La coque de bateau est exposée en permanence aux conditions marines et à la croissance d’organismes marins qui peuvent s’y fixer. En pleine mer ou au ponton, votre bateau est immergé dans l’eau : au fil du temps, un ensemble de végétaux et d’animaux viennent se coller sur la surface mouillée de votre coque. Algues, moules et coquillages se développent sur les œuvres vives de votre bateau, réduisant votre vitesse de navigation et augmentant votre consommation de carburant. Une carène encrassée crée plus de résistance dans l’eau, rendant le bateau moins performant, moins agréable à manœuvrer et plus gourmand en énergie. La protection de la carène est un élément crucial pour la longévité de votre bateau, ainsi que pour maintenir ses performances, réduire les coûts d’entretien et préserver la glisse du bateau entre deux sorties.
Les défis de l'entretien et les alternatives écologiques
D’ordinaire, la coque des voiliers est composée d’un matériau « sandwich » : une mousse PVC entre deux couches de composite rigide en fibres de verre. Or il existe des alternatives plus respectueuses de l’environnement, avec des composites à base de fibres végétales ou des mousses issues de plastique recyclé. En vue d’améliorer l’empreinte environnementale de ses voiliers, MerConcept a sollicité l’Ifremer pour évaluer la résistance de deux matériaux innovants par rapport aux actuelles structures fibres de verre/PVC. Les tests ont notamment porté sur des chocs de type « vagues », avec une énergie qui peut atteindre plusieurs tonnes par mètre carré, et des chocs rigides plus locaux sur la structure, rencontrés potentiellement par les skippers lors de collisions. Les essais réalisés montrent que les deux matériaux d’origine végétale sont moins résistants, mais qu’ils répondent largement aux seuils de qualification nécessaires, notamment par rapport au choc des vagues. D’après les analyses d’impact environnemental, ces matériaux alternatifs permettaient un gain de 20 à 25 % d’équivalents CO2. Dans les deux cas, le surpoids généré est négligeable (inférieur à 4%). Ces résultats sont très encourageants pour la suite. Les règles de la course au large évoluent globalement pour prendre en compte l’empreinte environnementale des bateaux.
Peintures antisalissures : le choix de la tradition et ses limites
Pour éviter l’encrassement, il convient de peindre la coque avec une peinture marine spéciale appelée « antifouling ». Il s’agit d’une peinture antisalissure qui libère des toxines (biocides), la plupart du temps à base d’oxyde de cuivre, capables de freiner la prolifération de végétaux marins comme les algues et les coquillages. Cette peinture protège toutes les surfaces immergées du bateau et empêche le dépôt de salissures sur la coque. Dès lors que le bateau est dépourvu de cet ensemble de végétaux, il est plus rapide et moins gourmand en carburant.
Il existe deux grandes catégories de peintures :
- L’antifouling érodable : Il présente un taux élevé de résine soluble. Cette peinture marine présente l’avantage de toujours laisser une couche active de biocides, même si le film de peinture s’use au frottement de l’eau sur la carène. La surface reste alors lisse et l’accumulation des couches d’antifouling sur la coque est réduite. L’antifouling érodable autopolissant se lisse mieux et présentera donc une meilleure glisse.
- L’antifouling à matrice dure : Composé d’une base de résine époxy contenant des biocides, ces derniers sont libérés lentement dans l’eau. On ne peut pas appliquer un antifouling à matrice dure sur un érodable.
Cependant, la peinture antifouling reste un produit chimique biocide. Elle est donc très polluante pour l’environnement aquatique. Elle présente également des risques pour la santé humaine, à l’application et surtout au décapage ou au ponçage. Ensuite, son usage fait désormais l’objet de contraintes réglementaires, comme par exemple le fait de ne pas pouvoir nettoyer la coque de son bateau en plongée du fait de sa toxicité pour l’environnement. Sa durée de vie est aussi limitée : 1 à 2 ans maximum.
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Solutions spécifiques : cuivre, vernis et protection des appendices
Les peintures au cuivre sont des peintures qui intègrent des particules de cuivre. L’un des principaux avantages des peintures antifouling au cuivre est leur efficacité à long terme. Comparées aux peintures biocides traditionnelles, qui doivent être appliquées tous les ans, les peintures au cuivre peuvent durer plusieurs années, parfois jusqu’à 10 ans, ce qui réduit considérablement les coûts et les tracas liés à l’entretien. Dans cette catégorie, on peut citer Coppercoat. La principale raison qui peut vous freiner pour cette solution est son prix à l’application, qui représente un réel investissement. De plus, le cuivre ne convient pas aux coques aluminium, en raison de la corrosion qu’il provoque. Quand il est mélangé au cuivre, l’aluminium crée une réaction chimique qui le corrode totalement. C’est pour cela qu’il existe des antifoulings spécifiques pour une application sur coque d’aluminium.
Le vernis de protection de coque est une option moins répandue. Il protège la coque des bateaux tant du « fouling » que de la corrosion. Cependant, il est important de noter que le vernis n’est pas aussi efficace que les peintures antifouling pour empêcher la coque de se salir. Le nettoyage de la coque se fait avec de l’eau douce et un détergent doux, en évitant les détergents abrasifs ou les nettoyants à base d’acide.
Votre coque n’est pas la seule à avoir besoin de protection ; les appendices immergés, comme les hélices et les embases, en ont besoin pour éviter que les organismes marins viennent se coller. Pour ne pas altérer l’efficacité de ses appendices et augmenter leur longévité, un antifouling dédié est idéal.
Innovations technologiques : films, ultrasons et housses de protection
Les films lisses sont une solution alternative consistant à appliquer un film adhésif en silicone. Le premier des avantages est qu’elle ne contient pas de substances toxiques. Elle offre une durée de vie plus longue que la peinture classique, ce qui permet de faire des économies. Cependant, le film adhésif est plus cher à l’achat et peut être difficile à installer correctement. Il existe aussi des films à fibres qui permettent de mieux tenir dans les zones à forte concentration d’organismes marins. Le secret de ces adhésifs qui ressemblent un peu à une moquette : leur technologie spéciale qui reproduit les piquants des oursins. Ils sont eux aussi anti-salissure, durables et offrent une haute performance.
Les antifoulings à ultrasons émettent des vibrations pour empêcher la fixation des organismes. Cependant, cette technologie peut être moins efficace pour les bateaux immobiles, nécessite une alimentation électrique pour fonctionner, a un coût initial plus élevé et peut ne pas être suffisamment efficace dans certaines zones géographiques. Par ailleurs, lorsque l’on vit à bord, cette solution peut produire des nuisances sonores.
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La housse de coque K-Ren est une solution innovante pour éviter le carénage. La housse K-Ren propose une autre approche : elle crée une barrière physique autour de la carène. Installée en 30 minutes et enlevée en 15 minutes, la housse K-REN est très facile d’utilisation. L’un de ses principaux avantages est son aspect économique. Cette solution permet d’éviter les frais liés au carénage annuel. De plus, la housse est 100% recyclable et évite de recourir aux antifoulings toxiques. Elle protège de produit chimique sur leur carène et préserve la glisse du bateau entre deux sorties. La housse peut être retirée puis rangée après utilisation. Fabriquée en France sur mesure, elle s'adapte à tout type de bateau : voilier, quillard, dériveur, bateau à moteur, semi-rigide.
La problématique de la corrosion galvanique
Il est primordial d’empêcher la corrosion galvanique en installant un système électrique à bord d’un bateau. La corrosion galvanique est la corrosion du métal sous l’influence d’un courant électrique. Si des composants faits de deux métaux différents sont plongés dans un conducteur liquide (électrolyte) et court-circuités, un courant passera. Une éraflure dans la peinture d'une coque, par exemple, aura comme conséquence deux métaux différents étant plongés dans l’électrolyte, et un courant électrique circulera immédiatement.
Pour résoudre ce problème, vous devrez équiper une anode faite d’un métal d’un potentiel inférieur à celui de la coque, tel que le zinc ou l’aluminium. La terre protectrice joue un rôle très important en sécurisant votre système électrique, et ne peut pas être omise. Avec un transformateur d’isolement, le fil de terre reste dans le câble électrique du quai pour des raisons de sécurité mais n’est pas relié au bateau. Un commutateur de fuite à la terre est prescrit par la directive ISO 13297 pour les bateaux de plaisance jusqu’à 24 mètres.
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