Sécurité et gestion des risques : comprendre et prévenir l’accident de ski et de snowboard

Cette première semaine de vacances de Noël restera une semaine noire dans les montagnes françaises. Cinq jeunes ont succombé à des accidents graves, dont quatre sont morts en pratiquant le surf des neiges. Lundi, c’est un jeune de 18 ans qui est mort des suites de ses blessures consécutives à une chute de télésiège à Gourette. Mercredi fut une journée noire avec 3 morts en surf des neiges. Un surfeur espagnol de 26 ans s’est tué en se fracturant les vertèbres cervicales en retombant sur la tête après un saut périlleux sur une piste bleue de la station du Tourmalet (Hautes-Pyrénées). Cette série d’accidents repose la question de la sécurité en montagne et celle de l’information des jeunes snowboarders sur les risques liés à leur pratique. Le surf des neiges est plus accidentogène que le surf sur les vagues. Les traumatismes sont souvent plus graves. On parle des accidents mortels mais il ne faut pas oublier les centaines de traumatismes graves en snowboard chaque année. Alors qu’en surf dans l’eau, les blessures sont le plus souvent superficielles, les fractures sont plus fréquentes en snowboard, et notamment les fractures du poignet qui représentent 27,5% des traumatismes des snowboardeurs. La protection de la tête a bien progressé avec 60% des pratiquants des snowparcs qui portent un casque. Mais 100% des traumatisés crâniens en snowboard ne portaient pas de casque.

Comme de nombreuses activités sportives, la glisse sur les pentes enneigées présente des risques auxquels vous n’avez pas forcément pensé lors de votre départ pour la montagne. Quels sont les conseils à suivre et les précautions à prendre pour éviter l’accident de ski ? Découvrez les gestes à adopter lorsque l’incident survient, ainsi que les assurances à faire intervenir.

Prévenir l'accident : préparation et code de conduite

Prévenir les accidents de ski est possible en respectant les règles de conduite en montagne et en vous préparant correctement avant le séjour. Environ 41 000 à 43 000 skieurs allemands ont dû être traités médicalement après un accident pendant la saison de ski 2016/2017, selon la Fédération allemande de ski. Depuis que les statistiques sur les accidents de sports d’hiver ont commencé à être collectées, il s’agit de l’un des taux les plus bas jamais enregistrés. En conséquence, le nombre de blessures graves aux sports d’hiver diminue également. Cependant, en termes relatifs, il y a encore trop de petits accidents. Pourtant, la plupart d’entre eux pourraient être évités en respectant les règles de sécurité et en conduisant de manière appropriée et en anticipant. Les blessures à la tête, les contusions au tronc, les fractures des côtes ou de la clavicule et les blessures aux genoux sont les blessures les plus fréquentes qui surviennent en skiant, et ce principalement à cause de chutes.

Pour skier en sécurité, il est recommandé commencer par bien préparer votre condition physique, notamment avec un travail de gainage et de renforcement des jambes. Avant d’aller sur les pistes, il faut bien s’échauffer. Des études prouvent que l’échauffement avant le sport réduit le risque de blessure. Dans d’autres sports, on le fait automatiquement car on a chaud et on transpire. Mais en skiant, on ne se rend pas vraiment compte qu’on transpire ou qu’on a soif à cause du froid. Par conséquent, on boit moins. Le risque de déshydratation est donc encore plus élevé aux sports d’hiver que dans d’autres sports. Les conséquences sont des maux de tête, des problèmes de concentration, des douleurs musculaires. Dans le pire des cas, la déshydratation entraîne un collapsus circulatoire et un évanouissement. Les experts recommandent de boire constamment avant et pendant le sport. La boisson ne doit pas être trop chaude ou trop froide. L’eau minérale peu gazeuse et les jus de fruits pendant les pauses sont particulièrement adaptés. Les boissons gazeuses comme le coca ou les boissons énergétiques sont déconseillées, car elles déshydratent le corps.

Une fois sur les pistes, il vous faudra adapter votre vitesse à votre niveau, à votre visibilité et à l’affluence des pistes. Pour cela, anticiper vos trajectoires facilitera la maîtrise de votre vitesse, tout en conservant une vigilance constante. La règle à ne jamais déroger : respecter le balisage, les panneaux et les consignes. Les règles de conduite de la Fédération internationale de ski (FIS) sont recommandées comme lignes directrices pour une conduite prudente, attentive et sûre. Tout d’abord, il faut se comporter de manière à ne pas mettre en danger les autres et soi-même. Cela implique d’adapter sa vitesse aux conditions de la piste et de la météo, ainsi qu’à ses propres capacités. Selon la FIS, de nombreuses collisions aux sports d’hiver sont provoquées par une vitesse excessive ou une conduite incontrôlée. Avant de descendre, il faut toujours choisir l’itinéraire qui ne met pas en danger les autres skieurs sur la piste. Les skieurs plus bas sur la montagne ont toujours la priorité. Le dépassement peut s’effectuer par la droite ou par la gauche. Il faut être vigilant dans les zones de faible visibilité (exemple : sous une rupture de pente).

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Équipement et sécurité sur le domaine skiable

Premier réflexe : porter un casque, quel que soit l’âge du pratiquant, est fortement recommandé. N’hésitez pas à utiliser des protections spécifiques si cela est nécessaire et faites fixer vos fixations par un professionnel. C’est plus sûr et efficace pour limiter les blessures. Quant au hors-piste, il nécessite un équipement adapté (DVA, pelle, sonde) et doit idéalement être pratiqué accompagné d’un guide ou d’un skieur expérimenté. Point de vigilance : il peut être exclu de certaines garanties d’assurance.

Cependant, les chutes ne peuvent pas toujours être évitées. Néanmoins, si vous êtes bien préparé pour aller sur les pistes, vous pouvez éviter de graves blessures. Par exemple, en cas de chute de ski, les vêtements de protection peuvent amortir le choc et éviter de graves dommages. Cela comprend, selon le degré d’habileté, une protection dorsale, ou au moins des lunettes de ski adaptées. Convenez avec une tierce personne, qui ne fait pas partie du groupe, des itinéraires prévus, et pas seulement lorsque l’on s’éloigne des pistes très fréquentées. Si les skieurs ne se manifestent pas à l’heure prévue ou ne se présentent pas au point de rendez-vous, il se peut que quelque chose ne tourne pas rond. Bien entendu, les amateurs de sports d’hiver devraient toujours avoir leur téléphone portable sur eux, de préférence avec les numéros d’urgence alpins enregistrés. Si vous n’avez pas ces numéros sous la main, vous pouvez appeler le numéro d’urgence général 112 dans toute l’Europe.

Les réflexes d'urgence en cas d'accident

Si vous êtes témoin d’un accident de ski, il est important d’agir rapidement pour protéger la victime et prévenir les secours. Un protocole simple en trois étapes vous permet de sécuriser la zone et de venir efficacement en aide à la victime.

Pour éviter un « suraccident », commencez par signaler la présence de la victime aux autres skieurs. Pour les avertir, plantez vos skis en croix dans la neige avec vos bâtons en soutien, à quelques mètres en amont du blessé. En attendant l’arrivée des secours, l’idéal est que vous restiez positionné à cet endroit pour indiquer l’accident et encourager les personnes sur ski ou snowboard à ralentir. Cela surtout si l’événement a eu lieu dans une zone avec peu de visibilité (forêt, derrière une bosse). Vérifiez ensuite l’état de santé du blessé s’il est en état de parler ou mettez-le en position latérale de sécurité s’il est inconscient.

Repérez le lieu de l’accident en consultant le nom et le numéro inscrits sur la balise la plus proche. Il y en a une tous les 200 mètres le long des pistes. Avertissez les secours, c’est-à-dire le service des pistes de la station, en les contactant par téléphone (le numéro se trouve sur vos plans des pistes ou sur votre forfait de remontées mécaniques) ou en allant prévenir un agent au départ d’une remontée mécanique. Soyez le plus précis possible concernant le lieu de l’accident, les informations sur la victime (âge, sexe, type et zone de douleurs, circonstances de l’accident…).

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Le froid est l’ennemi n°1 en montagne. Il est donc important de vous assurer que la personne blessée conserve sa chaleur corporelle, même si elle ne peut pas bouger pour se réchauffer. Employez à cet effet blouson, écharpe ou tout autre vêtement dont vous pouvez vous passer momentanément, pour éviter un contact entre la victime et le sol gelé. Attendez les secours avec la personne blessée en lui parlant fréquemment pour la rassurer. Si vous êtes seul ou en dehors des pistes très fréquentées, sans aucune perspective d’aide imminente, la méthode du signal de détresse alpin s’applique. Il s’agit de signaler visuellement et/ou acoustiquement que l’on a besoin d’aide. Il peut s’agir d’agiter un foulard ou une lumière ou simplement d’appeler. Il est important de répéter cela toutes les dix secondes pendant une minute. Ensuite, il y a une pause d’une minute pendant laquelle on attend de voir si quelqu’un répond.

Responsabilités et cadre juridique

Les accidents de ski sont légions et nourrissent une abondante jurisprudence qui a inspiré la doctrine. Lorsque l’accident survient dans le cadre d’une leçon de ski le cercle des parties s’étend à l’encadrement. Il est de jurisprudence constante que les organisateurs d’activités sportives ne sont assujettis qu’à une obligation de sécurité de moyens. Toutefois, cette distinction est en partie corrigée par le degré d’intensité de l’obligation de moyens qui peut s’élever jusqu’à produire les mêmes effets que l’obligation de résultat. Cette variabilité est déterminée par différents facteurs : le niveau des participants, leur âge, la nature du sport encadré, des circonstances de temps et de lieu.

Sur la neige, comme sur la route, les responsabilités peuvent être multiples. Si vous heurtez un skieur, vous pouvez faire jouer votre assurance responsabilité civile vie privée pour indemniser le skieur blessé. Si vous êtes vous-même blessé et que le skieur responsable est identifié, sa garantie responsabilité civile vie privée prendra en charge les frais liés à votre accident sur les pistes de ski. Si vous vous êtes blessé tout seul, vous pouvez faire jouer la Garantie des accidents de la vie selon la gravité des conséquences de votre accident. La commune est la principale responsable de la sécurité sur le domaine skiable. Elle est responsable de l’état des pistes et du matériel utilisé pour le domaine skiable.

Il arrive que le responsable d’un accident sur les pistes de ski prenne la fuite après la survenance de l’accident. L’atteinte causée à une victime par une personne circulant sur le sol dans un lieu ouvert à la circulation publique relève de la compétence du Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) au sens de l’article L 421-1 du Code des assurances. Cette preuve restant à la charge de la victime. Si la déclaration de l’accident à sa compagnie d’assurance est un bon réflexe, lui confier le soin d’instruire votre dossier est souvent une grave erreur. Il est préférable que le responsable ait fait préalablement sa déclaration auprès de sa compagnie d’assurance. Il conviendra donc d’établir la matérialité de l’accident en démontrant les circonstances exactes. Les coordonnées téléphoniques ou celles des témoins est indispensable. Dans l’idéal, il est préférable dans les suites de l’accident ou dans les premiers jours de réaliser un constat amiable.

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