Les cordages sont des éléments essentiels pour la manœuvre des voiles sur un bateau, qu'il s'agisse d'un voilier ou d'un bateau à moteur. Ils permettent de hisser, d'orienter et de régler les voiles, assurant ainsi la propulsion et la direction du bateau. Ce guide exhaustif explore les différents types de cordages utilisés, leurs matériaux, leurs caractéristiques et les critères de choix pour une navigation sécurisée et performante.
Introduction aux Cordages de Manœuvre
Sur un voilier, chaque cordage a une fonction spécifique et porte un nom particulier. On distingue principalement les drisses, les écoutes et les amarres, chacune ayant un rôle crucial dans la manœuvre des voiles et l'amarrage du bateau. Comprendre les spécificités de chaque type de cordage est essentiel pour un marin, qu'il soit professionnel ou amateur.
Les Différents Types de Cordages
- Drisses : Les drisses sont utilisées pour hisser et affaler les voiles. Elles sont frappées au point de drisse de la voile et permettent de la monter ou de la descendre le long du mât. Il est conseillé d'utiliser des drisses de couleurs différentes pour identifier facilement chaque voile à bord.
- Écoutes : Les écoutes servent à orienter la bôme et donc la voile par rapport au vent. Elles sont frappées à l'angle inférieur arrière de la voile (point d'écoute) et permettent de régler l'angle de la voile par rapport au vent. Plus on laisse de mou, plus la voile s’ouvre.
- Amarres : Les amarres sont utilisées pour amarrer le bateau au port ou à une bouée. Elles doivent être robustes pour maintenir le bateau en place malgré les conditions météorologiques et les forces de l'eau.
- Hale-bas : Le hale-bas permet de maintenir la bôme vers le bas et de contrôler la tension de la voile.
- Bosse d'empointure : Sur la grand-voile, la bosse d'empointure relie le point d'écoute à la bôme et permet de régler la tension de la bordure.
- Balancine : La balancine sert à soutenir la bôme lorsqu'elle n'est pas soutenue par la voile.
Matériaux Utilisés pour les Cordages
Le choix du matériau est un facteur déterminant pour la performance et la durabilité d'un cordage. Différents matériaux sont utilisés, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients :
- Polyester : Le polyester est un matériau de prédilection pour les cordages marins en raison de sa longue durée de vie, de sa résistance aux conditions météorologiques (soleil, eau, sel), de sa résistance à l'abrasion et de sa facilité de nouage. Il est utilisé pour fabriquer la plupart des drisses, des écoutes et des amarres. Il présente un allongement modéré entre 4 et 7%.
- Dyneema (HMPE) : Le Dyneema, ou HMPE (High Modulus Polyethylene), est un matériau plus technique, offrant une résistance très élevée et un faible allongement. Il est utilisé pour les applications exigeantes, comme les drisses de régate, mais son prix est plus élevé.
- Nylon : Le nylon est un matériau résistant et élastique, souvent utilisé pour les amarres en raison de sa capacité à absorber les chocs.
- Polypropylène : Le polypropylène est un matériau léger et flottant, résistant aux intempéries et traité anti-UV. Il est utilisé pour les cordages qui doivent flotter et ne pas absorber l'eau.
- Chanvre synthétique (PPTex) : Le chanvre synthétique, également appelé PPTex (Polypropylène Texturé), imite l'aspect et le toucher du chanvre naturel tout en offrant une meilleure résistance à l'eau et aux UV. Il est utilisé pour la restauration de vieux gréements et pour la décoration.
- Coton : La ficelle en coton est une matière première idéale pour le macramé et créer des objets de décoration.
Critères de Choix d'un Cordage
Le choix d'un cordage adapté dépend de plusieurs facteurs :
- Type de bateau : La taille et le type de bateau influencent le diamètre et la résistance nécessaires pour les cordages.
- Utilisation prévue : Les drisses, les écoutes et les amarres ont des exigences différentes en termes de résistance, d'allongement et de maniabilité.
- Résistance à la traction : La résistance à la traction du cordage doit être adaptée aux charges qu'il devra supporter. Il est recommandé de ne pas dépasser 1/5 de la charge de rupture du cordage lors de son utilisation normale.
- Conditions météorologiques : Les cordages doivent être résistants aux UV, à l'eau salée et aux variations de température.
- Accastillage : Le cordage doit être compatible avec l'accastillage du bateau (winchs, bloqueurs, poulies).
- Confort et esthétique : Avoir un beau bateau et manier des cordages agréables est important pour le plaisir de naviguer. Les cordages ne doivent pas glisser entre les mains ni être difficiles à utiliser.
- Allongement : Pour les drisses et les écoutes, un faible allongement est préférable pour maintenir la forme des voiles et optimiser les performances.
Types de Construction des Cordages
Les cordages peuvent être construits de différentes manières, chacune ayant ses propres caractéristiques :
Lire aussi: Nager avec votre chien: Guide
- Cordages tressés : Les cordages tressés sont fabriqués en croisant ou en entrelaçant des brins individuels. Ils offrent une bonne résistance et une bonne stabilité. On distingue les tresses simples, les tresses creuses et les tresses carrées.
- Cordages à double tresse: Dans les cordages à double tresse, l'âme et la gaine supportent toutes deux la charge et contribuent à la stabilité de l'ensemble.
- Tresses simples: Les tresses simples sont fabriquées en entrecroisant les fuseaux pour former un cylindre.
- Tresses creuses: Les tresses creuses sont conçues afin que les fuseaux entrecroisés forment une structure tubulaire. Ces cordages n'ont pas d'âme, c'est le tressage qui assure leur résistance.
- Tresses carrées: Les tresses carrées comportent 8 fuseaux et sont particulièrement durables, avec une excellente prise en main. Elles sont également faciles à épisser et relativement bon marché. À la différence des cordages toronnés, elles ont une bonne élasticité et demeurent souples dans le temps.
- Cordages toronnés (hélicoïdaux) : Les cordages toronnés sont fabriqués en retordant ensemble deux torons ou plus. Ils ont une charge de rupture plus faible que les cordages tressés, mais des capacités d'élongation plus importantes. Ils sont surtout utilisés pour les amarres et les lignes de mouillage.
Couleurs des Cordages
La couleur des cordages peut être choisie pour des raisons esthétiques, mais aussi pour faciliter l'identification des différentes manœuvres à bord. Il est courant d'attribuer une couleur spécifique à chaque type de cordage (drisses, écoutes, amarres) ou à chaque voile.
Entretien des Cordages
Un entretien régulier des cordages est essentiel pour prolonger leur durée de vie et assurer leur bon fonctionnement. Voici quelques conseils :
- Rinçage à l'eau douce : Rincer régulièrement les cordages à l'eau douce pour éliminer le sel et la saleté.
- Nettoyage au savon doux : Utiliser du savon doux et une brosse pour nettoyer les cordages en profondeur. Il est également possible de les faire tremper pendant 24 heures dans une baignoire.
- Lavage en machine : Les cordages peuvent être lavés en machine à l'eau froide (16°C) et à cycle lent, en les plaçant dans une taie d'oreiller pour éviter qu'ils ne s'emmêlent.
- Séchage à l'air libre : Étaler les cordages sur une surface propre et plane à l'abri de la lumière directe du soleil. Éviter de les suspendre, car cela peut entraîner une déformation.
- Inspection régulière : Vérifier régulièrement l'état des cordages, en particulier les épissures et les cosses, et remplacer les cordages endommagés.
- Protection contre les UV : Protéger les cordages des rayons UV en les rangeant à l'abri du soleil lorsqu'ils ne sont pas utilisés.
- Stockage hivernal : Si le bateau est hiverné en extérieur, il est recommandé de retirer les drisses en Dyneema du mât, ainsi que les bouts de manœuvre et les prises.
Vocabulaire des Cordages et Manœuvres
- Abord (voile amurée en) : Voile dont le point d'amure est placé sur le bord au vent de la coque et non dans son axe.
- Agrès : Ensemble des poulies, manœuvres, voiles et vergues.
- Aiguille : Navette en bois sur laquelle on enroule le fil à voile.
- Aiguilletage : Action de relier à l'aide d'un petit cordage, l'aiguillette, deux objets terminés par un œil, un œillet, une bague.
- Ailes de pigeon : Voiles triangulaires transversales, établies au-dessus du cacatois, de part et d'autre du mât.
- Aman : Terme méditerranéen désignant l'itague de drisse sur une antenne latine.
- Amaper : Serrer fortement une voile contre sa vergue. Synonyme de ferler.
- Amure : Le point d'amure d'une voile est le coin inférieur du guindant (côté le plus en avant de la voile). On dit que le bateau est bâbord amure lorsque ce point reçoit le vent depuis bâbord; tribord amure lorsqu'il le reçoit de tribord.
- Amurer : Amarrer une voile par son point d'amure.
- Angéline : Terme provençal. Voile de flèche des bateaux méditerranéens à antenne, telles les tartanes.
- Apiquer : Dresser plus ou moins verticalement le pic d'une voile à corne ou la vergue d'une voile au tiers.
- Aplester, Appléter : Déployer et établir une voile, tendre convenablement une voile (synonyme d’étarquer).
- Ariser : Diminuer la surface de la voile en prenant des ris.
- Artimon : Voile établie sur le mât d'artimon.
- Aurique : Désigne l'ensemble des voiles à quatre côtés, généralement en forme de trapèze, qui ont pour caractéristique de recevoir le vent toujours par le même bord d'artaque.
- Bagues : Cercles métalliques fixés sur la ralingue de guindant d'une voile, coulissant sur la draille, lorsqu'on la hisse ou qu'on l'amène.
- Balancine : Manœuvre servant à soutenir un espar.
- Baraquette: Poulie à deux réas superposés dans le sens de la longueur, également nommée poulie vierge.
- Battant : Bordure d'une voile aurique ou d'un foc.
- Bermudien : Gréement caractérisé par une grand-voile de forme triangulaire, hissée le long d'un mât souvent très haut.
- Boire le mou : Faire disparaître la différence entre deux laizes d'inégale longueur, grâce à une couture d'assemblage qui absorbe peu à peu l'excès.
- Bonnette : Voile utilisée pour augmenter la surface de voilure, soit à côté d'une voile, soit sous elle.
- Bouline : Cordage frappé sur le côté d'une voile carrée ou au tiers, destiné à agir sur sa ralingue afin de la porter plus au vent.
- Bourcet-malet : Type de gréement équivalant à celui de misaine-tapecul, originaire de la Manche et de la mer du Nord.
- Bragot : Filin formant une boucle fermée par une épissure autour de l'antenne d'une voile latine.
- Braguet : Cordage amarré dans les haubans de part et d'autre du mât de flèche, destiné à le soutenir lorsqu'il est calé.
- Branches : Petits cordages disposés en patte d'oie et réunis en un point.
- Bras : Cordage servant à brasser les vergues, c'est-à-dire à les orienter horizontalement.
- Brigantine : Voile à corne du mât d'artimon des gréements carrés. C'est aussi la grand-voile d'un brigantin.
- Brin : Qualité de la toile à voile.
- Burin : Gros épissoir droit en bois, qui permet d'ouvrir un œil, ou d'agrandir l'ouverture d'une patte ou d'une estrope.
- Cacatois : Petite voile carrée située au-dessus du perroquet sur un gréement carré.
- Cagnard : Sorte de prélart, forte toile servant d'abri.
- Calebas : Synonyme de hale-bas, désigne le cordage frappé au point de drisse d'une voile, utilisé pour l'abaisser ou l'amener.
- Caliorne : Gros palan composé de fortes poulies à trois réas.
- Candelette : Palan plus petit que la caliorne, dont la poulie inférieure porte souvent un croc.
- Car, carnal, carneau : Angle inférieur d'une voile latine; c'est également la partie inférieure de l'antenne.
- Cargue : Cordage destiné à ramasser une voile contre le mât ou la vergue afin de réduire instantanément sa surface.
- Cargue-point, cargue-bouline, cargue-fond : Cordages servant à la manœuvre des voiles carrées et de leurs vergues, en liaison avec les écoutes, les boulines, les balancines et les drisses.
- Carré : L'adjectif s'applique aux voiles de forme trapézoïdale établies en travers du mât.
- Cartahu : Filin mobile passant dans une poulie fixe, sur lequel on agit pour hisser un objet.
- Chiquer : Apiquer le bout-dehors vers le bas.
- Chiquet : Doublage de renfort des empointures d'une voile.
- Chute : Côté arrière d'une voile.
- Civadière : Voile carrée gréée sous le beaupré des vaisseaux.
- Clin-foc : Foc volant, poussé à l'extrémité du bout-dehors grâce à un rocambeau, et dont le point de drisse est établi au point le plus haut du mât.
- Contre-cacatois : Petite voile établie au-dessus des cacatois, ayant la même forme que ceux-ci.
- Contrepoint : Morceau de ralingue mis en renfort, près d'une empointure de voile.
- Cosse : Anneau rond en métal comportant une gorge pour une estrope; la cosse sert à protéger l'œil de l'usure.
- Couillard : Raban de ferlage d'une voile carrée, fixé en patte d'oie sur le milieu de la vergue.
- Coulisseau : Pièce métallique courant sur un rail : le coulisseau dans lequel passe l'écoute glisse sur le rail fixé sur le pont.
- Courant : Extrémité mobile d'une manœuvre sur laquelle on peut agir pour hisser, étarquer, border.
- Coutelas : Polacre établie en travers, en Méditerranée.
- Couture : Les voiles sont composées de bandes de toiles, les laizes, assemblées par des coutures.
- Croissant : Ferrure en forme de croissant sur laquelle est fixé le palan d'écoute d'une bôme à rouleau, afin que celle-ci puisse tourner lorsqu'on réduit la voile.
- Davant : Palan de devant, ou palan d'amure sur les gréements latins.
- Défoncer : Action du vent ayant déformé ou crevé une voile.
- Dégréer : Opération qui consiste à enlever la voilure et, éventuellement, les manœuvres courantes et dormantes.
- Désenverguer, déverguer : Libérer une voile de sa vergue, de sa corne, de sa bôme ou du mât.
- Diablotin : Voile d'étai placée au-dessus du foc d'artimon et de la marquise d'un grand voilier.
- Donner de l'embu : Prévoir un excédent de longueur de toile avant d'assembler deux tissus d'élasticité différente, ou un tissu et un cordage, afin de compenser par des petits plis prévus à l'avance, la différence de souplesse.
- Dormant : Extrémité fixe d'un cordage, d'un câble, d'une manœuvre.
- Dragon : Nom donné au foc volant établi entre l'extrémité supérieure du mât et l'extrémité du bout-dehors, sur les goélettes et petits bâtiments.
- Draille : Cordage ou filin sur lequel courent des bagues ou mousquetons garnissant le guindant d'un foc, d'une trinquette ou d'une voile d'étai.
- Drisse : Cordage servant à hisser voiles et vergues.
- Drosse : Cordage raidi au moyen d'un palan, qui maintient le milieu d'une basse-vergue ou d'une antenne contre le mât.
- Echancrure : Courbe concave d'une voile sur l'un de ses côtés.
- Ecoute : Cordage frappé à l'angle inférieur arrière d'une voile (c'est son point d'écoute) et permettant de l'orienter.
- Elingue : Filin passé autour d'un objet afin de le hisser à l'aide d'un palan.
- Embroy : Mot provençal désignant la cargue des voiles latines.
- Empointure : Chacun des angles supérieurs d'une voile enverguée.
- Enverguer : Fixer une voile sur sa vergue.
- Envergure : Côté par lequel une voile est fixée à sa vergue.
- Erse, Ersiau, erseau : Anneau de cordage ou de filin, petite bague en cordage destinée à entourer un œil de pie, pour renforcer la toile.
- Estrangue car : Mot provençal désignant le cargue-fond d'une voile latine.
- Estrope : Erse en cordage ou en métal, entourant une poulie, et dont les deux extrémités sont réunies pour former un œil qui sert à la suspendre ou à la fixer.
- Etarquer : Raidir autant que possible une drisse et donc le guindant d'une voile.
- Etrangloir : Cordage servant à serrer une voile contre sa vergue ou son mât. Synonyme de cargue.
- Fanons : Parties pendantes en guirlande d'une voile carrée entre ses cargues.
- Fardage : Surfaces de coque, de superstructures, de mâture donnant prise au vent, et ayant pour effet d'augmenter la dérive du bateau.
- Fausse amure : Amure supplémentaire en prévision du mauvais temps.
- Fausse écoute : Écoute supplémentaire de mauvais temps, ou pour prendre un ris.
- Filoir, filoire : Petit conduit dans lequel passe un cordage.
- Fisherman : Voile d'étai, placée entre le de misaine et le grand-mât les goélettes.
- Fixe : Voile inférieure d'un hunier double dont la vergue est fixe.
- Flèche : Voile établie au-dessus de la grand-voile dans l'espace compris entre la corne et le haut du mât.
- Foc : Chacune des voiles d'étai triangulaires, établies en avant du mât.
- Forcer : Contraindre une couture à prendre une forme concave par variation du recouvrement de deux laizes.
- Fortune : Voile carrée volante, établie par beau temps sur le mât de misaine des goélettes ou sur le grand-mât des cotres, sloups, dundées.
- Fougue : On appelle « perroquet de fougue » le hunier d'artimon.
- Fourco : Terme provençal, désignant un espar gréé d'un palan qui réunit le bas de l'antenne au pied de mât.
- Frotter, frottoir : Rabattre la toile d'une voile avec un outil servant à aplatir la couture, le frottoir, pour former un ourlet ou une gaine.
- Gaine : Large ourlet autour d'une voile, réalisé en repliant la toile ou en rapportant une bande de tissu, avant de poser la ralingue.
- Garant : Cordage d'un palan, passant le réa des poulies.
- Garcette : Petit filin servant à un amarrage.
Lire aussi: Choisir ses mâts de lestage
Lire aussi: Tout savoir sur la vidange de piscine 50 m³