Le vol à voile, discipline aérienne captivante, a une histoire riche et diverse à Graulhet, marquée par des pionniers audacieux, des moments clés et un développement constant. Cet article explore l'histoire du vol à voile à Graulhet, en retraçant ses origines, son évolution et son essor contemporain.
Les prémices du vol à voile en France et l'émergence du site de la Montagne Noire
L'histoire du vol à voile en France prend son envol avec la création de la Société Française de Vol à Voile (S.F.V.A.V) le 30 avril 1930 à Toulouse. Cette initiative, menée par l'aviateur constructeur Jean-René Lagasse, est placée sous l'égide de plusieurs organisations aéronautiques.
Au printemps 1932, Jean Thomas, président du "Club des Ailes", découvre un site prometteur pour le vol à voile dans la Montagne Noire. Ce lieu, situé sur un contrefort surplombant le lac de Saint-Ferréol, offre des conditions idéales pour la pratique de ce sport aérien. Le 6 juin 1932, Jean Thomas réalise le premier vol sur un Sulky spécial, lancé au sandow. Ce vol inaugural dure 6 minutes et 15 secondes et marque le début de l'histoire du vol à voile dans la région.
Les semaines et les mois qui suivent sont marqués par des vols de plus en plus longs et ambitieux. Le 16 octobre, Jean Garrigue, vice-président du "Club des Ailes", vole pendant 1 heure et 23 minutes. Quelques jours plus tard, Jean Thomas réalise un vol de 3 heures et 30 minutes.
L'engouement pour le vol à voile dans la région conduit à la création de la Fédération Française de Vol à Voile et d'Aviation Légère du Midi le 5 mars 1933. Cette fédération regroupe les clubs de Toulouse, Castelnaudary, Mazamet, Graulhet, Carcassonne et Montauban. Le même jour, le centre fédéral de Revel est créé, marquant une étape importante dans l'organisation et le développement du vol à voile dans le Midi de la France.
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Le développement du centre de vol à voile de Revel et son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale
Le 13 juin 1933, le premier hangar type Bessonneau est acheté grâce à la générosité de Claude Thomas, le père du président du club. Le terrain est loué pour une somme symbolique à Paul Boutes, résidant à Revel. Le centre est inauguré le 3 novembre 1933, mais une tempête détruit le hangar au printemps 1935.
Malgré cet incident, Jean Thomas poursuit ses expériences et réalise le premier record de France avec un vol de 33,3 km jusqu'à Mazamet le 27 juin 1934. En 1937, la municipalité de Revel achète le terrain et confie la construction des bâtiments techniques et de la tour météo à l'entreprise Sentenac, selon les plans de l'architecte Marcel Barette. L'entreprise Marty de Saint-Papoul construit les bâtiments en bois destinés à l'hébergement, ainsi qu'un chalet pour Jean Thomas, qui sera plus tard nommé "chalet Jarlaud".
À partir de 1938, le centre de Revel accueille la formation d'instructeurs et une tente de type "A16" est installée pour assurer leur hébergement. La Seconde Guerre mondiale entraîne la fermeture du centre, mais les activités reprennent en juin 1940 sous la direction du Commissariat général à l'éducation physique et aux sports. Le Centre régional de vol à voile de la Montagne Noire sert à la formation des instructeurs et un atelier de réparations et d'approvisionnement spécialisé y est annexé. Cet atelier est installé sur l'emplacement de l'ancienne briqueterie Fondassié, usine du Pont Rouge à Castelnaudary.
L'essor du vol à voile à Graulhet et la création de l'ATVV
Le 1er février 1941, l'association des sports aériens de la Montagne Noire (ASAMN) est créée pour gérer le terrain d'aviation et l'usine de réparation du Pont Rouge. Le hangar en bois XVA, aujourd'hui appelé "ancienne menuiserie", et quelques baraques Adrian sont construits sous la direction du Commandant Du Chesne. Le 20 juin 1942, le pilote Eric Nessler bat le record du monde de durée avec un vol de 38 heures et 21 minutes à bord d'un Spal S18.
Après la guerre, le centre de Castelnaudary est transformé en Établissement d'Etudes Techniques des Sports Aériens (E.E.T.S.A.) sous la direction de l'ingénieur Schneider. On y améliore le planeur Emouchet et la version biplace Eider. Le 31 août 1944, un arrêté autorise la réouverture du Centre Ecole de la Montagne Noire et des ateliers de Castelnaudary.
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Le 1er avril 1946, l'E.E.T.S.A. est remplacé par une société coopérative intitulée "O.S.A.L.Y." dirigée par Alphonse Sauvat. Dans les années 1960, le centre poursuit ses activités sous la direction de Guy de Lasagéas et accueille près de 200 stagiaires.
En 1977, la direction générale de l'aviation civile remet en cause l'existence du Centre et envisage le regroupement des moyens sur la commune de Saint-Auban. Le centre ferme définitivement ses portes en 1980.
Parallèlement à l'histoire du centre de la Montagne Noire, le vol à voile se développe à Graulhet. En 1933, Les Ailes graulhétoises deviennent l'aéroclub de Graulhet, présidé par Ernest Armengaud. Le Conseil municipal décide le 28 janvier 1934 de créer un aérodrome sur le terrain de Salès, qui est inauguré le 7 juillet 1935.
Après une période de sommeil pendant la Seconde Guerre mondiale, l'activité aéronautique reprend à Graulhet. En 1970, Jean-Luc Jolimaître devient président de l'aéroclub et le club se voit doter d'une piste en dur. Les activités avion et planeur sont séparées et en 1981, Jean-Luc Jolimaître devient président du club de planeurs. L'ATVV, association tarnaise de vol à voile, est créée, marquant un tournant dans l'histoire du vol à voile à Graulhet.
L'ATVV : un acteur majeur du vol à voile à Graulhet
L'ATVV a joué un rôle essentiel dans le développement du vol à voile à Graulhet. Sous la présidence de Jean-Luc Jolimaître, puis de Patrice Corbillé à partir de 1993, le club a connu un essor important.
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Patrice Corbillé a développé la pratique du planeur en organisant des stages pour les étudiants et les jeunes professionnels, en établissant un partenariat avec les grandes écoles aéronautiques et en nouant des contacts avec les industriels. L'ATVV est devenu un club de référence au niveau national, notamment pour les moins de 25 ans.
Le club a également obtenu des résultats sportifs remarquables, avec notamment la 7e place d'Hugo Corbillé aux championnats d'Europe et la 10e place aux championnats du monde.
En mars 2024, Christian Chabbert a succédé à Patrice Corbillé à la présidence de l'ATVV. Le club poursuit son développement avec des projets ambitieux, tels que l'acquisition d'un remorqueur électrique et l'introduction du salariat.