# Le Réglage du Pataras sur un Voilier : Optimisation du Gréement et Performance Marine

Le réglage du gréement d’un voilier met régulièrement et simultanément en cause le pataras et les bastaques, constituant un geste simple mais déterminant pour une navigation fluide et sûre. Le pataras représente une partie vitale de votre voilier, permettant d’obtenir le meilleur compromis entre performances, fiabilité et sécurité. Adapté selon l’allure et le vent, il permet d’équilibrer le voilier, d’optimiser les performances et d’accroître le confort de bord. En croisière, être attentif aux différents réglages, c’est gagner en vitesse, en équilibre de bard et en confort de navigation. Le réglage des voiles est une question d’harmonie entre vent, voilure et comportement du bateau, et un bon équilibre optimise la propulsion tout en limitant la gîte excessive ou le comportement ardent.

Le Pataras : Définition, Rôle et Typologies de Gréement

À bord d’un voilier au gréement bermudien, le pataras est un câble tendu entre la tête du mât et le tableau arrière du bateau, spécifiquement à une cadène solidaire du pont. Il s'agit d'un câble, simple ou double, partant de la tête du mât vers la poupe, participant au maintien longitudinal de la mâture. Sa fonction principale est de retenir la tête du mât en l’empêchant d’aller vers l’avant. La tension du pataras est réglable grâce à un mécanisme qui le maintient tendu vers l’arrière, ce qui est fondamental pour l’intégrité et la performance du gréement.

Le gréement d'un voilier comprend essentiellement le mât, la bôme, le tangon, les haubans (galhaubans, inter ou diagonal, bas-haubans), le pataras, l’étai et les bastaques. Lorsque le voilier navigue sous voiles, le réglage du mât dans le sens longitudinal doit être contrôlé. Si le pied du mât est correctement positionné sur le pont du navire, ce réglage résulte de l’action combinée de l'étai et du pataras, ainsi que de l'étai de trinquette et des bastaques, sans oublier la tension des différents haubans.

La conception du gréement influence directement l'action du pataras. Sur les gréements 9/10, la tension d’étai et la courbure du mât sont combinées grâce aux barres de flèche. En revanche, pour les gréements 7/8, la courbure du mât est plus sensible au pataras, ce qui signifie que son réglage aura un impact plus prononcé sur la forme du mât et, par conséquent, sur les voiles. Il existe aussi des gréements sans pataras, comme certains avec barres de flèche poussantes, qui retiennent le mât par d'autres moyens.

Interaction du Pataras avec l'Étai et le Mât

Le pataras est réglé pour appliquer une tension qui cintre le mât, tout en modifiant celle de l’étai du génois. Une relation directe existe entre ces éléments : plus le pataras est raidi, plus la tension sur l’étai est importante. Ce précédent réglage du pataras fait ricochet, car plus le pataras est tendu, plus la tête du mât du navire est tirée vers l’arrière et plus sa partie centrale est « poussée » vers l’avant. Cette dynamique de tension raidit l’étai, ce qui est crucial pour le profil de la voile. L’étai, quant à lui, est le câble sur lequel vient se gréer le génois, et il empêche le mât de basculer vers l’arrière. La tension de l'étai est un paramètre clé pour le creux de la voile d'avant.

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Le pataras a pour fonction de contrôler le cintre du mât. Le cintre permanent du mât, tout comme sa quête initiale, ne dépendent pas du pataras. La quête du mât, son inclinaison vers l’arrière, est définie par l’architecte et découle de la longueur de l’étai et du réglage du ridoir associé, idéalement réglé à mi-course. Cependant, sous l’effet du vent, de l’allure et des mouvements du bateau, le mât va travailler, et c'est là que l'ajustement du pataras prend tout son sens pour adapter la voilure.

Réglage et Impact sur les Voiles : Performance et Équilibre

Le réglage du pataras permet d'ajuster le cintrage du mât et la tension de l'étai sur les bateaux de course et de croisière. Cela modifie la forme de la grand-voile afin d'optimiser les performances du bateau au près comme au portant. Par exemple, en raidissant le pataras, vous pouvez remonter au vent plus efficacement sans faire de prise de ris immédiatement, ce qui facilite la navigation par vent changeant. Au près, et lorsque l’étai du génois montre des signes de déformation sous la pression de la voile, le pataras doit être tendu à l’opposé pour contrer cet effet.

Le réglage du pataras a des conséquences directes sur la grand-voile. Quand le pataras est raidit, la tension exercée tire la tête du mât vers l'arrière et pousse le centre du mât vers l'avant. Le profil de la voile change ; son centre est plat et sa chute s’ouvre dans la partie haute. Il est possible d'observer la forme de la grand-voile depuis l’arrière pour évaluer si la chute est ouverte ou si la géométrie est aplatie, ou au contraire, si une ride trop marquée indique un besoin d'ajustement. Pour la voile d'avant, la poussée dans la voile d’avant va avoir pour effet de cintrer l’étai, et la tension du pataras contribue à raidir l'étai, aplatissant le creux de la voile.

En situation de navigation, le réglage peut varier. Sur les bateaux de course ou de croisière, il est conseillé de raidir le pataras pour augmenter la tension de l'étai au près. Inversement, il faut le relâcher au portant pour réduire la tendance à lofer, favorisant ainsi une meilleure tenue de route et des performances optimisées. En rafales, un coup de pataras permet de dépuissancer instantanément sans toucher à la surface de voile, offrant une solution rapide pour gérer des conditions de vent changeantes et maintenir la stabilité du bateau. Ce réglage est facilité par un système de palan ou de poulies, plus ou moins complexe selon le voilier. Un tendeur hydraulique est très confortable, précis, et particulièrement indiqué pour les grands voiliers, ces puissants systèmes étant alimentés en huile dès que le manche est abaissé puis relevé.

Les Bastaques : Alliées du Pataras

Les bastaques sont gréées sur des voiliers équipés d’un gréement fractionné. Leur point d’ancrage se situe au niveau du capelage d’étai afin de raidir celui-ci. Elles se divisent en deux groupes : les hautes-bastaques, fixées au niveau du capelage d’étai, et les basses-bastaques, fixées entre le vit-de-mulet et le capelage. Si elles sont fixées à proximité de l’axe longitudinal du bateau, elles agissent sur la tenue longitudinale du mât. Couramment, les bastaques et le pataras se règlent après les étais et autres cordages, agissant de concert pour affiner la tension du gréement.

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La bastaque au vent est complétement tendue au moyen d’un palan et d’un winch afin de pouvoir prendre la tension au maximum. La bastaque sous le vent est, quant à elle, complétement choquée, c'est-à-dire lâchée. Le mât, lorsqu'il est équipé de bastaques, est souvent plus fin et entièrement réglable en dynamique. Un bas-hauban sous le vent qui est mou dans la brise est un phénomène normal sur ces types de gréements.

Composants Essentiels et Points d'Ancrage du Gréement

La cadène est une pièce maîtresse dans le gréement. Pour la rigidité du gréement, les cadènes sont situées aux extrémités des varangues, qui sont elles-mêmes l’ossature du bateau. L’épaisseur d’une cadène doit être au minimum égale au diamètre du hauban, et le trou de chape de cadène doit être au minimum égal à 1,5 fois le diamètre du câble. Les haubans, ridoirs et cadènes doivent être alignés de telle façon que la traction s’effectue selon leur axe de symétrie. Lors du réglage des haubans, l’engagement minimum des tiges filetées doit être égal à deux fois le diamètre du filetage.

Le choix du câble pour votre gréement est primordial pour la sécurité et la performance. Outre le pataras, l'étai et les bastaques, d'autres équipements jouent un rôle. L’enrouleur de génois est devenu un équipement de série chez plusieurs constructeurs, permettant d’enrouler plus ou moins la toile afin de l’adapter à la force du vent. À la différence de l’enrouleur, la voile peut être endraillée à un étai textile amovible, monté en supplément afin d’élargir la palette d’allures du bateau. Sur cet étai, on peut y installer un gennaker, un code 0 ou un spi asymétrique. Après utilisation, cet équipement est affalé et rangé dans son sac. Le tangon asymétrique, non équipé de pantoires, a la particularité d’avoir aux extrémités deux fixations qui permettent de capeler la balancine et le hale-bas.

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