L'ArMen Race s'est fermement établie comme une compétition nautique incontournable sur la dynamique façade atlantique. Organisée avec passion et expertise par la Société des Régates de la Trinité sur Mer, cette épreuve rassemble chaque année des navigateurs de tous horizons, des amateurs éclairés aux professionnels aguerris, désireux de mesurer leurs compétences et celles de leur équipage aux défis que proposent les côtes bretonnes. Caractérisée par son parcours exigeant et ses paysages marins grandioses, l'ArMen Race représente une aventure maritime unique, alliant performance sportive et esprit de convivialité.
Le Volvo 60 Libertalia : Embarquez pour l'Extrême
Pour les passionnés de voile de compétition cherchant à vivre une expérience immersive et exigeante, l'opportunité d'embarquer sur un Volvo 60 est une proposition rare. Devenir équipier en course sur l'ArMen Race à bord d'un Volvo 60 représente bien plus qu'une simple participation : c'est une plongée au cœur de la haute performance nautique. Le monocoque en question, le Libertalia, est un voilier de course de 19,50 mètres avec équipage professionnel, une véritable Formule 1 des mers. Ce VOR60 a été dessiné et construit pour participer à la Volvo Ocean Race 2001-02, la course autour du monde en équipage. Engagé sous le nom de Djuice Dragons, il était skippé par Knut Frostad, avec Thomas Coville comme chef de quart et Jean-Yves Bernot comme navigateur, des noms qui résonnent dans le monde de la voile océanique.
Le Libertalia est un bateau performant et extrême, offrant un confort très spartiate. Extrêmement marin et véloce, ce grand monocoque de 65 pieds est taillé pour le large, capable d'affronter les conditions les plus exigeantes du Golfe de Gascogne et au-delà. Sa conception intègre des spécificités techniques impressionnantes : sur le pont, il y a un double poste de barre et des doubles colonnes de winches pour les grinders, permettant une gestion optimale de la puissance vélique. L'hydraulique et les ballasts complètent la puissance à bord, assurant une stabilité et une réactivité cruciales en course. Gréé en sloop avec un mât en carbone, le Volvo 60 dispose d’une garde-robe importante et variée. À l’avant, les équipiers auront l’embarras du choix : trinquette, J1, J2, génois, grand génois, spi asymétrique, spi symétrique. La grand-voile est quant à elle « full batten », optimisant la surface de voile et la performance. En ce qui concerne le couchage et la restauration à bord, c’est le minimum syndical, mais fonctionnel pour un bateau de cette catégorie : 14 bannettes, un réchaud au gaz et un WC. Il est essentiel de noter que sur un Volvo 60, il n'y a pas de cuisine à bord ; on mange lyophilisé et appertisé, sans oublier les petits plaisirs qui réconfortent après l'effort.
L'accès à cette expérience est réservé aux amateurs éclairés qui possèdent déjà une solide expérience en navigation. Sont ainsi concernés ceux qui ont déjà fait un stage perf de 4 ou 5 jours dans une structure affiliée FFV. Ces participants doivent également avoir déjà navigué plus de 10 jours sur un voilier de plus de 8 mètres, ayant participé activement aux manœuvres d'accostage, aux réglages des voiles, à la navigation sur carte, au suivi des routes et d'estime. Une expérience préalable de stage évolution dans une structure affiliée FFV est également un atout. Skippé par quatre marins professionnels, Libertalia embarque 10 équipiers en course au large, offrant ainsi une opportunité précieuse d'apprendre aux côtés d'experts.
La Préparation et l'Immersion à Bord : Un Programme Détaillé
Le programme d'une telle participation, souvent étalé sur cinq jours, est méticuleusement organisé pour garantir à la fois la sécurité, la performance et une immersion complète. L'équipage du Libertalia accueille généralement les participants à 08h30 au port de Lorient La Base, reconnu comme le premier pôle de course au large européen. Cette première matinée est l'occasion d'une petite collation dans les containers attenants, autour d'un café ou d'un thé, moment privilégié où chacun peut se présenter et commencer à tisser des liens.
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Après ces présentations, la logistique prend le relais. Des équipements spécifiques sont distribués aux équipiers : des tenues Musto BR2 (salopette et veste de quart) pour la protection contre les éléments, ainsi qu'une brassière et un harnais Spinlock pour la sécurité, complétés par une balise AIS individuelle. Chaque équipier reçoit également une popote et un thermos, essentiels pour la restauration à bord durant la course. Le chargement des voiles à bord est une étape cruciale, suivie d'une découverte approfondie du bateau. Cette phase permet à chacun de se familiariser avec le plan de pont, les déplacements intérieurs, les bannettes, la table à carte, et le fonctionnement des ballasts. Il est important de trouver rapidement ses marques à bord de cette unité de course au confort spartiate et physique, où chaque mouvement est optimisé pour la performance.
Une fois les sacs de chacun chargés et les premiers repères pris, un briefing sécurité est organisé, couvrant tous les aspects des procédures d'urgence et des règles de vie à bord. Puis, après un déjeuner sur le pouce, le moment tant attendu arrive : l'appareillage en rade de Lorient. Les voiles sont ensuite envoyées, marquant le début de la navigation vers le village de la course à La Trinité-sur-Mer, où se déroule la veillée d'arme, un moment de calme avant la tempête de la compétition.
Le jour J est celui de la course. Après l'émargement et l'appareillage du port, l'équipage se dirige vers la ligne de départ, mouillée dans la magnifique Baie de Quiberon. La concentration et le calme sont de rigueur à tous les postes pour cette journée décisive. Une fois le départ donné, à chacun sa route pour sortir de la baie, embouquer la Teignouse et faire route pour deux jours de course. Le parcours type de 310 milles nautiques emmène les voiliers à travers le Golfe de Gascogne, passant par l'occidentale de Sein, Belle Île et l'Île d'Yeu. La navigation se déroule en quart, chacun donnant le meilleur de soi-même pour le bien de l'équipage, suivant l'adage anglais "Finishers first".
La ligne d'arrivée peut être franchie de jour comme de nuit, ajoutant une dimension stratégique aux dernières heures de course. Une fois la ligne franchie, les équipages sont accueillis sur le village de la course pour fêter l'événement, partageant les joies et les défis surmontés. Selon la météo et la marée du jour, l'appareillage pour rallier le port d'attache du Libertalia, Lorient La Base, se fait en journée. Le convoyage sous voiles clôture ainsi un beau programme de navigation de cinq jours sur l'eau, laissant aux participants des souvenirs impérissables et une expérience enrichissante. Il est important de rappeler que ce programme est donné à titre indicatif et peut être ajusté en fonction des conditions météorologiques et des impératifs de la course.
L'ArMen Race : Une Compétition aux Multiples Facettes
Au-delà de l'expérience spécifique sur un Volvo 60, l'ArMen Race se distingue par la diversité de ses parcours et la richesse de sa participation. L'événement propose en effet différentes épreuves adaptées à divers profils de marins et de bateaux. Historiquement, en 2002, ils étaient 227 équipages, soit 828 coureurs, à avoir pris le départ d’un des trois parcours le long des côtes occidentales : la Nuit de l’ArMen (131 milles), l’ArMen Race (310 milles) ou l’ArMen Ultim (370 milles). Cette variété permet à un large éventail de compétiteurs de trouver un défi à leur mesure.
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Sur la ligne de départ, notamment celle du Tour de Belle-Ile, une autre épreuve emblématique de la région, tous les types de bateaux se côtoient : des monocoques IRC, des monotypes, des Class40, des multicoques, et même des Imoca, témoignant de l'ouverture et de l'attrait de ces compétitions. La course s'étend le long des côtes de Bretagne Sud, offrant un terrain de jeu exceptionnel, parfois qualifié de parcours qui peut réserver de nombreuses surprises, mais toujours dans une ambiance conviviale. L'annulation de l'édition 2021 de l'ArMen Race Uship due au Covid-19, qui devait rassembler quelque 200 coureurs, a souligné l'ampleur de l'événement et l'attente générée par sa reprise. De même, le Grand Prix du Crouesty est l’un des rendez-vous habituels du calendrier de régate de printemps, souvent en lien avec les dynamiques de la saison de l'ArMen Race.
Sécurité et Suivi en Temps Réel : L'Innovation d'Ocean Tracking
La sécurité des équipages et la capacité à suivre la progression des voiliers en temps réel sont des aspects fondamentaux de l'ArMen Race. C'est dans ce contexte que la Société Nautique de la Trinité a retenu Ocean Tracking pour le suivi de la course, qui regroupe plus de 180 voiliers. La géolocalisation précise des voiliers est non seulement une question de sécurité primordiale, mais elle est aussi extrêmement utile pour la communication autour de l'événement.
Ocean Tracking équipe chaque participant de balises satellites performantes, comme les balises SK50. Ces dispositifs permettent une géolocalisation Iridium au large et GPRS/2G/4G/5G proche des côtes, avec un passage automatique via satellite sur le réseau Iridium si le bateau s'éloigne de la portée GSM. Cette spécificité assure une couverture constante et fiable, quelle que soit la position des voiliers sur le parcours. Les fréquences de transmission des balises sont adaptées aux différentes phases de la course : transmission de position toutes les deux secondes lorsque les bateaux sont proches des côtes. Pour les phases cruciales de départ et d'arrivée, les balises sont réglées pour émettre une position toutes les secondes, offrant une précision maximale. Au large, pour la direction de course, la fréquence est de toutes les 15 minutes, optimisant l'autonomie des balises tout en garantissant un suivi régulier. Une particularité notable est l'enregistrement de positions toutes les secondes lors du passage de waypoints spécifiques au large, fournissant des données détaillées sur les passages stratégiques.
Les arrivées se font en Live, et seules les balises Ocean Tracking associées à sa cartographie permettent le mixte GPRS/Iridium, assurant une continuité du suivi jusqu'au franchissement de la ligne. Cela permet un classement en continu en temps réel et en temps compensé, une fonctionnalité très appréciée par les compétiteurs et le public. L'installation et les tests des balises sont rigoureux : un ingénieur technique est présent sur le lieu de la compétition pour distribuer les balises et vérifier leur bon fonctionnement, en GPRS et Iridium. De plus, une assistance 24h/24 est assurée par Ocean Tracking durant toute la course, garantissant une réactivité immédiate en cas de besoin. Les flux de données de positions sont disponibles sur des serveurs FTP et HTPPS, utilisables par des logiciels de navigation et de routage tels qu'ADRENA, QTVLM, SQUID, fournissant des coordonnées, l'heure de positionnement et la charge de la batterie, des informations vitales pour les équipes de suivi à terre.
Les Performances et les Récents Triumphs de l'ArMen Race
La 15e édition de l’ArMen Race, qui s'est tenue un dimanche 17 mai, a rendu son verdict après des conditions soutenues dès le départ et 350 milles d’un parcours riche en choix tactiques et en paysages à couper le souffle. Cette édition a été marquée par des luttes intenses et des performances remarquables dans toutes les catégories.
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En Osiris, Brittany J (Fournier le Ray) s’est imposé en temps compensé, démontrant une maîtrise tactique exceptionnelle. Il est intéressant de noter que Canhabaque, mené par Erik le Roy et son équipage toujours au taquet, a été une nouvelle fois le premier à franchir la ligne, mais c’est Botez Coat 6 (Ronan Dervieux) qui s’est imposé en temps compensé et a été sacré vainqueur du Trophée Armen Race, récompensant le premier en temps compensé dans la classe la plus nombreuse.
Dans la catégorie IRC, Blackayne de Yann Brodin a réalisé le doublé : il a coupé la ligne en tête et s’est imposé en temps compensé, une prouesse significative. En IRC 1, Olivier Magre, accompagné de Didier le Vourch, Bleiz Larzul, Simon Koster, Hugues Destremau, Edouard Alikiagalelei, Olivier Bonnefoix et Victor Lagueste, sur le Mach 50 Leclerc Ville la Grand, a été le premier à avoir coupé la ligne d’arrivée toutes classes confondues après 1 jour 9 heures 0 minute 54 secondes de course. Il a également remporté la victoire en IRC 1 en temps compensé, confirmant ainsi son statut de grand favori. La catégorie IRC 2 a vu Marc Alperovitch et son équipage s’imposer en temps réel et en temps compensé sur Timeline, avec plus de deux heures d’avance sur leur premier concurrent direct, soulignant une domination claire.
En IRC Double, Eurvad, l’Open 50 de Tanguy Caradec et Antoine Carpentier, a été le premier bateau à franchir la ligne, prouvant l'efficacité de leur collaboration. La catégorie IRC Solo, particulièrement exigeante, n'a vu que deux concurrents parvenir au bout des 350 milles, témoignage de la difficulté du parcours en solitaire. Enfin, en Class40, la bagarre pour la victoire a été intense tout au long de la course. Sur la ligne d’arrivée, seulement 15 minutes séparaient les deux premiers. Bleu Blanc Planète Location (Quentin Le Nabour / Thierry Chabagny) a devancé Patapain - Les Invincibles (William Mathelin Moreaux / Pietro Luciani / Alexis Loison) au terme d’une lutte haletante qui a tenu en haleine les observateurs jusqu'au bout. L'expérience vécue de l'intérieur de La Nuit de l’ArMen 2022 a d'ailleurs révélé une course intense de 24 heures le long des côtes bretonnes qui ne laisse que peu de place au repos, caractérisée par un duel acharné.
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