Guide complet : Comment débuter en windsurf foil

Le windfoil, ou planche à voile foil, est le prolongement de la discipline qu’est la planche à voile par l’ajout d’un appendice sous la planche : le foil. Le tout crée un ensemble dit hydroptère, c’est-à-dire qui n’est plus en contact direct avec le plan d’eau. Vous vous élevez dans les airs du fait du phénomène de portance apporté par le foil. Véritable renouveau de la pratique, le foil vient moderniser un sport qui a même permis le retour de certains kiteurs au windsurf/windfoil. Le foil se présente comme l’avancée majeure de ces dernières années dans le monde des sports nautiques. Toutes les disciplines s’y sont mises, et la planche à voile ne fait pas exception à la règle. Outre des considérations purement techniques, le windfoil offre une glisse plus douce et apaisée que son cousin windsurf, en s’affranchissant du clapot du plan d’eau. Il permet également de faire une session même avec très peu de vent et dans un silence de cathédrale.

L'apprentissage : un parcours progressif

Thomas, papa de deux enfants et touche-à-tout sportif, a franchi la porte du Dunkerque Flying Club pour tester ce sport. Voici le récit de son parcours d’apprentissage, structuré en séances de 2h30.

1ère séance : sentir le vent sur la plage« Je démarre sur la plage et j’apprends simplement à me diriger avec la wing (la voile). C’est important car la voile se plante dans le sable et je réapprends à sentir le vent. J’ai ensuite appris à glisser sur le sable avec une voile à l’aide d’un “speedsail”, un skate géant. Il m’a fallu une trentaine de minutes pour être à l’aise et changer de sens. C’est très progressif. » Le conseil de Thomas : « Prendre des cours à l’endroit où vous êtes susceptible de pratiquer par la suite pour vous habituer aux courants, aux vents, aux spécificités de la mer… »

2ème séance : le simulateur de foil« Un bateau me tracte avec une barre comme en ski nautique. J’ai donc le foil mais pas la voile. La première étape de cette séance est d’essayer de rester sur sa planche et se stabiliser à genoux puis de faire lever la planche. C’est loin d’être évident car la planche est petite. Il faut s’imaginer le foil comme une planche à repasser à laquelle on a retiré un pied. Je me fais des repères imaginaires pour le placement des pieds. Puis je tente la même chose debout. Quand je lève le foil, il faut à nouveau le stabiliser en gérant son inclinaison. Sinon, je pique directement dans l’eau. Après quelques belles gamelles et de très nombreux essais, j’ai réussi à voler, à planer pour la première fois debout. J’ai senti une légèreté et une sensation de bien-être. Si agréable que je me suis jeté à l’eau… » Le conseil de Thomas : « Je recommande vivement la combinaison pour ne pas avoir froid ».

3ème séance : glisser sur l’eau avec une voile« Lors de cette troisième séance, j’ai ajouté la wing (l’aile) en étant sur l’eau pour la première fois, mais sur un paddle. Il permet davantage de stabilité car il n’y a pas de foil. J’ai pu prendre mes marques sur le changement de direction et la maîtrise de la voile en mer. »

4ème séance : la wing et le foil réunis« Enfin, pour la dernière séance, je pars en mer avec la wing et le foil. Le but, dans un premier temps, est de maîtriser la navigation pour ensuite tenter de planer. Cette deuxième phase a mis plus de temps à arriver. Mais à force de répétition, je me suis senti de plus en plus à l’aise. Je remontais plus facilement. Et pour la première fois, j’ai réussi à me lever en wing foil complet. Mon premier envol en quatre séances. Les sensations sont incroyables et j’ai encore du mal à les décrire. »

Thomas fait le bilan de ces quatre premières séances : « au départ, je pensais que j’étais trop mauvais et que je n’y arriverai pas. Dès la session suivante, je voyais les progrès et me sentais de mieux en mieux. Ce que je retiens c’est qu’il s’agit d’une pratique qui demande de la rigueur et du travail et qu’elle est plus accessible qu’il n’y paraît. »

Comprendre le matériel et ses réglages

La première erreur que font les gens est de commencer avec un vent trop faible, en pensant que le windfoiling est l’arme parfaite pour voler à 5 nœuds. Alors que 5 nœuds n’est pas assez pour un débutant, il devient très technique de voler à moins de 10 nœuds, en particulier la partie de pompage pour générer assez de puissance pour démarrer. Les meilleures conditions météorologiques pour démarrer sont un vent régulier de 12 à 15 nœuds avec de l’eau plate.

Pour comprendre les différences entre les marques, il est essentiel de connaître les différentes caractéristiques et pièces qui composent un foil de windsurf. Gage de qualité et surtout de recherche et développement, vous pourrez trouver des foils d’entrée de gamme en alu (à privilégier pour les débutants), et des foils haut-de-gamme en carbone. Le foil vient se placer sous la planche de windsurf. C’est un morceau de carbone (ou d’aluminium ou encore de fibre de verre), avec des ailes, suspendu à l’arrière de votre planche.

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Concernant la voile, vous pouvez voler avec n’importe quel type de voile. Elle fonctionnera tant que vous pourrez générer suffisamment d’énergie pour que le foil pousse votre planche vers le haut et hors de l’eau. De plus en plus de marques ont développé des voiles spécifiques pour le windfoiling. L’idée de ces voiles est de voler le plus rapidement possible, avec beaucoup de puissance générée par un pompage efficace, et de rendre la navigation confortable en améliorant la stabilité par temps rafaleux. Nous vous recommandons de commencer à voler avec une voile relativement petite de 5 à 6 m et une vitesse constante de 12-15 nœuds. Elle vous semblera plus légère et plus maniable qu’une voile de 10 mètres ce qui vous aidera à apprendre plus rapidement.

Conseils techniques pour le débutant

Il est conseillé d’être relativement à l’aise en windsurf avant de se lancer en windfoil. Cependant, même avec un très bon niveau et une bonne maîtrise du planning, vous n’échapperez pas à quelques gamelles. En effet, le foil va modifier votre perception de la navigation et l’utilisation de vos appuis. Une fois votre foil fixé à votre planche, lancez-vous comme en planche à voile classique avec un vent de travers. Faites attention à la profondeur de votre plan d’eau histoire de ne pas écorcher votre matériel. Pour vous faciliter la chose, partez légèrement au large. Insérez votre pied avant dans le strap prévu à cet effet. Tendez la jambe et bordez votre voile. Une fois que vous avez pris un peu de vitesse, reculez votre pied arrière et placez-le sur le pad. Restez droit sans vous pencher en arrière et essayez de ressentir le fonctionnement du foil sous votre pied arrière.

En prenant de la vitesse vous allez sentir votre planche décoller. C’est votre appui arrière qui va vous permettre de gérer l’effet du foil. Alternez appuis jambe tendue et fléchissements pour jouer avec l’effet de portance. Plus vous appuyez sur votre jambe arrière plus vous allez vous élever. Une fois ce schéma de montée/descente acquis, essayez de vous stabiliser en l’air. Pour cela il vous faudra, après avoir pris de la hauteur, transporter très légèrement votre poids vers l’avant. La technique pour réaliser un virement de bord est sensiblement la même qu’en planche à voile. Gardez une vitesse modérée, décrochez-vous du harnais, appuyez sur vos talons pour faire remonter votre planche au vent et relâchez afin que votre windfoil reprenne contact avec le plan d’eau.

Sécurité et préparation

Avant d’aborder la question du matériel, il est important de rappeler que, comme la planche à voile, le windfoil est une discipline qui implique des chutes. Elles se font d’ailleurs de plus haut qu’en windsurf classique. Munissez-vous au moins d’un casque et d’un gilet rembourré, voire de bottillons afin de prévenir tout contact avec le foil. En cas de chute, essayez de ne pas vous désolidariser du wishbone. Cela réduira vos risques de venir heurter votre matériel. L’hydrofoil est relativement solide et acéré. Il est conseillé aux débutants de se lancer d’abord sur un mât court, souvent autour de 75 centimètres.

Quant à la planche, privilégiez un flotteur court mais surtout le plus large possible à l’arrière ! Il vous apportera de la stabilité à l’envol. Équipez-le (si ce n’est pas déjà le cas) d’un boîtier de type deep tuttle sur lequel vous viendrez fixer votre foil. Pour le choix du matériel, n'allez pas massacrer une board neuve inutilement car il y aura des crashs au début. Évitez les technologies carbone, vous allez tomber, si vous devez mettre le paquet quelque part, c’est sur la qualité du foil.

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En prémisse à l’initiation, il est vital d'avoir un stab bien réglé. N’oubliez pas que vous êtes désormais aux commandes d’un mini planeur et non plus d’une board de windsurf. Le stab doit être neutre ; si trop cabreur, dès que vous accélérerez un peu, vous aurez une portance énorme qui vous éjectera même en mettant tout votre poids sur le strap avant. Trop piqueur, et vous serez constamment en appui pied arrière inconfortable. Le rake, quant à lui, donne une inclinaison en l’air à votre planche. Par sécurité, au début, on met un peu d’angle de rake positif. Sachez juste que si vous mettez trop d’angle positif, en pré-planning, l’avion sous l’eau sera lui du coup à un angle descendant par rapport à la parallèle à la surface de l’eau et tirera de l’eau en pré-planning en retardant ce dernier.

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