L’équipement de plongée, qu’il s’agisse de combinaisons, de gants ou, plus spécifiquement, des protections de pieds, est constamment exposé à l'humidité et aux éléments. S’il y a bien un accessoire dans notre équipement de plongée dont on ne parle jamais ou presque, c’est bien celui qu’on met à nos pieds pour nous protéger ! Nous voulons parler ici des chaussons et des bottillons de plongée. Une caractéristique générale des chaussons et des bottillons est qu’ils vont se remplir d’eau et la garder, ce qui pose des défis significatifs en matière de confort, d'hygiène et de durabilité. Ce phénomène fait qu’on voit beaucoup de plongeurs et de plongeuses sortir de l’eau avec les pieds gonflés, comme si ils faisaient de l’œdème ! Le défi majeur avec les bottillons réside dans le fait qu’il n’est souvent pas possible de les retourner complètement après les avoir rincés. C’est la raison pour laquelle ils vont rapidement dégager l’odeur du fennec enragé, une particularité bien connue des plongeurs. Nombreux sont ceux qui rencontrent le problème d'une pointe intérieure de bottillon qui reste mouillée pendant plusieurs jours, même après des tentatives de séchage prolongées, ce qui favorise inévitablement le développement d'une odeur suspecte, signe d'une prolifération microbienne. Aborder l'entretien de ces protections est crucial pour assurer leur longévité et le confort du plongeur.
Comprendre le Rôle et les Types de Protections de Pieds en Plongée
Nous portons des chaussons ou des bottillons pour deux raisons fondamentales. Il s’agit, en premier lieu, de protéger nos petits pieds du froid. Le corps se refroidit 23 fois plus vite dans l’eau que dans l’air, et la protection thermique offerte par ces équipements doit donc être adaptée à cet environnement exigeant. En deuxième lieu, ils servent à protéger nos pieds de l’agression du caoutchouc de la palme que l’on porte. En fait, c’est ni plus ni moins le même usage que pour nos chaussettes dans nos chaussures ! Cependant, la différence intrinsèque entre un chausson et un bottillon est très simple : les bottillons de plongée ne s’utilisent qu’avec des palmes réglables, tandis que les chaussons s’utilisent en priorité avec des palmes chaussantes. Il est important de noter qu'on peut adapter l'usage des chaussons pour les utiliser avec des palmes réglables ; il faut alors utiliser des « surchaussures » pour permettre un bon maintien de la sangle qui passe derrière le tendon d’Achille.
Lorsque vous choisissez vos protections de pieds, la prudence est de mise. Si vous utilisez des palmes chaussantes, vous êtes contraint d’opter pour des chaussons, qui sont souvent de simples chaussettes en néoprène doublées d’une couche de nylon pour les protéger de l’abrasion et faciliter l’enfilage. Certains sont plus ou moins bien adaptés à la forme du pied, il est donc indispensable de les essayer préalablement. Pensez à emmener vos palmes avec vous pour ne pas avoir de mauvaise surprise, comme une compression du pied dans la palme si le chausson est trop épais. Si vous vous rabattez vers les bottillons, prenez soin de vérifier qu’ils sont dotés d’un petit ergot en néoprène à l’arrière pour bien retenir la sangle et éviter qu’elle ne glisse vers le bas, libérant la palme de toute entrave et facilitant inévitablement sa perte. Si vous le pouvez, préférez les bottillons sans fermeture éclair ; en effet, la présence de celle-ci facilite certes l’enfilage, mais elle favorise indubitablement les entrées d’eau. Portez aussi attention à la qualité du caoutchouc de la semelle, un détail qui aura son importance sur la durabilité de votre équipement.
Pour préserver vos chaussons dans le temps, et par extension vos bottillons, prenez le soin de vous équiper de sabots de jardin en caoutchouc, de crocs, ou de sandales. Ces accessoires vont vous apporter trois avantages : protéger la plante du pied des agressions des cailloux, protéger le chausson de l’usure prématurée due à la marche et aux agressions du sol, et enfin, le plus important, vous apporter un look indéfinissable que personne d’autre que vous n’aura !
Stratégies Efficaces pour le Séchage et la Désodorisation des Bottillons et Chaussons
Le séchage est une étape primordiale pour lutter contre l'humidité persistante et les odeurs désagréables de l'équipement néoprène, en particulier les protections de pieds. Vos bottillons sécheront seulement si vous les laissez avec la tige vers le haut pour que de l’air puisse emporter la vapeur d’eau. Seul un courant d’air, qu'il soit naturel ou créé, peut finir de les sécher, et ce courant d'air n'a pas à être chaud.
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Plusieurs astuces et méthodes ont prouvé leur efficacité pour surmonter le problème des bottillons et chaussons qui ne sèchent jamais et qui commencent à avoir une odeur suspecte :
- Le ventilateur avec tubes souples : Une solution particulièrement géniale et économique est l'utilisation d'une sorte de ventilateur avec des tubes souples en sortie. Cet appareil, qui consomme peu d'énergie (environ 18W), permet d'enfourner les tuyaux directement dans les chaussons ou bottillons. Le lendemain, l'équipement est sec et ne sent pas, offrant une solution efficace et durable.
- Le papier journal roulé en boule : Une méthode écologique, pas chère et réutilisable consiste à bourrer les bottillons de papier journal roulé en boule. Laisser le papier journal à l'intérieur pendant deux à trois jours absorbe non seulement l'humidité, mais également les mauvaises odeurs de manière quasiment magique.
- La ventilation de pare-brise de voiture : Pour un séchage rapide, même en plein hiver, certains trouvent la solution en plaçant leurs chaussons sur la ventilation de leur pare-brise lors du retour en voiture, avec le chauffage à fond. Quinze minutes de chaque côté suffisent pour qu'ils soient secs à l'arrivée.
- Le séchage en deux étapes : Pour les chaussons, une fois que la partie extérieure est sèche, il faut retourner cette partie sèche à l’intérieur pour que la partie humide puisse sécher à son tour. Cette technique peut être adaptée aux bottillons dans la mesure du possible.
- Le séchage à l'ombre et à l'air libre : Quel que soit l'équipement néoprène, il est important de faire sécher votre matériel à l’ombre. Il est recommandé de faire sécher les deux côtés de votre combinaison, et il est conseillé de privilégier le séchage du côté intérieur en retournant la combinaison. Cela s'applique également aux protections de pieds. Il faut veiller à ne jamais les suspendre avec des pinces à linge, sous peine d’écraser le néoprène. Un pendeur bricolé avec de vieux tuyaux peut être judicieux pour les enfiler et favoriser l’égouttement.
Concernant la désodorisation, un sujet qui suscite de vifs débats, plusieurs approches existent :
- L'eau de Javel (avec prudence) : Certains préparent un petit mélange à base d’eau de Javel (une pastille à diluer ou une solution classique re-diluée avec de l’eau froide), laissent tremper 10 minutes dans un seau ou une bassine, puis rincent abondamment. Cette manipulation est très efficace pour neutraliser l'odeur de "faune préhistorique" mais il est impératif de faire attention pendant les manipulations et de ne pas oublier que l’eau de Javel, lorsqu'elle n'est pas correctement utilisée, est nocive pour les utilisateurs comme pour l’environnement. En effet, elle contient du chlore qui, libéré lors de la production, de l’utilisation puis de son rejet avec les eaux domestiques, est très préjudiciable à l’environnement. De plus, une fois dans l’air, le chlore peut s’associer avec d’autres molécules organiques et se convertir en organochlorés, particulièrement toxiques et persistants. Un produit qui brûle la peau, les muqueuses et détruit la microfaune et l'écosystème bactérien qui nous permet de vivre sur cette planète n'est pas un produit à recommander.
- Alternatives écologiques : Face aux inconvénients de l'eau de Javel, il existe des alternatives préservant nos eaux calmes comme vives, qui fonctionnent depuis plus d'un millénaire : le savon de Marseille, le savon noir, le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude ou encore les huiles essentielles.
- Produits désinfectants spécifiques : Des produits nettoyants, désinfectants et désodorisants sont spécialement conçus pour les combinaisons et autres équipements en néoprène. Par exemple, le Mercryl peut être utilisé en versant 5cl pour 10L d’eau froide, pour un trempage de 10 minutes, puis laissé sécher sans rinçage. C’est économique et efficace. La Bétadine est aussi parfois mentionnée pour rincer les chaussons. Des produits comme le SeptiOne de Abyssnaut sont des désinfectants biodégradables qui se diluent dans l’eau et permettent de protéger le néoprène et de conserver sa souplesse. Il suffit de laisser tremper gants, chaussons, cagoule, bottillons et combinaison durant au moins 10 minutes.
Entretien Général des Protections de Pieds et du Matériel en Néoprène
L’entretien de votre combinaison, qu’elle soit en néoprène ou en toile, est essentiel ! En effet, si vous vous appliquez à laver votre combinaison comme il se doit, vous lui assurez une durée de vie maximale ! Ces règles s’appliquent à toute sorte de vêtements : de la combinaison de plongée étanche ou semi-étanche, à la combinaison de plongée humide, de surf, de nage, de triathlon, etc.
À chaque utilisation, vous devez sans faute rincer votre combinaison de plongée à l’eau douce. En effet, il est indispensable à l’entretien d’une combinaison néoprène ou toile d’enlever le sable, les saletés et le sel qui se sont accumulés lors de la plongée ou de l’activité. N’hésitez pas à bien insister sur les fermetures éclair à l’aide d’une brosse à dents par exemple. Ce n’est pas une bonne pratique pour sa combinaison que d’effectuer un unique trempage dans le bac mis à disposition du club de plongée. En effet, si l’on plonge plus de deux ou trois combinaisons de plongée dans ce petit volume d’eau, autant rincer votre combinaison dans l’eau de mer ou la piscine directement, elle sera moins salée ou chlorée. Les bacs mis à votre disposition dans les clubs de plongée sont faits pour réaliser un pré-rinçage.
Attention, on ne lave pas une combinaison de plongée (étanche, de triathlon, de surf, etc.) avec les produits d’entretien de tous les jours ! N’utilisez jamais de détergent, solvant ou même de brosse à poils durs ou d’objet pointu sur le néoprène ou la toile ! L’utilisation de la machine à laver est également une mauvaise idée, même si certaines combinaisons peuvent y être lavées, nous déconseillons fortement de le faire. Encore moins pour l’étape d’essorage automatique de la machine à laver, car votre combinaison risquerait d’être abîmée. C’est également une mauvaise pratique, car cela risque fortement d’endommager le néoprène. Tout vêtement ou équipement contenant du néoprène doit sécher à l’ombre.
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En revanche, pour laver votre combinaison correctement, elle a besoin d’être désinfectée à intervalles réguliers à l’aide de produits d’entretien spécifiques : des bactéricides et fongistatiques sont spécialement conçus pour laver les combinaisons néoprène ou toile. Dans le cadre d’une utilisation intensive de votre combinaison, pensez à utiliser au moins une fois par semaine un produit dédié à la désinfection et au nettoyage du néoprène. Le désinfectant Ecosterix de Abyssnaut par pulvérisation, par exemple, s’utilise sans rinçage de votre combinaison. Vous pulvérisez sur votre matériel de plongée, le produit désinfecte et élimine toute forme de bactérie ou virus. Avec l’utilisation du désinfectant, vous n’avez pas besoin de tremper ou rincer votre combinaison et autre équipement de plongée. Quant aux éventuels accrocs, ils se réparent avec un point de colle néoprène.
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