Le guide complet des voiliers biquilles : caractéristiques, usages et sélection

Dans l'univers de la plaisance, le choix d'un voilier est intrinsèquement lié à votre programme de navigation et votre plan d’eau. Naviguer en Méditerranée n’est pas tout à fait la même chose que naviguer en Bretagne Nord. Le long des côtes du Var, vous aurez besoin d’un bateau qui ne sera pas surpris par un coup de vent et un quillard fera très bien l’affaire. Mais si vous naviguez le long de la côte de Granit Rose, en Bretagne, vous serez sans doute obligé d’opter pour un petit tirant d’eau, voire d’un lest mobile. Entre le quillard et le dériveur, un des compromis est le biquille.

Comprendre le concept du biquille

Quand nous parlons de biquilles, nous parlons bien des voiliers équipés de deux quilles, fixes. Ce type de lest a été popularisé par les anglais. Ces derniers ont toujours aimé innover, en matière de nautisme, jusqu’à proposer des voiliers à 3 quilles. En France, un des chantiers précurseurs est le chantier Wrighton et ses Biloup, que tout le monde connaît. Le chantier Bénéteau, n’était pas en reste et proposait aussi sa gamme de pêche-promenade Évasion en version biquille.

Historiquement, les biquilles avaient des défauts. S’ils permettaient d’échouer facilement, ils n’avaient pas les qualités marines des quillards. Cependant, dans les années 90, des architectes comme Pierre Rolland, Marc Lombard ou encore Michel Joubert et Bernard Nivelt vont s’intéresser à ce type de lest pour leurs voiliers. Imaginez : vous naviguez sur un voilier rapide, marin qui peut passer partout et surtout échouer sur le sable, voire la vase (mais pas trop molle quand même) et ne nécessitant pas d’entretien de mécanisme, comme pour un dériveur. C’est ce que proposent ces biquilles modernes.

Analyse des alternatives : dériveurs et quillards

Le dériveur est un type de bateau idéal pour accéder à des mouillages peu profonds. Voiliers hybrides, les dériveurs lestés eux sont une évolution d’une version quillard. Dans le concept de dériveur intégral on supprime la quille. Une dérive mobile prend place au centre du bateau, le lest est réparti sur le fond de coque et le poids est augmenté pour garder une bonne stabilité. Cette formule offre des tirants d’eau très réduits même dérive haute. A l’échouage le bateau se pose sur son fond de coque renforcé à cet effet. Le meilleur exemple est le Feeling 32 DI des chantiers Kirié (Tirant d’eau 0.85/1.85 m). En mettant la quille en position basse cela confère au voilier une grande raideur à la toile. Ajouté à cela une stabilité de forme radicale, vous avez un parfait cocktail de performance.

Grâce à la fonction relevable de la quille, ces voiliers peuvent accéder à des mouillages peu profonds sans sacrifier leur efficacité en mer. Cependant, pour s’échouer, ils nécessitent l’ajout de béquilles pour garantir leur stabilité. En résumé, on choisira un baroudeur tout terrain comme le Feeling 32 DI ou un dériveur lesté comme le Sun Odyssey 389 DL pour des croisières dont les exigences seront les accès aux plus beaux mouillages même reculés qui ne manquent pas en Bretagne et dans le Morbihan en particulier. Pour les biquilles version aileron comme le Django 9.80 le programme sera plus placé sur la polyvalence. Dans le cas des quilles relevables comme sur le POGO 36, on est clairement dans la performance.

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Sélection de voiliers biquilles de moins de 9 mètres

Je vous propose une liste de 10 biquilles de moins de 9 mètres que je trouve au-dessus du lot.

L’Evasion 22, du chantier Bénéteau est sans doute le plus vieux de tous. Mais c’est aussi le bateau qui maintient le mieux sa cote, c’est impressionnant. Les plaisanciers qui recherchent un Evasion 22 biquille sont capables d’attendre le temps qu’il faut pour en trouver un, mais n’accepteront pas de compromis. Cet intérêt est dû à des qualités indéniables. Le bateau propose un poste de navigation avec une barre à roue dans la cabine, avec une cuisine, une salle d’eau et un carré transformable.

Comment parler de biquille sans parler du Biloup 77. La star des biquilles, jusque dans les années 2000. C’est en 1986 que le premier Biloup sort du chantier Wrighton, dans le Pas de Calais. La bateau va vite rencontrer son public. Il s’agit d’un croiseur familial tranquille. On a souvent été secoué avec ma petite famille et jamais personne ne s’est senti en insécurité. Les biloups sont des bateaux très rassurants.

Le Tilapia 6.50 était construit par le chantier Ocqueteau. Le Tilapia est un voilier biquille transportable et simple d’utilisation et d’entretien. Entre le croiseur et le dayboat, ce plan de Bernard Veys et Pierre Shapiro est gréé en catboat, sans gréement dormant et mât enrouleur. Un vrai plus pour les manœuvres.

Le Yaka 6.50, dessiné par Pierre Rolland et construit par le chantier breton Marée Haute, est la solution idéale pour le camping côtier. Si vous aimez surfer et faire des croisières en mode camping, ce voilier est fait pour vous. Le choix du biquille permet de réduire le tirant d’eau à 1,35m.

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Le Gib Sea 76 n’est pas très connu. Pourtant, ce voilier a été construit à près de 200 exemplaires et est, pour moi, un des meilleurs voiliers de 7,50 mètres. Le Gib Sea 76, dessiné par le groupe GRAAL, n’a rien à voir avec les autres Gib Sea. Il s’agit d’un voilier rapide, marin et très sécurisant. Le Gib Sea 76 propose une vaste cabine arrière et un lit breton avec un carré très vaste et lumineux.

Le Django 75 a été dessiné par Pierre Rolland et construit par le chantier GL Composites, en Bretagne Nord. Le Django se voulait être un compromis entre un 6.50 et le Pogo 8.50. C’est un bateau typé course, très rapide et organisé comme un voilier de course.

Le Django 7.70, lui aussi dessiné par Pierre Rolland, a été élu voilier de l’année en 2011. Le Django 7.70 est construit par le chantier Marée haute, à Tregunc.

Le RM 880 est sorti en 2005 des chantiers Fora Marine. C’est Marc Lombard qui a dessiné ce bateau devenu une référence des petits croiseurs. Côté aménagement, le bateau offre une cabine double à l’arrière et un lit breton à l’avant. Les aménagements sont pensés pour vivre à bord.

Le Surprise, dessiné par Michel Joubert et Bernard Nivelt, ce voilier de 7,50 mètres est une référence. Il a fait le succès du chantier Archambault. Ce voilier répond parfaitement à deux programmes : la régate et la promenade familiale. Si tu n'as pas 3 personnes de 80 Kg au rappel, tu devras aussi prendre un ris au-delà de 15 nœuds de vent en surprise. Toutefois, en régate, avec un équipage de régate au rappel, les surprise tiennent vraiment bien dans la brise.

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L’Ikone 7.50 est sorti en 2015. Élu bateau de l’année, ce plan de Julien Marin, est un voilier pragmatique et bien pensé. Le bateau est simple à naviguer, avec son gréement Cat Boat.

Éclaircissement sur la nomenclature : Le cas Condor

Il est crucial de ne pas confondre ces voiliers modernes avec des appellations historiques. Le seul voilier nommé CONDOR trouvé dans les ouvrages de Randier ou Lacroix est un petit voilier antillais de Bordeaux construit en 1871. Il appartenait à l'armement E. Labalette. Par ailleurs, le CARBET, ex BOTHNIA, était un trois-mâts barque en fer construit aux chantiers Dumbarton en 1878. Il a chaviré dans le port du Havre en 1913, par suite d'un fort coup de vent, alors qu'il était en cours de déchargement. Renfloué, il fut alors vendu comme ponton. Dans la base d'Yves, il est donné coulé le 26 Février 1917 par UC 17 du KL Ralph Wenninger. Il existe également un Martha Bockman, construit en 1891 au Ardrossan Dockyard UK, dont le nom fut changé en CONDOR en 1913. Ces navires n'ont aucun lien avec les voiliers de plaisance contemporains de type biquille.

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