La plongée sous-marine offre une opportunité unique d'explorer la faune et la flore marine. Cependant, cette pratique exige une vigilance constante quant à la sécurité, et un aspect fondamental souvent sous-estimé est la qualité de l'air respirable contenu dans les bouteilles de plongée. Sans l’entremise de ces bouteilles, qui nous offrent la possibilité de respirer sous l’eau, nous n’aurions pas l’opportunité d’admirer le monde subaquatique. Il est crucial de comprendre que les risques associés à une qualité d'air compromise peuvent avoir des conséquences graves sur la santé et la sécurité du plongeur, allant de malaises légers à des situations d'urgence vitales. Mieux vaut prévenir que guérir, c’est pourquoi la prévention est au centre des préoccupations en matière de sécurité en plongée.
L'Air Respirable en Plongée : Un Élément Vital
Contrairement à une idée répandue, les bouteilles de plongée ne contiennent pas d'oxygène pur. C’est une erreur commune que de parler de bouteilles d’oxygène pour la plongée sous-marine. La bouteille, communément appelée bloc, contient de l’air, le même que nous respirons en surface, à l’air libre, et constitué d’environ 80% d’azote et 20% d’oxygène. Pour être tout à fait correct, il faudrait parler de dioxygène (O2), mais on simplifie en parlant d’oxygène. La seule différence est que cet air est compressé dans la bouteille, atteignant des pressions d'environ 200 bars. Ainsi, une bouteille de plongée sous-marine d’un volume de 12 litres contient 2400 litres d'air, soit 12 multiplié par 200.
La raison pour laquelle on ne plonge pas avec de l’oxygène pur est très simple : en profondeur, l’oxygène est toxique. Et quand on dit toxique, c’est VRAIMENT toxique. Les risques incluent la tachycardie, les nausées, l'anxiété, la confusion, des troubles de la vue, et même des crises convulsives avec perte de connaissance. Tous ces symptômes survenant sous l’eau, pendant la plongée, peuvent être extrêmement dangereux. En effet, si on plongeait avec de l’oxygène pur, la limite de profondeur ne pourrait pas dépasser 6 mètres.
Bien que les bouteilles de plongée sous-marine ne contiennent pas d’oxygène pur, il n’est pas rare toutefois de plonger avec un mélange enrichi en oxygène, appelé Nitrox, avec des taux, par exemple, de 32 ou 40% d’oxygène. L’idée principale du Nitrox n’est pas de plonger plus profond, car l’oxygène devient toxique avec la profondeur et l’augmentation de la concentration en O2. Plonger au Nitrox permet plutôt d’augmenter la durée de plongée sans palier, de réduire les temps de palier le cas échéant, et d'offrir des plongées plus sécuritaires en améliorant la décompression. Les plongeurs constatent souvent qu'ils sont moins fatigués et récupèrent mieux après des plongées au Nitrox. Pour être complet, il est également assez commun pour des plongeurs plus expérimentés effectuant des plongées très profondes et très longues de finir leurs paliers de décompression avec de l’oxygène pur, à des profondeurs très réduites, lors de leur palier à -6 ou -3 mètres. Cette pratique permet de réduire à la fois le temps de palier et le risque d’accident de décompression, mais elle nécessite une formation spécifique.
Le choix et l’utilisation des bouteilles de plongée dépendent également du type de gaz avec lequel elles sont remplies. Les bouteilles de plongée classiques sont remplies d’air comprimé. Cet air est filtré pendant le processus de compression pour le débarrasser des impuretés typiques et de l’excès d’humidité. Lorsque les bouteilles sont remplies de gaz dont la teneur en oxygène est supérieure à celle de l’air, une attention supplémentaire doit être portée à leur propreté et aux lubrifiants et joints (o-rings) utilisés. Ceci est particulièrement important lorsque les bouteilles sont remplies d’oxygène pur ou de nitrox à plus de 40 %, c’est-à-dire les mélanges utilisés en plongée technique pour des plongées profondes à des fins sportives ou d’exploration. Les méthodes de préparation du mélange nitrox doivent également être prises en compte. De même, les bouteilles destinées à d’autres gaz portent des marquages spéciaux. Par exemple, les bouteilles d’oxygène pur sont étiquetées Oxygen, 100% Oxygen ou Oxygen, tandis que les bouteilles remplies de trimix, un mélange d’oxygène, d’hélium et d’azote, sont étiquetées TMx avec la composition en pourcentage d’oxygène et d’hélium, la composition en pourcentage d’azote étant implicitement complétée à 100%. Une méthode simplifiée de calcul de la capacité des bouteilles de plongée consiste à multiplier la capacité en eau de la bouteille par la pression en atmosphères du gaz qu’elle contient.
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L'Eau et l'Humidité Excessive dans les Bouteilles de Plongée : Une Menace Insidieuse
La présence d'eau ou d'humidité excessive à l'intérieur des bouteilles de plongée, bien que souvent moins médiatisée que d'autres contaminants, constitue une menace sérieuse et aux multiples facettes pour la sécurité du plongeur et la longévité de l'équipement. Une humidité excessive peut provoquer un givrage du détendeur ou empêcher son ouverture, un phénomène particulièrement préoccupant dans des eaux froides ou lors de plongées profondes où la détente rapide de l'air sous pression entraîne un refroidissement important des composants du détendeur. Ce givrage peut entraîner une résistance accrue à la respiration, une purge incontrôlée du détendeur (appelée "free-flow"), ou dans les cas les plus extrêmes, une interruption totale de l'alimentation en air, plongeant le plongeur dans une situation d'urgence potentiellement paniquante sous l'eau.
Au-delà du risque immédiat de givrage, la présence d'eau liquide ou d'un taux d'humidité élevé à l'intérieur d'une bouteille de plongée favorise activement la corrosion interne. Les bouteilles, qu'elles soient fabriquées en acier ou en aluminium, sont sujettes à la rouille si elles ne sont pas correctement entretenues et si l'humidité y est introduite. La corrosion affaiblit progressivement la paroi de la bouteille, réduisant sa résistance structurelle et pouvant éventuellement conduire à une rupture sous pression, un événement qui serait catastrophique et potentiellement mortel. De surcroît, les particules de rouille qui se détachent de la paroi interne de la bouteille peuvent circuler dans le flux d'air, endommageant les joints et les mécanismes délicats du détendeur, ou pire, être inhalées par le plongeur. L'inhalation de ces particules métalliques peut irriter les voies respiratoires et compromettre la qualité de l'air respiré.
L'introduction d'eau ou d'humidité dans une bouteille peut avoir plusieurs origines. Le processus de compression de l'air lui-même génère naturellement de la chaleur et de l'humidité. Si les systèmes de filtration et de séchage des compresseurs, essentiels pour purifier l'air, ne sont pas adéquats, mal entretenus ou si leurs dessiccants ne sont pas remplacés régulièrement, un excès d'humidité peut se retrouver dans l'air de remplissage. Une autre source fréquente est l'infiltration d'eau lors du rinçage de l'équipement après une plongée, si la bouteille n'est pas complètement sèche avant d'être refermée, ou si de l'eau pénètre par l'orifice du robinet lors d'une mauvaise manipulation, d'un stockage inapproprié avec le robinet ouvert vers le haut sous la pluie, ou d'une chute dans l'eau avec le robinet non scellé. Les bouteilles utilisées pour la plongée, après avoir été testées hydrostatiquement et nettoyées, puis stockées pendant quelques mois avant d'être utilisées, doivent avoir été parfaitement séchées en interne.
Pour prévenir la présence d'eau et d'humidité excessive, un contrôle rigoureux du compresseur utilisé pour remplir les bouteilles est absolument indispensable. L'air comprimé n'est filtré que pendant le processus de compression pour le débarrasser des impuretés typiques et de l’excès d’humidité ; il est donc impératif que les filtres de séchage soient régulièrement vérifiés et remplacés selon les recommandations du fabricant. Le compresseur lui-même devrait être situé dans un environnement sec et bien ventilé, à l'abri de toute source d'humidité ambiante. De plus, après chaque sortie, il est conseillé de rincer l'équipement à l'eau douce et de le laisser sécher à l'abri du soleil, en veillant attentivement à ce qu'aucune goutte d'eau ne puisse s'introduire dans la bouteille par le robinet ouvert. Une inspection visuelle interne régulière de la bouteille, effectuée par un professionnel qualifié, est également cruciale pour détecter toute trace de rouille, de corrosion ou d'humidité résiduelle avant que ces problèmes ne se transforment en dangers significatifs.
Les Autres Contaminants de l'Air Respirable : Identification et Conséquences
Au-delà de l'eau et de l'humidité, d'autres contaminants peuvent altérer de manière critique la qualité de l'air respirable, posant des risques variés et souvent insidieux pour la santé et la sécurité des plongeurs.
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Monoxyde de Carbone (CO) : Le Danger Silencieux et Mortel
L’intoxication au monoxyde de carbone est potentiellement l’une des intoxications les plus dangereuses liées à une contamination du gaz respiratoire. La gravité de l’intoxication au monoxyde de carbone dépend de la concentration en CO dans le gaz respiratoire et du temps d’exposition. Le monoxyde de carbone est particulièrement dangereux car il est inodore et insipide, rendant sa détection par les sens humains impossible. En plongée, la pression partielle de CO augmente avec la profondeur, ce qui amplifie considérablement sa toxicité. Ainsi, même une légère contamination de l'air respiré au CO, qui n’aurait aucun effet toxique à la pression atmosphérique normale et après une exposition prolongée, pourrait devenir dangereuse en profondeur.
Lors de la descente sous l'eau, la saturation de l'hémoglobine en CO peut réduire sa capacité à fixer l’oxygène, bien que la pression partielle accrue de l’oxygène en profondeur puisse maintenir le sang suffisamment oxygéné pour couvrir les besoins cellulaires. Ainsi, la baisse de la quantité d’oxygène transportée par l’hémoglobine est partiellement compensée par le volume d’oxygène dissous dans le plasma sanguin. Cependant, durant la remontée, lorsque la pression partielle de l’oxygène diminue, la quantité d’oxygène dissous baisse également et peut mener à l’hypoxie, c'est-à-dire un manque d'oxygène au niveau des tissus. Les symptômes peuvent inclure des maux de tête, des nausées, et des étourdissements, comme cela a été observé dans plusieurs cas. Par exemple, deux plongeurs expérimentés, un instructeur et un divemaster, ont effectué deux plongées dans la même journée, la première durant 58 minutes jusqu'à 26 mètres d’eau de mer et la seconde 56 minutes n'excédant pas 30 mètres. Les deux ont déclaré avoir des maux de tête à la surface après chaque plongée, lesquels ont disparu le lendemain. De même, un plongeur ayant effectué des plongées à faible profondeur s'est senti nauséeux après une première plongée à 1,5 mètre et étourdi en remontant à la surface après une deuxième plongée à 4 mètres. Un ami ayant respiré l'air du détendeur pour vérification a également signalé un mal de tête, sans pour autant percevoir d'odeur ou de goût inhabituel.
L’intoxication au CO est généralement causée par la présence d’impuretés dans l’air aspiré par le compresseur, ou de contaminants générés par le compresseur même. Le processus de compression de l’air n’est susceptible de laisser passer des quantités importantes de CO et de CO2 dans le gaz respiratoire que si ces derniers sont directement présents dans l’environnement du compresseur.
Dioxyde de Carbone (CO2) : L'Accélérateur Respiratoire
La présence de dioxyde de carbone (CO2) en quantité excessive dans l'air respirable des bouteilles augmente le rythme respiratoire du plongeur et peut présenter des risques respiratoires significatifs, surtout lorsque le plongeur se trouve à de plus grandes profondeurs. Une hypercapnie (excès de CO2) peut entraîner un essoufflement, une confusion mentale, des maux de tête, et dans les cas graves, une perte de connaissance.
Hydrocarbures Volatils et Particules d'Huile : Des Menaces Discrètes mais Inflammatoires
Les hydrocarbures volatils et les particules d'huile constituent d'autres contaminants critiques. Si votre gaz respirable a une odeur ou un goût inhabituel, cela est un signe clair de contamination par de l'huile ou des hydrocarbures provenant du compresseur ou des gaz d'échappement d'un moteur à combustion situé à proximité. En ce qui concerne l’huile, les plus petites particules sont plus susceptibles d’entraîner des problèmes de santé car elles ne sont pas éliminées efficacement par les mécanismes d’épuration de l’organisme, contrairement aux particules de plus grande taille. Les particules d’huile retenues dans le corps peuvent provoquer une inflammation pulmonaire ou d'autres problèmes de santé à long terme.
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La Difficulté d'Identification des Contaminants
Les symptômes associés aux contaminants tels que le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de carbone (CO2), les hydrocarbures volatils et les particules d'huile sont souvent similaires à d'autres maladies liées ou non à la plongée. C'est pourquoi il peut être difficile d'identifier une contamination par des gaz respiratoires en se basant uniquement sur les symptômes. Il est essentiel d'évaluer les symptômes dans le contexte de l'exposition à la plongée. Par exemple, si des symptômes sont ressentis après avoir plongé dans des conditions difficiles ou être remonté rapidement à la surface, ces expositions ou événements doivent être pris en compte lors de l'identification de la cause première des symptômes post-plongée. Comme les plongeurs remplissent généralement leur bouteille de la même source, l'observation de l'état de santé et des symptômes des autres plongeurs peut être utile pour déterminer l'exposition à un gaz respiratoire contaminé. Dans les cas décrits précédemment, plusieurs personnes ont présenté des symptômes (maux de tête, nausées) après avoir respiré du gaz provenant de la même source, ce qui renforce la suspicion de contamination.
Prévention et Détection Efficace des Contaminants
La prévention est la pierre angulaire de la sécurité en plongée, et cela est particulièrement vrai en ce qui concerne la qualité de l'air respirable. Vérifier la qualité du gaz respiratoire avant la plongée, et non pas seulement lorsque des symptômes apparaissent pendant ou après la plongée, est la meilleure pratique pour prévenir les blessures liées à la contamination.
Contrôle de la Source de Remplissage : Le Compresseur
Il est impératif de contrôler le compresseur utilisé pour remplir les bouteilles d’air ainsi que l’endroit où ils se trouvent. S’assurer que le clapet d’admission d’air des compresseurs est éloigné de toute source de contamination, telle que les véhicules à moteur, les générateurs diesel ou d’autres échappements de gaz, y compris les sources situées en aval du clapet de refoulement du moteur à combustion interne du compresseur. Vérifier régulièrement la qualité de l’air délivré par le compresseur est une mesure préventive essentielle. Cela peut se faire à l’aide de tubes de détection et d’autres appareils jetables, ou à l’aide d’analyseurs électroniques spécialisés.
Tests et Vérifications Avant la Plongée
Les plongeurs peuvent intégrer des pratiques simples mais efficaces dans leur vérification de sécurité avant une plongée afin de prévenir les blessures et les maladies liées à la contamination des gaz respiratoires. Par exemple, ouvrir la valve de la bouteille de plongée pour sentir et goûter le gaz qui passe par le détendeur est une façon de détecter un mauvais gaz respiratoire. Si votre gaz respirable a une odeur ou un goût inhabituel, ne plongez pas avec : c'est un signe potentiel de contamination par de l'huile ou des hydrocarbures provenant du compresseur ou des gaz d'échappement.
Cependant, il est important de se rappeler que tous les contaminants ne peuvent pas être détectés de cette manière ; le CO, par exemple, est inodore et insipide. Comme le montre le cas du plongeur ayant ressenti des symptômes malgré un air sans odeur ni goût inhabituel, les contrôles sensoriels ne sont pas infaillibles. C'est pourquoi des détecteurs électroniques de CO ou des produits tels que le CO-PROTM peuvent être utilisés pour détecter la présence de CO dans le gaz respiré. L'utilisation d'un détecteur de CO au lieu d'un binôme pour confirmer la contamination permet également d'éviter que d'autres personnes ne soient exposées au CO. Il est fortement recommandé de vérifier la présence de CO dans sa bouteille d’air à l’aide d’un dispositif personnel de détection de CO, en particulier en cas de doutes concernant la qualité du fournisseur ou s'il n'est pas possible de déterminer où et comment les bouteilles ont été remplies. Le fait qu'un plongeur n'ait pas pu faire tester l'air de ses bouteilles faute de laboratoire fiable dans sa région souligne l'importance de ces dispositifs personnels et la nécessité de disposer d'infrastructures de test.
Conduite à Tenir en Cas de Suspicion de Contamination
Malgré toutes les précautions, une suspicion de contamination peut survenir. Une réponse rapide et appropriée est cruciale.
En cas de contamination probable des gaz respiratoires, le plongeur doit immédiatement arrêter de respirer depuis la bouteille contaminée et doit terminer la plongée en utilisant une source d'air alternative s'il en a une, ou en remontant en surface en toute sécurité. Une fois en surface, le plongeur doit recevoir les premiers secours (BLS - Basic Life Support) et respirer de l'oxygène pur dans les plus brefs délais. Il est impératif d'appeler DAN (Divers Alert Network) ou un service d'urgence spécialisé afin d’obtenir des conseils et d’organiser le transport vers un centre médical d’urgence, de préférence un établissement disposant d’un caisson hyperbare, afin de faire examiner le plongeur et de lui fournir le traitement approprié. Une réponse rapide est vitale en cas d’intoxication au CO, compte tenu de ses effets potentiellement dévastateurs. De plus, il est essentiel de prendre contact avec les opérateurs de plongée qui s'occupaient des bouteilles pour signaler l'incident et permettre une enquête sur la source de la contamination.
Entretien et Sécurité Générale des Équipements de Plongée
La qualité de l'air est primordiale, mais elle s'inscrit dans un cadre plus large de sécurité en plongée qui englobe l'entretien de tout l'équipement et une formation adéquate.
Maintenance des Bouteilles
Avant même d’utiliser une bouteille de plongée, qu'il s'agisse d'une mini bouteille ou d'un modèle standard, il est impératif de vérifier qu’elle est conforme aux normes en vigueur, comme les normes CE, et qu'elle possède un certificat de pression valide. Les bouteilles doivent subir des épreuves hydrauliques tous les deux ans pour les vérifications standards, ou plus fréquemment selon les réglementations locales. La principale menace, notamment avec les mini bouteilles, est la surpression : un remplissage excessif ou un défaut de soupape peut entraîner une rupture dangereuse. Pour l’éviter, il est recommandé d'utiliser uniquement des compresseurs calibrés ou des pompes manuelles recommandées, et de ne jamais dépasser la pression maximale inscrite sur la bouteille (généralement 200 bars). Il est essentiel de vérifier la valve avant chaque utilisation, car une fuite sous l’eau peut rapidement se transformer en situation critique. Entre chaque sortie, il est crucial de rincer l'équipement à l’eau douce et de le laisser sécher à l’abri du soleil. Inspecter les joints, nettoyer la valve et la lubrifier avec un lubrifiant silicone prévu pour la plongée sont des gestes qui prolongent la durée de vie de l'équipement et préviennent les défaillances.
Maintenance du Détendeur
Le détendeur est un élément vital de l'équipement. Plusieurs points de vigilance sont à observer. S’il est trop dur, trop souple ou sujet à des fuites, il peut être la cause d’essoufflement, d'une panne d’air ou créer une situation de stress intense. Le détendeur doit fournir l’air demandé sans que le plongeur n'ait à forcer. Dans le cas contraire, la consommation d’air sera beaucoup plus importante, et les risques d’essoufflement décuplés. L'histoire de Thibaut, qui a frôlé un grave accident avant même de plonger en raison d'un détendeur défaillant lors de la mise sous pression de son bloc, souligne l'importance capitale de cette vérification. Il est impératif de ne jamais se placer devant la sortie du robinet lors de la mise sous pression et de ne jamais coller l'oreille au robinet pour détecter une fuite, gestes qui peuvent s'avérer extrêmement dangereux en cas de défaillance. La responsabilité de l'entretien du matériel prêté incombe au centre de plongée, mais il appartient également au plongeur de jeter un œil pour s'assurer que tout est en ordre.
Le Gilet Stabilisateur
Pour le gilet stabilisateur, soyez vigilant sur son intégrité, car dans le cas contraire, toute stabilisation serait impossible, principalement si votre gilet se remplit d’eau. Un direct-system (DS) en mauvais état, présentant par exemple un problème de gonflage, vous mettrait dans l’incapacité de vous stabiliser ou de contrôler votre vitesse en remontée.
Transport des Bouteilles
Le transport des bouteilles est un défi majeur pour les plongeurs. Dans de nombreux pays, les réglementations limitent le transport de bouteilles remplies. Cependant, dans la pratique, transporter une ou deux bouteilles dans la voiture est souvent courant. Il est crucial de se rappeler que la bouteille est un objet très dangereux en cas d’accident. Les bouteilles doivent toujours être fixées à des supports spéciaux dans les porte-bagages et il est conseillé de séparer la zone de chargement par une grille solide. Il faut veiller à ce que la chute d’une bouteille n’endommage pas ou ne brise pas son robinet. Même une chute de faible hauteur d’une bouteille lourde entraînera plus que probablement la déformation du robinet et l’impossibilité de visser le détendeur, c’est le résultat le plus courant d’une chute de bouteille. Une bonne solution consiste souvent à emprunter des bouteilles sur le site de plongée. Pour le transport aérien, comme pour les bouteilles d’argon, des procédures spécifiques sont requises.
Lors du transport ou du stockage des bouteilles, les fabricants ont placé des protections en caoutchouc, appelées “pieds” ou “pantoufles”, afin d’éviter que la bouteille ne bascule ou ne se cogne. Une discussion existe parmi les plongeurs sur l'opportunité de les conserver. La mode de l’arrachage des pieds en caoutchouc est née de la plongée en grotte, où chaque kilogramme compte lors du transport d'équipement sur de longues distances. Les arguments contre les pieds incluent la rouille accrue sous les pieds si la peinture est endommagée (bien que sur une bouteille neuve, la peinture soit protégée), le fait qu'une bouteille sans pieds est moins tentante à laisser debout sans surveillance, ainsi que des considérations sur l'empilement ou l'assiette du plongeur. Heureusement, les fabricants de bouteilles en acier ont commencé à imiter les fabricants de bouteilles en aluminium et fabriquent des bouteilles à fond plat, résolvant cette controverse.
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