Le kayak est une activité nautique passionnante qui permet d’explorer rivières, lacs et mers en toute liberté. Mais pour en profiter pleinement, il est essentiel de savoir bien utiliser sa pagaie. Une mauvaise technique peut rapidement entraîner de la fatigue, des douleurs musculaires et un manque d’efficacité dans la propulsion. Le canoë est une activité nautique ancestrale qui permet d’explorer rivières, lacs et étendues d’eau en toute sérénité. Que ce soit pour une sortie en famille, une randonnée en pleine nature ou une descente sportive, bien manier sa pagaie est essentiel pour naviguer efficacement et sans effort inutile.
Constitution et choix du matériel de pagayage
En kayak de mer on utilise une pagaie double. Analysons maintenant la constitution de la pagaie double : deux bouts de plastique jaune ou d’une autre couleur et de forme incurvée (les pales), positionnés de part et d’autre d’un bâton/manche en aluminium sur lequel nous apercevons deux marques noires. Les pales qui ont une forme incurvée permettent de prendre appui dans l’eau et de propulser le canoë. Les pales sont fixées de façon asymétrique, avec un angle de 90° pour des raisons « aérodynamique ». L’idée est que pendant qu’une pale est dans l’eau face à l’eau pour la propulsion, la seconde qui est en l’air ne doit pas vous ralentir en emmagasinant le vent qui pourrait être face à vous.
L’angle entre les pales (souvent 60° mais il peut varier entre 45° et 90°) permet à la pale hors de l’eau d’offrir moins de prise au vent (par grand vent rafaleux, la prise au vent sur la pagaie peut être déstabilisante). Cet angle induit un mouvement du poignet qui peut générer des douleurs. Il faut éviter de trop casser le poignet pendant le pagayage. Les mouvements, effectués des milliers de fois en randonnée, sont souvent la source de tendinites (souvent au niveau du poignet et du coude). Les tendinites sont très fréquentes surtout pour les pagayeurs peu expérimentés. Il est important d’acquérir le bon geste avant de partir sous peine de transformer son périple en véritable chemin de croix.
Les pales sont asymétriques ; cela permet d’équilibrer la surface autour de l’axe de rotation puisque la pagaie entre dans l’eau avec un angle de 45° environ ; si ce n’était pas le cas, la pagaie aurait tendance à tourner dans les mains ou vibrer dans l’eau. De ce fait, la pagaie mer a un sens d’utilisation : le bas est donné par la partie de la pale qui a le moins de surface (visible sur le bout de la pale). La pale peut être constituée de divers matériaux. Un manche de pagaie de randonnée devrait préférablement être souple. Éviter les manches en carbone ou en alu. La fibre de verre ou le bois conviennent bien. Il faut tester sa pagaie ; deux modèles dans le même matériau peuvent avoir une rigidité différente puisque la quantité de matière peut changer.
Une pagaie de randonnée sera un peu plus longue. Associée à une pale de faible dimension, elle permettra d’étaler le mouvement sur une plage plus longue ; encore une fois l’idée est de protéger les articulations mais aussi compenser la petite surface de la pale par une poussée sur une distance plus longue. La taille sera sensiblement votre hauteur bras en l’air doigts tendus. Les pagaies en bois présentent plusieurs avantages : elles sont légères, souples et donc plus douces avec les articulations. Et elles sont belles. C’est une pagaie traditionnelle en bois avec des pales longues et fines, il n’y a pas d’angle entre les pales. Les amateurs se la confectionnent souvent eux-mêmes.
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Ce sont deux petits anneaux qui se placent sur le manche entre la pale et la main. Le but est d’empêcher les gouttes de ruisseler le long du manche jusqu’à la main. Il existe des pare-gouttes démontables que l’on peut monter sur une pagaie qui n’en dispose pas. Pour ne pas perdre la pagaie nous avons pris l’habitude de la fixer via un « leash » sur le pont du kayak. C’est très pratique car on peut la laisser dans l’eau lorsqu’on fait des manipulations sur le kayak (juper par exemple), lorsqu’on se baigne, etc. Les pagaies démontables sont intéressantes pour le transport en association avec un kayak démontable par exemple, et en pagaie de secours également. Il faut veiller à la prendre de très bonne qualité si elle est utilisée en pagaie principale car les points de jonction peuvent avoir du jeu ce qui est pénible à la longue. On peut parfois régler l’angle de la pale sur ce type de pagaies. Perdre ou casser sa pagaie est très problématique. Il faut donc disposer d’au moins une pagaie de secours pour un groupe de kayakistes (surtout si ce groupe se réduit à une personne).
Posture et préparation du pagayeur
Pour pagayer efficacement sans vous épuiser ou vous blesser, vous devez veiller à bien vous positionner dans votre kayak. Vos genoux sont posés contre les bords du kayak ; votre dos reste bien droit bien calé dans le siège réglable afin d'éviter le mal au dos ; votre corps est détendu et très légèrement incliné vers l'avant. Pagayer ne se limite pas à bouger les bras ! Ce mouvement requiert une coordination entre bras, buste et jambes. Pour réaliser un pagayage efficace, commencez votre mouvement en tournant votre buste du côté de la pagaie. Gardez le dos bien droit et le buste légèrement penché en avant pendant toute la gestuelle. La force doit venir du buste, et non des bras : mettez en pratique et vous gagnerez en efficacité et en confort de pagayage.
Le maintien idéal de la pagaie à adopter consiste à ne pas avoir les bras trop écartés. Le manche/bâton sert à maintenir la pagaie dans les mains et de préférence en plaçant les mains sur les marques noires. En plaçant les mains sur les marques noires, vos bras, au niveau des coudes, doivent être à 90°. Soulevez la pagaie au-dessus de la tête avec les coudes à 90° pour trouver l'écartement idéal des mains. La face creuse de la pale, l'intrados, doit être orientée vers vous. La posture en 3 points : dos droit, genoux en contact avec les flancs du cockpit, pieds sur les cale-pieds. Les pieds doivent être bien calés sur les pédales car on y prendra appui (attention avec un gouvernail à ne pas godiller lorsqu’on alterne l’appui entre les pieds, vous vous freineriez pour rien sans vous en rendre compte).
La technique de propulsion : le Forward Stroke
La pale doit pénétrer l’eau loin devant, l’angle du manche doit faire sensiblement 45° avec la surface de l’eau. On sortira la pagaie de l’eau assez rapidement, ce n’est pas la peine de trop forcer quand la pale passe derrière le pagayeur. Il faut aussi bien penser à pagayer avec les épaules (rotation du tronc) pour répartir le travail sur toutes les articulations du haut du corps. Un côté du corps tire la pagaie pendant que l’autre la pousse, le travail doit être équilibré. Essayez de peu plier les coudes et de casser le moins possible les poignets. Les mains doivent être lâches (pas crispées sur le manche). Pour bien relâcher, on peut prendre l’habitude d’ouvrir la main du côté qui pousse. Il y a donc une alternance d’ouverture et de fermeture de chaque main.
Pour avoir un maximum de puissance (pendant une durée correcte mais pas infinie), on peut utiliser l’ensemble du corps. Pour cela, on penchera le corps en avant pour aller chercher loin devant, et ramener la pale en reculant également le dos en même temps que l’on tourne les épaules. Pour avancer droit avec votre canoë, il faudra pagayer régulièrement de chaque côté avec la même force. Il faudra également bien lever les bras pour réussir à mettre la pale verticale dans l’eau et à ras le bord du canoë-Kayak. N’éloignez pas la pale du canoë. Comme dit précédemment, les pales sont asymétriques à 90°, il faudra donc compenser cet angle lors du coup de pagaie à gauche en effectuant une rotation grâce au poignet droit. La rotation s’apparente à celle que réalise le poignet d’un motard qui accélère.
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Une astuce pour savoir si vous levez suffisamment les bras sans être dans l’exagération : la main qui se trouve en hauteur doit se retrouver au niveau du front au moment de donner la force de propulsion (quand on tire sur la pagaie). Votre main droite doit saisir fermement la pagaie (c’est la main qui contrôlera la pagaie) et la main gauche simplement maintenir, sans serrer, dans le but d’aider à supporter le poids de la pagaie mais tout en permettant de faire tourner le bâton dans la main.
Manœuvres directionnelles et stabilisation
Il faut parfois se mouvoir latéralement, pour se rapprocher d’un autre kayak, d’un quai… Pour cela, il suffit d’aller planter la pale de la pagaie latéralement, face active vers soi et de ramener la pale jusqu’au bord du kayak. Ça ne va pas bien vite mais ça marche et c’est souvent bien pratique. Pour diriger le canoë ou kayak vers la droite ou la gauche, il faudra au contraire éloigner la pale du canoë et effectuer des grands arcs de cercle en ramenant la pale à l’arrière du canoë. En faisant cela plusieurs fois d’un côté du canoë ou kayak, celui-ci ira dans la direction opposée. Anticipez et pagayez en écartant la pagaie du bord du canoë à gauche pour aller à droite, et inversement si vous souhaitez aller à gauche, pagayez écarté à droite.
On peut se servir de sa pagaie comme d’un appui lorsque ça bouge, au surf, etc. Il faut placer la pale parallèlement à la surface de l’eau, face active vers le ciel, s’il y a un mouvement par rapport à l’eau (si le kayak avance par rapport à la masse d’eau) on pourra s’appuyer sur la pagaie qui « planera » à la surface, cela donne une grande stabilité. Si le kayak n’avance pas, on peut faire un mouvement de la pale, potentiellement en aller-retour avant arrière, pour la faire planer à la surface de l’eau et avoir un bon appui. Au surf, pour garder le kayak droit, on peut mettre la pale derrière soi et s’en servir comme d’un gouvernail. Grand balayage de la pale du côté opposé à celui du virage, on se servira de ses appuis dans le kayak (cuisses, pieds, fesses) pour imprimer le mouvement de rotation au kayak. J’ose à peine l’évoquer ici tant c’est intuitif…
Il est possible de pagayer en arrière. Pour tourner sur place par exemple, on pagaiera d’un côté et on rétro-pagaiera de l’autre. Cela sert aussi à freiner le kayak, à reculer. Une deuxième technique consiste à utiliser la pale de la pagaie comme un gouvernail. Pour que cela fonctionne il faut au préalable avoir pris de la vitesse car la force qui permettra de faire pivoter le canoë d’un côté ou de l’autre est celle exercée par l’eau en appui sur le dos de la pale (la partie bombée de la pale). Pour cela, avancez droit avec votre canoë ou kayak afin de donner de la vitesse, puis laissez traîner votre pale à l’arrière du canoë ou kayak à la suite d’un coup de pagaie. Vous devriez sentir que l’eau et la vitesse prise font résistance sur le dos de la pale et font virer le canoë sur le côté où la pale est positionnée.
Spécificités du canoë et navigation en groupe
Si vous partez à plusieurs, vous naviguerez avec un canoë. Généralement, un canoë est conçu pour accueillir jusqu'à 3 personnes. Faire du canoë, c’est une question de coordination et de synchronisation entre les rameurs. Si vous devez partir en solo, ne prenez pas un canoë ! Plus long et plus lourd, vous aurez énormément de mal à le manœuvrer seul. Pour commencer, vu que vous êtes deux à pagayer, vous n’avez pas nécessairement besoin d’une pagaie double. Le rôle du rameur placé à l’avant du canoë consiste principalement à faire avancer l’embarcation. Le rameur placé à l’arrière du canoë tient quant à lui le rôle d’assurer la direction que va prendre le canoë.
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C’est le rameur placé à l’arrière qui va assurer la direction, comme dans une gondole. Il lui suffira d’abonder en coups de pagaies pour déterminer la direction voulue. Placez le plus lourd à l’arrière du canoë ou à défaut le plus expérimenté. Pagayez ensemble et du même côté, ne pagayez pas en croisé, car vous allez cogner vos pales en l’air. C’est à celui de l’arrière d’adapter son rythme de pagaie par rapport à celui positionné devant. Contrairement au kayak, où la pagaie est double, le canoë se manie avec une pagaie simple, dotée d’une seule pale.
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