La préservation du patrimoine immergé constitue un enjeu scientifique et culturel majeur, nécessitant une approche rigoureuse et structurée. Le domaine de l’archéologie subaquatique ne se limite pas à la simple exploration ; il s'agit d'une discipline encadrée par des normes strictes visant à inventorier, identifier et fouiller des sites d'intérêt préhistorique ou historique. Ces sites, qu’ils soient maritimes comme les épaves, les ports et les lieux de mouillage, ou situés dans les eaux intérieures comme les gués, les ponts et les structures immergées, demandent des compétences spécifiques pour être étudiés sans risque pour le plongeur ou pour les vestiges eux-mêmes.
Le cadre juridique et institutionnel de l'archéologie subaquatique
Les plongées qualifiées d’archéologiques ne sont pas soumises à l’arrêté du 22 juin 1998, mais à une réglementation spécifique avec un classement hyperbare obligatoire selon la réglementation du ministère du travail. Cette rigueur s'explique par la nature délicate des opérations, qui vont de la simple prospection à la fouille programmée sur plusieurs années. Le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), créé en 1966 par André Malraux, a pour vocation de gérer le patrimoine archéologique subaquatique et sous-marin sur le territoire français, soit plus de 11 millions de km².
La Commission Nationale d'Archéologie Subaquatique de la FFESSM assure la coordination entre les différentes Commissions Régionales d'Archéologie et les instances dirigeantes de la FFESSM. Ses buts sont l’étude et la protection du patrimoine archéologique subaquatique et sous-marin. Elle soutient financièrement la réalisation d’opérations archéologiques (prospections, sondages et fouilles), de stages de formation, de manifestations dans les différentes régions, et de publication des travaux de fouilles réalisés par des archéologues FFESSM. En outre, elle publie sur le site internet de la FFESSM un bulletin scientifique annuel qui relate les différentes opérations archéologiques de l’année fédérale. Il est essentiel de noter que les chantiers fédéraux représentent plus de la moitié des autorisations délivrées par le Ministère de la Culture.
La structuration des compétences : le cursus fédéral
Le cursus Archéologie fédéral est conçu comme un référentiel de formation pour les plongeurs licenciés à la FFESSM. Il se divise en deux filières complémentaires : la filière "plongeur archéologue" et la filière "formateur". L'objectif est d'assurer une formation de qualité, tant théorique que pratique.
La découverte et l'initiation
Pour ceux qui souhaitent découvrir cette discipline, le produit « Découverte de l'archéologie » (DECA) est proposé dans les clubs fédéraux ou les Structures Commerciales Agréées (SCA) par la FFESSM. Il permet aux licenciés, accompagnés d’un encadrant en archéologie FA1 minimum, de découvrir l’activité avec une information sur l’activité de 2 à 4 h et au moins une plongée. Le plongeur licencié ainsi sensibilisé doit connaître la conduite à tenir en cas de découverte d’un bien culturel maritime. La présence d’un formateur accompagnant la plongée est indispensable, et les notions d'enseignant, de directeur de plongée et de guide de palanquée sont celles définies dans le Code du Sport.
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Parcours du plongeur archéologue (PA)
Le cursus se décline en trois niveaux de compétences progressifs :
- Qualification de Plongeur Archéologue 1er niveau (PA1) : L'objectif pédagogique est l'apprentissage. Le plongeur doit savoir évoluer sur un site archéologique sans risque pour lui et pour les vestiges, et être capable d’effectuer une tâche qui lui est confiée en simulation de chantier. Les conditions incluent d’être plongeur autonome FFESSM, d’avoir réalisé 6 plongées d'observation sur un site archéologique ou suivi un stage de 6 jours, ainsi qu’une formation théorique de 8 heures.
- Qualification de Plongeur Archéologue 2ème degré (PA2) : L'objectif est la mise en pratique. Le plongeur doit pouvoir effectuer avec compétence une tâche particulière avec maniement d’outils ou d’instruments, en sécurité et sans dégât pour le site. Il faut être titulaire du PA1, avoir participé à deux opérations archéologiques sous-marines fédérales ou subaquatiques de natures différentes et totaliser au moins 10 jours d’activités après le PA1, ainsi qu’avoir suivi 8 heures de formation théorique.
- Qualification de Plongeur Archéologue 3ème degré (PA3) : L'objectif est l'organisation. Ce niveau confère la responsabilité d’une opération archéologique, l’obtention des documents administratifs nécessaires, l’organisation de la logistique, le recrutement de l’équipe et la rédaction du rapport scientifique répondant aux normes de l’organe de tutelle du Ministère de la Culture.
Filière des formateurs (FA)
Les formateurs assurent la transmission du savoir et l'évolution de la pratique au sein de la fédération :
- Formateur en Archéologie 1er degré (FA1) : Il agit comme animateur, guidant les plongeurs à terre et en plongée. Il intervient principalement sur les PA1 et la « découverte ». Sa formation exige une connaissance approfondie de la pédagogie et de la réglementation. Il doit être capable de présenter à un auditoire la mise en œuvre d'un savoir-faire et ses connaissances sur un objet archéologique choisi.
- Formateur en Archéologie 2ème degré (FA2) : Ce rôle est dédié à la formation supérieure. Pour y accéder, il faut être niveau 3 FFESSM, titulaire du FA1 et du PA3, et être E1 minimum. Les responsabilités incluent l’organisation complète de formations de PA2 et la présentation de cours théoriques complexes devant un jury composé d’instructeurs.
Responsabilités et méthodologie opérationnelle
La fonction de Responsable Fédéral d’Opérations (RFO), désormais incluse dans les compétences du PA3, est obligatoire pour toute personne qui désire fouiller et demander une aide financière. Une partie des subventions nationales et régionales est redistribuée aux chantiers de fouilles afin de mener à bien leurs actions de formation pratique et théorique. Le RFO doit être capable de monter une opération : définir la problématique, obtenir l'autorisation, gérer le financement, organiser le matériel et l'équipe dans les conditions requises de sécurité.
Les opérations archéologiques impliquent une phase cruciale de traitement des données. La période la plus longue est celle consacrée à l’étude des résultats et à la rédaction des rapports consignant les faits observés et leur interprétation. Tout titulaire d’une autorisation doit remettre ce rapport en fin d’année au Ministère de la Culture. Cette période est aussi celle du dessin des objets archéologiques, de la mise au net des plans et des recherches en bibliothèque. Les thématiques abordées dans les modules de formation couvrent un large spectre : de la construction navale et l'architecture, aux techniques de prospection et de fouille, en passant par l'étude des céramiques, le positionnement GPS, les systèmes géodésiques, et l'archivage documentaire.
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