La marque Bic, omniprésente dans notre quotidien à travers ses stylos, briquets et rasoirs, s'est également taillée une place de choix dans l'univers nautique, notamment celui de la planche à voile et du windsurf, où elle est un leader mondial. Cette incursion dans le monde de la voile légère s'est manifestée de manière significative avec le lancement de l'Open Bic, un dériveur qui a su bousculer les codes établis. L'histoire et les caractéristiques de ce type de bateau, ainsi que les lieux emblématiques de leur pratique comme la Baie du Pouliguen, reflètent une évolution constante de la voile, entre tradition et innovation, entre sport d'élite et démocratisation.
L'Open BIC: Un Dériveur Révolutionnaire pour les Jeunes Marins
L'arrivée sur le marché de l'Open Bic a été perçue comme une véritable "divine surprise" dans le paysage de la voile légère. Proposer un bateau en concurrence directe avec l'Optimist, une icône de l'initiation nautique depuis des décennies, témoigne d'une audace remarquable. Les concepteurs de l'Open Bic ont osé se lancer sur le marché du dériveur avec pour objectif d'ouvrir une brèche dans le monopole de l'Optimist. Pour certains esprits, un bateau conçu il y a plus de 50 ans ne peut plus répondre aux besoins des jeunes qui découvrent la voile au XXIe siècle.
L'Open Bic se présente avant tout comme un dériveur solitaire pour les jeunes, affichant un style résolument moderne. Sa coque planante rappelle clairement l'univers des skiffs, permettant ainsi aux plus jeunes de découvrir en toute simplicité les sensations de planning, totalement inaccessibles à bord d'un Optimist. La carène à bouchain de l'Open Bic apporte à la fois performance et stabilité. Un autre atout majeur est son cockpit autovideur, une caractéristique non seulement rassurante pour les jeunes qui débutent en voile, mais qui rend également totalement superflue l'utilisation fastidieuse de l'écope en navigation. En effet, il suffit d'assister à une régate d'Optimist, avec tous ces jeunes marins affairés à vider leur bateau, pour comprendre qu'une amélioration était nécessaire dans le royaume de la voile légère.
Au-delà de sa coque, l'Open Bic se distingue par un gréement moderne, rappelant que la livarde est un espar dont la place devrait être réservée aux rassemblements de vieux gréements. Les bateaux d'initiation et de compétition destinés aux jeunes se caractérisent souvent par la pauvreté de leur accastillage. Dans le cas de l'Open Bic, il n'en est rien : le mât est léger, les poulies fonctionnent avec fluidité, et les appendices sont fabriqués à partir de matériaux modernes, dont certains dériveurs plus grands pourraient s'inspirer. Cette approche vise à éviter de former des générations de masochistes ayant fini par oublier que la voile est avant tout synonyme de plaisir, de sensations et de glisse, et non d'une séance de torture.
Lancé il y a plusieurs années, l'Open Bic affiche des résultats prometteurs. La puissance de Bic Sport, l'entreprise derrière ce dériveur, a permis d'implanter le bateau dans de nombreux pays, et des épreuves internationales ont déjà eu lieu. Grâce à des partenariats intelligents, un projet marketing global et une politique de renouveau souhaitée par la Fédération Française de Voile (FFV) en matière de dériveurs, de nombreux clubs ont investi dans ce support, et les premiers retours sont plus qu'enthousiastes. La revue britannique "Yachts and Yachting", une référence dans le domaine de la voile légère, a fait tester l'Open Bic par de jeunes coureurs issus de plusieurs séries utilisées pour la découverte de la voile et de la régate en Angleterre. Les commentaires ont été sans compromis et unanimement enthousiastes. C'est la preuve qu'il existe encore une place, même sur ce créneau, pour un dériveur en adéquation avec l'esprit et les valeurs contemporaines. Au registre des critiques, l'Open Bic reste globalement lourd par rapport à son concurrent direct chez les modèles modernes, le RS Tera. Pour ceux qui cherchent à acquérir un tel bateau d'occasion, des plateformes spécialisées permettent de trouver des Open Bic et de publier des annonces.
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La Baie du Pouliguen et la Pratique de la Voile: L'Exemple du Cercle Nautique
L'écosystème de la voile légère ne se limite pas à la conception des bateaux, mais aussi à leur lieu de pratique et d'apprentissage. La Baie du Pouliguen, un site majeur du littoral français, est un vibrant exemple de cette dynamique. Le Cercle Nautique, acteur clé de la Baie du Pouliguen, offre de nombreuses activités tout au long de l'année. Ce club historique, figurant dans le top 10 français, est reconnu comme un "formidable incubateur à champions". Il propose des stages et des cours adaptés à tous les niveaux et tous les âges, depuis les "Mousaillons" de 4 et 6 ans jusqu'aux sportifs confirmés. L'équipe du club est décrite comme "très sympa" et l'ambiance "décontractée et sportive", faisant de cet endroit "une très bonne école de voile" avec des "moniteurs compétents et sympathiques".
La flotte du club est équipée de nombreux supports modernes, y compris des bateaux sur foils, permettant aux pratiquants de "voler sur la baie". On y trouve des catamarans comme le Flying Phantom, des dériveurs comme le Birdyfish, et même des équipements pour la Wingfoil. Ces offres, qu'il s'agisse de cours particuliers ou de stages, répondent aux besoins variés des navigateurs. Le club organise également de "nombreuses régates" tout au long de l'année, pour tous les goûts, âges et niveaux, invitant chacun à participer en tant que navigateur ou bénévole. L'expérience y est souvent qualifiée de "super" par les participants, même pour une "première expérience de vol géniale". La convivialité et le professionnalisme sont des maîtres mots, attirant tant les vacanciers que les habitants pour le plaisir de la navigation.
L'Émergence des Dériveurs Modernes d'Initiation et de Perfectionnement
En parallèle de l'Open Bic, d'autres dériveurs modernes ont vu le jour, répondant à des besoins similaires de formation, de régate junior ou de loisir familial. Ces bateaux illustrent une volonté de renouveler les flottes et d'offrir des sensations de glisse adaptées aux attentes contemporaines.
Le RS Feva est un dériveur "incontournable" pour les jeunes régatiers, les écoles de voile et les particuliers. Il est difficile de lui trouver des défauts. Son postulat est limpide : pour la tranche d'âge des 10-14 ans, la priorité est la découverte du jeu de la régate, et la hiérarchie ne doit pas se baser uniquement sur la maîtrise technique de la navigation. Construit en polyéthylène, ce bateau est superbement accastillé. Doté d'un circuit de régates juniors en Angleterre et en Europe, il a été reconnu comme classe internationale par l'ISAF. Il a également été choisi par des écoles de voile françaises, réputées pour leur intransigeance. De nombreux particuliers investissent dans ce bateau pour découvrir la voile ou s'y remettre en famille. Certaines écoles de voile intéressées par le Feva souhaitaient adapter des voiles en dacron plutôt que de conserver les voiles standard en mylar. Son principal "défaut" réside dans le fait qu'à mesure que les enfants grandissent, il faut envisager un bateau plus long.
Le Laser Vago, après plus d'un an de gestation et de mise au point à partir d'un prototype réalisé en polyester, a été lancé par Laser. L'attente en valait la peine. Ce "véritable mini-skiff", avec sa carène à bouchain, son avaleur de spi, son cockpit autovideur, sa grand-voile lattée en mylar, son spi asymétrique et son trapèze, représente un support idéal pour les écoles de voile ou les propriétaires recherchant un bateau facile d'entretien pour le loisir et les vacances, tout en procurant de réelles sensations. Sa "douceur de barre" a été particulièrement remarquée par ceux qui ont navigué dessus. Le Laser Vago a permis à Laser de concurrencer les constructeurs français spécialisés dans ce type de bateau. Plus grand et plus cher que le Topaz Tres ou le RS Feva, il s'adresse à un public plus large. Après quelques années sur le marché, le Laser Vago est de plus en plus présent dans les écoles de voile et les clubs, et il est utilisé avec succès en France pour les championnats adultes en flotte collective.
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Le Topper Xenon, lancé en 2005, a été la réponse de Topper au Laser Vago. Plus grand et plus accueillant que le Vago, il n'est pas sans rappeler les bateaux collectifs comme la Caravelle, qui ont rendu de grands services dans les années 60 et qui, en France, ont été quelque peu oubliés. Sa jolie carène est associée à un plan de voilure signé Hyde, parfaitement réalisé, et à un accastillage performant. Les performances du bateau sont bonnes, et les sensations qu'il procure offrent un premier aperçu de ce que sont les skiffs. Un léger regret concerne la taille du spi, jugée un peu faible. Ce constructeur semble avoir atteint une qualité de construction équivalente à celle de Laser, souvent considérée comme une référence en la matière.
Les Piliers de la Voile Légère: Dériveurs Olympiques et Classes Historiques
L'évolution de l'Open Bic et de ses contemporains s'inscrit dans une histoire plus vaste de la voile légère, jalonnée par des dériveurs devenus iconiques, certains atteignant même le statut olympique. L'ingéniosité des architectes et la recherche constante de performance ont façonné un panorama nautique riche et diversifié.
Le 470, ou "Quat'sept" comme l'appellent ses pratiquants, est une figure emblématique de cette histoire. Conçu par l'architecte-régatier nantais André Cornu (1912-2003) en 1962, il est devenu olympique en 1976 et l'est resté depuis, prouvant ainsi la qualité exceptionnelle de sa carène. Aujourd'hui, il est le support le plus ancien en voile olympique. Mesurant 4,70 m de longueur (d'où son nom), 1,70 m de maître-bau et 1,15 m de tirant d'eau, avec un déplacement de 120 kg, il arbore une grand-voile de 8,75 m² et un foc de 3,85 m². Le premier exemplaire a été produit en 1963 par le chantier Jean Morin à Pessac (Gironde). Le 470 est un bateau équilibré, un "juste milieu" selon les voileux, qui accepte des régatiers aux gabarits variés et requiert davantage de stratégie et de tactique que de pure force physique. Il accueille désormais des équipages mixtes, comme celui de Camille Lecointre et Jérémy Mion qui représente la France. André Cornu, l'ingénieur des chantiers de la Loire et auteur de "Vent d'Ouest" (un petit quillard), a également présidé le SNO (Société Nautique de l'Ouest) de 1975 à 1988, un club de voile réputé basé sur l'Erdre. Tandis que les foils font leur apparition sur d'autres séries olympiques, le 470 fait "de la résistance, avec bonheur", témoignant de sa pertinence durable.
Le Laser est un autre dériveur monocoque, lancé en 1970, qui a marqué son époque. Avec une longueur de 4,23 m, un maître-bau de 1,42 m, il peut être équipé de différentes voiles : 7,06 m² (ILCA 7 standard) ou 5,7 m² (ILCA 6, radial). Au début des années 2000, ses coques ont été affinées, confirmant sa reconnaissance en tant que "série internationale, solide et simple". Le premier Championnat du Monde a eu lieu aux Bermudes en 1974. La série Laser est devenue un pilier de la voile de compétition.
Le Finn, une série olympique depuis 1952, est un dériveur monocoque conçu en Suède en 1949. Il mesure 4,50 m de longueur, 1,51 m de maître-bau, avec un déplacement minimum de 116 kg, et était à l'origine construit avec des bordés classiques en acajou. En 1972, c'est le Français Serge Maury qui a remporté la Médaille d'Or aux Jeux Olympiques à bord d'un Finn.
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Le 420, qui tire son nom de sa longueur de 4,20 m, est un dériveur d'entraînement pour la jeunesse et de régate, dont le lancement a eu lieu en 1958. Ses dimensions incluent un maître-bau de 1,63 m, un tirant d'eau de 0,97 m, une grand-voile de 7,5 m² et un foc de 2,8 m².
Le Vaurien, souvent cité comme le "premier dériveur à connaître une diffusion de masse", a été lancé en 1951. Le prototype 001, baptisé "L'Embroche", est sorti cette année-là. Conçu par les architectes Alex Byran et Cortlandt Heyniger, il affichait des dimensions modestes : longueur de 3,67 m, maître-bau de 1,55 m et une grand-voile de 6,5 m². En 1953, son prix était "très abordable", équivalent à deux fois celui d'une bicyclette, contribuant grandement à sa popularité et à son accessibilité. Le Vaurien était considéré comme un bateau venu d'un "monde nettement trop prolo et trop dissident" par certains, mais il a joué un rôle crucial dans la démocratisation de la voile.
La Caravelle, un autre dériveur collectif populaire, a été lancée également en 1951. Avec une longueur hors tout de 4,2 m, un maître-bau de 1,2 m et un déplacement de 59 kg, elle a rendu de "grands services dans les années 60". Le Topper Xenon, lancé en 2005, est parfois désigné comme "une Caravelle moderne", rappelant ainsi son rôle d'antan.
Le 505 est un dériveur performant lancé vers 1954. C'est un "bateau fortement toilé", avec une voile au près d'un peu plus de 16m². Ses caractéristiques incluent une longueur de 4,98 m, un bau maximal de 1,715 m, et une grand-voile de 9 m² (puis 10,15 m²) complétée par un foc de 4,30 m².
Le Fireball, lancé en 1962, est un dériveur dont les dimensions sont une longueur de 4,938 m, un maître-bau de 1,371 m, un déplacement de 80 kg, une grand-voile de 10 m² et un foc de 3,25 m².
D'autres embarcations méritent d'être mentionnées pour leur contribution ou leur spécificité, telles que le 49er, un skiff olympique moderne lancé en 1996, avec une longueur de 4,876 m, un déplacement de 74,25 kg, une grand-voile et foc de 21,2 m² et un spi de 38 m². Le Sunfish/Sailfish, dont les débuts remontent à 1948, représente également une lignée de dériveurs de plage largement diffusés.
L'Évolution des Concepts et des Matériaux: De l'Acajou au Polyéthylène
L'histoire des dériveurs est intrinsèquement liée à l'évolution des techniques de construction et des matériaux, passant des charpentes traditionnelles aux composites modernes. Ces avancées ont permis d'améliorer la performance, la durabilité et l'accessibilité des bateaux.
Initialement, de nombreux dériveurs, à l'instar du Finn, utilisaient des "bordés classiques en acajou", une méthode de construction traditionnelle. Cependant, dès 1953, les "voiles en coton sont remplacées par du Tergal", marquant une première étape vers les matériaux synthétiques pour les gréements.
L'innovation matérielle s'est accélérée, notamment avec l'introduction du polyéthylène, un matériau robuste et nécessitant peu d'entretien. Le RS Feva, par exemple, est "construit en polyéthylène" et "superbement accastillé". Le Laser Vago a également bénéficié de ce matériau, avec un prototype initial réalisé en polyester avant le passage à la production en polyéthylène. Cette transition a permis de créer des bateaux "solides" et "simples", capables de supporter les rigueurs de l'apprentissage et de la régate intensive en club.
Au-delà des matériaux, la conception des coques a également évolué. Les "coques affinées" du Laser dans les années 2000, les "carènes à bouchain" de l'Open Bic et du Laser Vago, et les "cockpits autovideurs" sont des innovations qui ont amélioré la performance, la stabilité et le confort d'utilisation. Le gréement a également connu des transformations majeures, avec l'adoption de "gréements modernes", de "spis asymétriques" et de "trapèzes", qui offrent de nouvelles sensations et possibilités tactiques. L'apparition des foils, "ces ailerons aux formes incurvées qui permettent de faire décoller les bateaux de l'eau", sur certaines séries olympiques (planche à voile, kite, catamaran Nacra 17), témoigne de la recherche constante de vitesse et de nouvelles expériences de glisse, poussant les limites de la technologie nautique.