La navigation côtière pour quatre personnes représente une aspiration profonde pour de nombreux passionnés de la mer. C'est un projet qui mêle l'appel du large, le besoin de liberté et, parfois, une volonté de sortir des sentiers battus, quitte à devenir un "sacré fada" pour se lancer dans une construction amateur ou la remise en état d'une unité ancienne. Il est pourtant indispensable de se préparer sérieusement à cette aventure. La procrastination peut venir à bout d’une passion naissante, et vous criez peut-être partout que vous n’avez plus le choix, que vous devez absolument naviguer.
L'accessibilité financière comme premier critère
Si vous cherchez un voilier, j’ai toujours à l’esprit que le bon voilier est d’abord celui que l’on peut s’offrir. Le plaisir de posséder un voilier sera vite gâché s’il vous impose de trop gros sacrifices. L’avantage numéro un des petits voiliers habitables réside donc dans leur accessibilité financière. Il n’est pas si difficile en effet de dénicher un tel bateau prêt à naviguer pour environ 5000€. Bien sûr vous n’aurez pas à ce prix tout le confort des unités récentes.
Il est d’ailleurs vital de ne pas négliger le coût de la mise en état d'un voilier, qui peut monter bien plus vite que prévu. Parfois il vaut mieux mettre tout de suite plusieurs milliers d’euros dans un voilier d’occasion qu’en récupérer un gratuitement. Par ailleurs, le coût de la place de port se détermine en fonction de la surface occupée. Imaginez ce que représente l’entretien d’un catamaran de 40 pieds par rapport à une petite unité.
La simplicité au service du plaisir
Naviguer sur des petits voiliers, c'est privilégier la maniabilité et la sérénité. Plus facile, car vous manœuvrez sans crainte de vous tromper ou de vous faire mal. Plus simple car vous pouvez sortir en solitaire ou à deux bien plus facilement. Plus rapide car faute d’autonomie et d’espace, vous limiterez votre équipement et votre avitaillement à l’essentiel. D’ailleurs il est fort probable que vous privilégiez des sorties plus courtes qu’avec un grand voilier, à la journée essentiellement. Le tout sans la moindre culpabilité de ne pas en faire plus.
D’habitude, on considère ce fait comme un handicap : les voiliers de petit gabarit mouillent plus vite leurs équipages. Pourtant, avec 10 nœuds de vent seulement, vous glissez sur l’eau avec grâce et légèreté, virevoltant autour des grosses unités qui avancent encore au moteur. Au-delà de 20 nœuds, vous goûtez aux sensations du large alors que vous n’êtes qu’à 6 milles d’un abri. Comme nous l’avons vu plus haut, vous n’envisagez pas encore de longue et ennuyeuse traversée. En plus si le temps se gâte vraiment, il ne vous coûtera pas bien cher de laisser votre monture dans l’un de ces petits ports et de revenir plus tard la chercher.
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La philosophie de la randonnée nautique
La randonnée nautique est une culture. Naviguer sur des petits voiliers transportables, en mode camping, c’est revendiquer une pratique de la voile où la navigation est en symbiose avec les éléments, la nature, la faune et la flore. Vous pourrez naviguer et découvrir de nombreux plans d’eau, aux quatre coins de la France, et de l’Europe. À vous la découverte des côtes bretonnes et des lacs de Savoie, en passant par les canaux polonais.
Pour naviguer en mode randonnée nautique, il faut bien choisir son bateau. La randonnée nautique ne peut s’envisager qu’en voilier transportable, car cet esprit de liberté ne peut aller qu’avec la liberté de naviguer où vous voulez et quand vous voulez. Mais attention, il doit être réellement transportable. Dans le même temps, ce voilier doit être équipé d’un lest mobile. En effet, comment pourrez-vous venir au plus près des côtes avec 1,50 m de tirant d’eau ? Et comment beacher sur une plage avec un quillard ?
Conception de l'aménagement et impératifs techniques
Côté confort, il y a deux aspects : l’intérieur du bateau, mais aussi l’extérieur. À l’extérieur, comme nous sommes sur des petits bateaux, nous sommes souvent exposés. Il ne faut donc pas se marcher dessus et avoir de l’espace. J’estime que le cockpit doit être plus spacieux que la cabine. Aujourd’hui, la tendance est plutôt à vouloir intégrer le plus de confort dans la cabine, au détriment du cockpit, et du pont. C’est une erreur. À l’intérieur, plus simple, mieux c’est. Plus c’est épuré, mieux c’est. L’idée est de pouvoir, ensuite, envisager à moindre coût, un aménagement personnalisé, un peu dans l’idée des vans.
Enfin, pour la navigation en raid nautique, il est indispensable de posséder un bateau simple et marin. Quand je dis simple, cela signifie que le voilier doit être simple à manœuvrer et surtout très vivant. L’objectif est de pouvoir remonter des rias et rivières en faisant beaucoup de manœuvres. Évitez alors les voiliers aux réglages trop fins qui demandent d’être partout en même temps. Votre bateau doit donc être costaud et supporter quelques petits chocs sans être obligé de l’envoyer au chantier à chaque fois.
Panorama des voiliers adaptés au programme
Il existe des modèles emblématiques qui répondent merveilleusement bien à ce programme. Le First 18 est un tout petit voilier de 5,50m. Ce petit voilier de la classe Micro, produit par le chantier Bénéteau de 1970 à 1980, a connu un succès énorme avec plus de 1000 bateaux construits. Ce plan Finot est un excellent voilier, marin, stable et sécurisant. Pour faire de la randonnée nautique, le First 18 est sans doute le meilleur voilier dans sa taille.
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Le First 210 est entré dans la légende de la voile, aux côtés des Muscadet et autres Corsaire. Lui aussi dessiné par l’architecte naval Jean-Marie Finot, il a été produit à plus de 1400 exemplaires. Ce succès est justifié au vu des qualités marines du bateau. Le First 210 est facile à naviguer, marin, costaud et, en plus, véloce. Il est très sécurisant, quelles que soient les conditions météo. L’intérieur est aéré et simple à entretenir.
Le Sun 2000 est un petit voilier qui a connu beaucoup de succès, produit à 1200 exemplaires de 1999 à 2015. Dessiné par Olivier Petit, c’est le bateau idéal pour naviguer en famille. Il est sécurisant, stable et très facile à manœuvrer. Son cockpit est un modèle du genre : le maître-bau du voilier étant très en arrière, le cockpit est très large et spacieux. Le Sun 2000 a longtemps été vu comme le concurrent du First 210, bien que cette comparaison puisse être débattue.
Le Brio, construit par Jeanneau à partir de 1979 et produit à plus de 1000 exemplaires, s’adapte merveilleusement bien au programme de randonnée nautique. Le Brio est un voilier marin et très costaud. L’Edel 6, aussi appelé Edel 660, est un voilier construit de 1975 à 1985. Symbole de la plaisance populaire, il a été dessiné par Maurice Edel, connu pour être un petit génie pour imaginer des détails pratiques. L’intérieur de l’Edel 660 ressemble à un aménagement de petit van, jusqu’au pavillon relevable, au pied de la descente.
L'alternative du dériveur transportable : le cas du Tiwal 3
Pour ceux qui privilégient la mobilité absolue, le dériveur gonflable Tiwal 3 représente une option moderne. Rangé dans votre coffre de voiture, il vous accompagne dans un océan d’aventures. Facilement transportable, il tient dans 2 sacs pour un total monté de 52 kg. Il permet d'embarquer 2 adultes, ou 1 adulte et 2 enfants, avec une charge maximale de 200 kg.
Le montage est rapide et intuitif, réalisable en 20 minutes sans outil ni connaissances particulières, à l’aide de simples clips et sangles agrippantes. Il apporte une nouvelle ergonomie aux dériveurs avec sa coque gonflable, son pont dégagé, des commandes simplifiées et enfin une voile sans bôme. La combinaison innovante d’une coque gonflable à une structure aluminium lui confère une rigidité exceptionnelle, faisant de lui un bateau éprouvé, fabriqué en France selon des standards industriels exigeants.
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Les voiles du Tiwal 3 sont conçues pour naviguer par tous les temps : la voile de 7 m² est puissante, celle de 5,20 m² est polyvalente, et la voile arisable 7/5,20 m² permet de s'adapter en continu à la force du vent. Si le temps change, il suffit de faire un stop sur une plage pour obtenir une surface de voile optimale. Il ne s'agit pas ici de confort intérieur, mais d'une expérience de navigation pure, en symbiose avec le vent et l'eau.
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