Les enjeux de la mesure statistique dans le surf
Le recensement de la population permet de connaître la diversité et l'évolution de la population de la France. Ce jeu de données a été mis à jour avec le RP 2022. Les fiches présentent les caractéristiques nouvelles du recensement de la population et traitent de leurs conséquences sur l'utilisation des données. Les effectifs supérieurs à 500 peuvent normalement être utilisés en toute confiance. Les effectifs inférieurs à 200 doivent être maniés avec précaution, car, en raison de l'imprécision liée au sondage, ils peuvent ne pas être significatifs.
La permanence des représentations à l’égard des surfeuses et des surfeurs (oisiveté, passion, sans contrainte, marginalité, écologistes, etc.) tient principalement au fait que cette population, en France comme ailleurs, n’est pas captable par l’enquête statistique. Il est impossible de les comptabiliser, tant le taux de pratiquants hors association ou école de surf commerciale est très élevé et en nette croissance depuis la « crise Covid » du début des années 2020. En effet, la Fédération Française de Surf (FFS) se caractérise par un très faible nombre de licenciés (15 104 en 2024), contre plusieurs centaines de milliers de pratiquants hors cadre fédéral. Dès lors, une seule population spécifique de pratiquants peut être étudiée grâce à l’enquête statistique : les licenciés à la FFS.
Méthodologie et profil des licenciés de la FFS
Une enquête quantitative réalisée en 2023 auprès des licenciés de la Fédération Française de Surf permet d’analyser les profils sociaux des surfeurs et des surfeuses. Réalisée en 2023 en collaboration avec la fédération, et diffusée sous la forme d’un questionnaire anonyme, l’enquête quantitative a permis d'établir les profils des pratiquants, leur rapport au surf, les modalités de pratique, leurs mobilités, etc. Au total, 1 567 réponses exploitables ont été recueillies, permettant d’avoir un échantillon représentatif de la population mère de licenciés de la FFS.
Selon la variable « sexe », la prépondérance masculine (2/3 des pratiquants) est manifeste, tandis que l’analyse de la variable « ligue de surf » confirme une dé-régionalisation progressive de la pratique, même si la Nouvelle-Aquitaine concentre encore près de la moitié des licenciés. La répartition des emplois par catégorie socioprofessionnelle diffère selon le sexe. En 2021, l’enquête Emploi a fait l’objet d’une refonte importante, modifiant les indicateurs utilisés, notamment en ce qui concerne les professions et catégories socioprofessionnelles (PCS).
Structure socioprofessionnelle : la prédominance des cadres
Au sein de l’échantillon circonscrit à la population active (les scolaires et étudiants représentant près d’un enquêté sur cinq et les retraités 5 %), les cadres et professions intellectuelles supérieures sont nettement surreprésentés parmi les pratiquants licenciés : 62 % des enquêtés appartiennent à ce groupe socioprofessionnel de l’INSEE, alors qu’ils ne pèsent que 19 % dans la population active française. A contrario, les licenciés déclarant appartenir aux classes populaires, composées du groupe des ouvriers et des employés, sont largement sous-représentés avec seulement 11 % de l’échantillon, contre 48 % dans l’ensemble des actifs.
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Les niveaux de diplômes et de salaire des licenciés corroborent la distribution selon les statuts professionnels. Ils sont près de 40 % à être titulaires d’un diplôme de niveau Bac+5 ou plus (master, doctorat, diplômés d’école d’ingénieur ou d’école de commerce, etc.). Si la distribution en termes de revenu positionne également la majorité des surfeurs parmi les classes moyennes et supérieures, c’est toutefois moins net que pour leur appartenance socioprofessionnelle, probablement du fait des secteurs d’activité investis et des territoires dans lesquels ils travaillent (majoritairement à proximité du littoral et éloignés des grands centres urbains).
Mobilités et pratiques culturelles : le paradoxe du surfeur
La pratique du surf n’est pas exclusive à un seul « spot » de pratique proche du lieu de résidence. Une des dimensions de la culture plurielle du surf réside dans l’exploration de nouveaux « spots » de surf. En témoigne la densité des voyages en France mais aussi et surtout à l’étranger. Cette caractéristique est renforcée par les propriétés sociales à disposition d’une forte proportion de licenciés. Plus précisément, ils sont 21 % à avoir effectué entre un et neuf voyages à l’étranger, et 26 % d’entre eux déclarent même avoir effectué 10 « surftrips » et plus dans leur carrière de surfeur.
Près de 600 répondants (soit environ 38 % de l’échantillon) ont indiqué le pays dans lequel ils et elles avaient surfé le plus grand nombre de fois. Si les pays à proximité de la France métropolitaine, réputés pour la qualité de leurs vagues (Espagne, Portugal et surtout Maroc) sont les plus cités, des destinations lointaines, exotiques et coûteuses sont également souvent mentionnées (Indonésie, Australie, États-Unis, Antilles, etc.). La plupart de ces « surftrips » (mis à part l’Espagne et le Portugal sans doute) se réalisent donc par voie aérienne. Les ressources financières dont disposent les licenciés autorisent de tels voyages souvent auto-organisés dans le cadre d’un loisir socialement distinctif.
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