L'Essor de la Culture Surf au Cœur de Paris : Communautés et Pratiques Urbaines

La genèse d'une passion inattendue : Le Barbès Surf Club

Le Barbès Surf Club a été fondé par trois copains parisiens, amateurs de belles vagues, échoués à Paris et frustrés de vivre si loin de l'océan. Barbès, son métro aérien, ses vendeurs de cigarettes à la sauvette, sa brasserie et son agitation constante. On est ici bien loin des plages, des vagues et du calme. L'un des quartiers les plus populaires de Paris, dans le 18e arrondissement, accueille pourtant un club de surf. Trois amis, "échoués" sur le bitume parisien, ont fondé ce club, point de ralliement de fans de surf dans la capitale. Ils organisent des journées surf en Normandie, en Bretagne, voire en Vendée, au départ du métro Barbès.

Aurélien Bacquet est photographe. Lors d'un co-voiturage entre Paris et la mer, il rencontre Guillaume Rouen. Ensemble, ils fondent ce club de fondu du surf, le Barbès Surf Club. Pourquoi Barbès : "Parce que c'est là qu'Aurélien habite et c'est le point de rendez-vous pour partir surfer le matin, très tôt, avec le premier métro", explique Guillaume. Direction Barbès et la voiture d'Aurélien pour une journée un peu dingue. "On roule 9h aller-retour, on surfe trois heures sur place et on rentre éclatés, mais heureux le soir", raconte Aurélien. C'est lui qui scrute les prévisions météo en Normandie, en Bretagne, voire en Vendée, prêt à décoller s'il y a de la houle et des vagues quelque part sur la côte.

Ces surfers parisiens ne manquent pas d'humour. Leur devise est "no locals, kooks only", qu'on pourrait traduire comme ceci "pas des locaux, simplement des blaireaux". "On assume d'être les surfeurs les plus détestés de France", s'amuse Guillaume. Les locaux voient effectivement d'un mauvais œil des surfers parisiens débarquer chez eux sur leur "spot". Les amis ont même réalisé un court-métrage, intitulé A14, en référence à l'autoroute qui permet de rejoindre l'ouest de la France. Aurélien, lui, est toujours un fier surfer de Barbes, entraînant les membres de son club du bitume vers des vagues, bien éloignées du périphérique.

Structures et communautés : L'organisation de la glisse urbaine

Le ROAD SURF CLUB a vu le jour en novembre 2007. Sa création a été la volonté d’un petit noyau de riders parisiens qui s’étaient rencontrés sur allosurf.net. Des premiers trips organisés est née l’idée de fédérer davantage et mieux les surfeurs parisiens, potentiellement nombreux. Un breton entêté, à l'origine de la création du club, s’est chargé de cette tâche fastidieuse : Cédric HENRY, actuel président. La structure a évolué de la simple association au club de surf affilié à la Fédération Française, à laquelle s’est ajouté peu de temps après une Surf School pour accompagner les plus jeunes dans leur pratique pendant les vacances scolaires.

Bien plus qu'un club, le ROAD SURF CLUB est une communauté de surfeurs, bodyboardeurs, longboardeurs exilés sur la Capitale. N’oublions pas les fameuses « soirées parisiennes » que le club organise régulièrement pour que tout le monde puisse aussi faire la fête, belle occasion de faire connaître le club et casser les clichés du surfeur parisien à la Brice de Nice. En 2010, le ROAD SURF CLUB a décidé de quitter la fédération pour rejoindre la SOUL SURFERS COMMUNITY. Affilié à la SOUL SURFERS COMMUNITY, le ROAD SURF CLUB est devenu depuis le mois de Juin 2008 un club de surf à part entière, en créant cinq sections, afin de mieux répondre aux attentes de ses membres : Surf, Bodyboard, Longboard, Girls et Surf School.

Lire aussi: Tout sur le matériel de surf

Face à l’engouement grandissant pour le surf en milieu urbain, la Ligue de Surf Île-de-France a été créée pour structurer, encadrer et promouvoir cette discipline dans une région dépourvue d’accès direct à l’océan. Inaugurée en mai 2024 à Melun, elle fédère aujourd’hui cinq clubs majeurs : Surf Club Paris, Athletic Club de Boulogne-Billancourt, Le Grand Huit Joinville, Wake Side 91 et Melun SUP Aventure. Avec plus de 50 000 pratiquants occasionnels, la Ligue s’efforce d’offrir un cadre structuré et sécurisé, où passionnés et débutants peuvent s’initier et progresser dans des conditions optimales. En partenariat avec des acteurs locaux et nationaux, elle accompagne les pratiquants en proposant des événements, des formations et des compétitions adaptées à tous les niveaux. La Ligue de Surf Île-de-France a pour vocation de promouvoir, organiser, encadrer et développer la pratique du surf et de ses disciplines associées. Consciente des défis liés à l’éloignement du littoral, la Ligue met un accent particulier sur le Stand-Up Paddle (SUP), sport en plein essor en milieu urbain. Elle œuvre activement à la création d’infrastructures adaptées et accessibles, et collabore avec l’Éducation nationale pour initier les jeunes dès la 5e à ces disciplines aquatiques.

L'équipement et les repères culturels des surfeurs parisiens

Qui dit surf à Paris dit “Surfers From Paris” ! Leurs objectifs sont clairs : fédérer autour de la glisse et faciliter la pratique du surf pour les franciliens. Pour garder votre motivation intacte et baigner dans cet univers, c’est le groupe auquel il faut adhérer. Le bonus : des amitiés et plus si affinités. Tenez-vous au courant de l’actualité du surf avec The Rider Post, le magazine en ligne sur lequel naviguer à toutes les saisons ! Pour partager et vivre la culture surf en milieu urbain, nous recommandons La Surferie. Sur les quais du 13ème arrondissement, le bar est un lieu incontournable pour se sentir en bord de mer le temps d’un après-midi ou d’une soirée.

Contrairement à ce que l’on peut entendre sur les bords de plage, ce n’est pas parce que l’on habite en région parisienne que l’on ne doit pas être équipé comme il se doit. Paris et la proche banlieue accueillent 3 adresses pour vous procurer les meilleures planches de surf et accessoires du moment, pour hommes et pour femmes :- Au Spot, Paris 15ème- The Corner Shop, Clichy 92- Rip Curl Paris, Paris 14ème

Innovations technologiques : Vagues statiques et artificielles

Les vagues statiques permettent la pratique du surf et autres sports de glisse en milieu urbain sur une vague créée artificiellement. Elle se présente comme un bac muni d’un plan incurvé, l’eau y est projetée contre la pente, permettant de se maintenir sur le même point. Pour les amateurs de glisse, ces vagues accueillent les planches de surf, de wake et de bodyboard, aussi bien pour les petits que les grands. Leurs objectifs sont de démocratiser la pratique du surf, de manière innovante et écoresponsable. Majoritaires en Ile de France, on peut en trouver à l’Île de Loisirs Cergy (95), l’Île de Loisirs Buthiers (77) et Wave in Paris dans le 15ème.

Les vagues artificielles utilisent un système qui permet de générer des vagues assez grandes, semblables à celles de l’océan. Elles peuvent se retrouver en piscine ou dans un plan d’eau naturel comme des lacs. C’est le cas sur l’île de loisirs de Vaires-Torcy et son plan d’eau de 86 hectares. Baptisée Okahina, elle s’inspire des atolls polynésiens, une vague de surf de 2 mètres, adaptée aussi bien aux experts qu’aux débutants. Cette vague semi-naturelle, économe en énergie et écologique, utilise la faiblesse et la souplesse naturelles de l’eau pour assurer un temps de glisse de 30s.

Lire aussi: Performances des surfeurs pro

#

Lire aussi: La crème des surfeurs : ingrédients et application

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *