À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame. Pourtant, face à la diversité des modèles : flottabilité, déclenchement, sous-cutale, certification SOLAS, le choix peut vite devenir un casse-tête. Un gilet qu'on ne porte pas ne sauve personne. On ne le dira jamais assez, mais bien choisir son gilet de sauvetage augmente vos chances de survie ! Un coup de vent, le bateau qui gite ou un manque de stabilité peuvent être autant de raisons qui provoquent une chute à la mer. Remonter à bord d’un bateau s’avère très compliqué lors d’une chute à l’eau surtout quand on est seul. Imaginez-vous sans gilet de sauvetage, vous diminuez considérablement votre espérance de vie ! Il est normal d’être un peu perdu dans le choix du gilet de sauvetage surtout lorsque l’offre des fabricants est pléthorique !
Rappel des normes et critères de flottabilité
L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. La norme européenne ISO 12402 permet de mesurer l’efficacité d’un gilet en Europe. La flottabilité, exprimée en newtons (N), indique la force de portance du gilet une fois gonflé. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides. La division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance.
Les paliers de flottabilité réglementaires
- 50 Newtons : En dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité. Flottabilité minimale de 50 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ces vêtements offrent un faible encombrement, mais présentent des performances limitées en eaux agitées. Elle garantit la flottabilité d'une personne consciente, n'assure pas le retournement, et maintient les voies respiratoires hors de l'eau.
- 100 Newtons : Flottabilité minimale de 100 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ce niveau de flottabilité est destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées. Il n'assure pas le retournement sur le dos d'une personne inconsciente ayant des vêtements lourds.
- 150 Newtons : Flottabilité minimale de 150 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Pour toutes les eaux. Il assure le retournement sur le dos d'une personne inconsciente équipée d'une vareuse, d'un ciré.
- 275 Newtons : Flottabilité minimale de 275 Newtons, adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes. Il assure le retournement sur le dos d'une personne inconsciente équipée de vêtements lourds.
Choisir son gilet de sauvetage : 3 critères indispensables
Il y a 3 critères indispensables pour bien choisir son gilet : le gilet se choisit en fonction de votre morphologie et de votre poids ; le choix du gilet varie en fonction de votre pratique et de l’usage ; et enfin, les normes légales en vigueur dans le pays. Le chef de bord se doit de respecter le nombre maximum de passagers que peut accueillir le navire et peut s’équiper en fonction d’autant de gilets de sauvetage que de passagers qui sont recommandés. Avant tout départ en navigation, il est impératif que le chef de bord vérifie si les gilets de sauvetage sont conformes à la zone de navigation, à la morphologie de ses passagers et de leur bon état de fonctionnement.
Choisir selon l’activité nautique
Le choix de la veste idéale se résume à déterminer le but ou les sports nautiques pour lesquels vous souhaitez utiliser la veste et le niveau de confort correspondant. Le wakeboard ou le ski de slalom exigent un niveau de confort et de flexibilité plus élevé que la position allongée sur un tube. Tenez compte du type d'activité aquatique que vous allez pratiquer. Différents types de gilets de sauvetage sont conçus pour des activités spécifiques, telles que la navigation de plaisance, le wakeboard ou le ski nautique. La pêche, par exemple, fait elle aussi partie des sports d'eau et se verra attribuer un type de gilet de sauvetage défini, gilet mousse ou à déclenchement manuel dans la majeure partie des cas.
Choisir son gilet en mousse
Les gilets à flottabilité permanente (en mousse) sont moins chers à l’achat mais plus encombrants. Un gilet à flottabilité inhérente est un type de gilet de sauvetage qui offre une flottabilité grâce à des matériaux qui flottent par eux-mêmes, tel que la mousse de polyéthylène ou mousse PVC. Ces gilets ne nécessitent pas d’être gonflés pour fonctionner, ce qui les différencie des gilets gonflables. Ils sont considérés comme très sûrs, car ils n’ont pas de composants mécaniques ou de cartouches de CO2 qui pourraient potentiellement faillir. Le gilet de sauvetage en mousse s’adapte parfaitement pour les pratiques sportives, il est très confortable pour les pratiquants en kayak, dériveur, jet ski ou catamaran.
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Choisir un gilet manuel gonflable
Le gilet gonflable se différencie par deux types de déclenchement. Le gilet manuel est équipé d’un cordon pour le percuter. Il est destiné plutôt pour des pratiques en voile légère afin d’éviter des gonflages intempestifs. Il est également parfaitement adapté pour la pêche en plan d’eau intérieur. Le gonflable est instantané. Attention toutefois, ce gilet ne vous protège pas en cas de chute précédé d’une perte de connaissance. Les gilets manuels sont recommandés pour une utilisation occasionnelle, plan d’eau intérieur, pratique sportive pour éviter les gonflages intempestifs.
Choisir le gilet automatique gonflable
Les gilets automatiques sont à privilégier en régate, en semi-hauturier ou hauturier pour plus de sécurité. Le système de déclenchement est l'un des critères techniques les plus importants. Ce mécanisme de gonflage automatique repose sur une combinaison d'immersion et de pression. Il ne s'active qu'en cas d'immersion complète dans l'eau, à une profondeur minimale de 10 cm. Le ressort actionne alors un dispositif de percussion, qui perce l'extrémité de la cartouche de gaz. Dans des conditions normales d'utilisation, le gilet de sauvetage est entièrement gonflé en environ 3 secondes après l'immersion du mécanisme.
Les différents systèmes automatiques
- Pastille hydrosoluble (UML MK5) : Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. La capsule automatique contient un ressort puissant, maintenu comprimé par un élément en papier hydrosoluble.
- Pro Sensor Elite : Le système UML Pro Sensor Elite, plus récent, constitue une évolution du MK5. Il intègre des indicateurs visuels avancés permettant à l'utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle.
- Système hydrostatique (Hammar) : La pression de l’eau sous une membrane libère le percuteur pour un gonflable immédiat. Grâce à cela, le gilet peut être stocké dans des zones humides et aucun risque de gonflage intempestif dû aux embruns ou à la pluie. Les gilets avec le système de déclenchement Hammar sont plus chers lors de l’achat mais la date de péremption est de 5 ans contrairement aux gilets automatiques classiques.
Équipement complémentaire au gilet de sauvetage
Sous-cutale (pour éviter que le gilet ne remonte sur la tête), boucle de harnais en tissu, fenêtre de visualisation de la cartouche, bandes réfléchissantes, sifflet, poche pour balise personnelle, lampe flash SOLAS, capuche anti-embruns… Ces équipements ne sont pas des gadgets. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d'un abri, tout voilier doit être équipé d'un harnais et d'une longe par personne embarquée. Pour les navires non voiliers, la présence d'au moins un harnais et d'une longe est obligatoire. Chaque gilet de sauvetage doit être muni d'un dispositif lumineux étanche et d'une autonomie d'au moins 6 heures dans tout type de navigation. Il doit aussi avoir un sifflet accroché au gilet de sauvetage pour être entendu.
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