La pêche à la traîne en voilier représente une facette unique et enrichissante de la vie en mer, combinant le plaisir de la navigation avec l'art de la capture. Cette méthode, loin des pratiques de pêche sportive au gros souvent associées aux bateaux à moteur, offre une approche plus naturelle et discrète, particulièrement appréciée pour son respect de la tradition et son efficacité souvent sous-estimée. Pour la pêche au bar, les voiliers ont, par exemple, deux atouts maîtres : le silence et le naturel. De plus, comme ils sont rarement employés pour la pêche de ce poisson favori, les bars ne s’en méfient pas. Pêcher à la voile, c'est donc s'adonner à une activité pour le plaisir, la beauté du geste, le respect de la tradition, mais aussi pour l’efficacité ! Gardons un certain respect pour les choses anciennes.
Le grand avantage de cette pêche très accessible est d’être facile à mettre en œuvre et de pouvoir être pratiquée par tous, y compris par des débutants. Elle constitue une activité enrichissante et un excellent moyen de passer son temps libre lors d'une croisière, surtout si l'on ne tient pas la barre. Au-delà du loisir, subvenir soi-même à une partie de ses besoins alimentaires en navigation permet de goûter à une autonomie réjouissante, une motivation non négligeable.
Le Voilier Idéal pour la Traîne : Adaptabilité et Considérations Pratiques
Pour la pêche à la traîne, n’importe quel voilier traditionnel ou moderne de type régate-promenade-croisière peut convenir. Cependant, on préférera les bateaux à faible tirant d’eau, tels que les dériveurs lestés, les quillards peu profonds ou éventuellement les biquilles, surtout si l'on doit échouer souvent au mouillage. Il est crucial de noter que les voiliers à quille profonde ne sont pas forcément plus dangereux ou handicapants que les autres. En effet, dans tous les cas, à moins de connaître les fonds comme sa poche, il est peu conseillé de pêcher en gros bateau, quel qu’il soit, par moins de trois mètres d’eau. La prudence est de mise pour éviter tout incident.
Un autre aspect pratique concerne l'utilisation du moteur. Dans le cas d’une manœuvre un peu difficile ou urgente, il est possible de se servir du moteur, à condition qu’il ne nécessite pas un temps de préchauffage prohibitif. Il pourra aussi servir par calme plat ou dans des lieux qui paraissent dangereux lorsque le vent ou les courants portent à la roche. Une solution bâtarde, mais parfois judicieuse, consiste à pêcher à la voile tout en laissant tourner le moteur au ralenti dans toutes les circonstances douteuses, sans pour autant en faire un instrument de pêche principal. Cette approche garantit une sécurité accrue sans compromettre l'essence de la pêche à la voile.
Le Matériel Essentiel du Pêcheur à la Traîne en Voilier
La pêche à la traîne, bien que souvent simple dans sa mise en œuvre, bénéficie grandement d'un équipement adapté et judicieusement choisi.
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Canne, Moulinet et Ligne : Choix et Préparation Stratégiques
La pêche à la traîne offre deux possibilités principales : soit utiliser une traîne à la main, soit se servir d’une canne. Effectivement, il n’est pas nécessaire d’utiliser une canne à pêche spécifique pour cette pratique, la pêche à la traîne peut s’effectuer sans canne ! La plupart des marins ont d'ailleurs grandi en utilisant des lignes à la main à l’arrière du bateau. Cette méthode est aussi efficace qu’une canne, bien que plus difficile à enrouler et potentiellement dangereuse pour les doigts si l'on n'y prête pas attention. C’est parfait pour attraper de petits poissons, pour le plaisir, tout en étant au mouillage. Si des enfants sont à bord, une ligne à main est facile à gérer et ils auront beaucoup de plaisir à attraper ce qui passe.
Pour ceux qui optent pour une canne, une canne courte et solide de pêche au gros est conseillée, avec un support qui s’adapte dans le balcon. Pour une sortie de pêche en voilier, on peut utiliser deux cannes de traîne à moulinet tambour tournant. Le moulinet doit être assez grand pour la pêche à la traîne et, contrairement à certaines idées reçues, les petits moulinets sont inutiles. Avec du fil de 100/100ème, ils contiennent très peu de fil. Avec une grosse prise, il faut laisser le poisson se fatiguer en prenant beaucoup de fil. On arriverait rapidement au bout du fil avec un petit moulinet, et ce fil casserait à l’un des deux bouts. À mon avis, il vaut mieux ne pas avoir de moulinet du tout qu’un petit moulinet. Dans ce cas, c’est un tendeur élastique, fixé entre un taquet du bateau et le fil, qui permettra d’éviter les "à-coups" sur le fil. Le frein du moulinet ne doit pas être trop serré afin que même un petit poisson puisse faire partir la ligne ; le cliquetis du frein avertit d'une prise. Il doit être assez dur pour faciliter l’auto-ferrage mais assez lâche pour éviter les casses. Enfin, il est essentiel de disposer d'une garcette solide d’un à deux mètres pour attacher la canne à pêche au bateau et éviter ainsi de la perdre avec son moulinet en cas de combat intense.
Quant au fil, l'utilisation du nylon est généralement recommandée. En effet, la tresse étant inextensible, elle engendre de trop fortes vibrations, ce qui peut être moins discret. On peut utiliser du Nylon 35/100 ou même du 100/100ème pour les prises plus importantes. Il est préférable de faire le minimum de nœuds ; par exemple, n'utiliser pas de bas de ligne, le même fil de 100/100ème faisant office de bas de ligne. Il est important de raccourcir régulièrement ce bas de ligne, car c’est à cet endroit que le fil a tendance à s’user. Pour les eaux chaudes des Antilles, où l'on trouve des barracudas et des thazards de bonne taille qui coupent facilement un bas de ligne en nylon, un bas de ligne en acier (corde à piano de petit diamètre) peut être utilisé. Cependant, la ligne nylon est beaucoup plus discrète dans l’eau que le bas de ligne en acier. Chaque fois que possible, il est donc préférable d'éviter le bas de ligne en acier pour n’utiliser que du nylon de bon diamètre, surtout pour le thon et l'espadon qui ont une bonne vue mais pas de dents coupantes.
Les lignes de traînes prêtes à pêcher, déjà montées et disponibles dans le commerce (shipchandlers, coopératives maritimes), sont excellentes et vous permettront de pêcher rapidement sans avoir à faire de montages complexes. Elles sont généralement constituées de 50 mètres de tresse, d’une planchette et d’un bas de ligne en Nylon, en polyamide ou en acier, se terminant sur un leurre. Il est aussi possible de fabriquer soi-même ses lignes avec un gros fil de nylon ou de la garcette goudronnée. Pour cela, pensez à faire des nœuds corrects pour attacher vos raglous ou teaser au corps de ligne, le nœud de pendu ou le nœud de potence étant couramment utilisés.
Leurres et Hameçons : Attirer et Accrocher avec Précision
Le choix du leurre est capital pour la pêche à la traîne. Il en existe de toutes sortes : poissons nageurs, trains de plumes, leurres souples (shads, anguillons, octopus, etc.), cuillers, ou des imitations en plastique d'un calamar. Pour les poissons nageurs, ma préférence va vers les modèles de marque « Rapala », en particulier ceux avec la bavette métallique. Plus le Rapala est gros, plus il supporte des vitesses de traîne élevées. On peut traîner entre 4 et 9 nœuds avec un Rapala. Pensez à refaire le nœud du Rapala au moins chaque jour, car le fil a tendance à s’abîmer soit contre la bavette, soit avec les hameçons. On est souvent surpris par la taille des poissons qui attaquent un gros Rapala, la taille du leurre n’étant pas un obstacle à la pêche. Il est aussi possible de fabriquer soi-même son leurre souple ; dans ce cas, pensez à avoir le maximum de souplesse dans le leurre (effilé et très souple), car c’est cela qui déclenchera la touche ! Le poulpe, sous forme de "siffleurs", est aussi une option et sa pêche est souvent plus tranquille. Pour les maquereaux, pêchés plus près des côtes, une cuillère en inox précédée de quelques plumes est efficace.
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Les hameçons sont également cruciaux. J’utilise des hameçons triples pour les Rapalas. Lorsqu’ils rouillent, il faut les changer en prenant des hameçons solides. Il faut toujours veiller à ce que la pointe et l’ardillon soient bien aiguisés. Les hameçons en inox ont l’avantage de ne pas rouiller, contrairement à ceux en acier, moins chers. Les gros hameçons doubles restent les plus efficaces. En général, il est bon de disposer les leurres qui plongent le plus, le plus près du bateau, et les leurres les plus près de la surface, le plus loin.
Accessoires Indispensables pour une Pêche Optimale
Pour optimiser la profondeur de pêche, plusieurs accessoires sont disponibles. Un plomb olive intercalé à au moins 15 mètres devant le leurre est une méthode courante. Pour pêcher plus profondément, il est parfois nécessaire d'utiliser des plongeurs de ligne. Le plongeur de ligne AFC Kristal Fishing, accessoire à placer devant la ligne, permet de la faire plonger jusqu’à 15 mètres de profondeur. Le plongeur de ligne Z Wing, avec sa forme très hydrodynamique, peut atteindre des profondeurs de 40 mètres. La planchette japonaise Flashmer offre une profondeur de nage réglable pouvant aller jusqu’à 4 mètres. Les paravanes permettent de faire plonger des lignes peu plombées. Il est aussi possible d’utiliser des lignes munies de plombs gardiens prêtes à pêcher ; dans ce cas, le plomb est décalé de la ligne principale par une potence et pend en dessous du montage constitué de leurres. On peut également utiliser un fil possédant une âme plombée nommé Monel, ou le Trolling Wire, constitué de cuivre et de nickel anticorrosion. Le poids étant réparti sur toute la longueur du fil, le montage aura ainsi une présentation plus naturelle et plus discrète pour le poisson.
Pour la pêche à la traîne par grande profondeur, le Downrigger est une technique qui consiste à traîner un leurre ou un vif près du fond. Elle permet de prospecter tous les étages de la couche d’eau, et en particulier les plus profondes (jusqu’à 100 m) qui demeurent hors de portée d’une prospection en traîne classique. Pour la mettre en œuvre, on utilise un ensemble canne-moulinet de traîne et un treuil, électrique ou manuel, qui fait office de plongeur de ligne indépendant. C'est un outil que l'on utilise indépendamment de la canne à pêche et du moulinet. La ligne de traîne est raccordée au treuil par une pince déclencheuse, laquelle va maintenir le montage solidaire pendant la descente de la ligne et l’action de pêche, jusqu’à ce qu’une touche intervienne. TOP FISHING est d'ailleurs le spécialiste français de cette technique, importateur et distributeur exclusif de la gamme de treuils électriques et manuels KRISTAL FISHING.
Au-delà de l'équipement de ligne, d'autres accessoires sont indispensables à bord. Il faut se munir d'un seau, de gants épais (ceux utilisés pour le guindeau sont parfaits pour reprendre le fil à la main), d'un bon couteau, d'une pince (pour enlever l'hameçon, couper des fils), et éventuellement d'une épuisette, bien que celle-ci soit inutile, à mon avis, sur un voilier pour les grosses prises. Sortir un beau poisson de l’eau sans une gaffe relève de l’exploit pour les poissons de plus de cinq kilos. Une gaffe est alors indispensable. Pour les poissons jusqu’à cinq kilos, on peut tirer brusquement le poisson à l’intérieur du cockpit par le fil de 100/100ème, assez solide pour cela. Enfin, un bon livre d'identification est important car il n'est pas toujours facile d'identifier avec certitude l'espèce pêchée (par exemple, hésiter entre la bonite et le maquereau ou une thonine commune).
Stratégies et Techniques pour la Pêche à la Traîne
La pêche à la traîne est sous son apparente simplicité, une technique très intéressante qui peut demander beaucoup de finesse. Pour optimiser les résultats, il faut présenter les leurres aux bonnes profondeurs, régler parfaitement le freinage des moulinets et trouver les zones où se situent les prédateurs.
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Comprendre l'Environnement et le Comportement des Poissons
La traîne légère se pratique idéalement entre 2 et 6 nœuds ; c’est à cette vitesse que le leurre bouge le plus naturellement dans l’eau, imitant un véritable poisson. En Atlantique et en Vendée, la technique est couramment utilisée. En outre, en été, on peut, à des vitesses de 3/4 nœuds, attraper des bonites rayées. Si vous traînez avec un Rapala, ce dernier ne doit pas sauter constamment hors de l’eau (cela dépend bien sûr des conditions de mer ; de manière générale, on pêche moins par mer formée).
Pêcher au large, lors des traversées, est souvent plus productif ; j’ai rarement attrapé de belles prises à moins de cinq miles des côtes. En général, les endroits au bord des fosses marines sont plutôt de bons lieux de pêche. Le lever et le coucher du soleil sont des moments favorables, mais on peut attraper du poisson à toute heure de la journée. Il est même possible de pêcher la nuit, avec la lune, bien que je ne le conseille pas, la remontée du poisson étant un moment à la fois excitant et délicat où l’on peut passer par-dessus bord. Il est conseillé de traîner en direction du soleil, le poisson ayant le soleil de face et voyant moins bien le dispositif de pêche.
Les signes d’activité en surface sont d'excellents indicateurs pour multiplier vos chances de prises : bancs de petits poissons sautant en surface, éclaboussures créées par les prédateurs, chasses d'oiseaux (les goélands ou puffins plongeant furieusement dans l’eau indiquent les bancs, ainsi que les dauphins en chasse). Parfois, vous traversez tout bonnement un banc de thons ou de bonites que vous voyez sauter à la surface. Quand le bleu est bordé de vert, c’est souvent un bon moment pour pêcher ! Les poissons se rassemblent aussi aux changements de profondeur ou de topographie ; un rocher isolé surplombant la mer est un lieu naturel de rencontre si vous êtes un poisson.
Le sillage du bateau provoque des remous dans l’eau, et les poissons viennent y chercher de la nourriture. Pour plus de sensations, pêchez avec le fil en main avec des engins appelés paravanes.
Mise en Œuvre de la Ligne et Animation des Leurres
Une fois à bord, il suffit de mettre votre ligne à l’eau. Laissez-la traîner à l’arrière du bateau, et surtout, pensez à attacher votre canne. Nous vous conseillons de laisser dans votre sillage une ligne d'une longueur équivalente à quatre fois celle de votre bateau et uniquement lorsque vous naviguez entre 2 et 4 nœuds, c’est la vitesse idéale pour la pêche à la traîne. La distance de traîne ne nécessite pas forcément une ligne très longue ; 20 mètres sont souvent bien suffisants pour le thon et les coryphènes. En théorie, plus le leurre est loin du bateau, plus il est efficace, car le bruit du moteur effraie les poissons. La bonne distance se situe entre 60 et 100 mètres.
Si vous pratiquez la traîne à la main, surtout le long des côtes à une vitesse de 2/3 nœuds, il sera possible d’animer la ligne en tenant la tresse en main et en effectuant des tirées successives qui accéléreront ponctuellement la vitesse des leurres, leur ajoutant une attractivité supplémentaire. Effectuez des tirées régulières, avec le bras, et des relâchements. Sur la ligne sans moulinet ni canne à pêche, c’est le tendeur qui s’étire lors de la touche.
Un point crucial est de surveiller très régulièrement l’arrière du bateau pour ne pas accrocher d’algues ou de plastiques dans le leurre. Pour le plastique, généralement volumineux, on s’en aperçoit assez vite. Pour l’algue, c’est plus délicat. Un Rapala qui remonte à la surface ou qui saute se traduit, au bout de très peu de temps, par une ligne complètement vrillée et inutilisable. On peut essayer de corriger cela en redressant méticuleusement la bavette inox du Rapala… ou en changeant de Rapala. Surtout, n’insistez pas avec un Rapala qui ne veut pas plonger et nager correctement. C’est de loin la cause la plus fréquente d’échecs et de découragement du nouveau pêcheur.
Certaines astuces peuvent vous permettre de décider des poissons difficiles, comme des virages bien gérés. Les leurres ralentissent au début de la courbe pour finalement accélérer à la sortie du virage. Ces changements de nage décident bien souvent des poissons suiveurs qui n’auraient pas réagi en d’autres circonstances.
Gestion du Combat et Mise à Bord du Poisson
Ça mord ! Parfois, vous pouvez rester assis à l’arrière pendant des heures sans une touche, mais vous aurez peut-être de la chance, au bon endroit au bon moment ! Si vous avez une touche, la première chose à faire est de ferrer, d’augmenter la traînée sur le moulinet pour qu’il soit plus difficile pour le poisson de nager. Vous ne devez pas empêcher la ligne de dévider car un gros poisson la casserait, mais vous pouvez augmenter la traînée pour fatiguer et ramener plus facilement le poisson. C’est ce que font de nombreux pêcheurs. Sur le moulinet, le fil se dévide d’autant plus rapidement que le poisson est gros. Pour un poisson d’environ cinq kilos, avec un gros moulinet, on entendra juste un sifflement, puis la canne sera tendue comme un arc. Pas d’affolement et surtout pas d’urgence, il faut être patient.
Lorsque vous entendez la ligne partir, ralentissez le bateau autant que possible. Il faut ralentir un peu le bateau pour que le fil se déroule un peu moins vite dans le moulinet, puis ne se déroule plus du tout. Il faut toutefois garder assez de vitesse pour que la ligne reste toujours tendue. À l’inverse, ne mettez pas trop de tension non plus dans cette ligne pour ne pas trop tirer sur l’hameçon dans la bouche du poisson. Dans cette première phase, une fois la vitesse du bateau réglée, on laisse le poisson, encore plein d’énergie, se fatiguer.
Le jeu consiste à enrouler la ligne lorsque le poisson se fatigue, puis à lutter pour le retenir alors qu’il tourne dans une dernière tentative désespérée de plonger vers le fond. C’est votre combat. Je reprends le fil à la main, avec de solides gants de jardinier, ceux que j’utilise pour le guindeau. Un des équipiers suit au moulinet pour reprendre le fil au fur et à mesure que le poisson s’approche du bateau. Je relâche le fil chaque fois que le poisson remet de la pression sur le fil. Je laisse alors le moulinet travailler et le fil se dévider tant que le poisson tire fort. Je reprends du fil quand le poisson reprend son souffle. (Contrairement à ce que l’on peut quelquefois croire, le poisson a du souffle. En tout cas beaucoup plus que moi.) C’est valable toujours pour un poisson au-dessus de cinq kilos. En dessous, il est possible de le sortir rapidement sans se poser de question. Plus le poisson est gros, plus il va mettre de temps à se fatiguer. Une à deux heures pour un poisson entre 30 et 50 kilos, c’est un temps qui n’est pas anormal. Plus le poisson est gros et plus il faut le fatiguer. En général, quand le poisson arrive pour la première fois à l’arrière du bateau, il reprend de la vigueur ; il ne faut pas hésiter à le laisser reprendre du fil pour le fatiguer encore.
La partie la plus difficile est de le remonter à la surface. La technique habituelle consiste à tirer la canne et à se pencher en arrière, puis à enrouler de toutes vos forces. Une fois que la gaffe a été piquée sous le poisson, il faut être particulièrement rapide. Pour un poisson jusqu’à cinq kilos, pas besoin de gaffe ; on tire brusquement le poisson à l’intérieur du cockpit par le fil de 100/100ème, assez solide pour cela. Au-delà de cinq kilos, une gaffe est indispensable. On l’achève avec la manivelle de winch qui sert de gourdin, ou bien, comme un ami marin sur un bateau de pêche au gros nous l'a montré, en enfilant prestement la lame d’un long couteau dans les ouïes pour atteindre le cerveau. Le geste impressionne lorsqu’on le réalise pour la première fois, mais c’est ce qu’il y a de plus rapide et de plus sûr.
Il faut surtout lui enlever l’hameçon de la bouche dès qu’il bouge un peu moins avant que quelqu’un ne se blesse. Ensuite, il reste à vider le poisson de son sang, de ses viscères et de ses branchies. Pour mettre un peu moins de sang dans le bateau, j’essaie de suspendre le poisson au portique pour le vider de son sang. Pensez à bien nettoyer votre ligne après usage et ne laissez pas traîner les hameçons sur le pont pour éviter les accidents.
Espèces Courantes et Considérations Spécifiques
La diversité des espèces capturables en pêche à la traîne dépend fortement de la région et de la saison. C'est ce qu'il y a de bien avec la pêche à la traîne, on ne sait jamais ce qu'on va ramener !
Diversité des Captures Selon les Régions
En Méditerranée, on pêche surtout du thon blanc, au printemps ou en été, et du thon rouge, surtout au mois de mai, quand il vient se reproduire en Méditerranée. Pour l’espadon, c’est également au printemps et en été qu’il se pêche. C’est un poisson plus méfiant que le thon ; il tue ses proies avec son rostre avant de les avaler, il faut donc utiliser des leurres souples pour le tromper et les mettre très loin du bateau (100 mètres ?). Leurre d'artiste, spécial coryphène (la coryphène aime la couleur bleu-vert, qui lui rappelle ses petits… Même chose pour le barracuda). En Atlantique, en tout cas pour la transat aller, je n’ai quasiment pêché que des dorades coryphènes, très voraces. On trouve également beaucoup de poissons autour du Cap Vert et des Canaries. Les bonites, les thons, les dorades coryphènes, les maquereaux, les loups, les lieus et les sérioles sont des prises courantes. Après avoir remonté une bonite, un thon ou une dorade coryphène, ne vous étonnez pas de voir le banc de poissons continuer à vous suivre quelques heures, c’est un comportement normal.
Dans les eaux chaudes des Antilles, on trouve des barracudas et des thazards de bonne taille qui coupent facilement un bas de ligne en nylon, rendant l'utilisation d'un bas de ligne en acier plus appropriée pour ces espèces. Les oblades se jettent sur les restes de vos assiettes vidées par-dessus bord ; elles font de même avec ce qui sort des vannes de vos toilettes… Veillez donc à ne pas pêcher au mouillage !
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