Qui n’a jamais rêvé de descendre une rivière sauvage, à l’écart de la civilisation ? Pas besoin de partir au Canada, c’est possible sur la Loire, fleuve le plus sauvage de France. La vallée de la Loire, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, offre un cadre exceptionnel pour des vacances. Descendre la Loire en canoë permet de découvrir cette région qui allie nature et culture d’une autre façon. À condition de bien s’y préparer, même une descente sur plusieurs semaines en autonomie est accessible aux néophytes. « Dernier fleuve sauvage d’Europe », la Loire offre un espace naturel préservé propice aux séjours itinérants en canoë ou en kayak, accessible à tous.
Présentation du fleuve
La Loire, d’une longueur d’environ 1000 km, prend sa source au Mont Gerbier de Jonc (proche du Puy en Velay) et débouche dans l’Océan Atlantique, à Saint-Nazaire. La première section de 300 km jusqu’à Roanne est technique et demande de l’expérience. En revanche, à partir de Roanne, la navigation est relativement facile sur 700 km jusqu’à l’embouchure. Il faut compter 3 à 4 semaines pour parcourir l’intégralité de cette deuxième partie. Comptez 15 à 30 kilomètres par jour selon votre embarcation, le courant et votre condition physique.
Préparation et documentation
Pour une descente en toute sécurité, il est important de connaître à l’avance certaines informations. Le guide « La Loire vue du fleuve » de Jean-François Souchard (éditions Le Canotier) est à ma connaissance le seul guide disponible actuellement. Il est assez complet avec une introduction donnant de bons conseils généraux et décrit l’itinéraire secteur par secteur à l’aide de cartes et d’un descriptif bien détaillé. Il vous indique entre autres : les obstacles à la navigation, les éventuels dangers, les points de mise à l’eau avec position GPS, les campings, les agglomérations et les gares.
Concernant la cartographie, l’idéal serait d’avoir une série de cartes IGN (TOP 25 série bleue) mais il en faudrait un paquet pour couvrir tout l’itinéraire. Optez donc plutôt pour un GPS avec cartographie, ou pour une application comme Iphigénie ou Openrunner pour les visualiser sur un smartphone. Je vous conseille dans tous les cas d’avoir des cartes papier pour avoir une vue d’ensemble de votre parcours. Pour cela vous pouvez opter pour la série d’IGN TOP 100.
Choisir son embarcation
Le choix de l'embarcation dépend de votre projet et de votre expérience :
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- Canoë : Embarcations ouvertes pouvant accueillir 1 à 4 personnes. C’est une bonne option, surtout si vous êtes en famille. Ces embarcations ne craignent pas trop l’échouement et peuvent franchir les passages délicats assez facilement. En revanche, ils ont une prise au vent importante.
- Kayak : C'est une bonne option si la vitesse est un critère important pour vous. Privilégiez les kayaks fermés pour la performance ou les « sit-on-top » pour la polyvalence et la sécurité en cas de chavirage.
- Canoë/Kayak gonflable : Ces bateaux sont lents, par contre ils tolèrent bien l’échouement et passent très bien les passages délicats. L’un de leurs gros avantages est que vous pouvez les transporter dans le train ou le bus.
- Kayak pliant : Bien que ce soient de super bateaux, ils ne sont pas vraiment adaptés à la Loire car assez fragiles face aux échouements.
Organisation du bivouac et ravitaillement
Le bivouac sauvage ne pose pas de problème, vous serez souvent seul au monde. La recherche d’un bon bivouac peut prendre un peu de temps dans certaines parties, mais on finit toujours par trouver un coin sympa. Attention de remonter assez haut sur la berge pour planter la tente et ne laissez pas votre embarcation au ras de l’eau. Il est strictement interdit de se positionner sur les îles où vous apercevez des oiseaux, ainsi que sur les îles à proximité afin de ne pas les effrayer.
Pour le ravitaillement, vous pouvez vous ravitailler facilement au moins tous les 2 à 3 jours dans les villes et villages qui se trouvent le long du fleuve. Concernant l’eau potable, vous pouvez emporter un stock, mais cela alourdit votre chargement. Opter pour un filtre à eau (type Katadyn ou Sawyer mini) permet d’être complètement autonome.
Sécurité et navigation
La règle la plus importante est de bien anticiper le passage des ponts et des quelques passages délicats. Dans le doute, débarquez à terre pour aller repérer le passage. Il y a parfois des barrages infranchissables où le portage est obligatoire. Soyez toujours vigilant : dans certaines sections, de nombreux troncs d’arbres se cachent juste sous la surface. La force du courant est variable ; ne minimisez pas sa force, il est souvent plus fort que ce que l’on croit.
Les rivières sont classées de I à VI en rapport avec les difficultés de navigation. Pour une descente itinérante avec bagages, nous vous conseillons une portion de la Loire qui ne dépasse pas une classe II. La classe I correspond à une navigation facile, avec des accélérations de courant, des choix de bras entre des îlots, des bancs de sable ou des piles de pont. La classe II permet des évolutions entre branches et troncs d’arbres et la négociation de petits seuils.
Logistique et transports
Le problème principal d’une descente de rivière, c’est que l’on part d’un point D et qu’on arrive à un point A. Plusieurs options s'offrent à vous :
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- Laisser un véhicule au point de départ et, arrivé à l'arrivée, un coéquipier prend le train pour récupérer le véhicule.
- Venir en train ou en bus si vous avez une embarcation gonflable.
- Faire appel à un loueur qui vous amène au point de départ et vous récupère à votre point d’arrivée.
Si vous passez par notre base de St Père sur Loire, la prise en charge comprend la signature des contrats, la mise à disposition du matériel et un briefing de 10 à 25 minutes sur les positions sur le bateau, la pagaie, les règles de sécurité et les lieux de bivouac. Une navette en minibus vous remonte ensuite sur le point de départ situé en amont de Sully sur Loire. Notez que les réservations des randonnées étant plus complexes à placer sur notre planning, elles ne sont pas faisables en ligne durant la pleine saison.
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