L’usage du terme « bouée » couvre un spectre technologique et récréatif extrêmement vaste. Si l’objet évoque spontanément le plaisir estival, il est devenu, par une ingénierie innovante, un rempart fondamental contre la dégradation de nos écosystèmes. Ce panorama explore les technologies de dépollution fluviale, la gestion des risques marins et la pratique sportive du tubing.
La lutte contre la pollution plastique : agir à la source
Dans un rapport publié par EarthWatch Europe, on apprend que 80% des déchets plastiques qui finissent dans les océans y arrivent via les cours d’eau qui viennent s’y jeter. Les experts estiment donc qu’il faut agir en amont, c’est à dire sur les fleuves et rivières pour tenter d’endiguer le problème. Les déchets plastiques retrouvés dans les océans sont pour la plupart des bouteilles en plastiques (14%), des emballages alimentaires (12%) et des mégots de cigarettes (9%), le reste étant des cotons tiges, boîtes alimentaires, pailles et gobelets. Chaque année, dix millions de tonnes de déchets plastiques se déversent dans les océans et les mers.
Pour tenter de lutter contre cette pollution plastique en l’empêchant d’atteindre les océans, une start-up italienne, Mold, invente un système de bouées flottantes qui redirige les déchets, mais laisse passer les bateaux et les poissons. Vanni Covol est le PDG et le propriétaire de l’entreprise Mold qui développe ce concept. Il est également propriétaire du brevet déposé River Cleaning. Grâce à son ingénieux système de dépollution des rivières, il a reçu le Leone D’Oro de Venise, un prix récompensant les meilleures innovations du pays.
Alex et Andrea Citton sont, eux, les fondateurs de River Cleaning. Ce concept se compose de plusieurs éléments flottants qui ressemblent à des bouées. Ils sont disposés en diagonale sur le cours d’eau et peuvent intercepter les déchets plastiques et les orienter sur le rivage grâce à leur système rotatif qui se trouve sous l’eau. Les bouées flottantes sont évolutives, il est possible de les adapter à la taille du fleuve, au débit ou au courant de la rivière équipée. Les bouées sont 100% autonomes et tournent grâce à la force du courant. Le dessous de la bouée forme un genre d’hélice qui, en tournant, dirige les déchets vers le rivage où ils peuvent être ramassés.
La solution étudiée est à très faible impact environnemental, modulaire et capable de s’adapter à n’importe quel cours d’eau. River Cleaning ne s’arrête pas à la lutte contre les déchets plastiques. Une autre forme de « bouée » est en cours de développement : ce nouveau système innovant permettra peut-être bientôt de procéder de la même manière qu’avec les plastiques, mais avec les huiles et carburants rejetés dans les rivières. Un Plug-in parallèle sera intégré au système original avec plusieurs possibilités. Le River Oil, c’est son nom, pourrait être un module complémentaire composé d’éponges absorbantes, ou en plus sophistiqué, un système d’aspiration et de filtration installé au centre de la bouée.
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Mécanismes locaux et systèmes de filtration urbaine
Les collectivités locales prennent très au sérieux leur responsabilité dans la lutte contre la pollution. Le long de ce canal à Corneilla-del-Vercol dans les Pyrénées-Orientales, des filets ont été installés au bout des évacuations d'eau pluviale. Élodie Labiose, responsable des espaces verts, les contrôle une fois par mois : « Dès que je vois qu'il est un peu plein, je viens le vider. On récupère l'ensemble de tout ce qui est collecté dans le piège et en amont du piège s'il est trop plein ».
L'objectif est d'empêcher les détritus de polluer nos cours d'eau. La commune en a fait installer six. « C'est notre responsabilité d'élu parce qu'une fois en Méditerranée, ça se constitue en microplastique, ça finit dans les organismes et ça revient dans la chaîne alimentaire », explique un élu de la commune. À l'origine de cette solution, l'entrepreneur perpignanais Stéphane David. Déjà une vingtaine de communes sont équipées de ses filets collecteurs d'ordures. « Il n'y a pas d'électronique, il n'y a pas d'électricité, c'est juste vraiment mécanique. C'est un filet de pêche que j'achète et j'ai appris à coudre les filets comme les pêcheurs », précise-t-il.
Pour régler le problème en amont, directement dans nos centres-villes, Stéphane David a développé une autre idée. Dans les rues passantes avec beaucoup de bars, on retrouve des mégots, des briquets et des morceaux de plastique. Des filtres antipollution sont à placer dans les grilles d'évacuation. « L'eau va couler dedans, va ruisseler et va être filtrée. À l'intérieur, on va retrouver tout ce qui était autour. Au lieu que ça parte en mer, ça reste piégé dans les paniers à valoir », poursuit-il.
Surveillance maritime et protection des infrastructures
Les bouées occupent un rôle de sentinelle technologique indispensable lors de grands travaux maritimes. Au cours de l’opération d’enfouissement de câble au fond de la mer, la société Eiffage est susceptible de remettre en suspension une quantité importante de sédiment, ce qui risque d’impacter la faune et la flore aux alentours. Un système d’alerte a été mis en place pour avertir Eiffage en cas de dépassement du seuil de turbidité et un second pour les forts courants ou la houle, assurant la sécurité des opérateurs.
Pour l’atterrage des câbles du parc éolien à Fécamp, Eiffage a contacté Nortek afin de maîtriser les conditions en mer. Pour ce projet, Nortek a fourni et déployé deux bouées Zéphyr. Ces bouées compactes et légères permettent de déployer plusieurs capteurs en temps réel. Elles sont totalement autonomes, alimentées à l’aide de panneaux solaires et transmettent les données en temps réel à l’aide d’un modem GPRS. Cette configuration a permis de mesurer un profil de courant, les vagues et la concentration en sédiment. La société Eiffage a donc utilisé ces données pour autoriser ou non la présence des équipes sur le chantier. Ces systèmes de bouées en temps réel ont été des outils précieux pour le chef de projet qui a pu superviser efficacement son chantier.
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Le tubing : quand la bouée devient embarcation de loisirs
Le tubing est une activité de plein air qui consiste à enfourcher un pneumatique ou une grosse bouée équipée de poignées, pour évoluer sur l’eau, la neige ou un sol artificiel. Il s’agit d’une embarcation individuelle qui a la particularité de flotter et de glisser. En anglais, « tube » se traduit par « chambre à air », d’où le nom de l’activité.
Les premières traces de la pratique du tubing consistent en de grosses bouées gonflables utilisées sur des lacs, en mer ou sur rivière. Le magazine LIFE a publié un article et des photos datant de 1941, qui relatent l’activité originale de certains Américains : le « river tubing » et les « floating parties ». Il s’agissait surtout de se laisser flotter à l’aide de grosses bouées individuelles.
Pour une utilisation intensive, la bouée Tubing Doonut 110 de la marque Aquadesign mesure 110 cm de diamètre. Il s’agit d’une bouée gonflable une place pensée pour la descente de rivières de classe 1 à 2 qui pourra accueillir tout utilisateur dont le poids ne dépasse pas les 90 kg. Conçue pour une utilisation intensive, cette bouée de rafting est fabriquée en PVC renforcé 1100 DTEX, ce qui la rend robuste et particulièrement résistante aux rayures, aux chocs et autres causes d’usure.
Nos bouées simples en forme de poire pour parc aquatique sont fabriquées à partir de PVC K80 très résistant. Le PVC résiste à la décoloration, aux rayons UV et au chlore. Chaque bouée est dotée d’une valve de sécurité à insertion et de 2 poignées placées à 9 et 3 heures. Le diamètre intérieur est adapté selon la taille, suffisamment grand pour s’y asseoir sans passer à travers.
La pratique sécurisée exige toutefois de la vigilance. Si la rivière et le matériel ne sont pas adaptés et sécurisés, les risques d’accident sont élevés. Pour éviter les contusions, fractures, traumatismes et même noyades, il est recommandé de pratiquer dans des portions de cours d’eau aménagées et sécurisées par des experts. L’avantage de faire appel à un organisme accrédité, c’est que la zone de tubing est vérifiée, le débit d’eau est contrôlé et un briefing de sécurité obligatoire est dispensé.
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