Guide complet pour diriger et manœuvrer un voilier en mer

La mer, l’océan, les grandes étendues d’eau… Si leur vision te fait rêver, tu as sans doute déjà envié ces marins qui quittent le port à bord de leurs voiliers, en les imaginant voguer toutes voiles dehors vers l’horizon. Pendant des siècles, la mer a fasciné l'esprit des marins et des aventuriers du monde entier. Dans son poème intitulé « Sea Fever », John Masefield a affirmé que tout ce dont il a besoin pour se sentir comblé, c'est « un grand voilier et une étoile pour le guider ». Entrer dans le monde de la voile est probablement difficile, mais cet article va vous guider à travers le flux et le reflux de l'univers nautique.

La voile se démocratise de plus en plus et tout le monde peut désormais profiter aisément du bonheur de naviguer en louant un voilier sans l’obligation d’avoir un permis bateau. Toutefois, il est essentiel d’apprendre les manœuvres de base. Un voilier se déplace grâce au vent. Les voiles utilisent la force du vent pour propulser le bateau. Le marin qui le dirige doit donc connaître le sens du vent et régler les voiles afin d’avancer à l’allure et dans la direction souhaitées. Il faut donc sans cesse adapter la position des voiles au vent pour avancer dans la direction souhaitée. Pour avancer efficacement, l’équipage doit être capable de suivre les ordres du capitaine et de se partager les tâches. Chaque moussaillon a un rôle sur le bateau.

Les fondamentaux : vocabulaire et anatomie du voilier

Il est important de connaître les différentes parties de votre voilier, à la fois pour des raisons de sécurité et aussi pour naviguer dans les meilleures conditions possible.

  • Bôme : c'est un support horizontal sur lequel est fixée la grand-voile, la bôme est fixée au mât et se prolonge vers l'arrière. Pendant les changements de direction d'un voilier, faites attention au mouvement de la bôme.
  • Quille : c'est une pièce axiale de la partie inférieure de la coque d'un bateau. Elle empêche le bateau de glisser, on dit aussi de « dériver » latéralement sous l'effet du vent. La quille stabilise le bateau.
  • Drisse : ce terme désigne un cordage ou un câble en acier, qui sert à hisser ou à affaler une voile.
  • Foc : il s'agit d'une voile à l'avant du bateau. La « Grand voile » correspond à la plus grande des voiles, situées à l’arrière du mât.
  • Gouvernail : il sert à diriger le bateau. Le gouvernail est mobile.
  • Barre franche : c'est l'organe de commande du gouvernail.
  • Winch : c'est un petit treuil à main constitué d'une poupée métallique manœuvrée par une manivelle ou un levier à cliquets.

En mer, on ne parle pas comme sur terre. Chaque action et chaque manœuvre a son propre terme. « Bâbord/Tribord » signifie respectivement Gauche/Droite en langage de marin. Afin de vous rappeler du sens des mots, voici un mot qui vous permettra de les différencier : batterie. « Ba » se trouve à gauche du mot batterie, donc pensez immédiatement que bâbord correspond à la gauche. La couleur verte correspond au côté tribord et la couleur rouge au côté bâbord.

La manipulation des voiles et le réglage du vent

Les voiles sont reliées à des "cordages" qui sont : les drisses pour hisser et baisser les voiles le long du mât, et les écoutes, qu’on tire ou qu’on relâche pour tendre ou détendre les voiles. Tous les retours des écoutes et des drisses se font à l’arrière du bateau, dans le cockpit, à portée de main du barreur. Les écoutes et les drisses sont réparties sur "un piano". Quand on borde une écoute ou une drisse, on la coince avec un taquet. Pour la desserrer, il suffit de soulever le taquet.

Lire aussi: Tout savoir sur le planning en planche à voile technique

Border (tendre) une écoute ou une drisse est très physique, avec des voiles qui mesurent jusqu'à 15 mètres de hauteur et qui pèsent leurs 15 kg. Ce n'est donc pas possible de border à la main une écoute. On fait donc passer celle-ci dans une sorte de tourniquet qui démultiplie la force exercée : le winch.

Il existe deux techniques pour barrer un voilier. Le premier est de freiner le moins possible et d’utiliser délicatement le safran. En ce qui concerne les autres allures, la vitesse dépendra du barreur. Ce dernier va pousser et tirer la barre afin d’éviter que l’équipage souffre du mal de mer. Pour passer les grosses vagues, la crête sera relâchée pour suivre le mouvement des vagues.

Les manœuvres pour changer d'allure

Pour changer d'allure, on peut se rapprocher de l'axe du vent : c’est lofer. Le barreur actionne la roue du bateau pour le faire tourner et le rapprocher du vent. Il faut aussi border la voile (action de l’équipier), c'est-à-dire tirer sur l’écoute pour tendre la voile. On met la voile davantage dans l’axe du bateau. Lofer c’est diriger le bateau vers une allure de près, pour remonter au vent.

À l'inverse, s'écarter du vent, c'est abattre. Le barreur actionne la roue du bateau pour faire tourner le bateau et l'éloigner du vent. Il faut aussi choquer la voile (action de l’équipier) c'est-à-dire relâcher l’écoute pour relâcher la voile. On éloigne la voile de l’axe du bateau. Abattre c’est diriger le bateau vers une allure de vent arrière. Attention, abattre le bateau signifie écarter l’avant du navire de l’axe du vent, mais pas nécessairement d’aller jusqu’au vent arrière.

Pour changer de sens, on peut, selon que l'on est ou non face au vent :

Lire aussi: Tutoriels pour attacher un voile

  • Soit tourner face au vent : on vire de bord. Pour cela, on se rapproche au maximum de la zone sans vent puis on la traverse cette zone pendant quelques secondes. Les voiles faseyent parce qu'elles n'ont plus de vent, puis se regonflent dès qu'on a viré. Pour faire un virement de bord, on relâche les écoutes des voiles pour qu’elles puissent avoir de la souplesse.
  • Soit tourner avec le vent à l'arrière du bateau : ce virement s'appelle un empannage. C’est le même principe que le virement de bord sauf que le vent vient de l’arrière au lieu de l’avant du bateau.

L’amure c’est le côté des voiles qui reçoit le vent. Après un virement, le bateau a changé de position par rapport au vent. Du coup les voiles ne reçoivent plus le vent du même endroit et elles s’installent de l’autre côté du bateau. Cela s’appelle changer d’amure. L’équipage doit donc régler les voiles sur cette nouvelle amure.

Les deux façons de naviguer

Soit on navigue aux allures vent arrière, c'est-à-dire aux allures portantes (avec le vent dans le dos) : le voilier est naturellement porté (ou poussé) par le vent et se déplace dans son sens. On sort le maximum de voiles pour profiter de tout le vent arrière. On déplie le foc et la trinquette et on peut même ajouter le spi.

Soit on navigue aux allures de près, c'est-à-dire qu’on remonte au vent (avec le vent de face) : lorsqu’on navigue avec le vent de face, on ne peut pas aller droit, il faut « tirer des bords », c'est-à-dire avancer en zigzags pour pouvoir remonter au vent. Quand on veut changer de direction, on doit virer de bord. Un voilier ne peut pas faire route vent debout. Pour remonter au vent, un voilier doit maintenir un cap à environ 45 à 50 degrés du lit du vent.

Naviguer par mauvais temps

Quand le vent forcit ou qu'une tempête s'annonce, il faut impérativement diminuer la taille de la voilure du bateau pour limiter au maximum les effets du vent. La force du vent peut en effet déchirer les voiles. Pour limiter la taille de la grand-voile, on prend des ris, c'est à dire qu'on descend la voile le long du mât à des endroits précis. Il y a trois ris sur la grand voile. Prendre 1 ris, c'est la diminuer un peu. Prendre 2 ris, c'est la diminuer encore plus, prendre 3 ris c'est la diminuer encore encore plus. Une fois que la voile est diminuée, on l'attache fermement.

Pour diminuer la taille de l'autre voile (le génois), cela dépend de la force du vent. Au fur et à mesure que le vent forcit, on enroule un peu plus le génois sur lui-même pour diminuer sa surface. Quand le vent devient vraiment trop fort, on enroule complètement le génois et on le remplace par une voile plus petite, adaptée aux grands vents : la trinquette.

Lire aussi: Techniques Avancées de Surf

Préparer le départ et l'entretien

Tout d'abord, pour arriver à gagner le large, il faut sortir du port. Cette action consiste à larguer une à une les amarres. Pour hisser la grande voile, vous devez monter la voile principale du bateau. Celle-ci se situe sur le mât et vous devez la hisser au moyen d’une drisse. Quand le capitaine vous dit de dérouler le génois, vous devez hisser la voile qui se trouve à l’avant du voilier. Avant de défaire une corde, il est important de bien vérifier jusqu’à son bout pour éviter de tirer sur la mauvaise corde.

Inspectez tout le gréement dormant, les câbles et les cordages qui soutiennent le mât, y compris les tendeurs et les goupilles de fixation du gréement à la coque. De nombreux voiliers ont démâté, car il leur manquait une goupille qui ne coûte que quelques centimes. Vérifiez les cordages du gréement courant, qui servent à hisser et à manœuvrer les voiles, à savoir les drisses et les écoutes. Libérez tous les cordages de leurs taquets et de leurs treuils. Rien ne doit entraver le libre mouvement des cordages.

Une fois que le bateau est arrivé à bon port, affalez vos voiles en choquant les drisses et les écoutes. Lorsque les voiles ne servent pas, vous devez les plier soigneusement et les ranger. Ceci est valable aussi pour le foc et la grand-voile. N'oubliez pas de retirer toutes les lattes de leurs goussets. Finissez de ferler la grand-voile, puis placez-la dans sa housse et amarrez le tout à la bôme avec des cordages ou des câbles élastiques. Lavez le pont à l'eau douce pour enlever le sel, en particulier si le pont est en teck, car le sel peut tacher le bois.

#

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *