La mesure de la vitesse sur un voilier est une préoccupation centrale pour tout navigateur, qu'il s'agisse de régler ses voiles, d'estimer son temps de trajet ou de comprendre le comportement de son navire face aux courants. Historiquement, le loch a évolué de méthodes rudimentaires vers des systèmes électroniques sophistiqués. Comprendre comment fonctionne un loch voilier, ainsi que les alternatives modernes, est essentiel pour choisir l'équipement adapté à sa pratique et à son type de carène.
L'évolution historique : du loch à ligne au loch moderne
Le loch permet de mesurer la vitesse d’un navire. Dès le XVIIe siècle, les navigateurs ont utilisé ce type d’instrument constitué par un triangle de bois relié à une ligne. Cet exemplaire est une copie des premiers modèles utilisés sur les voiliers à partir de 1850. Le flotteur appelé « bateau » est relié à une ligne dont les graduations sont constituées par des nœuds espacés de 11,43 mètres. La ligne principale est fixée au sommet du triangle tandis qu’un morceau de ligne plus petit est fixé sur chacun des deux angles inférieurs. Ces deux bouts de ligne se rejoignent et sont fixés à un femelot conique en bois dans lequel vient s’enfoncer un aiguillot. Une première ligne correspondant à la longueur du navire est signalée par un morceau de tissu appelé houache. Une fois le tissu passé par-dessus bord, on déclenche un sablier, généralement d’une durée d’une demi-minute. Un matelot tient alors le touret haut levé pour que la ligne file librement, pendant qu’un second matelot compte les nœuds qui passent, prêt à arrêter la ligne lorsque la fin du sablier sera annoncée.
Le principe du loch à roue à aubes
Le système le plus répandu sur les voiliers de plaisance reste le loch électromagnétique à roue à aubes. Ce capteur est généralement traversant : il nécessite un passe-coque situé sous la ligne de flottaison. Son fonctionnement est simple : l'eau qui s'écoule le long de la coque fait tourner une petite hélice. Le capteur transforme cette rotation en impulsions électriques. Par exemple, sur un modèle type ST40, on compte généralement 4 impulsions par tour de roue.
Bien que précis en surface, ce système présente des inconvénients majeurs, notamment pour les bateaux basés dans des zones de vase ou des ports à échouage. La roue à aubes a tendance à s'encrasser régulièrement avec des algues ou des sédiments, ce qui bloque sa rotation et fausse les données. Un nettoyage délicat est alors nécessaire pour restaurer la mobilité de la roue. Pour tester le bon fonctionnement de la sonde, un multimètre peut être utilisé pour vérifier la continuité du signal entre le fil de signal (souvent vert) et la masse, tout en faisant tourner la roue manuellement.
Alternatives technologiques : ultrasons et capteurs sans fil
Pour pallier les problèmes d'entretien des roues à aubes, il existe des sondes à ultrasons qui ne s'encrassent pas. Cependant, elles nécessitent de percer la coque pour une installation traversante. Une autre option consiste à utiliser des systèmes sans fil. Certains modèles utilisent un aileron collé sur la coque, avec un capteur retransmettant l'information à une montre ou un afficheur déporté. Ce type de système est intéressant car il évite de percer la coque, ce qui est une opération délicate. La viabilité de ces capteurs dépend toutefois de l'épaisseur de la coque : sur des coques fines, cela fonctionne bien, mais sur des coques en bois très épaisses, la transmission du signal peut être altérée. Il a également existé des lochs pour planche à voile, composés d'une petite hélice scotchée à l'aileron, bien que ces systèmes soient fragiles lors des arrivées sur la plage.
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L'intégration du GPS comme alternative à la vitesse surface
De nombreux navigateurs font le choix du GPS pour mesurer leur vitesse. Contrairement au loch qui donne la vitesse par rapport à la masse d'eau (vitesse surface), le GPS donne la vitesse par rapport au sol (vitesse fond). Le GPS permet aussi d'avoir la position, ce qui est fort pratique. Pour ceux qui ne souhaitent pas s'embêter avec le nettoyage régulier d'une roue à aubes, le GPS est une solution de remplacement simple. Il permet d'obtenir la vitesse en milles ou en km/h, bien qu'il ne permette pas de calculer la dérive due au courant, contrairement à la comparaison entre la vitesse surface (loch) et la vitesse fond (GPS).
Installation et maintenance des instruments traversants
L'installation d'un sondeur ou d'un loch nécessite une intervention sur la coque. Pour localiser l'emplacement de la sonde, il faut choisir un endroit accessible, par exemple dans le fond d'un placard ou sous une couchette. Il est crucial d'enlever le vaigrage, de bien gratter les résidus de colle et de mousse, et de dégraisser à l'acétone avant toute pose. L'utilisation de joints en Sicaflex 291 est recommandée pour garantir l'étanchéité. Une fois le passe-coque serré, le silicone doit déborder légèrement ; il est conseillé de laisser sécher avant le serrage complet.
Une fois installé, l'instrument ne suffit pas ; il doit être étalonné. La définition de l'offset de quille est primordiale pour connaître la hauteur d'eau réelle sous la quille. Dans le cas d'un loch affichant des vitesses trop lentes, une vérification du câblage est la première étape, suivie d'un étalonnage à une vitesse donnée (par exemple 5 nœuds) pour corriger les écarts de mesure.
Considérations structurelles et électriques
L'ajout d'instruments électroniques pose souvent la question de la consommation électrique et du câblage. L'installation d'un tableau électrique sur une cloison, souvent dans un espace mort ou un équipet, permet de centraliser les connexions. L'utilisation de prises étanches avec fusible intégré est une solution efficace pour maintenir une installation propre. Pour l'autonomie, les panneaux solaires ou les générateurs de traînée sont des options, bien que ces derniers puissent ralentir légèrement le bateau. Le choix de l'emplacement des écrans est également un compromis entre visibilité et préservation de la structure du bateau, certains navigateurs préférant monter leurs instruments sur une "planche volante" pour éviter de percer les cloisons structurelles.
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