Conduire sereinement son bateau n’est pas chose aisée. Naviguer sur l’eau est bien différent d’une conduite sur terre avec une voiture. En effet, instable, agitée, en mouvement : l’eau se caractérise comme une surface qu’il faut bien appréhender pour pouvoir maîtriser au mieux son embarcation. Alors vous êtes débutant et souhaitez passer votre permis bateau ? Tout d’abord, il peut être normal de se sentir stressé à l’idée de conduire un bateau. Après avoir appris la théorie, tout comme l’est la conduite sur terre, la pratique peut se révéler bien différente. Cependant, il est important de savoir que lors de l’épreuve du permis bateau, un moniteur se tient à votre côté pour vous aider et vous guider. En fonction de la météo, les manœuvres à effectuer doivent se faire selon différentes conditions : vent, marée, pluie. Pour vous préparer au mieux, informez-vous en amont du temps qu’il fait. Lors des manœuvres, l’une des bases est de comprendre le mouvement du bateau à l’arrêt. En effet, pour manœuvrer et amarrer au port, vous devez savoir que lorsque vous tournez le volant, le bateau glisse de l’arrière. La conduite d’un bateau comporte plusieurs manœuvres obligatoires pour chaque trajet. Les maîtriser et les pratiquer au quotidien fera de vous, chaque jour un peu plus, un meilleur navigateur.
Préparation et vérification avant le départ
Après avoir brillamment réussi l’épreuve du permis et sélectionné le bateau de vos rêves, il ne vous reste plus qu’à l’utiliser. Mais, par manque d’expérience, quelques inquiétudes subsistent. Cette précaution pourrait paraître évidente et pourtant bien des plaisanciers considèrent leur bateau comme une voiture en se contentant uniquement d’introduire la clé dans le contacteur pour ensuite mettre les gaz. Pourtant, un grand nombre de différences existent entre ces deux modes de déplacement. Un bateau, à force de rester dans l’eau et d’être soumis à la corrosion, est beaucoup plus sujet à d’éventuels dérèglements. Un peu de surveillance permettra donc d’éviter quelques problèmes. Avant le départ, avant de larguer les amarres, assurez-vous que le moteur démarre et soit fonctionnel.
Que ce soit l’essence, l’huile ou le liquide de refroidissement, pensez à vérifier que chaque élément soit en quantité suffisante pour ne pas tomber en panne en cours de navigation. Avant tout, il faudra donc bien contrôler si la jauge de carburant est en bon état de fonctionnement en indiquant toujours un niveau réel. Il faut ensuite vérifier les fonds de cale et plus précisément s’il y a une présence d’eau, ce qui indiquerait une éventuelle fuite en raison peut-être du vieillissement d’une vanne ou d’un joint. N’hésitez pas non plus à démarrer votre moteur au moins cinq minutes avant de partir pour vérifier si son fonctionnement est normal en l’examinant avec soin aussi bien dans la cale qu’au niveau de la lecture de l’instrumentation. Vérifiez si l’armement de sécurité est toujours bien présent à bord avec un nombre de gilets suffisant par passager et aussi la date de péremption des fusées de détresse. Assurez-vous également du bon fonctionnement du guindeau électrique et de la descente automatique de l’ancre. Enfin, assurez-vous que vous êtes bien en possession de bouts d’amarrage pour accoster éventuellement dans un autre port.
Analyse des conditions météorologiques et environnementales
C’est la base d’une sortie réussie et pourtant bien peu de plaisanciers prennent la peine de s’attarder quelques minutes pour connaître l’évolution du temps pendant la journée. Avec les moyens technologiques actuels, la météo est devenue de plus en plus fiable et il est indispensable de vérifier les prévisions sur la force et la direction du vent. De ce constat dépendra l’endroit où vous pourrez aller naviguer en vous assurant aussi un retour plus facile. Pour consulter la météo, rien n’est plus simple que de se rendre dans la capitainerie de votre port qui affiche en règle générale une mise à jour quotidienne. On peut aussi se servir de son smartphone avec une multitude de sites spécialisés. Si votre bateau possède une VHF, il est possible de l’écouter 24h/24 sur le canal approprié. Comme pour la manœuvre de rentrée, il sera indispensable d’étudier la direction et la force du vent ou du courant afin d’anticiper leur influence sur le bateau.
Spécificités techniques et comportement du voilier
La première chose à savoir est que chaque bateau a un comportement différent. Suivant le type de lest, sa position ainsi que celle de l’hélice, les voiliers vont être plus ou moins réactifs, à la barre, au moteur. Concrètement, les manœuvres au moteur seront bien plus simples sur un quillard, surtout si celui-ci fait plus de 8 mètres, que sur un voilier à quille longue, voire un dériveur. Et un bateau avec un moteur hors-bord sera moins manœuvrant qu’un voilier avec un moteur in-bord. Dans tous les cas, l’hélice aura toujours une incidence sur la capacité du bateau à tenir sa route. Vous devez donc apprendre à connaître le comportement de votre bateau.
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Apprenez à écouter votre bateau, à anticiper son comportement. Certains pourront attendre le dernier moment pour se placer entre les bateaux, sur un catway, alors que d’autres devront commencer à virer deux mètres avant. Au moteur, les manœuvres dépendent aussi de facteurs extérieurs. Vous devez donc anticiper vos manœuvres au moteur en fonction du courant. Le meilleur conseil est de prendre son temps, et de voir large. L’idée est d’arriver doucement pour observer le comportement du bateau. Lorsque vous avez une vision précise de l’incidence du courant sur la manœuvre, vous pourrez faire demi-tour et refaire votre manœuvre avec anticipation. L’idéal est de faire en sorte d’avoir le plus longtemps possible le courant dans l’axe du bateau afin de rester manœuvrant. Pour ceux qui n’ont pas ou très peu de courant sur leur plan d’eau, vous n’échapperez pas au vent. L’objectif est de bien anticiper l’incidence du vent sur la manœuvre. Le premier réflexe à avoir est de regarder la direction des pavillons sur les bateaux. Si le vent est dans l’axe du bateau, c’est simple. S’il vous pousse dans le catway, vous mettez légèrement la marche arrière avant de larguer toutes les amarres. Si le vent est perpendiculaire au bateau sur le catway, vous devrez alors protéger les bateaux voisins.
Maîtrise de la marche arrière et des manœuvres portuaires
Les manœuvres au moteur sont souvent plus compliquées en marche arrière. C’est assez logique, ce n’est pas la manœuvre naturelle du bateau. Dans le même temps, le sens de rotation de l’hélice, généralement vers la droite en marche avant, se fera vers la gauche. Ce sens de rotation peut avoir une incidence sur la capacité du bateau à reculer droit. On dit qu’il dérape, généralement sur tribord. Pour que le voilier soit manœuvrant, il doit avoir de la vitesse. Vous ne devez pas avoir peur de mettre les gaz, en marche arrière. Pour ne rien arranger, l’hélice se retrouve derrière le safran, en marche arrière. Si vous braquez le safran trop vite, ce dernier va bloquer les flux créés par l’hélice. Vous ne serez alors pas manœuvrant.
Dans le cas d’un mono-moteur, il faudra souvent jouer avec la direction en marquant toujours un petit temps d’arrêt pendant le changement des marches afin d’arrêter la rotation de l’hélice pour ne pas endommager l’embrayage. La règle principale est de ne pas donner de violents coups de gaz et de garder son calme même si l’on manque de maîtrise. Si la situation est complexe, il est préférable de se faire aider par un équipier qui pourra éventuellement guider le bateau à l’aide d’une gaffe. La seconde précaution, une fois les amarres larguées, sera de bien vérifier si la pendille qui maintient le bateau tendu sur la chaîne mère du port sera bien coulée avant d’enclencher la marche avant, sous peine de la prendre dans l’hélice.
Navigation et ajustements dynamiques
Naviguer en suivant un cap au compas est essentiel. Le compas d’un bateau est la boussole marine qu’il faut suivre. Qu’il soit magnétique ou électronique, il faut pouvoir bien manœuvrer en fonction des indicateurs qu’il donne. En navigant à une allure réduite, on peut éviter ainsi de nombreux accidents en ayant aussi une bonne visibilité sur les nageurs ou sur les nombreux récifs qui pourraient ne pas être signalés sur les cartes. Cela permet aussi de ne pas gêner les autres plaisanciers au mouillage par une vague de sillage trop importante tout en observant les règles de priorité pour les navires navigant à la voile ou ceux qui arrivent par tribord.
Certains bateaux par l’angle de leur carène sont plus sensibles que d’autres et rien n’est plus désagréable que de naviguer en étant penché sur l’un des bords. Le bateau devient de plus beaucoup plus délicat à maîtriser et perd de ses capacités en confort. Il est donc essentiel de bien répartir les différentes masses installées à bord du bateau et de placer de façon équilibrée les différents passagers. Le trim est un équipement qui permet de relever le moteur hors-bord ou l’embase. En changeant l’angle de poussée de l’hélice, il est possible de modifier la position du bateau et de relever son étrave ou de la baisser selon les besoins. En règle générale, on aura tendance à rentrer le trim complètement en négatif lorsque la mer devient difficile puis à le lever au maximum lorsque la mer est plate pour gagner quelques nœuds en vitesse de pointe. Les flaps sont deux plaques métalliques, la plupart du temps actionnées par des vérins hydrauliques et sont installées sur le tableau arrière du bateau au niveau de l’écoulement de l’eau. Les flaps permettent aussi de corriger l’assiette du bateau si celui-ci est soumis par exemple à un vent latéral.
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Principes de manœuvre pour embarcations bimoteurs
Manœuvrer un bateau à deux moteurs peut s’avérer difficile pour les débutants et les moins expérimentés. Et pourtant, avec les bonnes techniques et un peu d’entraînement, cela devient un jeu d’enfant. Pour manœuvrer efficacement une embarcation à deux moteurs, il faut d’abord connaître les notions de base et les différentes forces qui agissent sur elle. Il faut ensuite traduire les connaissances acquises en actions adaptées en fonction des conditions de navigation. L’habilité à manœuvrer un bateau bimoteur est une aptitude qui requiert non seulement une bonne connaissance des caractéristiques de l’embarcation, mais également beaucoup d’entraînement.
Les systèmes de propulsion et de direction sur un bateau bimoteur sont intimement liés. En effet, il est inutile d’appliquer une poussée si l’on ne peut pas contrôler entièrement la direction du bateau. Sur un bateau à deux moteurs, les deux hélices sont souvent contrarotatives. Il s’agit d’hélices de caractéristiques égales, mais qui tournent en sens contraire. La plupart des manœuvres sur un bateau bimoteur sont effectuées par le biais des sélecteurs d’embrayage et de vitesse. Outre les safrans, la direction peut être contrôlée en agissant sur la vitesse et le sens de rotation de chaque moteur. Par exemple, lorsque les deux hélices tournent à la même vitesse et dans des sens opposés, les forces latérales exercées par chaque hélice sont annulées par l’autre. Cette caractéristique peut être utilisée pour faciliter la manœuvre du bateau dans une zone étroite présentant un faible angle de rotation notamment lors de l’amarrage du bateau dans un port saturé.
Dynamique du point de pivot et poussée dirigée
En navigation maritime, le point de pivot désigne un point qui trace la courbe de rotation d’un bateau, c’est-à-dire l’endroit où ce dernier pivotera lors d’un virage. Ce point est situé dans la partie avant du bateau, mais sa position varie en fonction de plusieurs facteurs comme la forme de la coque, la vitesse du bateau, l’accélération, etc. Le point de pivot se déplace généralement dans le sens du mouvement du bateau aussi bien en marche avant qu’en marche arrière. D’ailleurs, son déplacement est l’un des facteurs qui rendent difficile la manœuvre des bateaux surtout en marche arrière. Au fur et à mesure que le bateau tourne sur son point de pivot, la poupe se déplace effectuant un virage. Pour évaluer le déplacement du bateau, il convient donc de surveiller la poupe plutôt que l’étrave.
Lorsque vous dirigez le système d’entraînement vers bâbord ou tribord, vous appliquez une force de poussée dans la direction choisie. Cela fait entraîner la poupe autour du pivot. Le bateau fait donc un virage. Les moteurs hors-bord sont généralement équipés d’un petit aileron placé au-dessous de l’hélice. Cet aileron contribue à maintenir la direction du bateau notamment à des vitesses élevées. Cela dit, la maniabilité du bateau et le contrôle de la direction dépendent en grande partie de votre capacité à diriger la poussée du courant de décharge créée au niveau des hélices à un angle approprié par rapport à l’axe longitudinal de l’embarcation. Généralement, l’hélice se trouvant du côté extérieur du virage présente un meilleur angle de poussée que l’hélice se trouvant au côté intérieur. Lorsque vous effectuez un virage dans un espace étroit, vous pouvez mettre les gaz au moteur se trouvant à l’extérieur de l’arc du virage. Cela vous aidera à obtenir une meilleure poussée dirigée, car le moteur le plus éloigné du pivot devient un levier efficace et permet de mieux contrôler la direction.
Utilisation de la poussée latérale et techniques de virage
Contrairement à un bateau monomoteur où la poussée latérale peut occasionnellement entraver la manœuvre de marche arrière, dans un bateau bimoteur à hélices contrarotatives, il est possible de profiter de la poussée latérale de chaque hélice pour faire tourner la poupe, que ce soit à gauche ou à droite. Si vous utilisez la poussée avant d’une hélice et inversez la direction de l’autre, vous pouvez quasiment faire un tour complet sur place. Si les hélices ne sont pas contrarotatives, vous pouvez faire tourner le bateau en mettant un moteur en marche avant et l’autre en marche arrière, mais dans ce cas il faudra utiliser la barre pour ajuster la direction.
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Lorsque l’hélice tribord est en marche avant, et que l’hélice bâbord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau fera un large virage sur bâbord tout en se déplaçant lentement vers l’avant. Lorsque l’hélice tribord est en marche arrière, et que l’hélice bâbord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau fera un large virage sur bâbord tout en se déplaçant lentement vers l’arrière. Lorsque l’hélice bâbord est en marche avant, et que l’hélice tribord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau effectuera un large virage sur tribord tout en se déplaçant lentement vers l’avant. Lorsque l’hélice bâbord est en marche arrière, et que l’hélice tribord est bloquée et le safran en position neutre, le bateau effectuera un large virage sur tribord tout en se déplaçant lentement vers l’arrière.
L’art de l’accostage et de l’amarrage
Pour revenir au ponton, la dernière manœuvre à effectuer consiste à ajuster sa vitesse et d’ajuster l’angle (un angle de 45° est souvent conseillé). L’amarrage consiste à maintenir le bateau contre un quai ou un ponton à l’aide de câbles ou de cordages (amarres). C’est l’une des manœuvres de port les plus délicates pour un plaisancier. D’un côté, les ports sont souvent saturés et la proximité entre les bateaux laisse peu de chance à l’erreur. C’est ce qui explique d’ailleurs que la quasi-totalité des incidents de bateaux se font à l’approche des ports notamment au mouillage et à l’amarrage.
L’amarrage d’un bateau bimoteur est plus facile que celui d’un bateau monomoteur. Cela dit, les principes sont généralement les mêmes : aller doucement pour minimiser les risques, prendre le temps de s’adapter aux caractéristiques du port, choisir l’emplacement le plus approprié, ne jamais improviser, protéger le bateau par la mise en place d’équipements appropriés et toujours prévoir un plan B. Bien entendu, les techniques d’amarrage varient selon le support d’amarrage. Pour un amarrage perpendiculaire à un quai ou à un ponton, avancez doucement dans le port. Une fois que vous êtes dans le chenal d’entrée, portez une attention particulière à trois éléments principaux : la girouette pour le vent, la force et direction du courant, et le trafic en cours.
Il existe plusieurs méthodes pour amarrer un bateau bimoteur contre un quai. Pour un débutant, la méthode la plus simple est la suivante : à l’approche du quai, le sens de déplacement du bateau doit être parallèle à ce dernier. Une fois que vous êtes en face du quai, arrêtez les moteurs et centrez la barre. Ensuite, inversez le sens de rotation du moteur du côté bâbord. Le moteur du côté tribord doit maintenir le même sens de déplacement. Cette manœuvre permet au bateau de se diriger vers le quai en marche arrière. Durant cette opération, veillez à ne pas utiliser le volant pour changer la direction du bateau. L’amarrage peut être effectué uniquement en utilisant les moteurs. Pour arrêter le mouvement de rotation et garder le contrôle du bateau, vous pouvez inverser brièvement le sens de rotation des deux moteurs. Si la proue est trop éloignée de l’emplacement d’amarrage, vous pouvez basculer avec une légère poussée en arrière à tribord puis en avant à bâbord. Une fois que le bateau est en place au quai, il ne vous reste plus qu’à fixer les pointes avant et arrière pour finaliser l’amarrage.
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