record du trophée Jules-Verne en 40 jours 10 heures 45 minutes et 50 secondes le 25 janvier 2026 en battant tous les temps de passage intermédiaires à l'exception du temps à l'anti Méridien. À l'arrivée, il a parcouru 28 315 milles (700m/24h, 29,17 nœuds) soit 1903 milles de plus que Joyon (644m/24h, 26,85 nœuds). Sodebo Ultim 3 signe 23 journées à plus de 30 nœuds de moyenne (720m/24h) contre 12 journées lors du record précédent. Les relevés des vitesses max affichent 13 journées avec des pointes au-dessus de 45 nœuds, avec un record à 48,1 nœuds le premier jour de la tentative.

L'Évolution Architecturale : Vingt Ans de Progrès et de Ruptures

La comparaison des deux Ultim met en évidence 20 ans d’évolution architecturale. L’un d’eux vole, l’autre non. À vrai dire, leur conception n’avait pas les mêmes objectifs, reflétant une transformation radicale dans la course au large. Une vue des sections des deux Ultim met en évidence leurs différences architecturales. Treize ans séparent leur conception, et les designers ont fait évoluer les formes de ces Ultim en diminuant la prise au vent sur l’avant, et l’impact du voilier dans les vagues.

Conception et Objectifs Différents

IDEC Sport, avec ses formes plus traditionnelles, son mât centré et ses étraves hautes, était conçu à une époque où le "vol" sur foils n'était pas l'objectif principal, mais plutôt l'optimisation des performances en mode archimédien classique. Sa coque centrale en V s'ouvrant de l'avant à l'arrière et ses flotteurs ronds témoignent de cette approche, privilégiant le volume et la capacité à traverser les vagues avec une certaine stabilité, même si cela impliquait une vitesse maximale moindre en comparaison des engins modernes.

Sodebo Ultim 3, en revanche, a été pensé dès sa conception pour exploiter pleinement le potentiel des foils et le "vol". Le déplacement du cockpit à l'avant du mât, l'abaissement de la bôme, le recul extrême du mât, les étraves inversées, et les formes très tulipées de ses coques sont autant d'éléments qui convergent vers un objectif unique : stabiliser un vol et l'optimiser dans la plus large gamme de vitesses possible sans compromettre la sécurité. Cette approche permet au bateau de moins ralentir dans les houles de front ou en retombant de ses vols, offrant une finesse de la ligne de flottaison et une bonne réserve de flottaison dans les hauts, essentielles pour les vitesses extrêmes atteintes.

L'Impact des Foils et l'Optimisation Aérodynamique

La présence et la sophistication des foils sont la différence la plus flagrante. Là où IDEC Sport naviguait principalement sur l'eau, Sodebo Ultim 3 a la capacité de s'élever au-dessus, transformant radicalement les sensations et les performances. « On constate à quel point les fenêtres météo pour les bateaux archimédiens et les nôtres sont très différentes », souligne Anthony Marchand. « Ce qui compte désormais, ce n’est pas d’avoir du vent plus fort mais un flux le plus constant ». Cette exigence de flux constant est directement liée à la performance des foils, qui nécessitent des conditions stables pour maintenir un vol optimal.

L'optimisation aérodynamique de Sodebo Ultim 3, avec la réduction de la hauteur du mât et le transfert de surface de voile, ainsi que les étraves inversées qui diminuent la prise au vent sur l'avant, illustre une compréhension plus poussée de l'interaction entre le bateau et l'air. Ces évolutions ont permis aux designers de réduire l'impact du voilier dans les vagues, tout en cherchant à maximiser la vitesse en toutes circonstances.

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