Une Mélodie Insulaire au Cœur des Océans : Échos de Cornemuses sur les Ponts
La mer, vaste étendue de mystères et de défis, a toujours été le théâtre de traditions ancestrales et de rituels propres à l'âme humaine. Parmi les sons inattendus qui peuvent résonner sur un pont de voilier, celui de la cornemuse se distingue par sa puissance évocatrice et son ancrage culturel profond. Instrument par excellence des pays celtes, et notamment de l'Écosse, la cornemuse s'invite parfois à bord, non pas comme un simple divertissement, mais comme un véritable symbole, un catalyseur d'émotions et un soutien pour l'équipage. Son chant unique, reconnaissable entre tous grâce à ses bourdons, transporte l'imagination bien au-delà des flots. Ce lien entre la culture celtique et l'univers maritime n'est pas fortuit ; il puise ses racines dans une histoire commune où les peuples celtes, marins aguerris, ont jalonné les côtes et traversé les mers. Les Écossais, par exemple, sont honorés que l'on porte haut leurs traditions, un héritage qui perdure à travers des associations sportives et culturelles, rappelant que ces terres furent celtes avant d'être romaines, de même que l'Écosse elle-même. La cornemuse, avec son kilt, cette étoffe plissée à l'arrière identique au kilt moderne, portée lors des fêtes gauloises jusqu'au début du 19ème siècle et encore aujourd'hui, séduit en premier, incarnant un esprit de résilience et de fierté. Lorsqu'elle résonne en pleine mer, loin de la terre ferme ou presque, elle offre une parenthèse enchantée, une touche de folie douce, mais surtout un puissant vecteur de cohésion et de morale pour ceux qui affrontent les éléments.
Héritage et Symbole sur les Flots : L'Exemple du Moonbeam IV et de ses Coutumes Navales
L'un des exemples les plus emblématiques de l'intégration de la cornemuse dans l'univers de la voile de tradition est sans doute celui du Moonbeam IV. Ce voilier légendaire, un cotre aurique reconnaissable à ses voiles trapézoïdales, est une véritable icône. Après un briefing dans les règles de l'art par le capitaine Mikaël Creac'h, le chant discret d'un vent léger se transforme en une musique inattendue. Une silhouette de haute stature portant le kilt se profile alors sur le pont du Moonbeam IV. Il s'agit de Dominique Salmon, Écossais pure souche, qui joue de la cornemuse pour encourager l'équipage. Ce rituel, loin d'être anodin, est un véritable moteur pour la troupe. « C'est notre haka à nous », sous-titre le charismatique capitaine Mikaël Creac'h, que l'on surnomme affectueusement Mik à bord. Teint hâlé, sourire charmeur, tout de blanc vêtu, un chiffre 8 brodé ornant son dos, Mikaël Creac'h incarne une énergie débordante. Ce natif du nord de la Bretagne a pris son envol depuis son village de Locquénolé pour explorer bien d'autres rives de par les mers du monde. Son parcours est celui d'une passion dévorante pour la voile : « J'ai commencé à 22 ans. Il y a vingt ans… Bac en poche, j'ai fait l'école de la marine marchande pour avoir mon diplôme, et c'est un vrai boulot, capitaine d'un bateau de luxe. » Le Moonbeam IV se distingue par une particularité technique rare et exigeante : il est le seul de sa catégorie, cotre aurique, à ne pas avoir de winch, un équipement fixe placé sur le pont d'un voilier qui permet de démultiplier la traction exercée par l'équipage sur les cordages. De ce fait, toutes les manœuvres à bord se font à force humaine. C'est le dernier géant existant depuis 1914, et il est également l'un des plus rapides au monde. Mikaël en est le capitaine depuis cinq ans, mais sa carrière remonte bien plus loin. Durant six mois de l'année, le Moonbeam IV régate en Méditerranée, entre l'Espagne et la France. Le reste du temps est consacré à l'entretien du bateau et à sa location, offrant une expérience équivalente à celle d'un hôtel de luxe cinq étoiles, avec un chef de renom à bord, Frédéric Inguenauld, embarqué depuis juin 2008. L'histoire du Moonbeam IV est également liée à la royauté. Acquis par le prince Rainier de Monaco en 1950, il a accueilli à son bord le jeune couple princier, Grace Kelly et le prince Rainier, pour leur voyage de Noces. Moonbeam IV est l'un des rares cotres auriques classiques entièrement d'origine. La mission d'origine confiée à l'architecte William Fife était de créer le parfait compromis entre un yacht conçu pour croiser au large dans le plus grand confort et remporter des victoires, une ambition qu'il continue de porter haut, notamment sous l'impulsion vibrante des cornemuses qui rythment la vie à bord.
L'Épopée de l'Ocean Globe Race : Entre Défi Extrême et Célébration Sonore des Accomplissements
Le monde des courses au large est une source inépuisable d'histoires humaines, de persévérance et de dépassement de soi. La McIntyre Ocean Globe Race en est une parfaite illustration, et elle offre un autre témoignage frappant de la présence inattendue et réconfortante de la cornemuse. L'équipage de Sterna SA (42) Allspice Yachting a franchi la ligne d’arrivée du Royal Yacht Squadron après 53 jours, 17 heures, 37 minutes et 55 secondes en mer, se classant 11e au classement général, un exploit remarquable pour une participation sud-africaine. Cette arrivée fut chargée d’émotion, accueillie par les acclamations et les cris de joie de la famille et des amis. Ce récit met en scène le plus petit bateau de la compétition, les bonnets tricotés sur mesure en mer, les fesses exposées pour exhiber les sous-vêtements aux couleurs nationales sud-africaines, le biltong comme provision et, de manière spectaculaire, les cornemuses. À l'approche de la ligne d'arrivée, tandis que le soleil tentait de percer, deux cornemuses écossaises ont joué l’hymne national sud-africain, créant une scène chargée d’émotion. Deux bateaux, spécifiquement équipés de cornemuses, ont salué l'équipage de Sterna, à la fois ému et enthousiaste, un moment gravé dans les mémoires de la course.
L'aventure de Sterna SA a été jalonnée de défis considérables. Dès le deuxième jour, le réfrigérateur et le congélateur ont lâché, forçant l'équipage à consommer beaucoup de viande pendant les dix premiers jours avant de devenir presque végétariens, un défi de taille pour maintenir l'intérêt des repas. Les 52 jours suivants ont été consacrés à réparer diverses avaries. Les conditions en mer ont empêché de monter au mât pendant trois jours, entraînant un retard supplémentaire. Les bastaques tribord ont cédé au pire moment, lors de vents violents et d'une mer énorme. La course s'est avérée particulièrement exigeante pour l’équipage du Swan 53, l’un des plus petits voiliers de la flotte. Leur première étape s’est achevée au Cap, avec une 12e place au classement général après 49 jours en mer. Aurora, la plus jeune membre d’équipage qui a mené STERNA à travers la ligne d’arrivée, a retrouvé son père pour la première fois depuis plusieurs mois, un moment de grande intensité émotionnelle. Ils n’avaient que six jours avant le départ de la 2ème étape pour effectuer les réparations essentielles, un délai qui s'est avéré insurmontable. Ils ont été contraints de retarder leur départ pour terminer les travaux sur le Swan après avoir découvert une fissure derrière leur fixation de vit-de-mulet quelques heures avant de se rendre sur la ligne de départ. La déception a frappé à nouveau à quelques jours du Cap, lorsqu'ils ont été contraints de rentrer au port avec des problèmes de gouvernail qui ont rendu impossible la poursuite de leur route. L'arrêt à Mossel Bay pour des réparations essentielles sur leur gouvernail a nécessité l'intervention d'une équipe de lamineurs travaillant pendant des jours. Cette assistance extérieure, non autorisée par le règlement de l’avis de course, a entraîné leur disqualification du classement de l’étape 2. Par la suite, leur skipper de l’étape 1 a dû quitter le bateau de manière inattendue pour des raisons personnelles, et le second, Melissa Du Toit, a pris le relais en tant que skipper pour le reste de l'étape 2. Après 63 jours de course, ils ont franchi la ligne d’arrivée d’Auckland, ne leur laissant que sept jours pour effectuer les réparations et se reposer avant le départ de la troisième étape, Auckland-Punta del Este. Même s’ils n’ont pas toujours été bien classés, finissant 10e en IRC et 12e en ligne à l’étape 1, et 11e en IRC et en ligne à l’étape 3, ils ont prouvé que la détermination, le courage et l’humour peuvent vous faire voyager à travers le monde. Leur aventure était une question de fin. L’accueil à Cowes fut extraordinaire, une réussite incroyable, célébrée avec des bouteilles de champagne. Cette étape fut "difficile, vraiment difficile", selon Melissa Du Toit, qui a confié : "en termes de dynamique de l’équipage, d’éléments humains, de gréement, de vent, c’était ardu, mais je préférerais affronter l’Océan Austral à tout moment. Cette expérience OGR m’a changée, c’est certain. Je suis un meilleur marin, une meilleure personne pour les autres, du moins je l’espère, et j’ai maintenant plus confiance en moi, je n’ai plus peur de rien." L'expérience la plus marquante a été de voir l'Aurora Australis, un spectacle inattendu en course. Don McIntyre est le fondateur et l'organisateur de goldengloberace.com, oceangloberace.com et minigloberace.com, ces courses incarnant la quintessence de l'esprit d'aventure et de l'endurance, où même la mélodie d'une cornemuse peut transcender la fatigue et célébrer l'arrivée.
Les Voiles de Saint-Tropez et les Grands Rassemblements Nautiques : Quand la Tradition Sonne le Départ
Au-delà des courses emblématiques, les rassemblements de voiliers de tradition offrent également des moments privilégiés où la cornemuse trouve sa place, ajoutant une touche de solennité et de ferveur aux événements maritimes. C'est le cas aux Voiles de Saint-Tropez, un rendez-vous incontournable pour les amoureux de la belle plaisance. Sur le coup des 10 heures et sous un franc soleil, la cornemuse d’Alastair Kena, l’équipier en kilt d’Elena of London, sonnait le ralliement des yachts de Tradition à la sortie du port de Saint-Tropez. Un spectacle saisissant, lorsque les 81 voiliers classiques, répartis en 9 classes avec la goélette Atlantic en vaisseau amiral, entraient sur la scène des Voiles de Saint-Tropez, précédés la veille par les Modernes et les Maxis. C’est encore une fois toute l’histoire de l’architecture navale qui défilait devant le Village sur le môle Jean Réveille, un véritable régal pour les yeux et l'esprit. Éric Tabarly, inconditionnel de la Nioulargue, avait coutume de dire que se balader sur les quais de Saint-Tropez pendant l’événement, c’était comme « déambuler dans les pages d’un livre d’histoire maritime ». C'est un grand voyage dans le temps et dans l’espace, des yachts de New-York avec les P Class qui ouvrent le bal des Époques Auriques, en passant par Fairlie en Écosse où sont nés trois générations de plans Fife, pour filer vers Sydney et Auckland avec les 12 m JI lancés en match-race sur la ligne comme au temps de leur splendeur (Perth, 1987 !). L’occasion de repérer quelques nouveaux venus comme Cariad, le grand ketch aurique d’Arthur Payne (36 m), de saluer le nouveau centenaire Leonora, Q Class sur plans Anker, ou de se réjouir du retour de l’élégant Sumurun (Fife 35 mètres), maintenant aux mains de Jean-Pierre Dréau, ou du redoutable Spartan (22 m Herreshoff). Le clou du spectacle arrivait à 13h30 quand le comité lançait la dernière procédure de la journée, celle des Big boats, éligibles au Trophée Rolex. Si Cambria, seul sloop de cette flotte de 10 bateaux d’exception, s’emparait rapidement de la tête, le passage d’Atlantic au ras du bateau comité, parfaitement lancé au coup de canon, restera un moment de grâce, à jamais gravé dans l’histoire des Voiles de Saint-Tropez.
Lire aussi: Tout savoir sur les voiles de voilier
De tels instruments trouvent également leur place lors de rassemblements plus vastes, mêlant différentes composantes maritimes. Ainsi, au large de Marseille, une forêt de mâts, des coups de corne de brume, le son d'une cornemuse et les jets d'eau des marins-pompiers ont marqué une parade exceptionnelle. « C'est la folie depuis ce matin. On va hisser quelques voiles tout à l'heure », confiait un participant. Les bateaux, tellement serrés, s'envoyaient de grands coups de corne comme s'ils klaxonnaient sur un boulevard périphérique à l'heure de pointe, une observation faite par un journaliste de l'AFP à bord de la Belle Poule, deux-mâts historique de la Marine nationale qui suivait directement le Belem. « Je ne suis pas un fan des Jeux olympiques, mais la parade, c'était impressionnant et émouvant », a témoigné un spectateur. Une quarantaine de bateaux des douanes, des marins-pompiers, de la Marine nationale et de la gendarmerie, avec 360 personnes à bord, étaient chargés de sécuriser ce rassemblement nautique exceptionnel, qui comptait plus de mille bateaux inscrits. Ces événements, où se mêlent modernité et tradition, sont des démonstrations vibrantes de l'esprit marin, où le son singulier de la cornemuse peut rehausser la grandeur de l'instant.
Solidarité en Mer : L'Esprit Marin au-delà des Instrumentistes et des Rituels
Si la cornemuse apporte une dimension culturelle et émotionnelle aux navigations et aux rassemblements, l'esprit marin se manifeste également par des gestes de solidarité essentiels, démontrant la profondeur des liens qui unissent les gens de mer. L'histoire de la récupération du voilier de John Taylor en est un exemple poignant, même si elle ne fait pas intervenir de cornemuse, elle illustre parfaitement cet esprit de camaraderie et d'entraide, un terrain fertile pour que des traditions comme la musique celtique puissent prendre racine et prospérer. Les lecteurs de Voiles et Voiliers ont joué un rôle crucial dans le sauvetage du catamaran de 14 mètres, Ocean Swift, qui dérivait depuis plusieurs semaines au beau milieu du golfe de Gascogne. C’est grâce à eux que le skipper anglais John Taylor a pu récupérer son voilier le 28 juillet. En escale à Muxia, au Nord de l’Espagne, Éric Angier de Lohéac et son équipage, alertés par un article publié sur le site, avaient embarqué John Taylor afin de le ramener vers son bateau à la dérive. « Ce que nous avons fait, d’autres l’auraient fait sans doute », a modestement déclaré Éric.
Fin juillet, avec ses sept équipiers, le skipper vannetais avait amarré son RM 1200, Kermoor, au port de Muxia, près de Compostelle. C’est dans ce port que l’équipage a appris grâce au site qu’un skipper anglais cherchait par tous les moyens à revenir sur son catamaran qu’il avait dû abandonner le 5 juillet dans une tempête. Il avait reçu des propositions pour le ramener sur son voilier, mais elles étaient hors de prix. Plusieurs amis en France ont relayé la suite des articles et le moyen de contacter ce skipper. L’un d’eux, Boris, a réalisé un routage pour guider l’équipage vers le voilier à la dérive, tandis que le propriétaire du bateau, Bruno, intervenait auprès de ses collègues de la Marine nationale pour épauler l'action. L’équipage est parti un lundi soir après avoir pris contact avec la Marine nationale via le CROSS d’Etel, qui leur a donné la position précise du voilier, récemment survolé par un avion des douanes. Il était convenu, vu la distance à parcourir, que l’arrivée près de l’Ocean Swift aurait lieu dans l’après-midi de mercredi, soit deux jours plus tard. Et c’est ce qui s’est passé : l'équipage a été survolé par l’avion français le mercredi, qui leur a fourni le point précis du bateau. John Taylor, un homme qui avait construit son bateau lui-même, était alors à bord du Kermoor. « C’est un gars bien », a précisé Éric Angier de Lohéac. « Il est sympa. Il était très ému pendant ces deux jours à bord avec nous. Un gars très émouvant, un peu perdu avec son bateau à la dérive et après tous ces jours d’angoisse pour trouver une solution entrant dans ses moyens financiers. » Quelques heures avant la récupération du bateau, un avion de la Marine nationale avait survolé le Ker Moor pour fournir par VHF une position précise du catamaran.
La récupération du bateau a finalement eu lieu, ce qui était le plus important selon le skipper vannetais. Il a fait gonfler l’annexe de son voilier pour amener l’Anglais à son bateau flottant comme un bouchon au beau milieu du golfe de Gascogne. À bord de l'Ocean Swift, tout allait bien, même si le moteur du catamaran a peiné à démarrer quelques minutes avant de repartir. « Nous n’avons pas revu John depuis », a ajouté Éric Angier de Lohéac. « Nous avons su via les gardes-côtes français qu’il avait réussi à rejoindre les côtes françaises. » Le retour de l’équipage du Kermoor fut plus difficile. Ils ont été surpris par un coup de vent de force 6 à 7 en approche de Groix, où ils voulaient refaire du gasoil. À plusieurs reprises, l’Ocean Swift à la dérive dans le golfe de Gascogne avait été photographié par des avions de la Marine nationale française. Éric pensait qu’ils allaient leur amener un jerrican, mais ils les ont pris en remorque jusqu’à Port Tudy où ils les ont mis à l’abri. « Des vrais pros, franchement ils ont fait du beau boulot. Remarquable. C’est rassurant ! », a-t-il commenté. Seule ombre au tableau de cette chouette histoire qui finit bien : une facture de 650 € pour le remorquage. « Je sais que ce n’est rien face au sauvetage d’un tel bateau. Nous avons prévenu John Taylor pour essayer de trouver une solution financière, j’espère qu’il pourra nous aider, la panne sèche n’aurait pas eu lieu sans cette opération de sauvetage, nous n’avons pas encore de nouvelles mais je reste confiant, John est un chouette gars, il ne va pas filer à l’anglaise… » Cette aventure met en lumière l'importance de la communauté maritime, où l'aide est apportée sans hésitation, souvent dans des circonstances périlleuses.
Les Régates : Un Monde de Précision, de Passion et de Performance
Le monde des régates, qu'elles soient impériales ou plus contemporaines, est un univers où la performance, la stratégie et la maîtrise technique se conjuguent avec une passion inébranlable. Ces compétitions, souvent épiques, sont un autre aspect majeur de la vie maritime, où l'humain et la machine sont poussés à leurs limites. Au deuxième jour des régates, le suspense est souvent palpable. Le briefing, quant à lui, est ponctuel comme à son habitude. Assis en tailleur, les membres des équipages enregistrent les instructions données par leur capitaine respectif. Thibaud Assante, cofondateur de la manifestation phare du nautisme en Corse, a toujours son portable greffé à l'oreille, un œil sur le golfe, un autre sur l'heure, qu'il ne perd pas de vue. Car le temps passe, et parfois la brume, comme celle qui, un matin, a décidé non seulement de brouiller l'horizon, mais surtout de contrarier les membres du comité de course et le staff organisateur de ces 9e régates impériales. 13 h, 14 h, 15 h. Toujours pas de départ annoncé. Voilà qui n'arrange pas les affaires des équipages, car, sur les cinq jours de régates initialement prévus, le règlement autorise à retirer le moins bon score obtenu à la lecture des résultats finaux.
Lire aussi: Innovations dans les voiles
Les Maxis GP, avec leur taille de 70 à 72 pieds, forment un quintet de très haut niveau qui court presque en temps réel puisque les écarts de rating y sont infimes. Plus ancien de la catégorie, Jethou n’a pas pris une ride depuis 2012, maintenu au plus haut niveau par son propriétaire Sir Peter Ogden. Cette beauté noire, dessinée par Judel Vrolijk, présente un rating médian et se montre toujours dangereuse. Vesper et Jolt sont les plus gros ratings. Le premier, skippé par Jim Schwartz, empochait la première manche des Voiles, alors que Jolt, le plan Botinde Peter Harrison, est le vainqueur de l’année passée de la classe des grands Maxis qui intégrait alors les GP. Ces deux-là doivent moins de 3 minutes par heure de course à North Star de Peter Dubens ou Django X, le nouveau Wally Rocket 71 lancé cette année et récent vainqueur de la Maxi Yacht Rolex Cup. Construit l’année passée chez King Marine à Valence, ce Maxi de 21,40 m est pourtant un pari osé. Moins long de 2 mètres et plus léger de 2 tonnes, c’est un peu le trouble-fête de la catégorie. La plus faible masse de lest est compensée par l’usage de ballasts de 2,7 tonnes par côté. « Le bateau est très à l’aise au portant et au reaching », confirme Vasco Vascotto, le tacticien du bord. « Mais pour gagner en régate, il faut arriver à survivre au près ! » Pour cela, un soin tout particulier a été porté au transfert des masses d’eau, les 2700 litres passant d’un bord sur l’autre en seulement 6 à 7 secondes. Remplis dès 8 à 9 nœuds de vent réel et pas forcément utilisés à 100% de leur volume, les ballasts jouent un rôle de régulation. Vasco les compare à « l’action d’un équipier au trapèze qui joue sur la longueur de son câble ! ». Leur usage complique néanmoins la tactique, notamment pour le choix du côté de la porte sous le vent (quel ballast remplir à la fin du bord de portant ?) et le timing des passages pour ne pas traîner de masse en trop et retrouver la pleine puissance au près.
Après deux jours de course où les petits airs ont redistribué les cartes, avec une victoire sans partage aujourd’hui de Vesper, Zen conforte sa place de leader chez les grands IRC et c’est très serré en IRC 1 entre Zappy S, Andante 4 et Arya. Dans les autres classes, ce sont Give Me Five (IRC2), Pride (IRC3) et Mikala (IRC4) qui occupent la première place. Il est à noter qu’il faut un minimum de quatre manches courues chez ces bateaux pour retirer du classement général son plus mauvais résultat.
#
Lire aussi: Tout savoir sur les types de voiles